ISBN : 2923682130
Éditeur : Les Allusifs (2010)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 66 notes) Ajouter à mes livres
Une bibliothécaire d’une cinquantaine d’années, après vingt-cinq années à faire ce métier, et en bonne partie dans la cave d’une bibliothèque de province, à ranger des livres sagement alignés dans leur rayon respectif, et qui trouve ce métier terrifiant à maîtriser cett... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (30)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par IzaBzh, le 29 octobre 2010

    IzaBzh
    Pour les non-initiés, je signale à tout hasard que Melvil Dewey est l'inventeur de la classification des livres en bibliothèque, classification qu'on retrouve dans le monde entier. J'ajouterai que La cote 400 est l'endroit où on peut trouver les livres de linguistique.
    Ce petit opus de 64 pages contient le monologue ébouriffé d'une bibliothécaire, tout d'une traite, pas de paragraphe ! J'ai d'ailleurs parfois dû le poser pour reprendre mon souffle.
    Divorcée, seule dans son travail autant que dans sa vie privée, elle a l'air un peu hargneuse, comme ça, mais aime profondément la mission des bibliothèques, ces bibliothèques qui ne serviraient à rien sans les lecteurs. Elle a ses têtes (n'aime pas les architectes qui l'ont condamnée à travailler dans un sous-sol sans lumière, les collègues de l'étage supérieur qui la snobent) mais parle avec tendresse des érémistes et SDF qui fréquentent sa salle et avoue même une préférence pour le beau Martin, chercheur auquel elle n'ose pas adresser la parole. Finalement, elle aimerait bien combler son vide affectif autant que le vide laissé par les documents déplacés dans La cote 400.
    Si le début me faisait parfois tiquer (quoi, nous autres bibliothécaires serions des maniaques du livre qui déborde d'un demi-centimètre sur l'étagère et les lecteurs seraient tous des déprimés ?), j'ai été sensible à son amour de la culture, de l'élévation comme elle le dit, et son humanité vis-à-vis de son public de lecteurs. Un très joli petit livre bourré d'humour.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Zazette97, le 28 novembre 2011

    Zazette97
    Publié l'an passé, "La cote 400" est le premier roman de la française Sophie Divry.
    Il est ici question de l'histoire ou plutôt du monologue enflammé d'une bibliothécaire de province, responsable du rayon géographie, qui se plaint de...à peu près tout et tout le monde. Collègues, hiérarchie, lecteurs. Et quand il s'agit d'évoquer la fantaisie ambiante ou la démocratisation de la culture, elle a plus que son mot à dire...
    Dès les premières lignes, je me suis demandée si j'arriverais à supporter cette femme aux airs supérieurs durant 65 pages. Celle-ci m'a d'emblée fait penser à ces gens/boulets qui vous harponnent pour ne plus vous lâcher avant d'avoir vidé leur sac, sans vous donner la possibilité de couper court.
    Cette bibliothécaire s'adresse à un lecteur retenu prisonnier depuis la veille et découvert juste avant l'ouverture mais franchement, au vu de sa solitude avouée, je me suis demandée si elle ne s'adressait pas simplement à elle-même.
    Psychorigide, aigrie et maniaque du classement, cette femme vit totalement repliée sur elle-même, se privant de loisirs, de vacances et de la présence d'un homme dans sa vie.
    Reste son métier, ingrat, qui consiste à ranger le désordre laissé par des lecteurs peu respectueux en ce qu'ils n'hésitent pas à arracher des pages, à surligner ou à annoter des passages de livres.
    Ces lecteurs qui ne sont là que pour draguer, profiter du chauffage ou lire des navets.
    Ses collègues et le conservateur de la bibliothèque ne sont guère mieux lotis. Confortés dans leurs métiers, ils ne semblent pas prêts à changer les choses, à orienter les lecteurs vers d'autres livres en prenant le risque de les détourner des classiques habituellement prescrits à l'aveuglette.
    De toute façon, personne ne l'écoute !
    Et pourtant, au fil de sa tirade se dessine l'envie d'être remarquée, de signifier quelque chose pour quelqu'un, que ce soit pour ses lecteurs qui ne l'abordent jamais pour lui poser des questions ou pour Martin, ce jeune homme bien sous tous rapports (et à la nuque splendide) dont elle essaie en vain d'attirer l'attention dans ce sous-sol sinistre qu'est son lieu de travail.
    "La cote 400" présente une vision amère du métier de bibliothécaire dont les tâches se résument à "classer, ranger, ne pas déranger".
    Ne fréquentant plus les bibliothèques depuis plusieurs années, je ne saurais attester de l'universalité de ce sombre portrait. Néanmoins, je dois reconnaître que mes souvenirs de bibliothécaires ressemblent beaucoup au portrait dessiné ici.
    Il me reste l'image d'une quinquagénaire avachie sur sa chaise, soupirant quand un lecteur lui demandait de l'aide pour repérer un livre et désignant de loin le rayon plutôt que de se déplacer, préférant continuer à rédiger ses fiches de rappels destinées aux retardataires.
    Je reste néanmoins convaincue que tous les bibliothécaires ne sont pas à mettre dans le même sac et que l'auteure a volontairement choisi le mode de la caricature en plaçant dès le départ son personnage dans de mauvaises dispositions propices à la frustration.
    Ayant échoué au CAPES, cette femme n'a pas envisagé le métier de bibliothécaire comme une vocation mais plutôt comme un second choix qui lui a permis de suivre un homme qui la quittera ensuite.
    Elle se retrouve qui plus est dans une bibliothèque municipale si peu fréquentée qu'on pourrait entendre les mouches voler, et affectée au rayon géographie !
    Dans mes jeunes années, je pense avoir fréquenté ce rayon une seule fois, pour consulter un atlas car j'avais oublié le mien dans mon casier...
    L'aspect "conseil" du métier est donc ici totalement éludé faute de lecteurs à aiguiller.
    "La cote 400" est un petit roman qui se lit d'un seul souffle mais, comme le soulignait Reka, avec des pincettes (même si il y a malheureusement du vrai dans ses plaintes) car il s'agit ici, comme dans tous les livres qui traitent d'un métier en particulier, d'une et non pas de LA vision du métier de bibliothécaire.
    Malgré que cette femme m'ait tapé sur le système dans les premières pages, je dois reconnaître avoir beaucoup aimé son humour cynique lorsqu'elle abordait le statut du livre au fil de l'Histoire.
    A tenter avec un certain recul !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/11/la-cote-400-sophie-divry.h..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 28 mars 2011

