ISBN : 2081213532
Éditeur : Flammarion (2008)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Betty passe son temps à observer l’immeuble d’en face.
Son attention se focalise sur une vieille dame ; à son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d’affection pour elle.
Lorsque Félicité est envoyée contre son gré dans une maison de retraite, B... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par tine2009, le 23 novembre 2009

    tine2009
    Sur un ton toujours juste et à travers le quotidien et les réfléxions de son personnage principal , Fatou Diome , que je découvre avec ce livre, nous enchante par ses petites phrases si vraies sur nos vies et sur la faculté que nous avons ,nous les Hommes , à les rendre plus belles ou plus moroses . Belle leçon de vie que ce livre qui est pourtant un Roman , et qui occupe encore aujourd'hui beaucoup mon esprit !
    Dans ce livre , des passages entiers seraient à noter et à relire ,tranquillement mais très souvent, afin d'essayer de vivre mieux ou du moins de profiter , comme il se doit , de la vie !
    Le coeur grand ouvert , lisez vite ce livre !
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    • Livres 5.00/5
    Par Marsup, le 25 mars 2010

    Marsup
    C'est le premier roman que je lis de cette auteure et il m' a vraiment donné envie de m'essayer à d'autres.
    Un roman intimiste extrêmement touchant duquel on ressort la tête chamboulée de questions. Une véritable reflexion sur le monde empreinte de poésie.
    Les personnages sont attachants et réalistes, ils peuvent éveiller en chacun un souvenir, une rencontre, un proche.
    Auprès de Betty, on assiste à des scènes de vies qu'elle nous dépeint tout en finesse. J'avais l'impression de construire une immense fresque où chaque trait des personnages se dessinait au fil de la lecture.
    Plus qu'un coup de coeur, une leçon de vie !
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    • Livres 3.00/5
    Par ChezLo, le 20 décembre 2011

    ChezLo
    Betty vit seule dans son immeuble et occupe ses journées à observer le voisinage par sa fenêtre. Face à elle, un couple à la dérive, des solitaires, et puis cette vieille femme et son chat, une femme parfois ronchon, avec qui elle va se lier d'amitié contre toute attente. Chaque jour ou presque, elles partagent thé et kugelhof ensemble, et lorsque Félicité est contre son gré placée en maison de retraite, les visites de Betty ne s'arrêtent pas.
    Après avoir lu Le Ventre de l'Atlantique, l'excellent Kétala et le très sensible Celles qui attendent, je plonge avec Inassouvies, nos vies, dans un roman qui donne une importance à la solitude, à l'intérêt qu'on porte soudain aux vies des autres lorsque la sienne propre nous paraît vide, ou pleine d'envies inassouvies, un roman aussi qui traite des anciens, des personnes âgées que l'on écoute peu, des liens difficiles à tisser.
    (......)

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/12/inassouvies-nos-vies.html
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 20 avril 2012

    BVIALLET

    Félicité, une vieille dame très digne, finit tristement ses jours dans la maison de retraite où l'ont placée des enfants ingrats. Sa voisine, Betty, vient lui rendre visite chaque semaine. La vie de Betty est d'une grande simplicité. Elle vit seule et aime observer la vie des autres occupants de l'immeuble : l'intello-écolo, le divorcé dragueur… Elle s'ennuie et ne sait pas quoi faire de sa vie. le jour où Félicité meurt, son monde s'écroule. Elle essaie bien de se raccrocher à l'amitié d'un homme de rencontre, mais celui-ci meurt à son tour. Alors Betty décide de larguer les amarres et de partir sans laisser d'adresse et sans espoir de retour.
    Livre triste et mélancolique qui se veut poétique et de haut niveau littéraire, mais qui n'est souvent que verbiage vaguement intello avec quelques fulgurances philosophiques parfois intéressantes. Diome aborde le problème des anciens abandonnés à leur triste sort pour cause de jeunisme, la solitude, le féminisme, mais sans en faire grand-chose d'original. Livre très inférieur au « Ventre de l'Atlantique » qui abordait lui le problème de l'immigration des noirs attirés par l'Europe comme par un miroir aux alouettes.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par VivianeB, le 05 janvier 2009

    VivianeB
    Une jolie histoire d'amitié qui donne prétexte à l'auteur pour disserter sur la vie, la vieilesse et autres thèmes sociétaux. Une réussite malgré quelques longueurs.
    Mais j'ai préféré "Ketala".
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 16 décembre 2011

    A l'heure du thé, quelques rescapés à la mémoire criblée de balles racontaient avec pudeur leurs douloureuses années. Ayant trop longtemps tu leurs actes de bravoure, ils se sentaient presque obligés de s'excuser avant toute évocation. Attitude réservée que la leur, touchante. Une façon, peut-être, de s'éloigner de toute vanité ou d'éviter de malmener la délicate sensibilité d'une enfant de la paix, une paix née de leur âpre et longue lutte. Paroles au compte-gouttes. Souffle court. L'Everest de l'âge est sans pitié. Les mots se laisaient désirer, se livraient, s'entrechoquaient, se disloquaient, bifurquaient, puis se cramponaient les uns aux autres pour entamer le tissage de la toile. De son stylo, le scribe tricotait, mais on ne rafistole pas la vie. Les faits se dessinaient, moins affirmés que les lignes d'une peinture martiale. Betty ne se prenait point pour Picasso. Ici, rien que des ombres chinoises, même en forçant le trait. Le puzzle serait incomplet, elle le savait. A force de superposer les printemps sur leurs plaies, ces doyens avaient fini par cacher des pans entiers de leur vie. Mais lorsqu'on dit il était une fois, le présent réclame le temps ainsi proposé à sa gourmandise. Le regard de Betty disait : donnez-moi votre mémoire, comme une outre de lait au milieu du désert, un repas de fin de jeûne, une galette de Pâques, un mets de Noël. Dites aux aînés de nous offrir les notes de leur murmure pour rythmer la musique de notre jeunesse.
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  • Par Marsup, le 02 août 2010

