ISBN : 274277999X
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 01 août 2009

    caro64
    Et si la mort d'Emma Bovary n'était pas due à un suicide ? Et si elle avait été assassinée ? En une seule prise, l'arsenic est rarement mortel… De cette périlleuse hypothèse (entre autres), Philippe Doumenc nous livre un réjouissant polar littéraire.
    24 Mars 1846. Emma Bovary, dans son lit, alterne moments de répit et atroces souffrances liées à son empoisonnement à l'arsenic. Autour d'elle s'affairent, s'affolent et se désolent son mari Charles, le pharmacien Honnais et son épouse. Ainsi que les docteurs Canivet et Larivière appelés d'extrême urgence.
    Mais rien n'y fera, Emma a bien réussi son suicide ! Sauf qu'à son retour à Rouen, le docteur Larivière s'est empressé d'avertir la police : avant de rendre l'âme, Emma Bovary, dans un dernier instant de lucidité, a eu le temps de lui souffler à l'oreille dans un soupir ; « Assassinée, pas suicidée ! ». Et les observations de contusions sur le corps de la victime, faites par son confrère Canivet, ont justifié d'un sursis à délivrer le permis d'inhumer ! Commence alors l'exposé d'une excellente enquête de terrain menée par le commissaire Delévoye dépêché depuis Rouen, en compagnie de Rémi, un jeune apprenti policier qu'il laissera seul sur place pour terminer le travail après avoir été rappelé par le Préfet. Les suspects ne manquent pas. Charles Bovary, mari cocu à la face du monde, avait toutes les raisons de tuer sa femme. le pharmacien Homais, qui regardait la fragile Emma avec «concupiscence», aurait pu jouer l'amoureux éconduit. Même Rodolphe, lassé de sa jeune maîtresse, était capable d'espérer sa mort jusqu'à la provoquer. Les femmes n'étaient pas en reste: une épouse jalouse, une belle-mère acariâtre. A moins que l'argent, les dettes ne soient le motif principal quand un prêteur sur gages vient demander qu'on le paye aussitôt...
    Philippe Doumenc prodigue clins d'œil et citations. Flaubert apparaît furtivement à l'enterrement de Madame Bovary. le réel se mélange à la fiction et le fait divers dont Flaubert s'était inspiré, refait surface. Et il pousse la provocation jusqu'à commencer son roman par une citation de Flaubert, extraite de sa Correspondance avec George Sand :
    " Mais naturellement ma pauvre Bovary s'est bien empoisonnée elle-même. Tous ceux qui prétendront le contraire n'ont rien compris à son personnage !…Comment ne pas se suicider si l'on a un peu d'âme et que le sort vous condamne à Yonville ?"
    Philippe Doumenc invente une suite fort convaincante au célèbre roman de Flaubert avec audace et humilité. Il redonne vie aux personnages négligés dans Madame Bovary. Avec un exercice de style parfait, il réussit le tour de force de retrouver la langue de l'époque, une atmosphère, un milieu. Et nul doute que le nom du coupable en surprendra plus d'un. Un roman (im)pertinent !

    Ce petit livre est une réussite, très agréable à lire. Une bonne raison de relire Mme bovary mais surtout d'apprécier la façon dont l'auteur a eu de remettre ce classique au goût de jour.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Zazette97
    "Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary" est un roman publié en 2007 et signé Philippe Doumenc, écrivain français également auteur de "Les Comptoirs du Sud" et d' "Un tigre dans la soute".
    Suite au décès d'Emma Bovary, les deux médecins présents au moment de sa mort rendent un rapport qui mentionne des traces de contusions sur le corps de la défunte ainsi qu'une déclaration de celle-ci à l'un d'entre eux juste avant sa mort. Seuls quelques mots prononcés, "Assassinée, pas suicidée", qui suffisent à mettre en doute la thèse du suicide pour envisager le meurtre.
    Deux policiers sont envoyés à Yonville pour mener cette contre-enquête. Nouveaux éléments, secrets, témoignages contradictoires, faux aveux, suspects multiples. Mais qui est donc le coupable?
    Avant de m'atteler à cette lecture, j'ai jugé bon de relire "Madame Bovary" afin de me remettre en mémoire l'histoire et les personnages habitant ce récit.
    Bien que je ne la regrette en aucune façon, cette relecture ne fut pas indispensable étant donné que l'auteur a pris soin de contextualiser cette contre-enquête en opérant un retour en arrière sur les dernières pages du roman initial et en brossant les portraits des différents protagonistes.
    Je dois dire que j'étais plutôt sceptique en commençant ce roman. Selon moi, le suicide était incontestablement la seule fin possible pour Emma et j'étais d'avis que tout le roman de Flaubert était construit de manière à converger naturellement vers cette seule fin.
    Mais au fil de ma lecture, j'ai découvert que plusieurs zones d'ombre - notamment cette fameuse lettre laissée par Emma avant son décès et sur laquelle Flaubert ne revient pas - planaient sur la mort d'Emma au point de justifier le postulat de l'auteur.
    Les témoignages des villageois m'ont fait sourire à plusieurs reprises dans la mesure où, ayant fraîchement l'histoire originale en tête, je reconnaissais assez facilement les mensonges dans les déclarations des uns et des autres.
    Les choses se sont corsées ensuite, au moment où les uns commencèrent à se rétracter, les autres à passer facilement aux aveux, ce qui donna lieu à de (trop) nombreux rebondissements.
    J'avais l'impression que le policier n'avait pas à mener l'enquête mais tout simplement à attendre que le coupable lui arrive tout cuit dans le bec.
    De plus, si j'ai bien aimé la conclusion - qui repose sur, comme le dit l'auteur, "une faiblesse dans le scénario élaboré par Flaubert" et complique quelque peu la version originale sans toutefois la dénaturer - , j'ai beaucoup moins apprécié la façon dont l'auteur s'est ré-approprié les personnages de Flaubert.
    Doumenc s'est risqué à gonfler les caractéristiques de chacun pour en faire de présumés coupables et semer le doute dans l'esprit du lecteur. Et tout le monde en prend pour son grade, y compris la victime (déjà bien assez mal lotie dans la version initiale) dont l'image se veut salie- et pas qu'un peu - par la trop grande liberté prise par l'auteur qui a jugé bon de faire oublier toutes les prétentions romantiques d'Emma (quand même au centre de l'oeuvre de Flaubert).
    Bref, une belle idée de départ, une habile conclusion mais une progression entachée par des coups de théâtre à répétition et des personnages grossièrement pervertis.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/contre-enquete-sur-la-mort..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 27 avril 2011