    Nina
    Un matin, une bibliothécaire trouve un lecteur qui s'est laissé enfermer dans les locaux. Après quelques instants de stupéfaction, elle décide de le garder auprès d'elle jusqu'à l'ouverture au public. C'est presque une prise d'otage, car le jeune homme va devoir écouter les confessions de cette employée dépressive qui va lui raconter sa triste vie de bibliothécaire frustrée ! Tout y passe, les collègues, les architectes, les lecteurs, les écrivains, les éditeurs, les livres, le système de classement, la rentrée littéraire......
    Alors d'abord ce métier : comment le choisit-on ? Comment devient-on bibliothécaire ? Et bien pour elle, c'est par défaut !!
    J'aime mon métier. Bon je l'avoue, quand j'ai commencé mes études, je voulais être professeur mais j'a raté le concours. Maintenant, je suis là, ouvrière spécialisée, rangeuse de livres, petite main bip bip.....Je ne suis rien, rien du tout. (extrait de la page 18)
    Cette bibliothécaire aime passionnément l'histoire mais sa grande frustration c'est d'être responsable du rayon géographie ! Elle ne peut donc s'empêcher tout en critiquant ses collègues du rayon histoire, de rappeler à son visiteur, l'histoire des bibliothèques, leur création et leur évolution. La révolution française qui a eu l'ambition de faire des bibliothèques publiques. Napoléon qui n'a jamais eu l'intention d'éduquer le peuple. La guerre de 14-18 qui a retardé le projet. Il a fallu attendre la fin de la guerre de 39-45 et la venue des américains pour se rendre compte de notre retard dans la construction des bibliothèques.
    Une bibliothécaire frustrée, aigrie et isolée dans son sous-sol à un regard forcément très négatif sur son métier mais je suis quand même d'accord avec beaucoup d'analyses comme celle-ci :
    (...) le pire, ce sont les livres-express, les livres d'actualité : sitôt commandés, sitôt écrits, sitôt imprimés, sitôt télévisés, sitôt achetés, sitôt retirés, sitôt pilonnés. les éditeurs devraient inscrire à côté la date de péremption, puisque ce sont des produits de consommation. (extrait de la page 39p.

