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Critiques sur Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary (23)


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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura le 27/04/2011


    "Assassinée, pas suicidée", avant de rendre son dernier soupir, c'est ce que chuchote Emma Bovary à deux médecins appelés d'urgence à son chevet. de plus, l'un d'eux a remarqué des traces d'ecchymoses sur son corps. Alors, Emma s'est-elle bien suicidée en absorbant une forte dose d'arsenic ou bien quelqu'un dans son entourage l'a-t-il assassinée? Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville pour tenter de résoudre cette énigme où les suspects sont de plus en plus nombreux...
    Transformer un monument de la littérature en intrigue policière est très audacieux. Là où Flaubert fût bridé par la censure, Doumenc développe les hypothèses, faisant d'Emma Bovary, non plus une femme suicidée mais une femme assassinée.Là où le maître décrivait si admirablement les horizons médiocres, l'ennui, les amours illusoires, Doumenc ajoute la vénalité et la concupiscence. Point commun entre les 2 auteurs : un très beau portrait de femme victime de la bassesse des hommes.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par caro64 le 01/08/2009


    Et si la mort d'Emma Bovary n'était pas due à un suicide ? Et si elle avait été assassinée ? En une seule prise, l'arsenic est rarement mortel… De cette périlleuse hypothèse (entre autres), Philippe Doumenc nous livre un réjouissant polar littéraire.

    24 Mars 1846. Emma Bovary, dans son lit, alterne moments de répit et atroces souffrances liées à son empoisonnement à l'arsenic. Autour d'elle s'affairent, s'affolent et se désolent son mari Charles, le pharmacien Honnais et son épouse. Ainsi que les docteurs Canivet et Larivière appelés d'extrême urgence.
    Mais rien n'y fera, Emma a bien réussi son suicide ! Sauf qu'à son retour à Rouen, le docteur Larivière s'est empressé d'avertir la police : avant de rendre l'âme, Emma Bovary, dans un dernier instant de lucidité, a eu le temps de lui souffler à l'oreille dans un soupir ; « Assassinée, pas suicidée ! ». Et les observations de contusions sur le corps de la victime, faites par son confrère Canivet, ont justifié d'un sursis à délivrer le permis d'inhumer ! Commence alors l'exposé d'une excellente enquête de terrain menée par le commissaire Delévoye dépêché depuis Rouen, en compagnie de Rémi, un jeune apprenti policier qu'il laissera seul sur place pour terminer le travail après avoir été rappelé par le Préfet. Les suspects ne manquent pas. Charles Bovary, mari cocu à la face du monde, avait toutes les raisons de tuer sa femme. le pharmacien Homais, qui regardait la fragile Emma avec «concupiscence», aurait pu jouer l'amoureux éconduit. Même Rodolphe, lassé de sa jeune maîtresse, était capable d'espérer sa mort jusqu'à la provoquer. Les femmes n'étaient pas en reste: une épouse jalouse, une belle-mère acariâtre. A moins que l'argent, les dettes ne soient le motif principal quand un prêteur sur gages vient demander qu'on le paye aussitôt...

    Philippe Doumenc prodigue clins d'œil et citations. Flaubert apparaît furtivement à l'enterrement de Madame Bovary. le réel se mélange à la fiction et le fait divers dont Flaubert s'était inspiré, refait surface. Et il pousse la provocation jusqu'à commencer son roman par une citation de Flaubert, extraite de sa Correspondance avec George Sand :
    " Mais naturellement ma pauvre Bovary s'est bien empoisonnée elle-même. Tous ceux qui prétendront le contraire n'ont rien compris à son personnage !…Comment ne pas se suicider si l'on a un peu d'âme et que le sort vous condamne à Yonville ?"

    Philippe Doumenc invente une suite fort convaincante au célèbre roman de Flaubert avec audace et humilité. Il redonne vie aux personnages négligés dans Madame Bovary. Avec un exercice de style parfait, il réussit le tour de force de retrouver la langue de l'époque, une atmosphère, un milieu. Et nul doute que le nom du coupable en surprendra plus d'un. Un roman (im)pertinent !