    Malaura
    "Assassinée, pas suicidée", avant de rendre son dernier soupir, c'est ce que chuchote Emma Bovary à deux médecins appelés d'urgence à son chevet. de plus, l'un d'eux a remarqué des traces d'ecchymoses sur son corps. Alors, Emma s'est-elle bien suicidée en absorbant une forte dose d'arsenic ou bien quelqu'un dans son entourage l'a-t-il assassinée? Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville pour tenter de résoudre cette énigme où les suspects sont de plus en plus nombreux...
    Transformer un monument de la littérature en intrigue policière est très audacieux. Là où Flaubert fût bridé par la censure, Doumenc développe les hypothèses, faisant d'Emma Bovary, non plus une femme suicidée mais une femme assassinée.Là où le maître décrivait si admirablement les horizons médiocres, l'ennui, les amours illusoires, Doumenc ajoute la vénalité et la concupiscence. Point commun entre les 2 auteurs : un très beau portrait de femme victime de la bassesse des hommes.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Chaplum, le 27 avril 2011

    Chaplum
    Dans ce court roman, Philippe Doumenc part du postulat que Gustave Flaubert s'est trompé et que Emma Bovary ne s'est pas suicidée mais qu'elle a été assassinée. le commissaire Delevoye, accompagné du jeune Rémi, depuis peu engagé à la préfecture, sont donc envoyés à Yonville pour mener l'enquête après que les docteurs Larivière et Canivet aient refusé d'accorder le permis d'inhumer. En effet, des traces suspectes ont été découvertes sur le corps de la défunte et elle a prononcé ces mots avant de mourir : « Assassinée, pas suicidée. »
    Après une cinquantaine de pages laborieuses, je me suis enfin plongée dans le roman quand l'enquête débute à proprement parler. A partir de là, je l'ai pratiquement fini d'une traite. Mais même si je n'ai pas été gênée du fait que ma lecture de Madame Bovary remonte à plusieurs années et que mes souvenirs ne sont plus très détaillés, je me dit que Cynthia, qui l'a relu juste avant d'entamer cette contre-enquête, a dû bénéficier d'un avantage certain. Cela lui a certainement permis de voir des éléments qui me sont passé complètement à côté, de savoir si tel détail était dans le roman, si le style de l'auteur respectait celui de Flaubert etc. Cela dit, ça peut être également un obstacle à une lecture sereine.
    Bref, quant à moi, mes impressions quant à la lecture de Madame Bovary restaient vagues, et s'ils m'ont parfois laissé une interrogation en filigrane, ils m'ont en tout cas laissée vierge de tout a-priori en ce qui concerne cette lecture, que j'ai au final appréciée. J'ai aimé le petit clin d'œil en début de roman, où l'on voit apparaître Flaubert assistant aux funérailles d'Emma, laissant sous-entendre que le roman qu'il a écrit était basé sur des faits réels (impression encore renforcée plus loin dans le roman, par une note en bas de page concernant un des personnages et qui laisse entendre qu'il a vraiment vécu lui aussi) A un tel point, que j'ai été vérifier sur internet que les Bovary étaient bien des personnages fictifs !
    Philippe Doumenc recrée l'ambiance et les personnages du roman de Flaubert mais réécrit l'histoire pour en faire un roman policier, qui tient la route et possède tous les ingrédients du genre de l'époque. On se croirait en train de lire un Gaston Leroux ou autre de l'époque. Il insère des compte rendus d'interrogatoires, ce qui rend le roman plus vivant.
    Je le répète, mes souvenirs du roman original sont flous maisje pense que Philippe Doumenc présente une Emma Bovary plus libertine encore, et cela m'a amusé. Tout comme les libertés qu'il prend avec la famille du pharmacien pour introduire un personnage de jeune fille.
    Bref, une lecture que j'ai trouvé originale et plaisante malgré un début assez difficile.

