> Cathleen Miller (Éditeur scientifique)
> Josiane Deschamps (Traducteur)
> Alain Deschamps (Traducteur)

ISBN : 2290018449
Éditeur : J'ai Lu (2009)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Waris, excisée selon la tradition, n'a que treize ans lorsqu'elle décide de s'enfuir, de quitter ses parents afin d'échapper à un mariage forcé. Après une dangereuse cavale dans le désert somalien, elle rejoint Mogadiscio, puis Londres où elle devient domestique. C'est... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par paikanne, le 04 octobre 2010

    paikanne
    Présentation de l'éditeur : Waris, excisée selon la tradition, n'a que treize ans lorsqu'elle décide de s'enfuir, de quitter ses parents, afin d'échapper à un mariage forcé. Après une dangereuse cavale dans le désert somalien, elle rejoint Mogadiscio, puis Londres où elle devient domestique. C'est alors qu'elle est remarquée par un photographe de mode et que va démarrer sa prodigieuse carrière de mannequin. Avec émotion et sincérité, Waris Dirie raconte les détails de son étonnante histoire, évoquant sans détour les difficultés rencontrées tout au long de cette aventure. Fleur du désert est la troublante confession d'une femme hors du commun.
    Mon avis : dans une écriture aisée à lire, Waris Dirie nous conte son histoire, une histoire qui l'a menée vers les projecteurs du monde de la mode mais proprement inimaginable eu égard à son origine.
    Le récit commence par sa fuite éperdue dans le désert alors qu'elle a 13 ans et vient d'apprendre qu'elle sera mariée à un homme de plus de quatre fois son jeune âge. Elle a été payée "un bon prix", à savoir 5 chameaux, une aubaine pour son père. Waris qui a vécu heureuse au sein de sa famille dans le désert somalien et cela, malgré des conditions de vie souvent pénibles, refuse obstinément d'accepter ce sort qui lui est réservé. Elle pressent confusément que telle ne peut pas être sa destinée Cette course contre la mort la mènera, après bien des difficultés, à Mogadiscio où elle rencontrera sa grand-mère qu'elle n'a jamais vue jusqu'alors.
    Il est tout à fait incroyable qu'elle ait survécu au désert somalien, seule, sans eau ni nourriture ; il est inconcevable que le lion qui s'est retrouvé à quelques mètres d'elle alors qu'elle se reposait sous l'ombre avare d'un arbuste ait finalement pris le parti de se détourner, comme si ce corps vulnérable ne lui offrait pas une pitance de choix. Elle qui s'était en quelques minutes préparée à la mort y voit un signe. Elle continuera donc à se battre.
    C'est ainsi qu'elle fera des pieds et des mains pour aller à Londres ; elle y arrivera mais même si la femme de l'ambassadeur de Somalie est sa propre tante, Waris ne sera jamais qu'une esclave dans cette famille : laver, nettoyer, récurer… autant de tâches qui n'ont plus de secret pour elle. Elle n'a pas l'autorisation d'apprendre l'anglais et les maigres informations "de l'extérieur" ne lui parviennent qu'à travers la télévision qu'elle ne peut regarder mais qu'elle réussit, de temps à autre, à entendre... Lorsque l'ambassadeur doit quitter le pays avec sa famille, Waris s'y refuse et "perd non malencontreusement" son passeport.
    Elle est désormais seule à Londres, sans moyens de subsistance, sans possibilité de se faire comprendre. Mais encore une fois, Waris sent qu'elle doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas retourner en Somalie et cela, même si sa famille, et surtout sa maman, lui manque énormément.
    Bien sûr, Waris a eu la chance, par hasard (?), d'être remarquée par un célèbre photographe de mode mais elle a surtout toujours lutté parce qu'elle souhaitait ardemment s'en sortir et ne pas se contenter d'une vie que d'autre auraient choisie à sa place.
    Le récit n'est pas construit de manière chronologique puisque le passé refait surface, à certains moments, au fil du récit. Des passages poignants parsèment le récit tels celui de l'excision de Waris à l'âge de 5 ans ou encore celui où, contrainte de consulter un gynécologue en raison de douleurs récurrentes liées à la mutilation qu'elle a vécue, elle souffre de laisser voir à un "inconnu" l'ampleur du désastre. Waris pensait qu'être une femme "coupée" était la norme, elle apprend que cela ne l'est pas. Elle décidera de parler au monde entier de cette horrible réalité et des conséquences dramatiques pour les petites filles qui la subissent : elle devient ambassadrice de bonne volonté de l'ONU contre les mutilations génitales féminines.
    J'ai reçu, dans le cadre de ce partenariat, le DVD du film réalisé par Sherry Hormann en même temps que le livre. Je suis généralement déçue de l'adaptation cinématographique d'un livre mais ce ne fut pas le cas ici même s'il y a des différences notables entre les deux qui donnent parfois une impression de "facilité" absente du témoignage écrit. L'actrice Liya Kebede, à la beauté resplendissante, est extraordinairement émouvante et réussit à faire passer par le regard bon nombre d'émotions. Impossible pour moi de retenir mes larmes lors de certaines scènes comme le discours final à l'ONU ou lorsque Waris évoque son excision lors d'une interview qui bouleverse au plus au point la journaliste. Les cris déchirants de la petite fille qu'elle était alors résonnent encore bien longtemps après…
    Merci aux Editions J'ai lu et à Livraddict pour ce partenariat.

