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> Georges Nivat (Préfacier, etc.)
> Doussia Ergaz (Traducteur)
> Vladimir Pozner (Traducteur)

ISBN : 2070392538
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 4.49/5 (sur 706 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Seul l'être capable d'indépendance spirituelle est digne des grandes entreprises. Tel Napoléon qui n'hésita pas à ouvrir le feu sur une foule désarmée, Raskolnikov, qui admire le grand homme, se place au-dessus du commun des mortels. Les considérations théoriques qui le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 21 février 2013

    Under_The_Moon
    Epoustouflant !
    Difficile de nier l'évidence : en lisant Dostoïevski on se trouve face à un maître de la littérature.
    (Et très clairement, Crime et châtiment fait partie des romans qu'il faut avoir lu dans sa vie)
    Qui n'a jamais été si en colère qu'un jour il a été tenté de dire qu'il tuerai quelqu'un ? le thème du meurtre en soi n'est pas une nouveauté dans la littérature. Ce qui l'est en revanche, c'est la manière dont l'auteur a traité ce thème.
    Dans un premier temps, c'est la rage de Raskolnikov qu'on voit, convaincu que sa logeuse, l'horrible Aliona Ivanova est non seulement cruelle mais (comme le disent les étudiants socialistes à la taverne) "inutile". Un jugement très lourd à porter sur un de ses semblables. Comment peut-on en arriver à une telle sentence ? Chacun d'entre nous n'est-il pas l' "inutile" (ou pire!) de quelqu'un d'autre ? Qui a raison ? Aliona Ivanovna est décrite de telle façon qu'il est impossible pour le lecteur d'éprouver une quelconque compassion à son égard. Petit tyran cynique de son immeuble, si tous se moquent d'elle, elle a tout de même son rôle dans cette communauté, rôle qu'elle exerce de manière très zélée d'ailleurs. Mais, au fond, qu'est-ce qui peut justifier q'un être humain prenne la vie d'un de ses semblables ? le geste de Rodia était-il vraiment nécessaire ?
    De là s'en suivent de longues errances dans la démence pour notre personnage principal - le lecteur aussi peut se perdre entre rêve et réalité. D'abord opposé à l'idée de rédemption, que ce soit sur le plan judiciaire ou religieux, il finit bien sûr par faire pénitence pour racheter son âme.
    J'au été très admirative sur les questions philosophiques que posent cette oeuvre. le jeu du chat et la souris entre Porphiri et Rodia. La description de la vie quotidienne pour ces pauvres diables à Saint Pétersbourg faite de violence - pas nécessairement physique. Et surtout, j'ai été fascinée par la rage et la fougue qui anime chacun de ses personnages. Il y a énormément de tension dans ce récit, l'atmosphère est lourde et presque oppressante, et avec tout cela, Dostoïevski réussit à en sortir quelque chose de beau.
    XIXème siècle oblige, les portraits féminins sont assez stéréotypés - alors que les personnages masculins sont bien plus complexes et plus travaillés. D'un côté, la mère effacée soucieuse du bien-être de ses enfants au point que cela la rend aveugle, la soeur virginale qui incarne avec Sonia l'abnégation de soi (sur le plan moral pour l'une et physique pour l'autre) et enfin, la catin au coeur pur et pieuse méprisée par les "bonnes gens". Mai c'est quelque chose que l'on pardonne assez aisément à l'auteur. Il était dans l'air de son temps ....
    Et je pense qu'il va falloir que je m'arrête là, car ce livre m'a tellement passionnée que j'en parlerai volontiers pendant des heures. Et ça finirait par faire une critique vraiment très longue (et indigeste!). Juste une petite remarque : la note du traducteur (André Markowicz) de l'édition Babel est très intéressante et si vous en avez l'occasion, je vous encourage à la lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 15 janvier 2009

