ISBN : 2081245639
Éditeur : Flammarion (2010)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l’Europe, ne comptaient plus leurs printemps ; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l’absence.

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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gangoueus, le 12 octobre 2010

    Gangoueus
    Il existe des textes comme cela où vous vous demandez si l'auteur va tenir le rythme, la cadence, la qualité qu'il a distillé au début de son roman. Si la pertinence de son analyse, l'exploration profonde de l'âme humaine à laquelle il s'est engagé ne va pas être remise par un scénario incohérent. Alors vous continuez votre lecture, de surprise en surprise, pris par le style relevé, la langue célébrée, dans un univers qui vous échappe complètement même quand vous pensez en connaître un bout.

    C'est dans cet huis clos passionnant dans sa forme, douloureux sur le fond que je me suis enfermé avec Fatou Diome. Dans ce long roman où la voix, non les voix de Celles qui attendent quelque part en Afrique un homme, un mari, un fils parti à l'aventure pour l'Europe s'exprime. Ici, ce sont des jeunes sénégalais d'une île sérère qui bravent l'Atlantique pour rejoindre l'Espagne, pour sombrer ensuite dans la clandestinité...
    Fatou Diome pose deux personnages centraux. Deux femmes. Bougna et Arame. Elles sont amies, avec des tempéraments différents et elles évoluent dans des contextes matrimoniaux très spécifiques. Bougna est une co-épouse dans un foyer polygame où elle tente de s'imposer par tous les moyens. Inconsciemment, elle n'a sûrement jamais intégrée les valeurs de partage de ce système. Elle est égoïste, centrée sur ses propres hantises, concernée par son désir d'être reconnue face à une première épouse peu disserte mais dont la réussite de la progéniture par pour elle et renforce jalousie et rancœur dans l'âme de Bougna.

    Arame, elle, a été mariée de force un rescapé des guerres coloniales, grognon, irascible, stérile. Cet homme ne déverse que bile amer et insultes sur son entourage, enfermé dans l'enfer de sa déchéance physique et de secrets enfouis. le fils aîné d'Arame est mort en haute mer dans le cadre de la pêche. Et son fils cadet, Lamine, le seul qui lui reste, est au chômage sans aucune perspective d'avenir.

    Alors que chaque jour est un challenge pour nourrir la ribambelle de gamins aimants que sont ses petites-filles et petits-fils ainsi que son mari grabataire, sa comparse animée par des intentions retorses, lui propose un deal délicat en lui vantant les possibilités d'une réussite possible pour leurs garçons par le biais d'une traversée vers l'Espagne...

    Ce qu'il advient de nos clandestins, on ne le sait que très tard dans le déroulé du roman. C'est l'attente de ces femmes, de ces mères qui ont réussi à marier leurs fistons. C'est aussi l'attente de ces épouses modelées dans ce système qui vivent l'absence mythique de cet homme émigré sensé faire fortune et apporter espoir à sa famille. Sauf que les chimères ne se concrétisent pas, les appels se font rares et les mandats sporadiques...
    De toutes ces attentes, qui diffèrent pour chacune de ses femmes, celle de Coumba épouse de Issa, le fils de Bougna est la plus pathétique. Épouse aimante et fidèle, mère dévouée, sa voix est celle qui porte le mieux la détresse de ces femmes car elle est la seule dont la démarche est complètement désintéressée. La charge de son discours est l'une des plus belles réussites de ce roman. C'est aussi le personnage sur lequel s'acharne le destin avec une cruelle efficacité. Enfin le destin, suivez mon regard...
    "Les coups de fil s'étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup. Mais on finit toujours par s'inventer une manière de faire face à l'absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l'on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l'oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N'en déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l'abandon. Partir c'est mourir au présent de ceux qui demeurent."
    Page 195, éditions Flammarion
    Par ce roman, je découvre un texte magnifique de Fatou Diome. Un propos critique mais complet sur une petite communauté sénégalaise, sur les rapports complexes entre le nord et le sud, l'illusion de l'eldorado européen, sur la vanité du paraître, sur l'amour, sur les femmes, sur l'attente de celles qu'on ne voit pas, le tout porté par une très belle plume. Celle de Fatou Diome.
    "Ceux qui nous oublient nous assassinent"
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 28 mars 2011

