ISBN : 2842614615
Éditeur : Le Serpent à plumes (2003)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Premier roman d'Emmanuel Dongala, "Un fusil dans la main, un poème dans la poche", est le récit des Indépendances de l'Afrique, à travers le personnage de Mayéla dia Mayéla. De la lutte intellectuelle, puis armée dans les maquis d'Afrique australe, jusqu'au sommet du po... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par ChezLo, le 19 décembre 2010

    ChezLo
    Emmanuel Dongala a des qualités d'écriture qui se remarquent dès ce premier roman, c'est certain, mais ce livre n'est pas parvenu à me captiver, à me convaincre, à me faire passer des moments inoubliables. Lu jusqu'au bout tout de même, plusieurs aspects l'ont desservi :
    - trop de personnages qui apparaissent, disparaissent alors qu'on commençait à peine à les identifier ;
    - des flash-backs, retours dans le récit passé, peu fluides, trop brutaux, mal gérés je pense. le lecteur peine à suivre. L'auteur avait sans doute une bonne raison pour bâtir ainsi ses chapitres, mais je n'en ai pas vu l'intérêt ;
    - trop long comme roman finalement, trop ambitieux en voulant balayer l'histoire tout en bâtissant un roman crédible et palpitant.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2009/07/un-fusil-dans-la-main-un-po..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par csapin, le 15 avril 2012

    csapin
    Ecrit à l'heure de l'émancipation noire, ce roman n'est reste pas moins d'une actualité déconcertante. Loin de tout manichéisme simplificateur de l'Histoire, l'auteur, malgré son jeune âge au moment de l'écriture de l'oeuvre, a su retracer, avec la force poignante de l'expérience, les blessures d'un continent, d'une communauté, au devenir pas moins difficile que son passé. Les innombrables références permettent au lecteur de se plonger dans une culture trop souvent négligée malgré son incontestable richesse, si souvent bafouée, incessamment spoliée. Un merveilleux cri d'espoir à l'heure où tout un chacun s'accorde à courber l'échine devant ce qu'on nous présente comme une fatalité. Un manifeste qui devrait rappeler aux masses populaires de tous horizons que le réveil se fait attendre et qu'il serait vraisemblablement bon de repenser l'existence ; qu'il vaudrait mieux mourir dans l'exaltation de la révolution que de vivre dans des destins étriqués imposés. Aux armes, citoyens du monde !

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2008/08/31/charlotte-sapin-un-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par csapin, le 23 mars 2011

    Mais Pontardier, pris dans son envolée, continuait :

    - Vous comprenez, n'est-ce pas, mon cher Mayéla, pourquoi on dit que l'Afrique est mal partie.

    Alors Mayéla ne sut plus se contenir.

    - Ecoutez, monsieur l'expert, j'en ai assez d'entendre que l'Afrique est mal partie, surtout de votre bouche, vous qui n'avez aucun droit moral à nous donner des leçons. A l'"indépendance", vous vous êtes arrangés pour balkaniser l'Afrique et pour créer des structures facilitant votre mainmise sur les nouveaux Etats où vous avez placés de nouveaux rois nègres à votre service, après avoir éliminé les vrais nationalistes. Et pour camoufler tout cela, vous nous jetez aux yeux la poudre de l'"aide et de le coopération". Et vous faites semblant de vous indigner quand vous savez bien que ce que vous appelez de l'argent gaspillé retourne chez vous, bénéfices en plus ! Vous poussez la malhonnêteté jusqu'à dire à vos concitoyens que si rien ne va plus chez vous dans le domaine social, c'est parce que tout l'argent s'envole en Afrique, où la France est en train de construire un système de tout-à-l'égout dans tous les petits villages !

    (...)

    - Voyons, Mayéla, soyons raisonnables, ne cédons pas à l'émotion...

    - "L'émotion est nègre et la raison hellène", missié.

    - Il faut être juste. La colonisation a eut ses bons et ses mauvais côtés comme toute chose. D'ailleurs, je ne sais pas si vous le savez, mais j'ai écrit des articles contres certains abus de la période coloniale et même de la période que vous appelez néo-coloniale. Mais d'un autre côté, la colonisation a laissé des routes, des écoles, des hôpitaux.

