ISBN : 2843045509
Éditeur : Zulma (2011)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres

Construit comme une enquête et un réquisitoire, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l'ultime génocide du XXe siècle mieux que tous les essais et témoignages. Avec une sobrié... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par le-mange-livres, le 14 janvier 2012

    le-mange-livres
    "Si jamais le Rwanda avait été ce lieu paisible et lumineux où le dieu Imana venait se reposer après chaque coucher de soleil, il avait cessé de l'être depuis longtemps en 1998 : la mort continuait à rôder partout, l'odeur des corps en décomposition prenait toujours à la gorge, et les survivants n'avaient pas encore émergé de leur longue sidération".
    Dans une prose claire et précise, Boubacar Boris Diop revient sur le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda au printemps 1994. Pendant cent jours, les interminables massacres, encouragés par la propagande haineuse et incendiaire de radio Mille Collines, près d'un million de Tutsis trouveront la mort."Après une histoire pareille, tout le monde est, de toute façon, un peu mort".
    Murambi, c'est ce lieu sinistre (aujourd'hui transformé en mémorial) où, le 21 avril, après avoir trouvé refuge dans une école technique en construction, 45 000 Tutsis sont massacrés par les milices Interahamwe.
    Un livre "avant-après" comme je les appelle, bouleversant, et qui questionne le lecteur dans son humanité même. Dans un style très différent des enquêtes philosophico-journalistes de l'excellent Jean Hatzfeld (Une saison de machettes, La stratégie des antilopes). Avec une étonnante économie de mots, Boubacar Boris Diop construit le récit nécessairement éclaté des voix multiples du génocide, et parvient à en soulever brillamment tous les enjeux moraux.
    Comment comprendre l'irréductible spécificité du génocide rwandais ? Quel rôle douteux ont joué les troupes françaises de l'opération Turquoise ? Comment pardonner aux bourreaux et vivre à leurs côtés ? Comment vivre après le génocide rwandais ? "Il voulait dire à la jeune femme en noir - comme plus tard aux enfants de Zakya, que les morts de Murambi font des rêves, eux aussi, et que leur plus ardent désir est la résurrection des vivants". Pourquoi l"indifférence occidentale ? ("Ne t'en fais pas Sera. Ils savent que le monde entier les observe, ils ne pourront rien faire").
    Dans une passionnante postface enfin, Boubacar Boris Diop évoque les circonstances de l'écriture de Murambi, et s'interroge sur ce que signifier écrire un roman sur le génocide rwandais. C'est une expérience qui découle d'une résidence d'auteurs au Rwanda en 1998, "Rwanda : écrire par devoir de mémoire", rassemblant pendant trois mois plusieurs écrivains africains dans un hôtel de Kigali. Loin de "jouer les pleureuses de la vingt-cinquième heure", chacun en retire une expérience singulière, débouchant sur la production de plusieurs romans (La Phalène des collines de Koulsy Lamko, Le Cavalier et son ombre de B.B. Diop, Murekatete de Monique Ilboudo), parmi lesquels Murambi. Dans cette postface, l'auteur donne sens à son oeuvre, autour d'une réflexion fondamentale sur l'écriture et l'engagement.
    "Encore une preuve, s'il en était besoin, de la quasi-impossibilité de sortir indemne de l'expérience rwandaise".

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2012/01/murambi-le-livre-des-oss..
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  • Par christianebrody, le 27 octobre 2011

