> Jean Guiloineau (Traducteur)

ISBN : 2350870790
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (2008)


Note moyenne : 2.62/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
près un coup d’État, le portraitiste, le cuisinier et le coiffeur du dictateur déchu sont assignés dans sa résidence d’été. Pourtant, leurs rôles se limitaient à des tâches domestiques. Mais à mesure que le nouveau régime ressemble à l’ancien, ils réintègrent leurs fonc... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 23 septembre 2010

    lillou
    Nous sommes dans une capitale jamais nommée : archétype d'une ville étouffante et étouffée, proche de la mer et entourée d'une nature luxuriante, qui pourrait se trouver dans n'importe quelle dictature du XXe siècle. Après un coup d'État militaire, trois membres de l'entourage domestique de l'ex-Président – le portraitiste, le coiffeur et le chef cuisinier – sont retenus dans sa résidence d'été par le leader révolutionnaire, le « Commandant », et ses troupes.
    Tour à tour, chacun de ces personnages prend la parole pour confier son histoire, son passé et cet étrange enfermement qui évolue au fil des jours. Progressivement, ces prisonniers bien traités reprennent en effet leurs anciennes fonction auprès du Commandant ; et on assiste ainsi à l'appropriation des anciens attributs de la Présidence par le nouveau pouvoir.
    Dans une seconde partie, c'est au tour de femmes qui leur sont proches – épouse, ancienne belle-sœur et fille – de se raconter. Et peu à peu, se dessine un portrait en creux du dictateur déchu et du nouveau : car, de manière terriblement logique, une nouvelle tyrannie se substitue à l'ancienne.
    La construction du roman lui donne une épaisseur supplémentaire : la multiplication des points de vue, l'évolution des discours et des actes… Une construction intéressante donc, mais également un peu artificielle : les rebondissements (des « liens du sang » sont dévoilés et d'autres mis en avant, des alliances se renversent…) sont plus qu'attendus – bien que chargés de sens. Mais il ne s'agit que d'un léger bémol.
    Très rapidement, ce pays-symbole s'est imposé à moi comme une dictature sud-américaine : impression renforcée par les personnages, qui évoquent par maints aspects ceux d'Isabel Allende ou de Gabriel Garcia Marquez. Leurs confessions dévoilent avec finesse le plus vil chez chacun : la lâcheté, la cruauté, l'opportunisme… et le goût du pouvoir bien entendu. le lecteur désabusé s'attend cyniquement au pire et se trouve même surpris au moindre témoignage de courage ou d'intégrité.
    Un roman très fort, et surprenant pour une première œuvre d'une si jeune femme (Ceridwen Dovey est née en 1980). Et une belle écriture, très fluide et pourtant très précise, qui fait oublier les petites scories et emporte le lecteur : continuer à lire en marchant est toujours un bon indicateur en ce qui me concerne !


    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par letitbe, le 06 mars 2011

    Pour moi, comment transformer une idée en images, comment peindre un ciel sans utiliser de bleu ou comment ne pas suivre les lois de la perspective m' a toujours semblé plus important que les médiocres agitations des étudiants révolutionnaires. Ma femme et moi, nous avions pour règle de ne jamais écouter les informations. "C'est relatif de toute façon", disait-elle en imaginant que les politiciens maquillaient leurs actions vomme les publicitaires de fast-food maquillaient leurs hamburgers. Il nous semblait plus pur de ne rien savoir plûtot que de glaner des bribes d'information qu'on nous jetait comme on jette des appâts aux requins.
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  • Par letitbe, le 06 mars 2011

    Quand je voyais les cheveux de tant de gens mélangés sur le sol, j'avais l'impression de voir des personnalités et des tics individuels rendus évidents, aussi je ne les jetais jamais; mon commis les balayait et les mettait dans un bocal que je gardais sur des étagères dans l'arrière-boutique.
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