> Pierre Demarty (Traducteur)

ISBN : 2246712513
Éditeur : Grasset&Fasquelle (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Une soirée ordinaire, fin décembre à New York. Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, l'écrivain John Gregory Dunne - quand ce dernier s'écroule sur la table de la salle à manger, victime d'une crise cardiaque foudroyante. Pendant une année entière, elle essaiera ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 23 avril 2010

    sentinelle
    Joan Didion a toujours pensé que le savoir et la connaissance amenaient à un certain contrôle des événements. « Savoir, c'était contrôler » La mort inattendue de son mari va introduire le déséquilibre et la perte de ses repères. Pour faire face à cet abîme qui s'ouvre devant elle, l'auteur décrit de manière quasi clinique le travail de deuil qui l'accapare, sans aucun apitoiement mais au contraire avec une plume quasi clinique, froide, sèche, ultime effort pour ne pas se laisser sombrer.
    Faire le deuil, c'est également recourir à ce que Joan Didion appelle la pensée magique : pensée totalement irrationnelle qui fait qu'elle ne peut se résoudre à se défaire des chaussures de son mari en se disant qu'il pourrait peut-être en avoir besoin s'il revenait soudainement à la maison.
    J'ai vraiment apprécié son approche du travail du deuil, sans aucune lamentation ni apitoiement mais un ton juste qui peut sembler froid de prime abord mais qui traduit avant tout un besoin de maîtrise et une grande pudeur des sentiments.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par liratouva2, le 11 mars 2011

    liratouva2
    L'événement dont parle ici l'auteur est la mort subite de son mari, l'écrivain George Gregory Dunne, après quarante ans de mariage, vers neuf heures du soir, le 30 décembre 2003, à New York, à la table du dîner qu'ils étaient en train de prendre. Crise cardiaque. Mort immédiate et foudroyante.
    Ils venaient de rentrer de l'hôpital où Quintana, leur fille unique, avait passé les cinq dernières nuits, inconsciente, dans une unité de soins intensifs d'un hôpital new-yorkais. Elle venait de se marier quelques mois auparavant.
    C'est neuf mois après que Joan Didion, romancière culte américaine, peu traduite en France, écrit très vite ce roman encensé par toute la critique aux Etats-Unis et déjà considéré comme un classique couronné par le National Book Award dans la catégorie « Non fiction ».
    L'année de la pensée magique est le récit de ses mois de deuil quand elle vivait dans cette sorte de folie lucide consistant à croire et à agir comme si son mari allait revenir, avec le sentiment de pouvoir contrôler les événements par la seule force de la pensée.
    C'est ainsi qu'elle ne peut se résoudre à se séparer des chaussures de son mari pour qu'il puisse les retrouver au cas où il reviendrait!
    Ecrivains célèbres tous les deux dans leur pays, ils ont travaillé ensemble quarante ans, côte à côte, 24 heures sur 24. Ils ont tout partagé, travail, vie de couple, vie de famille mais la vie, d'une simple touche a «fait voler en éclats la séquence du temps», alors maintenant elle écrit «pour montrer simultanément tous les instantanés de mémoire qui lui viennent, pour trouver le sens.»
    Quelque temps après avoir terminé d'écrire ce livre et avant même sa parution, Joan Didion verra sa fille mourir à 39 ans mais elle ne retouchera pas ce qui vient d'être écrit.
    J'ai aimé ce livre pour son honnêteté et sa rigueur. C'est une femme qui souffre mais qui ne pleure pas. Elle veut comprendre ce qui se passe en elle. La sécheresse du style atténue l'émotion. Les faits dominent avec une précision toute scientifique. Il s'agit de comprendre l'incompréhensible, de tenir à distance cette pensée magique qui déforme le réel, de se regarder vivre le grand bouleversement de la mort dans la vie.
    «Il fallait s'adapter à ces changements !»
    Un grand, très grand livre!

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/03/lannee-de-la-pensee-magique-j..
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    • Livres 5.00/5
    Par Hectorette, le 23 février 2008

    Hectorette
    Joan Didion est une écrivain (très) connue aux Etats-Unis, et serait l'inspiratice de nombreux écrivains américains de la jeune génération. En France, elle est nettement moins connue, un seul de ses romans, Maria avec et sans rien, ayant été traduit.
    L'année de la pensée magique est donc le deuxième ouvrage traduit en français. Mais là, il ne s'agit pas d'un roman mais d'un doucment.
    Le 30 décembre 2003, son mari, écrivain et scénariste reconnu, meurt d'une crise cardiaque alors qu'ils s'apprêtaient à dîner. le récit débute à ce moment. Joan Didion raconte tout. Ses actions, ses réactions, le deuil, l'avant, l'après, leur jeunesse ensemble.
    http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2008/02/lanne-de-la-pense-magique-joan-didion.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Tuclasakoi, le 28 mai 2010