    christianebrody
    Rwanda , 1994 , dernier génocide en date. Des hommes , des femmes se croisent , se perdent , se retrouvent pendant l'une des dernières tentatives d'annihilation d'un groupe éthnique par un autre sous le regard amusé des grandes puissances occidentales. Roman polyphonique , l'histoire du massacre des Tutsi par les membres des Interahamwe , la milice des massacreurs du Hutu Power , est né à la suite d'une expérience: Rwanda : écrire par devoir de mémoire. Boubacar Boris Diop a choisi de raconter ces évènements sous la forme d'un roman en mettant en scène différents protagonistes , les bons comme les méchants , sans jamais porter un jugement sentencieux. Il s'applique à démonter les méchanismes de la réussite d'une telle entreprise sans que cela n'émeuve le reste du monde.
    La transmission générationelle et l'entretien des haines avérées ou non est l'une des composantes essentielles pour mener un tel projet à bout. Tous attendent le coup de sifflet pour laisser parler librement la cruauté tapie en eux. Des voisins, des amis, des membres de la même famille s'étrippent joyeusement au nom d'une différence éthnique. C'est l'heure des règlements de comptes, alors! que chacun accomplisse son devoir en se réfugiant derrière la plus incroyable des excuses: se sentir investi d'une mission quasi divine, de celle qui exige que l'on lave un prétendu affront en répandant la terreur et la haine raciale. Eradiquer certes, encore faut-il faire souffrir au- delà de toutes limites puisque c'est si gentiment demandé. Voire conseillé sous peine de représailles. Outre l'entretien d'une mémoire basée sur la mesquinerie / l'indigence morale, éthique et intellectuelle, il est facile de s'appuyer sur les plus démunis pour se vautrer avec délectation dans un cynisme aveugle. Sans conscience car sans états d'âmes. La haine a la logique du sang. Ce qui s'est passé en 1994 est une répétiton des évènements de 1959; les raisons en sont inchangées. Pourquoi un lynchage programmé n'a pu être arrêté? Comment est-ce possible qu'une telle horreur ait vu le jour? Il y a un parallèle entre cet épisode et celui que toute une nation a subi pendant la deuxième guerre mondiale. Pour ma part je n'y vois aucune différence, un meurtre reste un meurtre et aucune raison officielle ou officieuse ne peut excuser ce genre de comportements. Cet acharnement à toujours faire ressurgir le pire qu'il y a en nous en nous absolvant par avance nos fautes me sidère. Je juge , oui , car je constate que tous les efforts fournis par les différents » gardiens de la mémoire de l'humanité » sont toujours balayés d'un revers de la main dés que l'on peut assouvir en toute impunité nos plus bas instincts. Sommes-nous si cons que cela ou partageons-nous le même temps de mémoire que les poissons rouges, à peu près 3 secondes? Entre les livres, les documentaires, les monuments, les films, de telles atrocités se perpétuent et ont encore de beaux jours devant elles. Car il suffit de peu de choses pour que l'histoire se répète.
    A la fin de ce livre, j'ai lu la vague de Todd Strasser. Nous sommes en 1969, aux Etats-Unis. Les horreurs de la dernière guerre sont encore proches. D'ailleurs, c'est le sujet d'étude dans ce lycée. Pour démontrer que ce genre de saloperies peut naître à tout moment, un professeur décide de reprendre les mécanismes qui ont fait le succés du nazisme en créant un mouvement expérimental au slogan fort : LA FORCE PAR LA DISCIPLINE, LA FORCE PAR LA COMMUNAUTE, LA FORCE PAR L'ACTION et réussit à transformer des élèves intelligents, instruits, libres penseurs en parfaits petits dictateurs d'une docilité effarante. Ce qui n'était qu'un jeu au départ se transforme en un dangeureux cauchemar. La propagation de ces idées est relayée par un excellent organisme médiatique ( un journal), un recrutement méticuleux, des réunions « secrètes », par l'éviction de toute personne ayant un tant soit peu un esprit critique, par des dénonciations, par l'incitation à la haine……. et surtout par l'absolue conviction d'être 1) un être supérieur, 2) être dans le vrai. Cette lecture m'a perturbée car elle me démontre que l'éducation, l'instruction, la curiosité, l'envie de s'améliorer sont des valeurs qui n'ont aucune chance devant la folie, au sens pathologique du mot, de certains. Parait-il que le monde a été créé par des fous pour que des sages y vivent?! J'en sais rien mais je garde l'espoir que l'on ne les décapitera pas tous afin que des générations futures puissent bénéficier de cette petite lumière que nous continuons inlassablement à éteindre. Sans doute par fainéantise et surtout parce que c'est bien plus simple quand l'autre réfléchit à notre place.
    Je digresse…… Les personnages sont tous bouleversants mais celui qui m'a le plus ému c'est ce fils qui après des années d'exile revient au Rwanda pour apprendre que son père est non seulement responsable du meutre de sa propre famille mais qu'il est l'instigateur du plus grand charnier du pays. Comment vivre en sachant que le même sang coule dans ses veines? Comment s'en sort-on? La postface est très instructive car il y fait le bilan de tout le travail entrepris par les organisateurs de ce projet et des répercussions que cela a eu dans les différentes parties du monde. C'est un livre d'apprentissage, un autre legs pour que ce genre de chose n'arrive plus jamais. Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
    A l'attention de Simon with all my love!

