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ISBN : 2253058343
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une jeune Kabyle se voit condamnée à mort par sa famille, parce qu'elle a pris un Français pour compagnon et conçu un enfant avec lui. Cela se passe à Paris en 1987 et la victime de cette « expédition punitive" n'est autre que l'auteur de ce livre, fondatrice du groupe ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par herveGAUTIER, le 25 juin 2014

    herveGAUTIER
    N°59 – Mai 1991.
    Le voile du silence- DJURA - Éditions n°1
    Dans ce livre émouvant, Djura évoque ce que fut la vie d'une petite fille kabyle en Algérie, puis celle d'une jeune fille émigrée en France, avec, en toile de fond des ghettos, le racisme, la fatalité de l'islam, la fierté de l'Arabe et la condition de la femme qui commence parc celle de la petite fille qu'on rejette dès sa naissance pour la seule raison qu'elle n'est pas un garçon. Elle parle de la prédominance de l'homme, qu'il soit père, frère ou mari, qui, dans la société maghrébine a tous les droits sur la femme, taillable, corvéable, réduite à la condition d'esclave, humiliée, étouffée par la cellule familiale, avec la complicité même de la mère, surveillée, battue, répudiée, parfois assassinée, mariée contre son gré parce que la tradition veut qu'on n'ait d'égards que pour l'homme alors que la femme ne sert qu'à perpétuer la famille. C'est qu'une femme n'est rien et doit être soumise, asservie à l'homme et à sa dictature. Sur elle pèse encore plus lourdement le poids des traditions ancestrales auxquelles il ne peut être dérogé, avec en prime la conjuration du silence.
    C'est la condition de la femme arabe que Djura a choisi de dénoncer et sa révolte est à la mesure de son engagement, à contre-courant des coutumes. Elle dit quelle a été sa volonté d'en sortir, malgré les épreuves et les interdits au sein d'un monde hostile, même à l'intérieur de sa propre famille au point que le suicide ait pu, un temps, constituer une délivrance. Elle analyse aussi ce que fut son ouverture à la culture française, la découverte de sa personnalité, de son originalité, de sa vie de femme, de sa valeur, de sa générosité aussi puisqu'elle avait choisi d'aider tous les membres de cette famille qui furent aussi ses bourreaux. Ce livre est un pas vers l'émancipation de la femme algérienne de sa reconnaissance en tant qu'être humain. Les occidentaux ne détiennent pas la vérité et il reste chez nous encore beaucoup à faire, mais ce phénomène de libération de la femme , même s'il est cyclique et lent est aussi irréversible... Sous toutes les latitudes « la femme est l'avenir de l'homme ».
    Djura est aussi scénariste, auteur, compositeur-interprète, poète, comme les êtreS qui ont beaucoup souffert et qui puisent dans leurs plaies et dans la sanie qui s'en écoule la force d'exister, malgré la peur et la mal de vivre. L'écriture et la musique sont un exorcisme.
    Ainsi, après s'être battue contre sa condition, découvrit-elle, grâce sans doute à la vie en France, l'union libre, ce qui est impensable pour une algérienne, mais aussi la joie du spectacle. Ce fut « Djurdjura », un groupe de chanteurs et de musiciens qu'elle fonda où la volonté de vulgariser la culture et la musiques berbères le disputait à la poursuite de son combat pour l'émancipation de la femme maghrébine. « Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va » disait Gramsi.
    Comme toujours le succès populaire était au rendez-vous, mais la censure officielle algérienne entrava la marche de Djurdjura. Elle se heurta aux problèmes du quotidien mais surtout au système du parti unique au pouvoir. Ainsi la lutte politique finit-elle par prendre le relais , avec en, contre-point la nécessaire relecture du Coran, véritable ciment du monde arabe. Là aussi, il y avait un combat à mener et qui était à la mesure de son énergie. du coup, la voilà rangée dans la catégorie des opposants politiques et à ce titre mise à l'écart comme d'autres avant elle. Mais qu'importe, elle s'est assigné un but, dire, dénoncer et faire changer les choses, essayer !
    Malgré les lassitudes, les déceptions, les épreuves, il lui reste la musique et les êtres qu'elle à choisis pour siens, pas ceux du clan ancestral mais une véritable famille unie par les liens de l'amour. Il lui reste aussi l'écriture... Ce livre plein d'émotions est là qui en témoigne. Il mérite l'attention du lecteur.

    ©Hervé GAUTIER – Mai 1991 - http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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    • Livres 4.00/5
    Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    chriskorchi
    Dans Le voile du silence, on plonge dans l' histoire de Djura qui revient sur sa vie, son adolescence rebelle à se battre avec une double culture : une culture ancestrale Vs une culture contemporaine occidentale, une culture entre prison et liberté. Puis on suit, avec Djura l'intensité de ses sacrifices, qui ne sont malheureusement pas reconnu. On suit le courage de cette femme, jeune femme dans l'histoire qui n'a pas l'air d'avoir de rancoeurs malgré tout le mal qu'elle se donne à arranger les choses et surtout malgré tout le mal que se donne ceux qu'elle aide pour la détruire. C'est encore une histoire qui m'a révolté au niveau de la place de la femme et sur le comportement que sa mère aura envers elle. Pour une mère, je trouve que c'est très décevant pour ne pas dire révoltant. J"honore la force que Djura a eu et je conseille vivement ce livre.
    Dans le voile de silence, on lit également les problèmes que rencontre un couple mixte envers leur famille et surtout comment le frère et la nièce de Djura en sont arrivée à frapper à sang la grande sœur, la tante qu'est Djura
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Citations et extraits

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  • Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    Maîtriser son enthousiasme aussi bien que sa gourmandise. Parler avec retenue, manger peu et surtout ne pas commencer à manger à table la première. Réprimer ses tentations de paresse : apprendre toutes les besognes ménagères dès l’enfance, travailler en silence, balayer accroupie, à reculons, en tournant le dos aux hommes. Ne pas attende le moindre remerciement pour ces tâches, si lourdes soient-elles, mais se montrer au contraire reconnaissance vis-à-vis de ses parents qui lui enseignent ainsi son futur métier de femme.
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  • Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    Une fille, disent les kabyles c’est une épine dans le pied, un pieu dans le dos de son père et de ses frères. Une source d’inquiétude et d’ennuis permanents, en somme, qui nécessite une éducation stricte, dont la mère doit se charger en multipliant les interdits au fur et à mesure que la petite avance en âge. Si la jeune enfant pleure devant tant de contraintes, personne n’ira la consoler. Il lui faut apprendre à subir, à être docile, à se maîtriser.
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  • Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    Maîtriser son corps déjà. Marcher sans courir, porter des robes longues recouvrant ses mollets, ramasser chastement ses jupes afin de cacher ses jambes quand elle s’assoit, et ne jamais s’asseoir face à un homme. Cacher ses bras, aussi, et ses cheveux qui sont un objet de désir : ne pas les dénouer, ni les coiffer devant une personne du sexe opposé.

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  • Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    "Je lui promis de porter un chapeau. Un chapeau cache les cheveux, non ? Ce fut l’horreur ! Car ne pas porter le foulard c’est mal, mais porter le chapeau, pour une femme, se révèle carrément diabolique ! Le chapeau est un symbole de virilité, un attribut exclusivement masculin."

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  • Par chriskorchi, le 06 juin 2013

    Comment pouvais-je imaginer, à treize ans et en France que je subirais cette loi jusqu’au bout, ou presque ? "

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Djura chez T. Ardisson, extrait du 17/06/2006








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