    Woland
    Преступление и наказание
    Traduction : George Philippenko, Nicolas Berdiaeff et Elisabeth Guertik
    Si vous n'avez pas encore lu « Crime et châtiment » et que vous vous en inquiétez, conservez votre sang-froid et demeurez optimiste : je ne l'ai moi-même achevé que quelques jours après mon entrée officielle dans ma quarante-sixième année.
    Il faut dire que, avec son image à la fois mystique et sensuelle, dans la droite ligne de la tradition slave, Fédor Dostoievski a de quoi faire peur. Qui pis est, le malheureux avait, tout comme notre Victor Hugo national, une faiblesse accentuée pour les développements et digressions philosopho-religieuses qui atteignent leur summum dans « Les frères Karamazov. » Ca et les patronymes russes si pittoresques mais dotés de rallonges multiples ont fait fuir plus d'un lecteur pourtant bien résolu à « aller jusqu'au bout » de Dostoievski. La voie du succès littéraire est jalonnée d'injustices ineptes.
    Je parle d'injustice car, si l'on observe « Crime et châtiment » d'un point de vue purement technique, on ne peut que s'incliner devant l'impeccable rigueur de la construction. Aucun détail n'y est superflu, un personnage qui nous apparaît « de trop » dans la première partie s'avère en fait essentiel au bon fonctionnement de la troisième, le discours à la fois philosophique et social de Raskolnikov est tout, sauf fumeux, en un mot, si disparates qu'elles se présentent parfois, toutes les pièces du puzzle s'imbriquent au millimètre près.
    Certes, on peut tiquer devant le goût mélodramatique de l'époque dont Dostoievski, qui publiait en feuilleton, était évidemment tributaire. Mais la nécessité de pousser le lecteur à acheter « la suite au prochain numéro » est aussi l'une des forces du roman : sans ce besoin, le romancier n'aurait sans doute pas organisé ses scènes de façon à laisser presque toujours le lecteur sur sa faim.
    L'épilogue et la « rédemption » du héros laissent aussi à désirer – enfin, c'est mon avis. Mais l'idéologie religieuse de Dostoievski s'inspirant bien entendu du principe chrétien : « Souffrez et il vous sera pardonné » me rend sur ce plan fort peu objective, voire facilement exaspérée, je tenais à le préciser.
    L'intrigue est à la fois très simple et très complexe. Raskolnikov, jeune étudiant d'une intelligence certaine et même brillante mais de complexion indéniablement caractérielle, se détache de ses études et, au lieu de chercher à les payer en travaillant en parallèle en tant que précepteur ou traducteur occasionnel, comme son ami Razoumikhine, s'enferme peu à peu dans son monde et se pose la question suivante : le meurtre d'un être mauvais, pervers, fourbe, parasite et inutile peut-il se justifier par les bienfaits éventuels que la disparition de cette personne apporterait à plus malheureux qu'elle ? Et, par extension, tout est-il permis en ce bas monde si l'intention est bonne ?
    Pendant ce temps, Raskolnikov apprend que sa sœur, Dounia, se décide à épouser un homme qu'elle n'aime pas, Piotr Petrovitch Loujine, afin d'échapper à une situation de gouvernante chez autrui et de garantir du même coup l'avenir de sa mère et aussi les études de son frère.
    Dans la fièvre de ses idées et dans la rage de son orgueil, il se rend chez une vieille usurière chez qui il avait déjà déposé un « gage » afin de reconnaître les lieux et l'assassine à coups de hache. le hasard – encore lui – le force à tuer également la sœur de sa victime, Elisabeth, qu'il prétendait pourtant délivrer la première de la tyrannie de la vieille femme.
    De fil en aiguille et même si Raskolnikov, par une chance inouïe (on serait tenté d'écrire la chance du débutant), échappe aux recherches de la Police, la mécanique s'emballe. Bien loin de se sentir délivré et heureux, bien loin de se sentir l'un des ces hommes « extraordinaires » qui, selon lui, ont le droit de tuer pour le bien de l'Humanité, Raskolnikov s'enfonce de plus en plus dans la détresse morale et l'insatisfaction.
    En arrière-plan apparaissent une foule de personnages : l'ivrogne et père indigne, l'ancien fonctionnaire Marmeladov, qui a laissé sa fille, Sonia, se prostituer et se mettre « en carte » pour que mange toute sa famille ; Catherine Ivanovna, seconde épouse, puis veuve de Marmeladov (lequel se suicide en se jetant sous les pas d'un cheval de fiacre), qui finit par perdre la raison après l'enterrement mémorable de son époux ; le prétendant de Dounia, Pierre Petrovitch Loujine, l'un des « salauds » les plus terribles et les plus tartuffards de toutes la littérature ; l'exubérant et intègre Razoumikhine, ami et condisciple de Raskolnikov, qui finira pas épouser Dounia ; l'énigmatique Porphyre Petrovitch, juge d'instruction très tôt persuadé de la culpabilité de Raskolnikov et à qui Harry Baur prêta jadis sa silhouette monolithique dans le film de Pierre Chenal ; Lebeziatnikov, le socialiste utopiste, exaspérant mais foncièrement honnête et qui aime en secret Sonia Marmeladov ; et Sophie Semionovna, justement, la fille de Marmeladov, la « fille perdue » qui tombera amoureuse du héros si tourmenté de Dostoievski et le suivra au bagne. Sans oublier le personnage d'Arcady Svridigailov, ex-escroc, ex-tricheur professionnel, propriétaire terrien qui avait failli « perdre de réputation » la sœur de Raskolnikov et qui, toujours amoureux d'elle, se suicide tout à la fin du roman lorsqu'il comprend qu'elle ne l'aime pas et ne l'aimera jamais.
    Oui, on se suicide beaucoup chez Dostoievski. Mais cela passe à peine pour une marque de faiblesse. C'est plutôt l'aboutissement d'une quête quasi mystique - en tous cas, je l'ai ressenti comme tel.
    Quand on sait que Dostoievski travaillait sans plan pré-établi, conservant les grandes lignes de son intrigue uniquement dans sa tête et avançant à coups de petits dialogues griffonnés sur ses carnets, on ne peut que rester ébloui par le résultat ainsi obtenu. Par sa concision, par l'ampleur des questions qu'il soulève cependant et par la puissance des personnages, « Crime et châtiment » est un grand livre. Et si vous ne deviez lire qu'un seul roman de Dostoievski, ce serait lui qu'il faudrait choisir. Sans hésitation. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 29 juin 2012