    Lien : http://www.immobiletrips.com/dramatique/murambi-le-livre-des-ossemen..
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    • Livres 3.00/5
    Par lagouluelitteraire, le 09 mars 2012

    lagouluelitteraire
    Avec une écriture simple et fluide, Boubacar Boris Diop nous transporte dans cette magnifique région des grands lacs africains dont fait partie le Rwanda. Il nous fait prendre conscience de l'immense tragédie qui s'est déroulée face à un monde indifférent, plus préoccupé par les résultats de la Coupe du monde de football… Roman contre l'ignorance, contre l'impunité, contre l'oubli. Un roman d'une intensité bouleversante.

    Lien : http://lagouluelitteraire.6mablog.com/post/2011/07/21/Muranmbi-le-li..
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Citations et extraits

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  • Par elegrid1, le 02 mai 2012

    Convaincu que c'était la faute à CNN et compagnie, je me suis souvenu d'un proverbe de notre malicieux et quasi imparable Wolof Njaay : " si tu empruntes à quelqu'un ses yeux, ne t'étonne pas l'ami, d'être obligé, quoi que tu fasses, de ne voir que ce que lui même voit ..." Dans le monde tel qu'il va, les médias globaux ne sont-ils pas, en définitive, les universels "prêteurs de regard" ?Nous sommes tous condamnés à nous fier à ce que racontent leurs caméras et le pire c'est que bien souvent le flux bavard de leurs images et de leurs commentaires nous cache la réalité bien plus sûrement que leurs silences ou omissions . Mais même s'ils ont affecté de ne voir dans le génocide des Tutsi du Rwanda qu'un immense crime de masse, pittoresque et sans rime ni raison - un "truc africain" de plus, pour tout dire- personne n'a le droit de les rendre responsables de son propre aveuglement .
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  • Par elegrid1, le 02 mai 2012

    Apres la victoire, la question sera inévitablement posée : que vaut un pardon sans justice ? Les organisateurs du génocide en savent trop . Ils sont en train de s'enfuir et leur fuite les met à l'abri d'un procès qui guérirait notre peuple de son traumatisme .
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  • Par julinou, le 08 novembre 2011

    La Coupe du monde de football allait bientôt débuter aux Etats-Unis. Rien d'autre n'intéressait la planète.
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  • Par le-mange-livres, le 14 janvier 2012

    Si jamais le Rwanda avait été ce lieu paisible et lumineux où le dieu Imana venait se reposer après chaque coucher de soleil, il avait cessé de l'être depuis longtemps en 1998 : la mort continuait à rôder partout, l'odeur des corps en décomposition prenait toujours à la gorge, et les survivants n'avaient pas encore émergé de leur longue sidération.
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  • Par le-mange-livres, le 14 janvier 2012

    Encore une preuve, s'il en était besoin, de la quasi-impossibilité de sortir indemne de l'expérience rwandaise.
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Boubacar Boris Diop - Murumbi, le livre des ossements .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris qui s'est déroulé du 18 au 21 mars 2011, les éditions Zulma vous présentent l'ouvrage de Boubacar Boris Diop "Murumbi, le livre des ossements".http://www.mollat.com/livres/boubacar-boris-diop-murambi-livre-des-ossements-9782843045509.html








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