ISBN : 2081210533
Éditeur : Flammarion (2008)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur
L'amour fusionnel d'une adolescente pour sa tante muette, l'amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l'Iran des mollahs. Chahdortt Djavann fait un récit court, incisif et dénué de tout artifice. Écrite dans un c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 25 novembre 2011

    Malaura
    Une journaliste française découvre un beau matin un manuscrit déposé dans sa boîte aux lettres.
    Ecrit en persan sur un journal d'écolier, il relate les circonstances qui ont conduit Fatimeh, une jeune fille de 15 ans, à être condamnée à la pendaison.
    Pour que quelqu'un un jour se souvienne et comprenne, Fatimeh a décidé d'écrire son histoire et celle de sa tante, "La Muette", femme fascinante et indépendante, pendue elle aussi pour avoir osé croire en l'amour dans l'Iran des mollahs.
    « J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh, et je n'aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était «la nièce de La Muette». La Muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt »
    Un tout petit ouvrage à grande portée universelle.
    Dans ce bref récit sous forme de journal intime, la romancière-essayiste d'origine iranienne dénonce de nouveau la condition des femmes dans les pays soumis au règne des mollahs et de la religion.
    Sous le joug de traditions archaïques et machistes que renforcent encore davantage le manque d'éducation et la misère, la femme est totalement réifiée, dépersonnaliser, sans autre choix que celui de l'obéissance.
    Celles qui osent braver les interdits récoltent bien souvent la mort !
    Ecrit très sobrement, sans effet de style superflu, avec pour seul et puissant argument le thème révoltant de la mise à mort d'une adolescente, ce petit texte qui se lit en une poignée d'heures imprime un sentiment de révolte impuissante face à l'injustice affligeante dont ces femmes iraniennes sont les victimes.
    Encore si tristement d'actualité !...
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 25 juillet 2008

    sentinelle
    Ce court roman, qui se lit d'une traite, se présente sous la forme d'un journal d'une condamnée. Ce témoignage est sans aucun doute une fiction mais nous pressentons bien que cette histoire-là, aussi romancée soit-elle, n'est que le reflet de ce que vivent certaines femmes au pays des mollahs de l'Iran d'aujourd'hui : racontars, cupidité, sottises, dénonciations, domination masculine, oppressions, condamnations arbitraires, exécutions capitales, voilà toute la panoplie malheureusement bien connue de l'autoritarisme et du totalitarisme.
    Sans fioriture aucune, avec les mots simples d'une jeune fille de 15 ans attendant son exécution par pendaison pour ne pas avoir accepté d'être soumise à la loi du plus fort, l'auteur va à l'essentiel et frappe juste là où il faut pour s'immiscer dans notre mémoire en y laissant des traces tenaces. Lorsque dignité et liberté conduisent à la mort acceptée, voilà le prix à payer par celles qui résistent.
    Chahdortt Djavann est une jeune auteure iranienne installée en France après avoir fui la dictature de son pays instaurée par les mollahs de Khomeyni en 1993. Anthropologue de formation, elle ne pratique pas la langue de bois et n'hésite pas à se placer au cœur des problèmes politiques actuels, comme en témoignent les essais tels que À mon corps défendant, l'Occident ou encore Bas les voiles ! .
    La muette m'a fait penser à La Servante écarlate de Margaret Atwood, qui dénonce également le fondamentalisme par l'entremise d'un très bon roman d'anticipation.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lethee, le 04 mars 2009