    sandrine57
    Tourmenté, solitaire, taciturne et irascible, le jeune Rodion Raskolnikov a été contraint d'abandonner ses études de droit par manque d'argent. Mais au lieu d'essayer de les financer en donnant des cours ou en acceptant des traductions, il préfère s'enfermer dans la minuscule mansarde qui lui sert de chambre, à broyer du noir et à élaborer de sombres théories sur l'humanité. Ses réflexions le mènent à penser que les hommes peuvent être rangés dans deux catégories: celle du "troupeau", de la masse qui obéit et se contente de peu et celle des Grands Hommes voués à un destin d'exception. Et, si par malheur, un de ces grands hommes serait empêché d'accomplir son destin par la misère, rien ne s'oppose à ce qu'il commette un crime pour sortir de sa mauvaise passe. Supprimer un être vil et malfaisant et s'emparer de ses biens serait même grandement profitable à la bonne marche du monde.
    Fort de ses convictions, Raskolnikov met au point le projet d'assassiner Aliona Ivanovna, une vieille usurière pingre et mauvaise. Après moult réflexions et atermoiements, il se rend donc chez elle, la tue à coups de hache, se voit obliger d'occire sa soeur rentrée prématurément et s'enfuit en emportant une bourse et quelques objets. Cependant, une fois son forfait accompli, pour Raskolnikov, le choc est rude entre la théorie et la réalité. Malade physiquement et mentalement, le jeune homme assume difficilement son acte. Et ni son ami Razoumikhine, ni sa soeur, ni sa mère, malgré toute leur affection ne peuvent le secourir. D'autant que Porphyre Petrovitch, le juge chargé de l'affaire joue au chat et à la souris avec lui, le menant de la paranoïa aux portes de la folie.Son salut viendra-t-il de Sofia Semionavna, timide jeune fille, obligée de se prostituer pour nourrir sa famille?

