La Floraison des baobabs c'est l'éphémère beauté des femmes africaines, la fragilité de la vie. le baobab, c'est l'arbre à palabre, le lieu des récits des griots, le lieu des esprits, des fétiches. La fleur du baobab c'est l'antagonisme d'un arbre millénaire et d'une fleur éphémère, c'est la vie face au moment présent, c'est la joie de l'instant.
La Floraison des baobabs, c'est l'Afrique des villages, des cases, l'Afrique des esprits et des fantômes qui disparaissent au petit matin. Ce sont les transes en l'honneur des fétiches, les processions de jeunes nubiles ornées de leur ceinture de cauris, des vieux couverts de masques et de grigris. C'est la poésie des griots qui nous émerveillent aux pieds des baobabs, nous racontant les légendes ancestrales où se mêlent fétiches, masques de cérémonies et statuettes gémellaires.
L'Afrique loin des clichés et des safaris photos, des réserves et des camps de touristes, l'Afrique où les morts revivent, où les fantômes cohabitent avec les vivants, où les statuettes prennent vies pour sortir les vieillards de leur solitude.
Hilaire Dovonon nous enchante dans ce recueil de nouvelles où tristesse et joie s'entremêlent, où les orphelins retrouvent leur mère le temps d'une rencontre. Ses mots forment une véritable poésie, nous attirent comme les fleurs du baobab, comme les esprits dans la nuit sauvage africaine. C'est un hymne au village, à la femme africaine, à l'enfant africain. On y côtoie, au hasard des histoires, la misère, la mort et la tristesse, les naissances, les rencontres, la beauté et l'amour.
On entre en transe avec ces sorciers, on danse avec ces prêtresses de l'arc-en-ciel. On se met à rêver, on s'allonge sur notre natte de paille après une bonne journée de chasse, la veillée a été longue et le repas fait de gibier nous a revigoré ; la rivière vient bercer notre sommeil et les esprits se mettent à danser pour nous au son des tam-tam « Yéé ! Yéé ! Yééé ! Grand Fétiche ! » . Les exhalaisons des parfums aiguisent nos sens, nous courons plus vite que le guépard… La transe est finie, on referme le livre.
La Floraison des baobabs ne dure que douze heures, et à l'aube les fleurs fanées et lacérées par les chauves-souris tombent sur le sol, recouvrant le sol d'écailles immaculées.
Un regard rafraîchissant sur l'Afrique, on y retrouve un peu la verve d'
Amadou Hampâté Bâ dans ces nouvelles, même si parfois certaines situations semblent se répéter dans le livre, on se laisse embarquer par ces esprits.
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