    Ce petit livre est une réussite, très agréable à lire. Une bonne raison de relire Mme bovary mais surtout d'apprécier la façon dont l'auteur a eu de remettre ce classique au goût de jour.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Zazette97 le 28/04/2011


    "Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary" est un roman publié en 2007 et signé Philippe Doumenc, écrivain français également auteur de "Les Comptoirs du Sud" et d' "Un tigre dans la soute".

    Suite au décès d'Emma Bovary, les deux médecins présents au moment de sa mort rendent un rapport qui mentionne des traces de contusions sur le corps de la défunte ainsi qu'une déclaration de celle-ci à l'un d'entre eux juste avant sa mort. Seuls quelques mots prononcés, "Assassinée, pas suicidée", qui suffisent à mettre en doute la thèse du suicide pour envisager le meurtre.
    Deux policiers sont envoyés à Yonville pour mener cette contre-enquête. Nouveaux éléments, secrets, témoignages contradictoires, faux aveux, suspects multiples. Mais qui est donc le coupable?

    Avant de m'atteler à cette lecture, j'ai jugé bon de relire "Madame Bovary" afin de me remettre en mémoire l'histoire et les personnages habitant ce récit.
    Bien que je ne la regrette en aucune façon, cette relecture ne fut pas indispensable étant donné que l'auteur a pris soin de contextualiser cette contre-enquête en opérant un retour en arrière sur les dernières pages du roman initial et en brossant les portraits des différents protagonistes.
    Je dois dire que j'étais plutôt sceptique en commençant ce roman. Selon moi, le suicide était incontestablement la seule fin possible pour Emma et j'étais d'avis que tout le roman de Flaubert était construit de manière à converger naturellement vers cette seule fin.
    Mais au fil de ma lecture, j'ai découvert que plusieurs zones d'ombre - notamment cette fameuse lettre laissée par Emma avant son décès et sur laquelle Flaubert ne revient pas - planaient sur la mort d'Emma au point de justifier le postulat de l'auteur.
    Les témoignages des villageois m'ont fait sourire à plusieurs reprises dans la mesure où, ayant fraîchement l'histoire originale en tête, je reconnaissais assez facilement les mensonges dans les déclarations des uns et des autres.

    Les choses se sont corsées ensuite, au moment où les uns commencèrent à se rétracter, les autres à passer facilement aux aveux, ce qui donna lieu à de (trop) nombreux rebondissements.
    J'avais l'impression que le policier n'avait pas à mener l'enquête mais tout simplement à attendre que le coupable lui arrive tout cuit dans le bec.
    De plus, si j'ai bien aimé la conclusion - qui repose sur, comme le dit l'auteur, "une faiblesse dans le scénario élaboré par Flaubert" et complique quelque peu la version originale sans toutefois la dénaturer - , j'ai beaucoup moins apprécié la façon dont l'auteur s'est ré-approprié les personnages de Flaubert.
    Doumenc s'est risqué à gonfler les caractéristiques de chacun pour en faire de présumés coupables et semer le doute dans l'esprit du lecteur. Et tout le monde en prend pour son grade, y compris la victime (déjà bien assez mal lotie dans la version initiale) dont l'image se veut salie- et pas qu'un peu - par la trop grande liberté prise par l'auteur qui a jugé bon de faire oublier toutes les prétentions romantiques d'Emma (quand même au centre de l'oeuvre de Flaubert).

    Bref, une belle idée de départ, une habile conclusion mais une progression entachée par des coups de théâtre à répétition et des personnages grossièrement pervertis.