    Ah! La littérature russe! Elle intimide, elle peut même effrayer le plus téméraire des lecteurs...Et pourtant, qu'il est plaisant et facile de lire DOSTOÏEVSKI et de suivre Raskolnikov dans les rues de Saint-Pétersbourg. On y ressent l'âme russe telle qu'on se l'imagine, le ton est mélodramatique, les sentiments sont exacerbés, la gestuelle outrée. Les femmes pratiquent l'abnégation et le sacrifice comme un art de vivre. Elles ne s'inquiètent pas, elles deviennent folles, réellement folles. Elles ne pleurent pas, elles sanglotent, crient, hurlent même.
    Raskolnikov, sombre et tourmenté, est un être orgueilleux, sûr de sa valeur et de son bon droit, mais qui va faire la découverte de sa condition d'homme ordinaire. Il n'est pas sympathique, il énerve, fait fulminer le lecteur et l'on se demande comment il réussit à s'attacher si fidèlement Dounia ou Sofia, jeunes filles bonnes et dévouées. A force d'amour, la soeur vertueuse et surtout l'amie pervertie par la misère sauront amener Raskolnikov a accepté son châtiment.
    Car, outre une réflexion philosophique sur le Bien et le Mal, le crime, la culpabilité et la rédemption, Crime et châtiment est aussi une peinture de la Pétersbourg tsariste avec la misère pour toile de fond, les quartiers populaires, les logements insalubres, l'alcoolisme, la maladie qui sont l'apanage des classes populaires des bas-fonds de la ville.
    Une belle expérience, riche et intéressante à lire sans hésitation.
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    • Livres 4.00/5
    Par hanta, le 16 février 2013

    hanta
    Après plus d'un mois de lecture, interrompu par quelques courts romans, je vous présente ENFIN ce livre. C'est un projet qui me tenait à cœur depuis très longtemps mais j'ai toujours été effrayée par cet œuvre de Dostoïevski.
    C'est un ouvrage très dense mais très profond. L'auteur est un génie car il arrive à exploiter chacun de ces personnages jusqu'au bout. La psychologie de chacun est finement étudiée, ciselée pour donner un rendu tellement réaliste, si bien qu'on a parfois du mal à distinguer la fiction de la réalité. Lorsque je lisais le livre j'avais l'impression de plonger dans un autre univers et d'être parmi Raskolnikov, Porphyre, Razoumikhine, Sonia, les Marmeladov etc. Contrairement à Tolstoï qui mène son intrigue dans les milieux aristocratiques, Dostoïevski lui s'attache aux gens du peuple, aux laissés pour compte par la société : des étudiants pauvres, des ivrognes, des fonctionnaires ou des prostituées. Nous sommes loin des fastes de la noblesse pour nous plonger dans un quartier sordide de Saint-Pétersbourg.
    Deux grands thèmes sont abordés par l'auteur. le premier est la psychologie du meurtre et de la culpabilité: ici, Raskolnikov tue pour voler mais aussi parce qu'il est poussé par une considération philosophique. A-t-on le droit de tuer quelqu'un, surtout si cette personne est un « pou », une nuisance qui n'apporte que du malheur ? En effet, ce meurtre serait un soulagement pour l'ensemble de la société et contribuerait ensuite à améliorer les choses. Il aborde ce thème original par l'intermédiaire de Raskolnikov : ce dernier commet le meurtre mais des sentiments qu'il n'attendait pas viennent ensuite le tarauder et le faire douter. La réponse à cette question (droit au meurtre ?) reste ambiguë dans le livre. L'auteur ne tranche pas explicitement mais j'ai compris que non, il n'y a pas de légitimité au meurtre même pour des hommes extraordinaires et pour « le plus grand bien de tous ».
    Le second thème reste en retrait mais il est indirectement omniprésent. Car ce qui fait le malheur de tous ces protagonistes est l'argent, fléau de la société moderne. Raskolnikov tue par nécessité, Sonia se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille, Marmeladov est entraîné dans la spirale de l'alcoolisme à cause du manque d'argent, Svidrigailov profite de la fortune de sa défunte épouse pour tenter d'épouser une jeune fille de seize ans…
    Le style d'écriture est tout simplement sublime. Il est limpide, riche, plein de poésie et de profondeur, de dialogues entrecoupées par des descriptions claires tout en restant concises. Parfois, il y a quelques longueurs dans les dialogues : certaines m'ont paru un peu floues, un peu incompréhensibles mais magnifiquement écrits quand même. L'auteur joue avec les mots comme un pianiste avec les notes, il crée une mélodie, un style unique et inégalable.
    C'est un vrai chef d'œuvre, un livre intemporel ! A lire : je dirais OOOOUIIII pour les amoureux de la littérature russe.