    - La colonisation n'a rien laissé, ou plutôt si : un vide, monsieur, un gouffre ! Ne me resservez plus ces salades ! Je la connais votre hypocrisie. Vous nous offrez l'amitié, mais quelle amitié ? Rien ne compte pour vous Occidentaux, que l'argent, le gain. L'amitié, une longue histoire commune, tout cela ne vous dit rien. Comment vous croire lorsque, pour gagner un peu de sous, vous n'hésitez pas à vendre des armes à l'Afrique du Sud contre le sang des Africains, ces Africains qui étaient dans les mêmes rangs que vos soldats pendant deux guerres mondiales, guerres où ils n'avaient rien à gagner...

    - Nous ne vendons que des armes défensives...

    - Défensives contre qui ? La Russie, la Chine, qui sont à des milliers de kilomètres de là ? Non, monsieur l'expert blanc, nous commençons à vous comprendre. L'argent, le gain, l'intérêt, c'est tout le langage que vous comprenez. La realpolitik, n'est-ce pas ? On s'est assez fait baiser ! Je suis solidaire de tous ces gens que vous voyez là-bas en train de danser, je suis l'un d'eux. Croyez-le ou non, ces gens-là sont sincères, ce que vous n'avez jamais été. Alors, il y a des choses que vous ne saisirez jamais. Il y a plus que l'argent entre vous et nous. Nous n'avons pas d'argent, qu'importe, puisque nous avons le temps et l'espace ? Regardez nos amples vêtements, nos grands boubous : nous pouvons nous y mouvoir largement ; en Afrique tout finit par s'arranger parce que nous avons le temps, nous avons une marge d'erreur humaine plus grande, pouvez-vous comprendre cela ? Tout n'est pas question de vie ou de mort. Vous ne saurez jamais pourquoi j'aime l'Afrique malgré tout ce que vous lui reprochez, malgré tout ce que je peux lui reprocher. Je critique l'Afrique parce que je l'aime, vous, parce que vous croyez détenir la vérité qui ne peut qu'être occidentale et blanche. Quand vous aurez fait assez de sous, vous vous en irez chez vous écrire des bouquins sur ce que vous avez vu ici, on vous consultera à la radio et à la télé comme expert des problèmes africains, ce qui vous fera gagner encore pas mal de sous. Critiquez, monsieur, dites que l'Afrique est mal partie, que le bonheur se trouve en Occident. Mais sachez une chose, je ne désespérerai jamais de l'Afrique. Bonsoir, monsieur l'expert.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par ChezLo, le 19 décembre 2010

    Mais Pontardier, pris dans son envolée, continuait :
    - Vous comprenez, n'est-ce pas, mon cher Mayéla, pourquoi on dit que l'Afrique est mal partie.
    Alors Mayéla ne sut plus se contenir.
    - Ecoutez, monsieur l'expert, j'en ai assez d'entendre que l'Afrique est mal partie, surtout de votre bouche, vous qui n'avez aucun droit moral à nous donner des leçons. A l'"indépendance", vous vous êtes arrangés pour balkaniser l'Afrique et pour créer des structures facilitant votre mainmise sur les nouveaux Etats où vous avez placés de nouveaux rois nègres à votre service, après avoir éliminé les vrais nationalistes. Et pour camoufler tout cela, vous nous jetez aux yeux la poudre de l'"aide et de la coopération". Et vous faites semblant de vous indigner quand vous savez bien que ce que vous appelez de l'argent gaspillé retourne chez vous, bénéfices en plus ! Vous poussez la malhonnêteté jusqu'à dire à vos concitoyens que si rien ne va plus chez vous dans le domaine social, c'est parce que tout l'argent s'envole en Afrique, où la France est en train de construire un système de tout-à-l'égoût dans tous les petits villages !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par csapin, le 15 avril 2012

    Préface d'Emmanuel Dongala : En ces années-là, comme la plupart des écrivains africains de ma génération, je me considérais comme un "écrivain engagé". Et quelles années ! C'était l'époque de la guerre américaine du Vietnam où par solidarité tiers-mondiste nous proclamions notre volonté, comme le prônait le Che, de créer à travers le monde plusieurs brasiers qui devaient consumer l'impérialisme occidental, c'était l'époque du grand mouvement des droits civiques de l'Amérique noire avec ses Malcolm X et ses Black Panthers, sur notre continent, celle de la lutte contre le colonialisme portugais et pour la libération de Nelson Mandela embastillé par le régime raciste de l'apartheid sud-africain. En tout cas, le fond de l'air était rouge et nous avions fait nôtre le slogan de Mao, "le pouvoir est au bout du fusil". (...) Le temps a passé. Mandela entre temps est devenu Président de la République et nos cousins Noirs Américains se font maintenant appeler Africains-Américains, preuve qu'ils n'ignorent plus l'Afrique. Nos livres, j'en suis convaincu, ont leur petite part dans ces victoires. Mais aujourd'hui les héros sont fatigués et les fusils donnent des enfants soldats. (...) Cependant, je crois toujours profondément que nous pouvons changer ce monde en un monde meilleur (...).
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par csapin, le 23 mars 2011