    Lien : http://www.chaplum.com/contre-enquete-sur-la-mort-demma-bovary-de-ph..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par dell, le 23 décembre 2010

    dell
    Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary de Philippe Doumenc
    Point de départ intéressant : la dose d'arsenic prise par la célèbre Emma Bovary n'aurait pas suffit à la tuer. Philippe Doumec se sert de cette faiblesse de l'oeuvre de Flaubert pour construire une nouvelle histoire, policière cette fois, sur Emma Bovary.
    Quel bonheur de retrouver Emma et un beau travail sur la restitution des personnages que Flaubert avait laissés dans l'ombre (Mme Homais tout particulièrement).
    Cependant, je dois bien admettre que l'enquête m'a laissé perplexe surtout sur la fin. Faire d'Emma une espèce de prostituée lors de soirées d'orgie réservées à tous les riches administratifs de Rouen me semble totalement contre nature avec la personnalité du personnage. Emma est une rêveuse romantique qui n'accepte pas une réalité non conforme à sa vision du monde et de l'amour que lui ont inspirés les romans. L'endettement est une cause de cet excès romantique, ce qui ne la rendra jamais vénale, c'est contraire à sa vision des choses. Mais elle n'a trouvé que l'argent pour tenter de corrompre les hommes à son monde à elle, mais elle, n'a que fi de l'argent. Alors faire d'elle une "prostituée" vénale qui par dessus tout couche avec Homais (son exact contraire) pour son argent c'est être complétement à côté de l'âme d'Emma et de Flaubert.
    Ce roman est plus proche des polars contemporains que de l'esprit du roman de Flaubert sans être vraiment ni dans l'un ni dans l'autre.
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Citations et extraits

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  • Par Labyrinthiques, le 19 mars 2009

    Pourtant quand il [Remi] parlait du livre qu’un jour enfin il se décida à lire, il ne pouvait dissimuler - à regret - que certaines pages étaient belles. Dans le roman, Yonville et ses personnages resplendissent à jamais de l’éclat immortel de la bêtise. Mais surtout la figure centrale redevient Emma Bovary. Par instinct Flaubert l’a splendidement restituée, lui qui jamais ne l’a jamais rencontrée vivante, alors qu’Herville et Remi avaient eu au moins une sorte de contact indirect avec elle, l’un au bout de son scalpel, l’autre au travers d’une enquête plutôt fangeuse. Remi n’en était pas jaloux. Sa profession avait été de rechercher les circonstances de la mort de cette femme, celle de Flaubert de broder sur sa vie, en ce domaine un pauvre flic aura toujours tort : il n’a droit qu’à la stricte vérité des faits, alors que le romancier, lui, peut à loisir inventer, rêver - et mentir !
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Quittant la Huchette, Remi songeait qu'entre son mari imbécile, un Homais libidineux, ce Lheureux escroc qui lui faisait signer des papiers et ce dandy cynique, Emma ne voyait pas trop de beau monde à Yonville !
    Y avait-il le choix?
    Le chemin descendait vers la vallée et la rivière. Les champs avaient perdu leur blancheur uniforme, mille ruisseaux se formaient, les corneilles éternelles s'envolaient devant eux. La voiture conduite par Girart cahotait et, du haut de ses vingt-cinq ans, Remi ne pouvait s'empêcher de songer à Emma.
    Elle avait dû être une enfant rieuse, recevoir une éducation modèle chez les bonnes soeurs de Rouen, pratiquer le piano et ces romans ingénus que les prêtres laissent aux mains des jeunes filles.
    Elle avait, pauvre rêve ! voulu aimer et être aimée, ne trouvant pour s'y jeter que les bras malhabiles du pauvre Charles puis de quelques autres bien médiocres.
    Et maintenant un jeune homme chargé d'une mission de police se trouvait dans cette voiture, évaluant tranquillement à son sujet les possibilités de meurtre et de chantage ! p.145
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GONCOURT RESULTAT
Annonce en direct de chez Drouant du résultat du prix Goncourt par F rançois Nourissier décerné à Jean VAUTRIN pour son livre "un pas vers le bon dieu", suivie de l'annonce du prix Renaudot par Francis Ambrière décerné à Philippe DOUMENC pour son livre "Les Comptoirs du Sud". - GP F.Nourissier au milieu des micros. GP F.Ambrière au milieu des micros.








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