    Lien : http://leslecturesdehanta.eklablog.com/crime-et-chatiment-a83477084
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    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 20 août 2012

    Luniver
    Raskolnikov est un étudiant en droit, obligé de renoncer à ses études par manque d'argent. Ne supportant pas sa pauvreté, il se coupe progressivement du monde et broie du noir seul dans sa chambre. Il élabore une théorie qui divise le monde en deux, le «troupeau» et les grands hommes, à qui tous les crimes doivent être pardonnés s'ils s'avèrent nécessaires à l'accomplissement de leur destin.
    Raskolnikov s'estime digne de la seconde catégorie. Cette idée l'obsède et il finit par mettre au point un assassinat pour se prouver qu'il est tout à fait capable de tuer quand cela s'avère nécessaire. Son choix se porte sur son usurière, qu'il tue à coups de hache. Il est surpris par la sœur de la victime, qu'il doit tuer de la même manière, bien qu'il avait justement le projet de la libérer de l'emprise de l'usurière.
    Le passage des idées abstraites à la réalité est douloureux pour le jeune homme. Il est tourmenté par le remord, par l'idée qu'il n'est décidément pas un grand homme, et par la paranoïa : en effet, le juge chargé de l'affaire le soupçonne du meurtre et joue avec ses nerfs. La santé mentale de Raskolnikov se dégrade peu à peu.
    Ce roman m'a vraiment fasciné. Dostoïevski décrit avec précision la psychologie de ses personnages, et nous fait ressentir les tensions insoutenables qui agitent le héros. Outre les thèmes de la culpabilité et de la rédemption, traités de manière magistrale, le roman nous plonge dans les quartiers pauvres de la société russe. Crime et châtiment est un chef-d'œuvre à découvrir absolument !
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Citations et extraits

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  • Par absolu, le 01 août 2012

    Par chance pour lui, là encore, au portail, tout se déroula le mieux du monde. Bien plus, même, comme par un fait exprès, à cet instant, un énorme tombereau de foin était passé devant lui, un tombereau qui l'avait entièrement caché pendant qu'il traversait la porte cochère et, dès que le tombereau fut sorti du portail pour entrer dans la cour, lui, en un clin d'œil, il se glissa vers la droite. Là-bas, de l'autre côté du tombereau, on entendait quelques voix qui criaient et juraient, mais, lui, personne ne le remarqua et il ne croisa personne. Beaucoup de fenêtres qui donnaient sur cette énorme cour carrée étaient ouvertes à cet instant, mais il ne releva pas la tête - il n'avait pas la force. L'escalier de la vieille était tout près, tout de suite à droite en débouchant de sous le portail. Il était déjà dans l'escalier...

