ISBN : 2918135445
Éditeur : Editions Dialogues (2012)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. A l’origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ? Au fil des semaines, malgré sa pe... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 17 mai 2012

    argali
    Voici un court roman bouleversant. Un récit post apocalyptique sans artifice, sans recours à l'artillerie lourde, à la violence gratuite… Pas de héros en quête d'une deuxième chance ou en lutte contre les forces du mal. Juste une mère isolée et sa petite fille de 4 ans. Séparée de son mari et de sa fille aînée lors de « la grande lumière », elle luttera heure par heure pour résister – à l'engourdissement, la folie, la peur, la rage, le désespoir… - et proposer à la fillette un semblant de vie « normale », ponctuée de règles et d'habitudes. Recherche de stabilité et volonté de pouvoir retrouver ensuite la vraie vie en douceur.

    Passant d'une vie de confort matériel, à un manque total de choses essentielles, comme l'électricité, le chauffage puis l'eau, cette mère trouvera la force de résister dans l'amour qu'elle éprouve pour les siens et dans l'écriture : les souvenirs heureux qu'elle couche sur le papier, au côté de ses pensées du moment. L'écriture comme rédemption, comme force vitale pour surmonter l'incompréhensible.

    La force de ce récit est l'atmosphère de peur qui y règne du début à la fin ; cette tension permanente venant de l'inconnu : que s'est-il vraiment passé ? y a-t-il des survivants et où sont-ils ? quand cela finira-t-il ? Toutes ces questions sans réponse qui taraudent cette mère jour après jour. Quelques éléments extérieurs s'insinueront aussi au sein du foyer mais aucun ne sera de nature réconfortante.
    L'intrigue est soutenue par une écriture raffinée et dense qui la rend encore plus intense. le rythme des phrases et les figures de style concourent à la beauté du texte. Tout ce que j'aime.

    Christel Diehl est professeur à l'Université de Nancy. « Enola game » est son premier roman, paru en février 2012 aux éditions Dialogues.



    Lien : http://argali.eklablog.fr
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 18 février 2012

    canel
    Catastrophe naturelle ? Accident nucléaire ? Guerre chimique ? le ciel est gris, le soleil semble avoir disparu. Cette prof d'université se retrouve cloîtrée chez elle avec sa petite fille de quatre ans. Comme leurs voisins, elles sont sommées de ne sortir sous aucun prétexte, de ne pas consommer l'eau du robinet. Une patrouille sillonne les rues et les approvisionne.
    Cette lecture m'a fait penser à 'La route' (McCarthy) et 'En un monde parfait' (Laura Kasischke), pour l'ambiance post-apocalyptique, ainsi qu'à 'Room' (Emma Donoghue) pour le côté séquestration, isolement. J'ai donc été stressé, prise de sentiments croissants de claustrophobie et de peur (= de manquer de l'essentiel, de mourir de faim ou de soif, d'être violée, tuée).
    Mais comme dans 'Room', il y a une femme, une mère qui sait rassurer son enfant, remplir ses journées à partir de trois fois rien, raconter le passé pour faire rêver d'un avenir... Et c'est déjà énorme.
    Une écriture très "efficace", donc, selon l'expression consacrée, pour un petit livre aussi émouvant qu'angoissant, à lire d'une traite.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 28 février 2012

    Chaplum
    Une jeune femme tente tant bien que mal de maintenir un semblant de normalité dans la vie de sa petite fille. Mais ce n'est pas facile quand on doit vivre cloîtrée dans sa maison suite à un événement non identifié. Une guerre ? Une catastrophe nucléaire ? Tout ce qu'elle sait, c'est qu'une grande lumière accompagnée de bruits d'explosions les a réveillées et que depuis c'est le chaos. L'électricité est coupée, il n'y a plus de chauffage, plus de téléphone et pas moyen de savoir ce qu'il est advenu de son compagnon parti travailler, ni de sa fille aînée en vacances chez son père sur un autre continent. Des chars sillonnent la rue, avec des soldats qui crient de ne pas sortir pour éviter toute contamination et qui déposent des vivres tous les trois jours.
    La jeune femme surnomme l'événement Enola game, en souvenir de cet avion qui avait largué la bombe atomique sur Hiroshima et parce qu'elle essaie d'en faire un jeu pour sa fille et pour s'empêcher de paniquer.
    J'ai accepté de recevoir ce roman proposé par les éditions dialogues, car je n'avais encore jamais lu de roman post-apocalyptique et que le résumé, pour une fois, me tentait. Je ne le regrette pas car, en peu de pages, la romancière réussit à nous plonger dans une ambiance angoissante et terrible. Bien que la mère tente de maintenir une certaine stabilité au sein du foyer, la situation extérieure s'insinue avec tout ce qu'elle comporte d'incompréhensible et de stressant. le lecteur ignore ce qui s'est passé mais il voit par l'oeil de la jeune femme et l'angle limité de la fenêtre de l'étage les différentes étapes du chaos qui s'installe : les chars de l'armée qui vont viennent avant de faire place aux pillards pour finalement voir arriver des rafles. Et toujours, cette mère qui lutte pour le bonheur et la survie de son enfant.
    Un roman poignant qui ne peut laisser indifférent en ces périodes où l'on parle beaucoup de fin du monde, de guerres et autres pénuries des ressources. Mais ce récit aborde aussi la surconsommation et les problèmes qui se posent à notre société sans cesse en train de vouloir plus et qui passe à côté des petits bonheurs. L'écriture de Christel Diehl est raffinée et érudite, rendant le récit plus intense encore.