    Les gens n'ont pas idée de la violence qu'ils exercent sur les autres, en les transformant en déversoirs d'états d'âmes. Ils vous prennent pour une terre en jachère, vierge des soucis inhérents à la vie et, au premier sourire, ils mettent la charrue avant les boeufs, labourent votre mémoire jusqu'à la saigner et déterrent, sans s'en rendre compte, tout ce que vous vous évertuiez à oublier. Le choc est alors terrible. Tout se passe comme au jeu de quilles, une confidence c'est parfois une dégringolade dans la tête ; en vous balançant les grumeaux de leur vie, boulet par boulet, ils finissent par ébranler les béquilles qui vous soutiennent le moral. Certains sont parfois plus solides que vous, mais parce que vous gérez vos peines en silence, afin de ne pas déranger autrui, ils vous attribuent une sérénité bouddhique et vous demandent de partager le poids de leur choix.
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  • Par ChezLo, le 16 décembre 2011

    Betty restait sur sa faim, car tout cela ne la renseignait guère sur la nature et la teneur des vies qu'elle devinait. Tenaillée par la curiosité, rendue fébrile par l'attente de détails qui ne venaient pas, l'observatrice décida de se muer en brodeuse. Il a bien fallu que quelqu'un imagine la laine ailleurs que sur le dos des moutons, le coton hors des champs, pour que nous ayons des châles au cou et de beaux draps pour couver nos amours. Betty avait trop de métier pour ne pas rêver de dentelle. Elle se mit à l'oeuvre. Elle ne serait plus passive, à tendre l'oreille et à jeter des coups d'oeil. Désormais, les quelques signes qu'elle percevrait lui serviraient de coton brut qu'elle filerait délicatement afin de tisser de quoi habiller les vies qu'elle subodorait. Elle était devenue une loupe, réfléchissant et agrandissant tout ce qui taquinait sa vue, depuis l'autre côté de l'avenue. Scotchée en face, elle humait, butinait, écumait, captait de quoi rassasier son oeil avide. Ayant réalisé qu'un carré de nuages découpé dans un Velux suffit à l'esprit pour concevoir l'azur, Betty se contentait d'un verre d'eau pour appréhender des immensités océaniques. Dès lors, la coupe d'une robe lui racontait la nature d'un rendez-vous. Une simple mine lui évoquait l'épanouissement d'une romance ou le cataclysme d'une rupture, imminente ou consommée. L'éclat d'un sourire lui exposait un bonheur serti de diamants ou mille plaies, pudiquement cachées sous la neige d'une existence marquée au sceau de l'hiver. Au gré des jours, des rencontres et de ses perceptions, l'humanité se révélait à elle, pleine de nuances.
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  • Par ChezLo, le 16 décembre 2011

    Betty n'aimait pas s'épuiser à ruminer son passé. Lorsqu'il lui arrivait de réfléchir à certains événements clefs de sa vie, ce n'était que pour mieux appréhender son présent. Sans pleurer sur son sort, qui n'était pas pire qu'un autre, elle aimait s'interroger, suivre les pensées qui s'imposaient à son esprit pour voir d'où elles lui venaient. Elle voulait faire demi-tour, revoir les sillages qu'elle avait abandonnés ou à peine empruntés. Comme un limier rebrousserait chemin pour s'assurer de n'avoir pas perdu des indices en route, Betty se promettait de ne négliger aucune piste. Il est parfois instructif de refaire le parcours, pas celui où poussent les fleurs, mais celui laissé aux ronces de l'échec, de la perte, de l'inassouvi. Betty fouillait, écrivait, elle ne faisait plus que cela, elle ne savait plus faire que cela. Ce n'était pas une volonté de sa part, ce qui tambourinait en elle devait sortir et la faisait vibrer toute entière. Rivée à son bureau, son coeur rythmait les marées de ses émotions. Si c'était ça, vivre, vivre , c'était tanguer, du présent au passé, d'une rive à l'autre, livrée à la brise comme à la houle. Les phares, on les devine plus qu'on ne les voit. Ecrire, c'est dormir moins bien que les autres et être assez maso pour se dévaster l'âme, comme on essouche une plantation. Inassouvi, notre besoin d'une jachère.
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  • Par ChezLo, le 16 décembre 2011

    Ecrire, encore et toujours. Une façon de mettre de l'ordre, de nettoyer là où le détergent ne sert à rien. Chacun fait son ménage comme il peut. A partir de ce moment-là, Betty plongea dans l'encre de sa plume; elle n'en sortait que pour massacrer son clavier. Son esprit naviguait, voguait, glissait dans ces creux qui donnent de l'envergure aux vagues. La terre tounait, la fuite des heures ne signifiait plus rien pour elle. Une nuit n'est une nuit que pour ceux qui la prennent pour telle. Il y a tant de jours que nous ne vivons pas. Ces jours que nous occupons à négocier avec nos fantômes le droit de vivre.
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Cinquième numéro de l'émission Dialogues littéraires, réalisée par Ronan Loup en collaboration avec la chaîne Tébéo, Invitéé : Fatou Diome à 4'34








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