    Il reprit son souffle, il appuya sa main sur son cœur qui battait la chamade, palpa tout de suite la hache, la redressa, et, prudemment, sans bruit, se mit à gravir l'escalier, l'oreille constamment aux aguets. Mais l'escalier aussi, à ce moment-là, était entièrement vide; toutes les portes étaient fermées; personne qu'il pût croiser. Au premier, certes, un appartement vide était grand ouvert, mais des peintres y travaillaient, et aucun d'eux ne regarda au-dehors. Il resta immobile un instant, réfléchit, reprit son chemin. «Bien sûr, ce serait mieux s'ils n'étaient pas là du tout, mais... il y a deux étages au-dessus d'eux.»

    Mais voilà le troisième étage, voilà la porte, voilà l'appartement en face; celui qui était vide. Au deuxième, tous les signes le montraient, l'appartement qui était juste en dessous de celui de la vieille était vide, lui aussi: la carte de visite clouée à la porte avec de petits clous était enlevée - les gens étaient partis! ... Il haletait. Un instant, une pensée fusa dans son esprit: «Et si je partais?» Mais il ne se répondit pas et se mit à écouter l'appartement de la vieille: un silence de mort. Ensuite, il écouta une nouvelle fois en bas dans l'escalier, il écouta longtemps, de toute son attention... Ensuite, il regarda une dernière fois autour de lui, se reprit un peu, se redressa et, une nouvelle fois, il essaya la hache dans la boucle. «Est-ce que je ne suis pas... trop pâle? se sentait-il se demander, je ne suis pas trop agité? Elle est méfiante... Peut-être, attendre encore un peu... le temps que le cœur cesse? ...»

    Mais le cœur ne cessait pas. Au contraire, comme par un fait exprès, il battait fort, plus fort, toujours plus fort... Il ne supporta plus, tendit lentement la main vers la clochette et il sonna. Trente secondes plus tard, il sonna à nouveau, plus fermement. Pas de réponse. Sonner pour rien ne servait pas à grand-chose, et puis, ce n'était pas naturel. La vieille, évidemment, était chez elle, mais elle était méfiante et seule. Il connaissait un peu ses habitudes... Il colla encore une fois son oreille sur la porte. Ses sensations étaient-elles si fines (ce qui, en général, était dur à imaginer), ou bien, réellement, entendait-on si bien, soudain, il distingua comme le froissement prudent d'une main devant la serrure, et comme le froufrou d'une robe juste derrière la porte. Quelqu'un, sans vouloir être remarqué, se tenait juste derrière la serrure, et, exactement comme lui, ici, à l'extérieur, ce quelqu'un écoutait, caché à l'intérieur, et, semblait-il, lui aussi, avait l'oreille collée à la porte...
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  • Par Under_The_Moon, le 04 janvier 2013

    (...) un condamné à mort, une heure avant sa mort, raconte ou pense que s'il lui arrivait de vivre quelque part sur une hauteur, sur un rocher, et sur une terrasse si petite qu'il y aurait à peine la place d'y mettre ses deux pieds - alors qu'autour, ce serait des abîmes, l'océan, les ténèbres éternelles, la solitude éternelle, la tempête éternelle - et de rester comme ça, debout, sur un archine de surface, pendant toute sa vie, mille ans, l'éternité - eh bien, ce serait mieux, de vivre comme ça, plutôt que de mourir dans une heure ! Oui, tout, mais vivre, vivre, vivre ! N'importe comment, vivre, vivre ! ... Ca, c'est une vérité ! Mon Dieu, quelle vérité ! L'homme est une ordure ! Et une ordure celui qui dit que c'est une ordure (...).