    litolff
    Dans ce beau roman, Fatou Diome nous dévoile un petit bout d'Afrique, celle qui est confrontée à l'émigration clandestine des hommes vers un miroir aux alouettes, l'Europe. Et c'est vers les femmes restées au pays qu'elle concentre son propos, ces femmes qui, pour des raisons objectives ou obscures, mais toujours douloureuses, ont envoyé leurs fils en Europe avec l'espoir illusoire de les voir revenir rapidement, riches et auréolés de gloire.
    Avec une belle écriture, Fatou Diome raconte le quotidien misérable de ces femmes confrontées à la pauvreté, à la polygamie, engluées dans des coutumes ancestrales qui les appauvrissent encore plus ; ainsi Arame contrainte après la mort de son fils, d'élever et de nourrir tous les enfants qu'il a eues avec ses deux épouses... ! Par ce quotidien, Fatou Diome raconte l'Afrique et n'hésite pas dénoncer les contradictions d'une société pour qui le prestige justifie tous les sacrifices et les excès.
    Autant qu'un hymne aux femmes et à la dureté de leur existence, "Celles qui attendent" est également un pamphlet qui dénonce en vrac la polygamie, véritable fléau économique qui appauvrit les familles, le miroir aux alouettes qu'est l'émigration vers l'Europe, les pratiques économiques des grandes sociétés européennes, de pêche par exemple, qui dépouillent les cotes africaines de leur poisson et contraignent les pêcheurs à l'exil... Beaucoup de thèmes abordés et un thème central, celui des femmes, magnifiques de dignité !
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    • Livres 5.00/5
    Par OZALID, le 13 avril 2011

    OZALID
    Magnifique ouvrage que « Celles qui attendent » de Fatou Diomé ! Tout d'abord une évocation juste et lucide de cette émigration clandestine de l'Afrique vers l'Europe. Émigration… puisqu'ici l'histoire est vue du côté des partants depuis une île du Sénégal.
    Problème de migration donc qui rejoint une réflexion plus vaste sur les rapports toujours équivoques entre l'Europe et l'Afrique, entre pays nantis et pays en recherche de développement.
    On suit avec intérêt, voire empathie, l'existence difficile de ces quatre femmes attachantes qui s'étiolent à attendre le retour d'un fils, d'un mari, embarqué sur une pirogue de fortune pour le mirage européen. Et, au fil de leurs journées bien remplies, on découvre la subtilité des chemins de survie de ces mères sur qui repose – quelle que soit leur situation matrimoniale – le souci de subvenir aux besoins de leur maisonnée.
    On découvre aussi au fil des pages d'un récit concis et bien construit, les secrets de ces vies apparemment lisses et socialement codifiées à l'extrême. On pleure, on espère avec ces femmes-courage qui jamais ne baissent les bras.
    D'une écriture limpide, Fatou Diomé nous décrit la complexité des sentiments qui animent ces épouses dans leur lutte éperdue pour capter l'amour de l'époux, amour qu'il leur faut cependant partager… polygamie oblige.
    Mais l'auteure ne se contente pas de nous entraîner dans les péripéties tendres ou cruelles de ces héroïnes suivant leur destin entre cuisine, corvées d'eau ou de bois, ramassage des coquillages… Elle nous livre aussi ses réflexions incisives sur la polygamie, sur les déséquilibres Europe/Afrique, séquelles du colonialisme rampant qui affecte les mentalités occidentales, sur les désastres que cause la course effrénée au profit dans un monde consumériste qui entrave toute velléité de s'en sortir. Des paroles qui sonnent juste et dont on ferait bien de s'inspirer : « Aider quelqu'un, c'est l'aider à ne pas avoir besoin de vous » dit Fatou Diomé.
    Une mention spéciale pour le style qui va à l'essentiel avec sobriété mais qui nous régale aussi de ses éclats poétiques, poésie des instants vécus… dont je n'ai pu m'empêcher « d'extraire » ces haïkus :
    Les canards caquètent
    d'un bout de la cour à l'autre
    avec lenteur
    Les deux amies
    éclats de rire mêlés
    à la rumeur des vagues
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    • Livres 4.00/5
    Par SD49, le 25 octobre 2010

