En ouvrant le le livre de
Joan Didion, vous allez entrer en contact avec une époque et un pays disparus, celui des USA des années 1960 et 1970. C'est un voyage quasi-lunaire que nous offre la journaliste américaine, originaire de Californie. En quelques lignes, elle dessine les contours d'une Amérique, pourtant superpuissance mondiale qui fait face à l'URSS, et qui ne cesse de voir se développer en son sein ce que l'on pourrait appeler des contre-cultures.
Mais
Joan Didion est plus qu'une chroniqueuse de son temps, c'est une véritable sociologue et anthropologue en même temps. A partir de faits divers, de meurtres et de leur impact sur l'opinion publique, elle met en relief les ressorts de la vie sociale aux Etats-Unis. Et fidèle, si l'on peut dire, à l'école de sociologie de Chicago, elle nous fait voir sa Californie natale sous un angle peu ragoutant : celui d'un pays aride, d'un désert des sentiments où la folie guette les hommes.
Son regard, qui dissèque sans compromis, la vie des hommes s'applique ensuite à Big Apple, New-York, sa ville d'adoption. Là, elle nous fait voir une ville monstrueuse où tout n'est que magouilles, petits arrangements, loin de la légende dorée. Son texte sur Central Park et le viol d'un joggeuse en 1989 qui avait alors défrayé la chronique internationale, est un chef d'œuvre de journalisme.
Vous l'aurez compris, mieux que de savants discours sur l'Amérique de la Guerre froide, il convient de lire
Joan Didion et de la faire lire…Qu'on se le dise !