    Troisième partie
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  • Par la_fleur_des_mots, le 19 mars 2013

    C’était un monsieur déjà d’un certain âge, au maintien gourmé, à la physionomie réservée et sévère. Il s’arrêta d’abord sur le seuil, promenant ses yeux autour de lui avec une surprise qu’il ne cherchait pas à dissimuler et qui n’en était que plus désobligeante. « Où donc me suis-je fourré ? » avait-il l’air de se demander. C’était avec défiance et même avec une affectation de frayeur qu’il contemplait la pièce étroite et basse où il se trouvait. Son regard conserva la même expression d’étonnement lorsqu’il se porta ensuite sur Raskolnikoff. Le jeune homme, dans une tenue très-négligée, était couché sur son misérable divan. Il ne fit pas un mouvement et se mit à considérer à son tour le visiteur. Puis ce dernier, gardant toujours sa mine hautaine, examina la barbe inculte et les cheveux ébouriffés de Razoumikhine, qui, de son côté, sans bouger de sa place, le dévisagea avec une curiosité impertinente. Durant une minute régna un silence gênant pour tout le monde. À la fin, comprenant sans doute que ses grands airs n’en imposaient à personne, le monsieur s’humanisa un peu et, poliment quoique avec une certaine raideur, s’adressa à Zosimoff.
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  • Par Under_The_Moon, le 04 janvier 2013

    Le mensonge est le seul privilège de l'homme face aux autres organismes. La vérité, elle vient à force de mentir ! Je mens, donc je suis un homme. Jamais on n'a trouvé aucune vérité avant d'avoir menti quatorze fois et, peut-être même cent quatorze et, ça, c'est honorable dans son genre ; bon, mais, nous, nous ne savons même pas mentir avec notre propre cervelle à nous ! Mens comme tu veux, mais mens à ta façon, et moi je t'embrasse. Un mensonge bien à soi, c'est déjà presque mieux qu'une vérité entièrement à un autre ; dans le premier cas, tu es un homme, dans l'autre, tu es juste un serin ! La vérité ne bougera pas, la vie, on peut la démolir ; il y a au des exemples.

    Troisième partie
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  • Par Yuko, le 16 juillet 2010

    - Vous m'avez demandé... chez le concierge ? fit enfin Raskolnikov d'une voix basse.
    L'homme ne répondit rien, il ne le regarda même pas. Il y eut un nouveau silence.
    - Mais pourquoi venez-vous me demander ? Puis vous vous taisez... Que signifie ? ...
    La voix de Raskolnikov était entrecoupée et les mots semblaient avoir peine à sortir de sa bouche.
    Cette fois, l'autre leva les yeux et jeta au jeune homme un regard sombre et sinistre.
    - Assassin, fit-il tout à coup d'une voix basse, mais distincte.
    Raskolnikov marchait à ses côtés. Il sentit ses jambres faiblir et flageoler ; un frisson glacé lui couru dans le dos et, durant une seconde, son coeur cessa de battre comme s'il avait été décroché. Ils firent ainsi une centaine de pas toujours en silence.
    L'homme ne le regardait pas.
    - Mais que dites-vous ? Quoi... qui est un assassin ? marmotta enfin Raskolnikov d'une voix à peine perceptible.
    - C'est toi qui es un assassin, répondit l'autre, en articulant ces mots d'un air plus significatif encore, avec un sourire de triomphe haineux, et il regarda fixement le visage pâle et les yeux vitreux de Raskolnikov. (...) L'inconnu tourna à gauche et continua son chemin sans se retourner. Raskolnikov resta figé sur place à le suivre des yeux.
    Quand il eut fait cinquante pas, l'homme se retourna pour observer le jeune homme toujours cloué au même endroit. La distance ne permettait pas de distinguer ses traits, mais Raskolnikov crut remarquer qu'il souriait encore de son sourire glacé, plein d'une haine triomphante.
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