    SD49
    Dépaysement garanti avec cette histoire qui se passe en Afrique. La quatrième de couverture n'est pas très fidèle à l'histoire puisqu'une bonne partie du livre se passe avant le départ de Lamine et Issa pour l'Europe. On découvre la vie de leurs familles avant leur départ pour ensuite poursuivre avec ce qui se passe une fois qu'ils ont quitté le pays.
    J'ai été immergée dans la vie de deux mères africaines et leur plus gros problème est de donner à manger à leurs enfants. Arame est la seule épouse d'un vieux mari grabataire mais s'occupe aussi des ses petits-enfants dont le père est mort et les mères reparties dans leurs familles. Bougna a 6 enfants et elle est la seconde épouse d'un homme qu'elle aime, la rivalité est forte avec la première épouse. C'est vraiment une autre culture que la nôtre et cette histoire est très dépaysante et colorée.
    Arame et Bougna ont un projet commun, faire partir leurs fils en Espagne pour qu'ils en reviennent ensuite les mains pleines. Mais l'attente est longue, reviendront-ils et resteront-ils ensuite au pays ? Bon, je ne vais quand même pas tout vous raconter !
    Quand leurs fils sont partis on découvre la vie de leurs femmes restées au pays et pour qui tout cela n'est pas vraiment facile.
    J'ai aimé ce voyage en Afrique avec également quelques secrets et trahisons qui nous seront révélés à la fin de l'histoire.
    Une fois de plus ce livre me fait dire que ma vie de femme européenne est vraiment douce en comparaison d'autres pays (bon, on a aussi nos soucis mais c'est très différent).
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 09 juillet 2010

    claracambry
    Sur une île où le travail est absent, l'Europe est convoitée par des hommes prêts à l'affronter pour gagner un rivage, une terre qu'ils espèrent meilleurs. Les fils, les maris partent laissant des femmes derrière eux. Ces femme, ce sont Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa qui vont partir sous la cape de la clandestinité. Arame est réticente à de départ de projet même si ses dettes chez Abdou le commerçant ne font que s'accroître. L'Océan lui a déjà pris son autre fils et ses petits enfants sont à sa charge. Autant de bouches à nourrir mais qui lui donnent de la joie et la force de vivre ou de survivre « La survie, justement. Partout elle demande un effort, mais il des contrées où l'on côtoie tellement la mort que la survie elle-même semble un pied de nez fait à la vie. Sur ce coin de la planète, où les maigres productions journalières sont destinées à une consommation immédiate, la sérénité du lendemain n'est jamais assurée ».
    Bougna est en guerre permanente contre la coépouse de son mari, jalousies de femmes entretenues par la polygamie du mari. Arame supporte son mari Koromâk , cloué au lit par l'arthrose et déversant son fiel. Un mari qu'elle n'avait pas choisi mais avec qui elle doit faire. De toute façon, jamais on ne se plaint ou alors en silence « alors, au lieu de râler devant plus souffreteux que soi, on mord le mouchoir et on trime du matin au soir. Pour beaucoup, vivre se résume à essayer de vivre. »
    Lamine et Issa laisseront leurs jeunes épouses Coumba et Daba derrière eux. Bercées de rêves et d'amour comme toute jeune fille, leur quotidien est autre. Les devoirs imposés aux belles-filles ne sont pas de tout repos. Cuisiner, laver, nettoyer pour toute la famille et sans jamais broncher. L'Europe est la femme rivale qui leur a prise leur mari.
    Les mères en trompant leur peur dans le travail, les jeunes épouses attendent la présence de leur mari. Les années passent, Issa et Lamine ne sont toujours revenus. Mais la vie n'attend pas, le fils d'Issa grandit et Daba voudrait connaître l'amour. Issa et Lamine découvrent la condition d'être clandestin en Espagne : la quête aux papiers et au travail.
    Derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
    Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait .
    Avec « Celles qui attendent», Fatou Diome nous fait partager l'intimité, le quotidien de ces femmes. Femmes courageuses, femmes de caractère et « parce qu'elles savent tout de l'attente, elles connaissent le prix de l'amour.» Un prix élevé fait de sacrifices.
    Fatou Diome, c'est d'abord une écriture exceptionnelle.
    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2010/07/fatou-diome-celles-qui-attendent.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/07/fatou-diome-celles-qui-attend..
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 16 mars 2011