    Mon avis : Je travaille dans une bibliothécaire alors forcément ce roman m'a interpellée, du coup je l'ai lu deux fois ! Je suis assez d'accord avec les analyses faites dans ce roman, les réflexions, l'évolution de ce métier qui sont très justes, mais dans cette histoire, la bibliothécaire est un peu névrosée, du coup elle ne voit que les aspects négatifs alors qu'il y a aussi beaucoup de positif dans ce métier et heureusement !
    Ce roman parle des bibliothécaires mais tous les métiers ont leur revers de la médaille, avec dans chaque entreprise son petit lot d' employés aigris, négatifs, dépressifs, frustrés.....
    J'ai beaucoup aimé le style incisif et l'humour de ce roman qui offre aussi un regard intéressant sur notre consommation de produits culturels.
    Ce livre est le premier roman de l'auteur, un roman très prometteur, une écrivaine à suivre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par InsulaDulcamara, le 26 février 2011

    InsulaDulcamara
    Ca commence mal. “Réveillez-vous, pourquoi êtes vous couché là ? la bibliothèque n'ouvre que dans deux heures, vous n'avez rien à faire ici. C'est le comble : voilà qu'on enferme les lecteurs dans mon sous-sol. Ils m'auront vraiment tout fait dans cet établissement.”
    Donc, La cote 400 est un énième roman-confession sous forme de monologue, dernier rejeton consanguin et simplet de la lignée de "La Chute", "Le Bavard", "La Contrebasse" et consorts. Dans le style de Sophie Divry, on pourrait écrire : “Je ne sais pas vous, mais quand un auteur fait montre d'aussi peu de créativité dans son incipit, ça me décourage de poursuivre. Ca se bichonne, un incipit, saperlipopette, ça se peaufine ! Un bien joli mot, d'ailleurs, incipit.” Rien de plus périlleux, décidément, que le faux style oral.
    Hélas, la suite n'arrange rien : le style fastidieusement dynamique, bourré de tics d'écriture et d'onomatopées, le personnage délibérément caricatural (bibliothécaire / vieille fille / acariâtre / maniaque / etc.) et la moindre blague aussi pesante qu'un âne mort transforment vite en pensum ce texte qui se veut pourtant léger et sans prétentions. Entre vacheries et sentimentalisme gnangnan, Sophie Divry tente de donner une paradoxale épaisseur à son personnage de carton-pâte, qui égrène dogmes consensuels sur la profession de bibliothécaire et formules à l'emporte-pièce supposées drolatiques (“Que peut produire littérairement une société où il n'y a plus ni guerres, ni épidémies, ni révolutions ? je vais vous le dire, moi : des fictions ineptes sur de gentilles filles et de braves garçons amoureux qui se font souffrir sans le vouloir et passent leur temps à s'excuser en pleurant.”). Un véritable recueil de réflexions du café du commerce sur des sujets aussi divers que l'iPod, la fascination que l'Egypte ancienne exerce sur les esprits fragiles, etc., qu'on a tâché à tout prix de fourrer dans un seul texte.
    Une aimable pochade qui fera peut-être sourire les archivistes et bibliothécaires, mais peinera à captiver tous les autres.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Je sors charmée de cette lecture éclair, car en 64 pages, Sophie Divry a réussi à éveiller de nombreuses problématiques liées au livre. Mais venons-en à l'intrigue !
    Une bibliothécaire cinquantenaire fait un tour de ronde dans ses rayonnages avant l'ouverture et tombe sur un lecteur endormi. Il sera, durant tout le livre, le témoin et l'interlocuteur – bien qu'il ne dise pas un mot tout au long de l'histoire – de notre bibliothécaire qui en a gros sur la patate. Elle a envie de parler, elle a besoin d'évacuer ce qui l'indigne et en cela c'est le livre, les lecteurs qui vont lui donner matière à discussion. La voilà partie dans un énergique monologue qui ne connait pas de fin. Elle exerce son métier depuis vingt-cinq ans et a donc une solide expérience qu'elle souhaite enfin révéler au grand jour.
    Reléguée au rayon Géographie, elle se lamente de ne pas avoir eu le bon rayon car c'est l'Histoire qui la passionne. Et la Littérature, aussi !
    Alors elle sent sommeiller toutes ses capacités, toutes ses envies de changer le monde et de partager, car qui viendrait en Géographie, dans le sacro-saint sous-sol où elle vit loin de la lumière ?
    Au fil des pages elle se dévoile, dérive et extrapole en abordant le livre (bien sûr), la classification universelle de Dewey (que tous les bibliothécaires doivent bien connaître), la rentrée littéraire, les hommes…
    Mais il y a ce Martin, fréquent usager de la section, étudiant acharné à la nuque pleine de promesses. Notre bibliothécaire rêve et sublime cet homme qui lui rend visite fréquemment.
    Et sinon, pourquoi ce titre ? 400 c'est une des classes instaurées par Dewey. Ce système permet de se retrouver en bibliothèque grâce à des subdivisons par sujets : 000 ouvrages généraux, 100 philosophie, 200 religion, etc. Et le voilà le grand problème qui mériterait qu'on s'y penche : La cote 400 est vacante puisqu'on l'a remaniée. A La cote 400 c'est le vide. de quoi polémiquer dans le vaste champ des sujets.
    Nous lecteurs, petits voyeurs assistant à ce grand moment d'abandon, on pioche dans les réflexions, on les picore, on s'enthousiasme de la verve et du panache de cette bibliothécaire qui nous donnerait bien envie de discutailler des heures et des heures. Son style sec, en petites phrases très affirmées ont bien raison des longs délayages qui ne mènent à rien.
    A travers cette mise en scène de la bibliothèque, c'est bien une ode à la lecture que nous avons là, rien de moins !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (23)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mangeclous, le 29 septembre 2010

