> Nathalie Peronny (Traducteur)

ISBN : 2350211924
Éditeur : Naïve (2009)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Quand ses parents meurent, en 1941, Piotr, jeune garçon polonais, est placé dans un orphelinat, à Varsovie. Il est rapidement repéré : sa grande taille, ses cheveux blonds et ses yeux bleus font de lui un modèle accompli du type aryen prôné par Hitler...
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par TINUSIA, le 08 mai 2010

    TINUSIA
    C'est dans le cadre d'un partenariat jeunesse avec BOB et les Éditions NAÏVES que j'ai eu le plaisir de découvrir ce roman, destiné aux adolescents. MERCI !
    J'avais "mon" ado sous la main, pour envisager une co-lecture : Siegfried, passionné par la deuxième guerre mondiale, qui a d'ailleurs rédigé, il y a peu, un dossier sur le thème des Droits de l'Homme bafoués par le nazisme.
    Siegfried : Je n'aurais pas aimé qu'on change mon prénom ! C'est comme si je n'existais plus !
    Moi : En rebaptisant Piotr en Peter, c'était un moyen de nier son origine polonaise.
    S : Il était polonais, pas juif ! Et puis, c'est pas en changeant de prénom qu'on change sa personnalité !
    M : As-tu compris que les allemands voulaient devenir les maîtres du monde et qu'ils souhaitaient rayer de la carte tous les autres pays ? Obliger Piotr à renier son origine, c'était un début, selon eux, pour supprimer l'idée que la Pologne existait.
    S : Mais, dans mon dossier, je ne parle que des juifs que les allemands voulaient supprimer ! Et Piotr n'est pas juif ! D'ailleurs, il l'accueille chez eux, parce qu'il ressemble aux allemands ; grand, blond et yeux bleus.
    M : Je pense que tu abordes là le problème de l'identité. Qu'est-ce que c'est, pour toi, l'identité ?
    S : C'est être reconnu pour ce que l'on est ! Piotr, c'est un jeune polonais, Peter ce n'est pas un jeune allemand !
    M : Tu as raison, et c'est bien pour cela que Piotr/Peter ne se reconnaîtra jamais complètement comme un allemand.
    S : Sa famille d'accueil, elle le sent, qu'il n'est pas un vrai allemand ! Tu as vu comme ils sont toujours en train de l'observer et de lui trouver des défauts ?
    M : Être un "vrai" allemand, dis-tu ? Dans ce livre, tu as découvert d'autres jeunes allemands : Segur, Elsbeth, Lena... À ton avis, sont-ils de "vrais" allemands ? Qui, dans ce pays, à cette époque, décide des critères qui justifient l'appartenance à l'Allemagne ?
    S : Les nazis.
    M : Les nazis sont-ils alors de "vrais" allemands ? Est-ce que tous les allemands sont nazis ?
    S : Non ! On voit bien qu'il y a des allemands qui ne sont pas d'accord avec ce que disent les nazis : la famille Reiter, par exemple.
    M : As-tu compris combien, pendant cette guerre, il a été difficile pour certains allemands de faire des choix ? Revenons à Piotr/Peter. Au début du livre, nous sommes à Varsovie, en 1941. Piotr perd ses parents. Et lorsqu'il est envoyé en Allemagne pour faire partie du peuple allemand, il est heureux. À ce moment, il y croit ! Il est accueilli par la famille Kaltenbach, dont on pourrait dire que ce sont de "vrais" allemands.
    S : En fait, ce sont de "vrais" nazis ! Ce n'est pas pareil "être allemand" et "être nazi" ; ils ont tout confondu ! Heureusement que Piotr rencontre Lena ! Quand le garçon est dans sa famille d'accueil, c'est Peter ; quand il est avec Lena et ses parents, c'est Piotr.
    M : Et quand, alors, est-il le "vrai" ?
    S : le vrai allemand ? Il n'est jamais un vrai allemand, il reste polonais ! Mais il aurait pu devenir allemand sans devenir nazi !
    M : Dans les conditions que décrit le roman, tu crois que c'était possible ?
    S : Non, parce que si on n'était pas nazi, on devait mourir. Regarde ce qui est arrivé au père de Lena.
    M : Une dernière question : que penses-tu d'Elsbeth ?
    S : Elle a accepté de faire des trucs horribles ! Mais après elle a arrêté. C'est pour ça qu'elle n'est pas claire avec Piotr. Des fois elle le regarde comme un ennemi, des fois elle l'aide. Elle ne sait pas trop ce qu'il faut faire ! Mais c'est parce qu'elle obéit à ses parents.
    M : Seulement à ses parents ?
    S : Non, à ce que disent les nazis. Elle y a cru ! Mais quand elle a compris que c'était dégueulasse, elle a arrêté.
    M : Oui ! Mais s'est-elle engagée, comme Lena, dans le refus de l'idéologie nazie ?
    S : Non. Elle a fait l'autruche. Elle savait ce qui se passait, mais elle ne faisait rien pour le dénoncer. Elle a juste aidé Piotr à s'enfuir ! C'est quand même ça !
    Voici un roman captivant que les adultes peuvent apprécier aussi. Les questions fondamentales de l'identité, du choix, de la responsabilité, de l'enrôlement, de la reconnaissance, de la participation y sont posées en mots simples et évocateurs. C'est un texte qui amène obligatoirement à une réflexion sur ce que l'on appelle, à ce jour, l'identité nationale. Les époques ne sont pas les mêmes, les questions demeurent cependant. Il a évoqué aussi en moi le problème des intégrismes de toutes sortes qui malmènent nos vies.