    Quand l'hiver faisait regretter aux Sahéliens les chaudes caresses de l'harmattan, ils se regroupaient chez lui, prolongeait les séances de thé et les débat rebondissaient. "L'immigration choisie", même les analphabètes parmi eux avaient leur idée sur la question : les immigrés, cheptel de l'Occident ! disaient-ils, une idée qu'un honnête énarque ne pouvait contredire. Et quand, à la télé, les barons de l'extrême-droite éructaient, pestaient, tempêtaient, pêle-mêle contre les immigrés, les banlieues et les aides sociales supposées engraisser les étrangers, le petit groupe, qui ne comptait pas d'analyste parmi ses membres, n'était pas pour autant à court de répliques. Ils se référaient tous à leur situation réelle et à la sagesse de leur village pour évaluer leur place sur l'échiquier de l'économie mondiale.

    Ces hordes d'affamés qui arrivent en rafiot, si l'Europe de Schengen, avec ses navires de guerre, ses radars et ses avions de chasse les laisse fouler son sol, c'est qu'elle en tire parti : plus ils sont nombreux, plus il est aisé de les asservir. On reconnaît la fortune du Peulh au nombre de ses bêtes. (...) Alors, quand on entend "immigration choisie", on ne peut que se demander : qui choisit qui, comment et pour quoi faire ?
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  • Par Marsup, le 17 octobre 2010

    Les coups de fil s'étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup. Mais on finit toujours par s'inventer une manière de faire face à l'absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l'on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l'oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N'en déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l'abandon. Partir c'est mourir au présent de ceux qui demeurent.
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  • Par ChezLo, le 01 décembre 2010

    Issa savoura son effet. Il n'avait pas bien préparé son discours, mais le mot Europe fut son meilleur talisman. La fiancée, subjuguée, acquiesça de tout son coeur. Amoureuse et pleine d'espoir, Coumba ne sentit pas les mains calleuses du pêcheur fauché lui gratter les joues en essuyant ses larmes de joie. Elle se voyait déjà, princesse rayonnante, un soir de couronnement, parée de ses plus beaux atours, accueillant son amoureux, de retour d'Europe et riche à millions.
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  • Par Katherine, le 21 septembre 2010

    endant que les expatriés souffraient du froid, logeaient dans des squats miteux, couraient les soupes populaires, risquaient leur vie pour des emplois de forçats, dribblaient les pandores lancés à leurs trousses, hantaient les zones de rétention, s'adonnaient aux amours de circonstances, larmoyaient devant les avocats commis d'office qui leur obtenaient des délivrances momentanées, les jeunes restés au village, portés par une liberté qu'on ne sent que chez soi, travaillaient vaillamment et contribuaient à l'essor du pays. (pages 244-245)
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  • Par lululifat, le 11 janvier 2011

    Une telle acceptation permet de saisir une évidence : quand on n'a plus l'emprise sur les choses, on peut continuer la route, comme un fleuve persiste à couler, même lorsqu'il n'arrive plus à faire flotter les barques enlisées. Vivre, dans un tel état de conscience, c'est acquérir la souplesse d'une corde qui repose en spirale sur elle-même, en attendant que la vie veuille bien s'en servir pour, un jour, sauter encore. Une nuit de sommeil, un instant de répit, une pause dans la lutte existentielle ne fait jamais de mal ; cogner contre les murs, si.
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Vidéo de Fatou Diome

Cinquième numéro de l'émission Dialogues littéraires, réalisée par Ronan Loup en collaboration avec la chaîne Tébéo, Invitéé : Fatou Diome à 4'34








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