    Lien : http://paikanne.skynetblogs.be/archive/2010/09/26/fleur-du-desert-du..
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    • Livres 5.00/5
    Par Florel, le 29 septembre 2010

    Florel
    Le Livre :
    Ce n'est pas vraiment le genre de livre que je lis souvent, mais de temps à autre pourquoi pas ; et là je dois dire que j'ai trouvé ce bouquin vraiment très chouette, bien fait, assez rapide car l'auteur ne reste que sur l'essentiel de sa vie, - je veux dire par là les petits et grands tournants de sa vie - et ses plus grandes épreuves.
    En bref elle nous décrit sa vie de nomade dans le désert somalien (ce qui m'a rappelé un autre livre que j'avais adoré Y' a pas d'embouteillage dans le désert !). Son excision, pratique stupide, arriérée et coutume barbare ! Sa fuite qui n'était pas sans danger à travers le désert somalien pour échapper au mariage forcé, son départ pour Londres afin de devenir pendant quatre ans la domestique, -personnellement je dirais l'esclave-, chez son oncle ambassadeur de Somalie. Où là elle découvrira la vie occidentale bien différente de sa vie de nomade, quelques belles anecdotes en perspective dessus d'ailleurs.
    Viendra après, suite au départ de son oncle, sa vie clandestine en Angleterre et tous les dangers qu'elle comporte, (sachez qu'elle ne parle pas et n'écrit pas anglais à ce moment là et ce malgré plusieurs années passées là-bas) sa rencontre avec Maryline une amie, ainsi que ses débuts difficiles et les problèmes avec le service d'immigration.
    Le personnage :
    Waris est vraiment une femme au fort caractère, elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut mais sait qu'elle veut changer sa vie afin de ne pas avoir la même vie que sa famille. Ce fort tempérament lui permettra de traverser bien des embûches et de garder les pieds sur terre quand la célébrité, -qui lui est tombée dessus un peu par hasard-, arrivera.
    Les mannequins sont souvent des êtres artificiels, pas Waris. On voit qu'elle a su garder certaines valeurs comme l'amour de la famille, l'amitié, ou encore le respect des trésors que la Terre nous offre comme l'eau... Pour elle qui a manqué de tant de chose tout est appelé à devenir trésor et je trouve cela très touchant.
    Néanmoins une chose m'a assez agacé dans ce livre et cela se passe quand elle est encore en Somalie. La Waris d'aujourd'hui nous dit assez souvent qu'à l'époque où elle était encore là-bas, - donc une jeune fille comme les autres dans le désert -, qu'elle avait le sentiment d'être un être à part des siens. Qu'elle était certaine que Dieu avait d'autre projet pour elle ou encore qu'elle avait toujours su qu'elle avait un destin hors de commun, je dois avouer que pour moi ces phrases sonnent justes faux, qu'elle se sente différent d'accord mais de là à se dire qu'elle était persuadée que Dieu avait d'autre projet pour elle faut pas exagérer. Je trouve ces phrases trop faciles à dire une fois qu'on est sortie de sa vie et qu'on en a fait ce qu'on en voulait, soit quelque chose de différent, mais honnêtement avant cela je doute très fortement que ces dernières aient été pensées si forte ou même tout simplement. Dans sa vie de tous les jours, misère ou routine peut importe, on ne se dit jamais cela. J'en suis quasiment certaine et pour moi ces passages là enlèvent un peu la la crédibilité de Waris. Dommage...
    Dommage aussi que le dernier chapitre compare ce qui n'est pas comparable. Si d'ailleurs j'ai un conseil à donner en lisant le chapitre 18, c'est de ne surtout pas oublier que même si les pays du nord ont un rythme de vie loin d'être identique aux pays du sud, ces deux extrémités ne sont finalement pas si différentes, dans les grandes lignes j'entends. Si on y regarde de plus près on voit bien qu'ici comme là-bas la pauvreté existe et qu'il faut se battre pour survivre, payer ces factures, ce nourrir... Là-bas comme ici la vie est difficile aussi. A ne pas oublier en lisant le chapitre 18...
    Quoi qu'il soit et si on enlève ces derniers points, le livre a de grandes chance de vous plaire. Vous apprendrez beaucoup sur la vie des nomades si vous n'avez encore lu aucun livre dessus, puis le combat qu'elle mène contre l'excision, mérite d'être connu et plus entendu.

