> Frédéric Richaud (Éditeur scientifique)
> Lanza Del Vasto (Préfacier, etc.)

ISBN : 2868532381
Éditeur : Éd. Éolienne (1998)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Avant je voyais la foule, mais maintenant pour la première fois je regarde la foule. Je m'appuyais contre un garde-fou qui me séparait des hommes, des femmes, de tous ceux-là qui moutonnaient, affluaient, semblaient se lier, puis disparaissaient dans d'autres tuyaux, da... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 12 mai 2011

    soukee
    L'apprentissage de la ville est un livre qui me tient particulièrement à coeur et que je souhaitais vous présenter. Cette oeuvre est le second volet d'un diptyque débuté sept ans plus tôt avec Le Bonheur des tristes.
    L'apprentissage de la ville a ceci de particulier qu'il met à mal toutes les conventions du pacte autobiographique traditionnel. Luc Dietrich y raconte une période de sa vie, de 1931 à 1935, mais si beaucoup d'éléments sont avérés, d'autres sont arrangés voire inventés. Ce brouillage de pistes atteint son paroxysme avec le sous-titre "Roman" donné à ce texte qui présente pourtant toutes les caractéristiques d'une autobiographie.
    Né en 1913, orphelin de père, Luc Dietrich subit une enfance itinérante aux côtés de sa mère, toxicomane. Lorsque celle-ci s'éteint en 1931, le jeune homme est à son tour plongé dans une vie instable. Sans le sou, il fréquente toutes sortes de milieux, plus ou moins bien famés, et survit au jour le jour.
    De sa rencontre avec Lanza del Vasto naît l'énergie qu'il met dans son oeuvre littéraire et qui nous permet, aujourd'hui, de mesurer le talent de cet écrivain disparu trop tôt...
    L'apprentissage de la ville est un texte très intimiste qui mériterait pourtant davantage de visibilité. Il dégage une poésie d'une rare beauté portée par un élan fugace d'une intensité inouïe.
    Suivant au fil des pages l'itinéraire de l'auteur et le fil de sa vie, le texte nous emmène dans un monde à part, où la temporalité s'estompe au profit de tranches de vie, d'anecdotes, de souvenirs parfois fictifs dans lesquels le lecteur doit délier le vrai de l'imaginaire.
    C'est une lecture qui m'a profondément marquée tant elle ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire avant. Luc Dietrich nous offre ici un texte vibrant d'émotion dont on ne ressort pas indemne.
    Une lecture qui n'est peut-être pas d'un abord facile car d'une construction sans réel ancrage temporel, mais qui mérite qu'on s'y attarde, qu'on déchiffre cette vie qui porte en elle toutes les caractéristiques d'une tragédie grecque. Luc Dietrich s'est éteint à l'âge de 31 ans, en 1944, des suites d'une septicémie contractée par une blessure de guerre. Il laisse derrière lui une oeuvre brillante, d'une musicalité rare et vibrante d'images poétiques.
    A lire si le style d'un auteur compte autant si ce n'est plus qu'une intrigue rocambolesque à souhait. A lire pour découvrir un artiste, une plume, une vie.

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/05/12/21110774.html
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    • Livres 5.00/5
    Par aleatoire, le 25 juillet 2011

    aleatoire
    Il avait le regard profond et grave de ceux qui ne s'attardent pas à vivre ; il a écrit ce livre avec ses tripes et son sang ; il en a façonné chaque mot de la glaise de sa vie et les phrases flamboient de cette poésie qui fera d'abord "Le Bonheur des tristes" puis" L'apprentissage de la ville"
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par darcourt, le 28 avril 2012

    darcourt
    Un très beau livre.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par aleatoire, le 07 mai 2011

    Le sang coule dans le creux de la hanche, mes mains ne peuvent plus le retenir. Il est beau, il est précieux et il s'en va.
    Et je m'émerveille que de moi qui ai mangé tant de vase, bu tant de pluie, mâché tant de nourritures grises, sorte une substance si rouge.
    J'éprouve un contentement grave, parce que quelque chose va commencer pour moi, parce que maintenant je vais vivre ou mourir, et que ce sera également nouveau.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par aleatoire, le 06 mai 2011

    Elle regardait la statue et moi je la regardais, car, en elle, se trouvait ce que j'avais perdu depuis longtemps : ma propre vie. Elle se tourna vers moi avec cette aisance de vierge qui n'a pas appris les contraintes de celles qui savent, et me dit avec un sourire de confiance - Vous avez-vu la main du roi, comme elle est belle ?
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  • Par soukee, le 12 mai 2011

    Et sommeil aussi sera notre vie de demain, quand le soleil luira et que nous nous croirons en éveil, nous les humains chefs-d'oeuvre, nous les petits parfaits du globe, aux mobiles de 68135280mouche, à la mémoire épaisse et à la langue agile.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par soukee, le 12 mai 2011

    Le sang coule dans le creux de la hanche, mes mains ne peuvent plus le retenir. Il est beau, il est précieux, et il s'en va.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par soukee, le 12 mai 2011

    Cette nuit les herbes ont poussé si haut que les arbres ont peur pour leurs fruits.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






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