    (...) ; Marobi proposa à son compagnon d'aller dans un shebeen, un de ces bars clandestins où ils se rencontraient tous les week-ends et jours fériés pour oublier leurs soucis, pour essayer de retrouver leur âme au fond d'un verre et, surtout, se retrouver dans une atmosphère fraternelle. Mais même là-bas il fallait faire très attention car il y avait beaucoup d'espions parmi les Noirs ; l'ennemi du Noir n'a-t-il pas été le Noir lui-même, depuis le temps de l'esclavage jusqu'aujourd'hui ? N'empêche que ces shebeens étaient le seul endroit au monde où ils se sentaient vraiment hommes. Le jour, au travail, ils avaient le Blanc en face d'eux et ils devaient jour le rôle d'oncle Tom, se plier pour ne pas se briser ; le soir à la maison, si on était en congé, on retrouvait sa femme et ses enfants dont les regards insoutenables vous posaient d'une manière insupportable la question de savoir si vraiment vous étiez dignes d'être appelés des hommes, c'est-à-dire les protecteurs de la famille. Et le matin, lorsqu'ils se levaient pour se raser, ils avaient honte de voir leur visage, peur de penser à cette torture mentale qui allait recommencer dans la journée. Alors le soir, pour oublier tout cela, on se retrouvait au shebeen.

    (...)

    - Vraiment je ne me sens pas bien.

    - Bois encore, dit Marobi en lui remplissant son verre de bière. Regarde, moi je commence à oublier.

    - Tu ne comprends rien. Bois, bois, tu ne sais dire que ça. Combien de barils d'alcool dois-je boire pour oublier que je suis un homme.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par csapin, le 15 avril 2012

    Préface d'Emmanuel Dongala : En ces années-là, comme la plupart des écrivains africains de ma génération, je me considérais comme un "écrivain engagé". Et quelles années ! C'était l'époque de la guerre américaine du Vietnam où par solidarité tiers-mondiste nous proclamions notre volonté, comme le prônait le Che, de créer à travers le monde plusieurs brasiers qui devaient consumer l'impérialisme occidental, c'était l'époque du grand mouvement des droits civiques de l'Amérique noire avec ses Malcolm X et ses Black Panthers, sur notre continent, celle de la lutte contre le colonialisme portugais et pour la libération de Nelson Mandela embastillé par le régime raciste de l'apartheid sud-africain. En tout cas, le fond de l'air était rouge et nous avions fait nôtre le slogan de Mao, "le pouvoir est au bout du fusil". (...) Le temps a passé. Mandela entre temps est devenu Président de la République et nos cousins Noirs Américains se font maintenant appeler Africains-Américains, preuve qu'ils n'ignorent plus l'Afrique. Nos livres, j'en suis convaincu, ont leur petite part dans ces victoires. Mais aujourd'hui les héros sont fatigués et les fusils donnent des enfants soldats. (...) Cependant, je crois toujours profondément que nous pouvons changer ce monde en un monde meilleur (...).
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (3)

Videos de Emmanuel Dongala

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Dongala

Le jury du Prix Virilo, réuni en assemblée plénière, s’est prononcé pour son édition 2010. Le prix Virilo 2010, qui récompense le meilleur roman francophone de l’année, est attribué à Emmanuel Dongala pour « Photo de groupe au bord du fleuve » (Actes Sud). Le jury a apprécié la description féministe d’une Afrique contemporaine démunie et violentée mais pleine d’espoir et d’humanité.
Le prix Trop Virilo 2010, qui récompense la poussée de testostérone littéraire la plus vivace de l’année, a été quant à lui attribué à Virginie Despentes pour « Apocalypse Bébé » (Grasset). Jusqu’à sa fin explosive, le roman tend à prouver que le seul moyen pour devenir pleinement femme, c’est d’emprunter les codes virils du mâle.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Un fusil dans la main, un poème dans la poche par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (8)

> voir plus

Quiz