    Lien : http://voyagelivresque.canalblog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par Azilys, le 19 septembre 2010

    Azilys

    Nous suivons donc Waris, jeune somalienne nomade au caractère bien trempé, depuis son désert natal aux podiums européens. Mais ce n'est pas la véritable réussite de Waris que d'être devenu mannequin ou top modèle. Sa véritable victoire réside dans le fait d'être devenue Ambassadrice des Nations Unies dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. C'est sur que c'est moins facile à caser dans un titre, mais pour moi c'est cette histoire là que j'ai lu.

    Ce livre est une autobiographie, cela implique que non seulement nous suivons la vie l'auteur, mais nous lisons aussi sa propre vision des évènements. Et là, il faut savoir que c'est un peu particulié. En effet, Waris est Africaine. Elle a vécu en Europe et a excellé dans un métier éminemment occidental, mais elle est resté Africaine toute entière, jusque dans sa moelle épinière. La pensée africaine est assez différente de la pensée occidentale. Waris est donc très sensible aux signes du destin et lit la volonté de Dieu dans certains événements de sa vie. Personnellement cela ne m'a pas dérangé. Cela ajoute une forme de poésie et nous rapproche de l'auteur.

    Ce livre est porteur de différents messages, mais celui auquel je ne m'attendais pas c'est le « plaidoyer » pour l'Afrique. Waris aime profondément son pays et les différents mode de vie qui s'y mèlent. Elle aime profondémment sa mère et ne lui en veut pas. Au delà de la pratique de l'excision et du cas particulier de la Somalie, j'ai découvert un pays. le mode de vie délicat des nomades. Cet art de vivre en équilibre et en fonction des éléments. Je pense que Waris tire sa poésie de là aussi.

    Waris. Elle est ma nouvelle héroïne des temps moderne. Car c'est bien ce qu'elle est. Un parcours semé d'embuches de tout type. Et elle s'en sort, se relève et continue, ne lâche rien. Au début du livre, nous suivons Waris dans sa lutte pour sa survie. Ce récit est entrecoupé de flashbacks, expliquant le mode de vie nomade. Ces flashbacks offrent des clés de lecture, de compréhension du personnage et des choix qu'elle effectue. Car Waris est un personnage, une sacré nana.