    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/contre-enquete-sur-la-mort..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Chaplum le 27/04/2011


    Dans ce court roman, Philippe Doumenc part du postulat que Gustave Flaubert s'est trompé et que Emma Bovary ne s'est pas suicidée mais qu'elle a été assassinée. le commissaire Delevoye, accompagné du jeune Rémi, depuis peu engagé à la préfecture, sont donc envoyés à Yonville pour mener l'enquête après que les docteurs Larivière et Canivet aient refusé d'accorder le permis d'inhumer. En effet, des traces suspectes ont été découvertes sur le corps de la défunte et elle a prononcé ces mots avant de mourir : « Assassinée, pas suicidée. »

    Après une cinquantaine de pages laborieuses, je me suis enfin plongée dans le roman quand l'enquête débute à proprement parler. A partir de là, je l'ai pratiquement fini d'une traite. Mais même si je n'ai pas été gênée du fait que ma lecture de Madame Bovary remonte à plusieurs années et que mes souvenirs ne sont plus très détaillés, je me dit que Cynthia, qui l'a relu juste avant d'entamer cette contre-enquête, a dû bénéficier d'un avantage certain. Cela lui a certainement permis de voir des éléments qui me sont passé complètement à côté, de savoir si tel détail était dans le roman, si le style de l'auteur respectait celui de Flaubert etc. Cela dit, ça peut être également un obstacle à une lecture sereine.

    Bref, quant à moi, mes impressions quant à la lecture de Madame Bovary restaient vagues, et s'ils m'ont parfois laissé une interrogation en filigrane, ils m'ont en tout cas laissée vierge de tout a-priori en ce qui concerne cette lecture, que j'ai au final appréciée. J'ai aimé le petit clin d'œil en début de roman, où l'on voit apparaître Flaubert assistant aux funérailles d'Emma, laissant sous-entendre que le roman qu'il a écrit était basé sur des faits réels (impression encore renforcée plus loin dans le roman, par une note en bas de page concernant un des personnages et qui laisse entendre qu'il a vraiment vécu lui aussi) A un tel point, que j'ai été vérifier sur internet que les Bovary étaient bien des personnages fictifs !
    Philippe Doumenc recrée l'ambiance et les personnages du roman de Flaubert mais réécrit l'histoire pour en faire un roman policier, qui tient la route et possède tous les ingrédients du genre de l'époque. On se croirait en train de lire un Gaston Leroux ou autre de l'époque. Il insère des compte rendus d'interrogatoires, ce qui rend le roman plus vivant.
    Je le répète, mes souvenirs du roman original sont flous maisje pense que Philippe Doumenc présente une Emma Bovary plus libertine encore, et cela m'a amusé. Tout comme les libertés qu'il prend avec la famille du pharmacien pour introduire un personnage de jeune fille.

    Bref, une lecture que j'ai trouvé originale et plaisante malgré un début assez difficile.


    Lien : http://www.chaplum.com/contre-enquete-sur-la-mort-demma-bovary-de-ph..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par missmolko1 le 08/11/2010


    Bonnes idées et très bien construit.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par wakinasimba le 08/05/2010


    Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du moins ce que prétend Flaubert. Or c'est un fait reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque jamais mortel...

    Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L'un relève des traces discrètes de contusions; l'autre pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma: "Assassinée, pas suicidée."

    Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville afin d'élucider l'affaire. Et voilà bientôt plusieurs suspects: un mari cocu, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent...

    Rémi, jeune policier, abandonné par l'enquêteur en chef, doit résoudre lui-même l'énigme.

    Mon avis :

    Voilà qui me fera relire "Emma Bovary" d'un autre oeil, au moins les dernières pages.

    L'enquête et l'idée sont intéressantes et les conclusions inattendues mais vraissemblables. Un vrai retournement final, mais dans l'esprit flauberien.

    J'avais déjà beaucoup aimé "Qui a tué Roger Ackroyd ?" de Pierre Bayard, contre-enquête sur un roman d'Agatha Christie à la fin toute aussi inattendue.

    Lu dans le cadre de Blogo-Club de Mai (ayant déjà lu "L'Affaire Jane Eyre")

    L'image que je retiendrai :

    la couleur blanche, celle de la neige et des gelées matinales.