    lethee
    « J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh mais je n'aime pas mon prénom. Je vais être pendue bientôt... »
    Voici l'étrange incipit du journal intime que reçoit un jour C.J., une journaliste Iranienne. Dès lors, elle sait qu'elle devra publier cette étrange confession tombée des mains d'un garde de prison. Fatemeh, 15 ans, y rapporte l'histoire terrible de sa famille, ainsi que son parcours tragique. Elle vit avec ses deux parents, et sa tante paternelle. Celle-ci est devenue muette le jour où elle a vu son propre père tuer sa mère (la grand-mère de Fatemeh donc). Depuis, elle vit au crochet de son frère. La mère de Fatemeh a également un frère. Sa belle soeur muette va tomber amoureuse de lui. C'est alors que sous les yeux de Fatemeh va s'opérer une métamorphose de La Muette. Celle-ci devient femme plus qu'elle ne l'a jamais été. Elle sort du mutisme de femme-enfant sans pourtant prononcer un mot. C'est dans ce silence constant que s'affirme sa féminité, une sensualité exacerbée éveillant un désir absolu. L'oncle ne résistera pas longtemps aux charmes de cette femme étrange... Alors le drame ne pourra être évité.
    Tout l'intérêt de ce drame réside dans le fait qu'il se déroule dans un pays où l'amour libre est un crime. S'il n'est pas validé par le sceau du mariage, il est considéré comme crime au même titre que l'adultère et le meurtre.
    La passion vécue par les deux amants n'en est que plus tragique. Ainsi revêtue de l'interdit, elle aurait pu passer inaperçue sans l'hystérie d'une femme jalouse de cette liberté qu'elle n'oserait s'offrir (la mère de Fatemeh). Dans ce pays où l'on considère que la pendaison est une mort plus douce et digne que la lapidation, Fatemeh assistera à la disparition de la première femme libre et passionnée, sa tante qu'elle aimait tant. Elle en voudra alors éternellement à sa mère, qu'elle considèrera comme responsable. Mais c'est sans compter sur l'exemple de La Muette, qu'elle portera en elle comme un héritage, une destinée qui perpetuera la longue série de morts dont sa jeune vie est déjà jalonnée.
    Fatemeh est irannienne et élevée dans la tradition du voile, de la discrétion et des lois de son pays. Il est terrible de constater qu'elle ne voit pas qu'il faudrait en vouloir aux traditions meurtrières plutôt qu'à sa mère, elle aussi conditionnée et apeurée. En cela ce livre est une pure merveille, car si court soit-il, il montre à quel point l'être humain peut être aveuglé par une haine mal dirigée, tant il est bien dressé à accepter les règles qu'on lui impose, même lorsqu'elles sont injustes. Et c'est encore malgré elle que l'adolescente suivra l'exemple de sa tante, pour demeurer libre. Son nom, qu'elle déteste pourtant, résonne alors de manière plus profonde : Fatemeh est le premier personnage marquant de l'histoire des mouvements féministes en Iran.
    Chahdortt Djavann est également l'auteur de Bas les voiles.


    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-27065381.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Chrisalaude, le 12 octobre 2010

    Chrisalaude
    Ce texte est une histoire tragique, livrée dans une langue dense et sobre, fluide, presque légère malgré la violence du propos. C'est l'histoire de deux femmes en prise au fanatisme religieux. La première, belle et muette, est condamnée à la lapidation, peine qui, par "clémence", sera commuée en pendaison. Son crime ? S'être offerte à l'homme aimé alors qu'elle avait été promise, à son insu, à un vieux mollah. La seconde, Fatemeh, sa nièce de 15 ans, connaîtra le même sort pour avoir vengé sa tante. Née en Iran en 1967, Chahdortt Djavann est une romancière et essayiste engagée contre l'intégrisme et en lutte pour la condition des femmes musulmanes. Ayant fuit son pays, elle vit aujourd'hui en France et nous livre ici un court roman dense et bouleversant, aux personnages touchants et profonds. Face à l'horreur de la mort et du fanatisme religieux, l'auteure sait peindre la beauté de l'amour. Les regards, les caresses, la sensualité des corps en désir, les jeux, les rires... et puis l'horreur. Précise et percutante, Chahdortt Djavann touche juste et fait mal. Ce texte est une vraie réussite.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par letteratura, le 06 décembre 2011