    Puis dans la seconde partie du récit, nous la suivons, sans retour en arrière. Mais ce n'est pas parce que la réussite est là, que la vie est plus simple. Je n'ai pas beaucoup envie d'en dire plus sur sa vie. Je vais seulement vous conseiller de lire le livre. C'est une histoire à connaître. Peu de Femme (encore moins connues) font le choix de Waris, principalement à cause des tradditions et de l'idée générale de ce que c'est que d'être « a good women ».
    Mon avis sur l'adaptation cinématographique, à suivre sur mon blog! ^^

    Lien : http://chezazilys.blogspot.com/2010/09/fleur-du-desert-de-waris-diri..
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    • Livres 4.00/5
    Par Myrinna, le 10 juin 2010

    Myrinna
    Au début, j'avais lu quelques belles métaphores, je pensais que le style en serait resté.
    Cependant, on a droit à un témoignage poignant d'une femme qui a été mutilée sous le poids des traditions. Elle n'est partie de rien, elle s'est montrée forte, elle a cru en son destin.
    "Elle est y arrivée". Des passages difficiles où elle raconte le moment de son excision…
    Là, elle lutte contre la mutilation de parties génitales. On peut saluer le courage d'une femme qui a su livrer son plus lourd secret au monde pour aider d'autres filles à ne plus subir cette barbarie
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    • Livres 3.00/5
    Par Biname, le 05 janvier 2011

    Biname
    Difficile de ne pas être révoltée face à une pratique si horrible que l'excision. Waris Dirii partage avec nous ici son parcours de vie: de la petite fille somalienne, nomade aimant la nature et ses frères mais refusant un mariage forcé à cette jeune femme qui se battra pour enfin être elle-même dans des pays occidentaux très loin de sa Somalie mais qui lui ont permis de sortir de la souffrance et du secret qui a changé sa vie.
    Ce témoignage ne part pas dans le mélo-dramatique heureusement, elle nous révèle sa vie tout simplement sans chichi, en toute honnêteté. Un témoignage qui me donne envie d'aller plus loin dans mes lectures.
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Citations et extraits

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  • Par Florel, le 29 septembre 2010

    "Pendant 4000 ans, des cultures africaines ont permis que les femmes soient mutilées. Cette tradition répandue dans beaucoup de pays musulmans, bien des gens croient que le Coran l'exige. Et pourtant ce n'est pas le cas ; ni le Coran ni la Bible ne mentionnent qu'il faut mutiler les femmes pour plaire à Dieu. Cette coutume n'est encouragée et exigée que par les hommes - des hommes ignorants et égoïstes - qui veulent s'assurer l'exclusivité des faveurs de leurs épouses. Les mères acceptent que leurs filles soient mutilées de crainte qu'elles ne trouvent pas de maris. Une femme non excisée est considérée comme impure, obsédée par le sexe et impossible à marier. [...] Il n'y a pas de raison à la mutilation de millions de petites filles chaque année, sinon l'ignorance et la superstition. Par contre, la douleur, la souffrance et la mort qui en résultent sont des raisons plus que suffisantes pour que cette pratique disparaisse."
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  • Par SEcriture, le 31 août 2010

    « L’excision [...] se pratique essentiellement dans vingt-huit pays d’Afrique. L’ONU estime que cette mutilation touche cent trente millions de petites filles et de femmes. Chaque année, deux millions au moins de petites filles risquent d’en être victime, soit près de six mille par jour ! Ces mutilations sont pratiquées de manière primitive par des sages-femmes ou des femmes du village sans anesthésie. Pour procéder à l’ablation des organes génitaux d’une petite fille, elles utilisent les instruments qui leur tombent sous la main : lames de rasoir, couteaux, ciseaux, morceaux de verre, pierres coupantes, et dans certaines régions, leurs dents. » (p.271)
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  • Par julinou, le 07 mai 2010

    En Somalie, nous savions apprécier les choses simples de la vie. Nous fêtions la pluie parce que cela signifiait que nous aurions de l'eau. Qui, à New York, se soucie de l'eau ? On la laisse couler en faisant autre chose dans la cuisine ; il y en a tant qu'on en veut, il suffit de tourner un robinet. C'est lorsqu'on est privé des choses qu'on les apprécie, et quand on n'a rien, on apprécie tout. (p.276)
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  • Par SEcriture, le 31 août 2010

    « Un homme habitant a New-York a mis la stéréo à fond pour que ses voisins n’entendent pas les hurlements de sa fille pendant qu’il lui coupait les parties génitales avec un couteau à steak. » (p.272)
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  • Par SEcriture, le 31 août 2010

    « C’est lorsqu’on est privé des choses qu’on les apprécie, et quand on a rien, on apprécie tout. » (p.276)
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