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2010/05/01/17394126.html#comm..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 03/07/2009


    Roman de Philippe Doumenc.

    En expirant, Emma laisse échapper qu'on l'a assassinée. Rémi, un enquêteur fraîchement envoyé de Rouens, va devoir trouver qui serait le meurtrier, si meurtre il y a eu. Chacun s'accuse, puis se rétracte. Les témoignages s'annulent ou se contredisent. Sans cesse, Rémi se trouve dans une impasse.

    Voilà un texte ambitieux! Quand j'ai aperçu la couverture et le titre en librairie, je me suis demandé quel impudent osait s'attaquait au chef-d'oeuvre de Flaubert, que j'ai bien dû lire une dizaine de fois! D'abord sceptique et craintive, je me suis laissée prendre au jeu. La mort d'Emma Bovary est traitée comme un fait divers, et devient le prétexte à une nouvelle histoire, avec de bons personnages et une trame solide. Ce roman est une grande réussite. Il ne se pose pas comme une suite au texte de Flaubert, mais réellement comme un nouveau roman, avec sa propre forme et son style. Je le recommande aux amateurs de classiques! Ce livre est en passe d'en devenir un!

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Lalivrophile le 11/03/2011


    L'idée de lire un roman relatant une enquête quant à un suicide raconté dans un autre roman m'a beaucoup plu. J'avais tout de même peur que l'auteur ne puisse pas se sortir de cette situation, car si je me souviens bien, dans le roman de Flaubert, le lecteur "voit" Emma avaler le poison. Il ne fait donc aucun doute que c'est un suicide. L'auteur trouve un moyen assez simple, mais intelligent de contourner cela: tout ce qui est raconté par Philippe Doumenc sont les faits, alors que Flaubert s'est servi de ce fait divers pour construire un roman. C'est une bonne trouvaille, et ça permet à l'auteur de changer certains faits, et d'inventer un personnage.
    [...]
    Lire la suite sur:


    Lien : http://www.lalivrophile.net/contre-enquete-sur-la-mort-d-emma-bovary..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par EmmaBo le 21/02/2011


    J'ai adoré cette contre-enquête policière, sorte de suite au roman "Madame bovary", rédigé avec talent et humour dans un esprit flaubertien et très 19ème.
    Une idée géniale qui a donné un ouvrage réussi! Et qui m'a donné envie de replonger dans l'ouvrage de Flaubert...

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par soukee le 14/01/2011


    Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary est un roman de Philippe Doumenc (et non un essai, pour ceux que ça rebute !), publié chez Actes Sud en 2007, qui se penche sur le décès de l'héroïne éponyme de Flaubert.

    L'intrigue démarre à la mort de celle-ci, connue pour son célèbre suicide au cyanure. Mais sur le corps de la jeune femme, des marques d'ecchymoses.
    Deux enquêteurs sont dépêchés sur place pour interroger les villageois. Et si Emma Bovary ne s'était pas suicidée ? Et si derrière l'intrigue de Flaubert se tramait une autre histoire ? Et si cet empoisonnement au cyanure était improbable ?

    Savoureux comme les réflexions de P.Bayard, ce roman est un délice. Très rapide (180 pages), sa lecture est fluide et agréable.
    Prenant appui sur le texte originel, Philippe Doumenc créé une fiction intéressante. Il reprend chacun des personnages créés par Flaubert et en dresse un autre portrait. La pauvre Emma est, elle aussi, passée au crible et semble bien loin de l'héroïne flaubertienne...
    L'enquête est menée avec brio par un jeune policier, qui fait passer à chaque villageois un interrogatoire, rythmant ainsi la narration.

    Ce roman n'est pas une autre lecture de l'œuvre de Flaubert mais se propose plutôt comme un prolongement, comme si Flaubert lui-même n'avait pas tout dit, ou que les personnages, dotés de vie, lui avaient menti...
    Pour ceux qui ont envie de savoir ce qui aurait pu réellement se passer à Yonville...


    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2009/12/10/16102454.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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