    Tuclasakoi
    Ce n'est pas étonnant que cet ouvrage ait obtenu le prix Medicis de l'essai. Il est excellent quant au fond. La forme, elle, fait mouche: phrases courtes, rythme soutenu. L'histoire est construite à la manière d'une longue réflexion personnelle de la narratrice. Réflexion sur sa vie, sa famille, son couple, ses amis, sa vie professionnelle… Cette introspection survient après la mort subite de son mari et l'hospitalisation de sa fille pour des troubles circulatoires cérébraux.
    C'est un livre important sur le deuil et son processus. le lecteur est plongé dans le deuil de l'héroïne. On sent que c'est du vécu et c'est pourquoi on est touché, ému par le séisme que vit la narratrice à la mort de son conjoint. Elle nous emmène dans sa vie par de nombreux flash-back, feuillette avec elle l'album de leurs vies. le style très direct permet au lecteur d'être partie prenante dans le destin de cette famille américaine.
    A recommander si on a le moral ou si on est en plein deuil.

    Lien : http://www.tubize-tuclasakoi.be/2008/04/03/lannee-de-la-pensee-magiq..
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    Je dois dire que j'ai avancé un peu craintivement dans les premières pages du livre, le sujet en étant le récit de l'année qui a suivi la mort subite du mari de Joan Didion. Mais pas de pathos ni de mélodrame. Ce récit vécu est très sobre, très précis, presque clinique dans les descriptions des sensations qui accompagnent les premiers jours. Elle ne s'effondre pas en hurlant, « une cliente facile » dit-on d'elle à l'hôpital… Par la suite, elle ne se replie pas sur elle-même, ne s'apitoie pas, elle cherche même des écrits scientifiques décrivant cet état transitoire où elle se trouve. C'est incroyable comme elle a réussi à se souvenir de toutes ses pensées, ses impressions, a posteriori, tout en avouant qu'elle avait l'esprit « embourbé » dans ces jours difficiles. S'ajoute à ce malheur l'hospitalisation de sa fille Quintana, jeune femme d'une quarantaine d'années, dans un état très grave, suite à une septicémie. C'est donc un récit très pudique et touchant, qui peut être aussi lu comme une déclaration discrète d'amour pour l'homme qui a partagé quarante ans de sa vie et pour sa fille…

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-19738894.html
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 11 mars 2011

    «La vie change vite.
    La vie change dans l'instant.
    On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
    Tels étaient les premiers mots que j’avais écrits après l’événement.
    Pendant longtemps je n’ai rien écrit d’autres.
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  • Par liratouva2, le 11 mars 2011

    Tu ne crains rien.
    Je suis là.
    J’avais cru que nous avions ce pouvoir.
    Maintenant je sais que si nous voulons vivre nous-mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.
    Savoir tout cela ne rend pas plus facile de les laisser partir au fil de l’eau
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  • Par sentinelle, le 23 avril 2010

    Le gens qui ont récemment perdu quelqu'un ont un air particulier, que seuls peut-être ceux qui l'ont décelé sur leur propre visage peuvent reconnaître. Je l'ai remarqué sur mon visage et je le remarque à présent sur d'autres. C'est un air d'extrême vulnérabilité, une nudité, une béance.
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  • Par sentinelle, le 11 juin 2008

    La vie change vite.
    La vie change dans l'instant.
    On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
    La question de l'apitoiement.
    Tels étaient les premiers mots que j'avais écrits après l'événement. […]
    Pendant longtemps, je n'ai rien écrit d'autre.

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  • Par Zora-la-Rousse, le 13 janvier 2012

    Le mariage, c'est la mémoire ; le mariage, c'est le temps. Le mariage, ce n'est pas seulement le temps ; c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres ; pour la première fois, j'ai compris que j'avais de moi-même l'image d'une personne beaucoup plus jeune. Nous sommes d'imparfaits mortels, ainsi faits que lorsque nous pleurons nos pertes, c'est aussi, pour le meilleur et pour le pire, nous-mêmes que nous pleurons. Tels que nous étions. Tels que nous ne sommes plus. Tels qu'un jour nous ne serons plus du tout
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Joan Didion : L'année de la pensée magique
Olivier BARROT, depuis la Cité Internationale Universitaire de Paris, présente le récit autobiographique de Joan DIDION, "L'année de la pensée magique", paru chez Grasset et traduit de l'anglais par Pierre DEMARTY.Olivier BARROT en lit un extrait.La présentation est également illustrée par quelques gros plans de pages du livre et par des photos de Joan DIDION.Banc titre de la couverture du...








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