    letteratura
    Un petit livre pour dénoncer un grand problème, ici, l'auteur dénonce l'extrémisme islamique en Iran qui ne donne aucune importance aux sentiments.
    Ainsi, dans cette nouvelle, on suit l'histoire de La Muette et de sa nièce, on découvre le mode de vie des femmes iraniennes et celui de La Muette qui s'autorise des libertés. Par la suite, le mariage, l'amour et tout ce qui l'entoure mèneront La Muette et sa nièce à de grandes souffrances.
    Le personnage de La Muette est vraiment très bien construit, à mon avis, puisqu'il montre le contraire de ce que la femme iranienne est, la raison est qu'elle est muette donc elle se permet beaucoup de choses contraire à la “loi”. La femme traditionnelle est la mère de Faterneh qui est voilé, religieuse, commère et comploteuse…
    L'auteur nous montre en réalité l'expérience de l'amour en Iran selon les règles occidentales, ainsi La Muette est amoureuse à l'européenne mais cela ne va pas bien avec les règles du pays, puisqu'elle enfreint les lois. de plus, elle est victime d'un complot qui fait qu'elle va être marié. C'est horrible à lire, mais la conséquence de cet amour est inimaginable.
    Cela m'a fait penser aux grand écart entre l'occident et les pays extrémistes, puisque dans ces derniers, l'amour est tabou alors que dans nos sociétés, l'amour et l'acte de faire l'amour sont considéré comme normaux, alors que là-bas, c'est puni par la loi. Quand on y pense, on peut dire que c'est de l'injustice et ça l'est, quel est la différence entre La Muette et une femme européenne ? Eh bien, il n'y a aucune différence sauf le lieu d'habitation, car La Muette vit dans un pays extrémiste et cela va bouleversée sa vie.
    Je pense que ce livre est bien fait pour dénoncer l'extrémisme religieux, mais je pense qu'il est mauvais de dire que la religion en sa globalité est mauvaise, puisque ce n'est pas le cas, donc gare à ces mauvaises interprétations. En cherchant de plus près, j'ai trouvé que cette auteur était hostile à l'islam du fait de son passé, mais je trouve que c'est nul de critiquer une religion en prenant compte les extrémismes.
    Au début, j'avais cru lire une histoire vraie mais par la suite j'ai appris que c'était une fiction, mais même ce sentiment réelle montre que cela est possible même si ce n'est pas humain.
    Donc, une courte chronique un peu bizarre puisque je voudrais que vous compreniez que la faute n'est pas à la religion mais à ceux qui l'utilisent à mauvais escient, donc faites attention à l'interprétation que l'auteur a voulu donné, puisqu'elle y est hostile !

    Lien : http://litteraire-en-herbe.blogspot.com/2011/12/la-muette-chahdortt-..
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Citations et extraits

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  • Par sunday-r0se, le 18 mai 2012

    Bien que muette, elle faisait parler son silence comme personne.
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  • Par sentinelle, le 25 juillet 2008

    « J’ai quinze ans, je m’appelle Fatemeh, mais je n’aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était ‘la nièce de la muette’. La muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt […]
    J’ai supplié le jeune gardien de la prison pour qu’il m’apporte un cahier et un stylo, il a eu pitié de moi et exaucé le dernier souhait d’une condamnée. Je ne sais par où commencer. »
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  • Par Marsup, le 23 mai 2010

    « Tout est silence dans cette cellule et je n’entends que les battements de mon cœur, les démons du passé s’élancent sur moi, j’ai peur, j’étouffe, je ne veux pas mourir avec cette haine qui me transperce et me ravage, je ne veux pas être pendue avec cette souffrance secrète que j’ai dû supporter. Je ne veux pas l’emporter avec moi dans la tombe, je veux mourir en paix, délivrée, je dois épuiser ma souffrance dans cette cellule, je dois enregistrer ma haine dans ce cahier. »
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  • Par Marsup, le 23 mai 2010

    « J’écris pour que quelqu’un se souvienne de la muette et de moi, parce que mourir comme ça, sans rien, m’effraie […] Je ne demande pas à être approuvée, seulement comprise. »
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  • Par mireille.lefustec, le 29 février 2012

    Où j'ai grandi, il n'y avait que la misère et la drogue, aucun destin n'échappait au malheur; dans ce monde-là,la pauvreté écrase les hommes et les femmes, les rend misérables , méchants et laids; trop de misère fait que les gens ne sont même plus capables de rêver.
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Vidéo de Chahdortt Djavann


La chronique de Gérard Collard - Je ne suis pas celle que je suis
"Je ne suis pas celle que je suis" de Chahdortt Djavann aux éditions Flammarion La présentation du livre "Je ne suis pas celle que je suis" par l'éditeur : Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme. Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. le rapport au père, à la mère, aux hommes, la prison, la torture, le viol, la prostitution, la solitude, l'exil et la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie sont les thèmes de ce livre. Vous pouvez commander "Je ne suis pas celle que je suis" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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