    Or, quand nous pénétrons dans une biblliothèque et que nous contemplons ces étendues livresques, que se passe-t-il dans notre âme, si ce n'est une grâce ? Spirituellement, nous pouvons enfin combler cet atroce sentiment de lacune faisant de nous des vers de terre dans ce bas monde. Les longs rayonnages nous renvoient une image idéale, celle des domaines complets de l'esprit humain. Alors tous les chemins s'aplanissent, tout est renouvelé, et nous nous approchons d'une vision mystique de l'Abondance. L'inépuisable lait de la culture humaine mis à notre portée. Servez-vous, c'est gratuit. Empruntez, car autant l'abondance matérielle appauvrit l'âme, l'abondance culturelle l'enrichit.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par oops, le 14 novembre 2010

    Quand je vois à la rentrée tous ces livres niaiseux qui envahissent les librairies alors qu'ils ne sont, quelques mois plus tard, plus bon qu'à se vendre au kilo.[...] Le pire ce sont les livres-express, les livres d'actualité : sitôt commandés, sitôt écrits, sitôt imprimés, sitôt télévisés, sitôt achetés, sitôt retirés, sitôt pilonnés. Les éditeurs devraient inscrire à côté du prix la date de péremption, puisque, ce sont des produits de consommation.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (16 votes positifs)
  • Par Reka, le 23 octobre 2010

    Être bibliothécaire n’a rien de valorisant, je vous le dis : c’est proche de la condition d’ouvrier. Moi, je suis une taylorisée de la culture. Sachez-le, pour être bibliothécaire, il faut aimer l’idée du classement et être quelqu’un d’obéissant. Aucune initiative, aucune place pour l’imprévu : ici, tout est en ordre, infailliblement en ordre. (p. 12)
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par IzaBzh, le 27 octobre 2010

    Tout se joue dans les premiers jours, la première fois qu'on entre, qu'on passe le seuil de la bibliothèque. Tout commence là. Le début de la civilisation. La naissance. La scène primitive. Avant ce jour, pour le dire franchement, tout lecteur n'est qu'un puceau. Oui, un puceau. Et moi j'aime bien le dépucelage en bibliothèque.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Hebephrenie, le 28 décembre 2010

    Vous savez, dans mon métier, il n'y a rien de plus excitant et valorisant que de jauger le type de personne que vous avez en face de vous, de discerner son attente, de trouver parmi les rayonnages le bouquin répondant à sa demande et de les faire se rencontrer. Les deux ensemble, le livre et le lecteur, au bon moment de la vie de chacun, cela peut produire des étincelles, un feu, un embrasement, ça peut changer une vie. Je vous jure.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (3)

Videos de Sophie Divry

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Sophie Divry

Sophie Divry - La cote 400 .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris qui s'est déroulé du 18 au 21 mars 2011, Sophie Divry vous présente son ouvrage "La cote 400" aux éditions Les Allusifs.http://www.mollat.com/livres/sophie-divry-cote-400-9782923682136.html








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La cote 400 par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (118)

> voir plus

Quiz