On est toujours rattrapé par ce que l'on fuit. À San Francisco où l'ont portée ses rêves de modernité et d'ailleurs, Anju sombre après une fausse couche, laissant son mari Sunil impuissant. À Calcutta où elle est restée vivre selon les traditions, sa cousine Sudha subit... > voir plus
J'ai eu beaucoup plus de mal à adhérer à cette suite : peut-être parce qu'elle se déroule aux Etats-Unis et que l'Inde n'est présente que par quelques traditions, peut-être parce que le début fait un peu trop penser à un trio amoureux dont on a du mal à s'échapper et surtout à voir comment les trois protagonistes vont pouvoir en sortir (d'ailleurs, aucun n'en sortira indemne), peut-être parce que les relations sont compliquées, les personnes souffrent et s'enferment peu à peu dans leur silence, peut-être tout simplement parce que je n'ai pu m'empêcher d'éprouver de la tristesse à la lecture... Sans doute un peu de tout cela ! Mais si il y a une chose que j'ai adoré, c'est l'écriture, magnifique, très riche, très lyrique aussi et mêlée de contes légendaires... de plus, tour à tour, l'auteur nous livre les récits du narrateur, les pensées de Sudha, les confessions de Sunil à Dayita, les lettres qu'Anju à son défunt père, les extraits du journal de Sunil, les lettres échangées avec les parents restés en Inde, les espérances de Lalit... autant de points de vue de la même histoire qui donnent une réalité au récit.
"Au début il y a la douleur.
A moins que ce ne soit la fin qui baigne dans la douleur, à la couleur indigo si caractéristique. Couleur de vieilles meurtrissures, de poteries brisées, de cartes de géographie froissées, à la lumière du soir. Mais non, au bout du compte ce n'est pas cela. Car bien que les hommes - et les femmes aussi - essaient depuis des milliers d'années de trouver la juste comparaison, au bout du compte la douleur ne ressemble qu'à elle-même." (10/18 - p.13)
"Oh, ces films [...]. Ils sont toujours pleins de coïncidences les plus échevelées.
Le monde réel est-il si différent ? Combien d'amants se retrouvent-ils séparés par la volonté des autres, par les circonstances, ou par une mauvaise interprétation de ce qu'ils croient être leur devoir ? Combien de vies sont-elles détruites par le hasard ? Le sait-on ? Le fait est que lorsque cela vous arrive, vous n'en parlez à personne. C'est trop douloureux." (10/18 - p.57)
Bande annonce du film "The mistress of spices" adapté du roman de Chitra Banerjee Divakaruni traduit en français sous le titre "la maitresse des épices".