ISBN : 2916499547
Éditeur : D'un Noir si Bleu (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Là-bas, le soir, lorsque les voiles du soir s'élèvent en brumes et écumes sur les vagues chevelures des collines, l'on voit le long des coteaux lisses et nus, des filles nubiles descendre lentement vers les sources, les bras portant en &#x... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel, le 06 mai 2012

    Pasdel
    La Floraison des baobabs c'est l'éphémère beauté des femmes africaines, la fragilité de la vie. le baobab, c'est l'arbre à palabre, le lieu des récits des griots, le lieu des esprits, des fétiches. La fleur du baobab c'est l'antagonisme d'un arbre millénaire et d'une fleur éphémère, c'est la vie face au moment présent, c'est la joie de l'instant.
    La Floraison des baobabs, c'est l'Afrique des villages, des cases, l'Afrique des esprits et des fantômes qui disparaissent au petit matin. Ce sont les transes en l'honneur des fétiches, les processions de jeunes nubiles ornées de leur ceinture de cauris, des vieux couverts de masques et de grigris. C'est la poésie des griots qui nous émerveillent aux pieds des baobabs, nous racontant les légendes ancestrales où se mêlent fétiches, masques de cérémonies et statuettes gémellaires.
    L'Afrique loin des clichés et des safaris photos, des réserves et des camps de touristes, l'Afrique où les morts revivent, où les fantômes cohabitent avec les vivants, où les statuettes prennent vies pour sortir les vieillards de leur solitude.
    Hilaire Dovonon nous enchante dans ce recueil de nouvelles où tristesse et joie s'entremêlent, où les orphelins retrouvent leur mère le temps d'une rencontre. Ses mots forment une véritable poésie, nous attirent comme les fleurs du baobab, comme les esprits dans la nuit sauvage africaine. C'est un hymne au village, à la femme africaine, à l'enfant africain. On y côtoie, au hasard des histoires, la misère, la mort et la tristesse, les naissances, les rencontres, la beauté et l'amour.
    On entre en transe avec ces sorciers, on danse avec ces prêtresses de l'arc-en-ciel. On se met à rêver, on s'allonge sur notre natte de paille après une bonne journée de chasse, la veillée a été longue et le repas fait de gibier nous a revigoré ; la rivière vient bercer notre sommeil et les esprits se mettent à danser pour nous au son des tam-tam « Yéé ! Yéé ! Yééé ! Grand Fétiche ! » . Les exhalaisons des parfums aiguisent nos sens, nous courons plus vite que le guépard… La transe est finie, on referme le livre. La Floraison des baobabs ne dure que douze heures, et à l'aube les fleurs fanées et lacérées par les chauves-souris tombent sur le sol, recouvrant le sol d'écailles immaculées.
    Un regard rafraîchissant sur l'Afrique, on y retrouve un peu la verve d' Amadou Hampâté Bâ dans ces nouvelles, même si parfois certaines situations semblent se répéter dans le livre, on se laisse embarquer par ces esprits.
    La suite sur:


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-la-floraison-des-ba..
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Citations et extraits

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  • Par Pasdel, le 01 mai 2012

    Les enfants vivent dans un monde autre, une sorte de clairière où un soleil ambigu aux rayons spongieux et joyeux se métamorphose lentement tout le long du jour, s’irradie comme un bulle sertie d’arcs-en-ciel frissonnants, se liquéfie à l’appel blêmissant des vents et vapeurs du soir, et finit par devenir cette lune femelle aux clartés lactescentes qui glisse, fuit, vole et nage dans un feuillage de nuages liquides… Le monde des enfants est un monde autre, et j’en connais qui me racontent qu’un palmier, la nuit, devient une divinité femelle qui s’élance jusqu’aux cieux, et balance doucement ses cheveux, en faisant chavirer des cortèges d’étoiles… Leur monde n’est pas notre monde, non ! non !
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  • Par Pasdel, le 06 mai 2012

    Ainsi a-t-il vécu, là, dans cette case, las, bas, des années et des années déjà, le corps penché vers le sol, et l’esprit tourné vers la tombe. Et son corps fléchissait dans la case, et son âme s’éteignait dans son corps, comme un lampion dans la nuit.
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  • Par Pasdel, le 05 mai 2012

    C’est ma mère, je le sens. Elle ouvre les bras comme pour m’embrasser, et mon esprit semble se perdre dans la profondeur de ses yeux creux, ses yeux irréels, ses yeux complètement absorbés par la détresse. Mais elle s’arrête sur son geste, se retourne tout d’un coup, et ouf ! disparaît en s’évaporant dans les airs.
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  • Par Pasdel, le 04 mai 2012

    Il était là, portant au cou sa besace, son long fusil de chasse à l’épaule et dans le regard et aux lèvres un sourire infini, étincelant et frais. Un sourire large et intensif comme l’horizon de vents et de palmiers qui absorbait les rêves et les regards de la mère. Un sourire semblable aux sourires éternels et mystérieux, immobiles, sur les lèvres de bois d’un masque d’ancêtre.
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  • Par Pasdel, le 03 mai 2012

    – Quand viendra Fôô ? demandai-je à la mère.

    Elle tressaillit, nous regarda avec une pâle douceur, et son regard aussitôt s’envola aussi loin que pouvait fuir et flâner l’esprit.
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