    Lien : http://www.chaplum.com/enola-game-de-christel-diehl-6175
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 09 avril 2012

    kathel
    Sur un sujet qui peut rappeler La route de Cormac McCarthy, versant sombre, ou En un monde parfait de Laura Kaschichke, versant un peu plus léger, Christel Diehl nous fait surtout apprécier la magie de son écriture. Une femme et sa fille restent confinées dans leur maison depuis un événement, qu'elle a nommé Enola game, en référence à la bombe lâchée sur Hiroshima. Nous n'en saurons guère davantage sur ce drame extérieur, si ce n'est que l'électricité et les communications sont coupées. le mari et la fille aînée sont au loin, les services publics recommandent de rester enfermés et distribuent de l'eau potable. Pour ne pas perturber sa fille de quatre ans, et ne pas sombrer, la mère institue des rituels, et dans les moments où la petite dort, trouve refuge dans ses souvenirs et dans l'écriture.
    Le roman raconte son quotidien, ses peurs, son organisation, ses occupations. Elle constate très vite le dérisoire de tout ce qui pouvait paraître indispensable ne serait-ce que quelques jours auparavant. Une vie réduite au minimum vital, voilà ce qu'elle doit affronter maintenant, et sans savoir jusqu'à quand…
    Je n'ai noté aucune phrase, fait aucun repère dans le livre, tant j'aurais eu du mal à choisir, tant tout sonnait juste à mon oreille, tant l'émotion jaillissait de chaque ligne, de chaque paragraphe. Un texte court, mais fort, à découvrir, assurément !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-christel-diehl-enola-gam..
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    • Livres 5.00/5
    Par zazimuth, le 18 février 2012

    zazimuth
    L'histoire se déroule dans notre société mais en anticipant / imaginant une catastrophe (nucléaire? Enola game fait allusion au nom d'une bombe atomique Enola Gay) obligeant la population à rester cloîtrée à domicile ; des patrouilles déposant des vivres en conserve et de l'eau en bouteilles chaque jour à leur porte.
    L'héroïne de ce roman est une jeune femme qui se retrouve ainsi seule chez elle avec sa petite fille de 4 ans. L'électricité est coupée, elle fait du feu dans la cheminée comme principale source d'énergie et de chaleur (c'est l'hiver) et bénéficie de pas mal de réserves dans son cellier, ayant un compagnon prévoyant (mais actuellement en mission ; elle n'en a pas de nouvelles, pas plus que de sa fille aînée). Les communications et les médias sont également coupés.
    Commence alors une organisation de leur vie domestique à deux, trouver des occupations pour la petite et replonger dans ses souvenirs pour la mère. Toute une réflexion sur le superflu et le nécessaire aussi, ce que la société de consommation nous a habitués à posséder qui ne se révèlent d'aucune utilité face à l'urgence de vivres peut-être ses derniers instants... « être ou avoir »...
    Le thème fait évidemment penser à « La route » et côté jeunesse « La survivante » mais l'originalité est ici dans le huis-clos et le fait de ne pas savoir ce qui se passe à l'extérieur, à part les suppositions que peut tirer la mère de ce qu'elle voit par la fenêtre. Nous sommes dans la tête de cette jeune femme avec toutes ses interrogations, ses inquiétudes, ses pensées.
    J'ai trouvé ce roman très fort, son écriture est belle et précise, la fin inéluctable est dure pour moi mais elle sonne juste et plus réaliste que ce qui aurait été possible dans un roman de littérature jeunesse par exemple. Un coup de cœur donc pour ce titre que je ne peux que recommander.

    Lien : http://toutzazimuth.over-blog.com/article-enola-game-de-christel-die..
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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 18 février 2012

    Avant Enola Game, elle se sentait submergée par le flux d'informations qui l'assaillait chaque jour. Internet était devenu pour elle un fleuve charriant devant ses yeux d'orpailleur des milliers de pépites qu'elle ne pouvait toutes saisir . Un sentiment de panique l'étreignait parfois quand elle prenait la mesure de toutes les connaissances qui ne seraient pas mes siennes. De tous les messages qu'elle ne lirait pas. De toutes les expériences qu'elle ne tenterait pas. De tous les départs qui seraient pris sans elle. Les psychiatres appelaient cela « syndrome de débordement cognitif ».  (p.18)
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  • Par claracambry, le 16 février 2012

    Elle s'aperçoit qu' Enola Game revêt maintenant deux sens dans sa sémantique intime. Elle a d'abord choisi ces mots pour pour désigner un repère chronologique, et petit à petit, Enola Game est devenue l'ère qu'elle a inaugurée. Enola Game comme une pâte de temps qui s'étire depuis le premier jour, invasive et informe, constituée de molécules dont on ne connaît pas le degré de nocivité. Intuitivement, elle a choisi le gendre féminin. Le même que celui du mot tumeur, qui peut comme chacun sait être bénigne ou faire la maligne.
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  • Par zazimuth, le 18 février 2012

    Elle se dit aussi qu'elle n'a pas toujours su appliquer elle-même la métaphore de l'escalier. Qu'elle n'a pas toujours su chérir l'unicité des jours. Ni reconnaître que chaque marche, même ébréchée, même ratée, participe de l'ascension.  (p.41)
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  • Par Lady_K, le 20 février 2012

    Depuis quelques jours, des avions passent au-dessus de leurs têtes et font trembler les vitres. Des explosions retentissent. La mère évoque des feux d'artifice. La petite dit : ça dure longtemps, le Carnaval, cette année.
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  • Par zazimuth, le 18 février 2012

    Et quand bien même l'un de tes jours t'a semblé être un jour de désespoir, un jour de reculade, un jour trébuché, redresse la tête et vise de nouveau les cimes.  (p.40)
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