    Lien : http://livresouverts.canalblog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 30 mai 2011

    emmyne
    Un très beau roman que celui-ci, un roman qui bouscule son jeune lecteur mais l'accompagne. La force de ce récit tient à ce point de vue à la fois interne et quotidien qui parvient tout de même à présenter à la fois l'idéologie nazie dans toute son horreur - sans concession mais sans violence complaisante - et la vie de la population allemande, la diversité des opinions et des réactions de ces civils manipulés par le discours officiel dès l'enfance, des partisans farouches engagés dans l'idéologie fasciste aux résistants de la première heure. La description de l'endoctrinement des jeunes, l'enthousiasme comme le malaise de certains, est parfaitement rendue à travers des épisodes aussi ordinaires qu'édifiants ( impossible d'oublier cette effrayante scène de Noël au cours de laquelle tous les cadeaux sont antisémites ! ).
    J'ai trouvé remarquable les portraits des nombreux personnages secondaires qui, bien qu'ils soient extrêmement représentatifs ( jeune polonais réduit à l'esclavage, savant fou du Reich, colonel cachant des Juifs, fils de dignitaire arrogant...), ne tombent jamais dans la caricature, soulevant la complexe question de l'engagement et pointant la cruauté du système : chantage et menaces sur la famille, pression sociale, délation encouragée par une émulation perverse, propagande omniprésente non seulement dans les médias mais aussi dans l'enseignement et la littérature; l'idéologie élevée au rang de culture. Avec eux, les aspects politiques de la dictature nazie, comme le contrôle et la hiérarchisation de " races ", les pseudos fondements scientifiques de la doctrine et la mise en pratique du programme, sont mis en scène avec réalisme. le regard est incisif, le propos profondément humain sans trémolo, c'est paradoxalement en cela que le récit est terrifiant et émouvant.
    Justesse et pertinence du ton, fluidité du style, les quatre cents pages de cet excellent roman filent. Etranger à Berlin est bien plus qu'un roman d'apprentissage, qu'un récit initiatique, c'est une aventure humaine inscrite dans un contexte historique qui rappelle que grandir, c'est aussi dépasser son individualité et développer une conscience critique et " politique ", de celle qui nécessite de chercher à savoir et réfléchir, de se forger ses propres opinions et d'assumer ses choix. Un roman qui témoigne que vivre, ce ne peut pas être se limiter à voir le monde en noir et blanc.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2010/05/18/17706731.html..
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    • Livres 4.00/5
    Par Chtimie, le 16 août 2011

    Chtimie
    C'est vrai que ce sujet a été mainte fois utilisé, parfois avec beaucoup de réussite mais souvent avec moins. J'affectionne particulièrement les romans qui se passent à cette époque mais j'ai toujours peur du résultat. Cette fois-ci, c'était un réel plaisir ! La lecture était fluide et très intéressante.
    Tout d'abord, je tiens à souligner que même si c'est un roman jeunesse, les atrocités de cette guerre ne sont pas cachées. On les découvre au fur et à mesure de l'histoire, comme le personnage principal et c'est surtout son ressentit que l'on a. Cela permet d'éviter des passages descriptifs difficiles.
    Les personnages sont vrais : ils ne sont pas manichéens. Ce qui est souvent difficile à éviter dans ce genre de romans ! Ils doutent et ils ont des faiblesses. C'était très agréable de suivre leur histoire et on s'identifie très facilement au personnage principal, Piotr. Il grandit et son opinion change au fur et à mesure des événements, on le comprend très bien.
    Un autre point fort : il est très bien documenté ! On sent bien que l'auteur ne voulait pas réinventé l'Histoire, il voulait juste racontait une histoire. Les vrais événements de cette guerre font partis de ce roman et ont un réel impact sur les personnages. C'est vraiment bien écrit !
    J'ai passé un excellent moment de lecture et je vous le conseille.

    Lien : http://lavisdechtimie.over-blog.com/article-auslander-81702823.html
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    • Livres 5.00/5
    Par jazz13, le 19 juin 2010

    jazz13
    Un très bon roman sur la résistance allemande pendant la seconde guerre mondiale. Rares sont les ouvrages qui traitent de ce sujet. Émouvant, bien écrit, "Étranger à Berlin" nous montre que malgré l'horreur de la guerre et la peur, nombreux sont ceux qui se sont battus contre l'injustice.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°132 - décembre 2009 - Piotr est encore un enfant, lorsque ses parents meurent, victimes « accidentelles » d'un char lors de l'invasion allemande en Pologne. Deux ans plus tard il est choisi à l'orphelinat, pour son physique typiquement aryen (sa mère était bavaroise) en vue d'être adopté en Allemagne par une famille modèle du national-socialisme. Tandis que le père doit sa notoriété à des travaux de génétique sur la « pureté de la race », les trois filles sont membres actifs des jeunesses nazies. Notre héros, rebaptisé Peter, va, dans un premier temps, intégrer avec zèle les Jeunesses Hitlériennes. Mais il tombe amoureux de Léna, et découvre, avec elle, la Résistance allemande qui combat contre le sort réservé aux Juifs et aux Polonais.
    Roman d'apprentissage, Étranger à Berlin décrit la maturation d'un héros, naïf, sans conscience politique, qui traverse des épreuves enrichissantes et formatrices. Le roman évoque les persécutions antisémites, et la discrimination des populations, mais aussi les mouvements de contestation (des jeunes, étudiants pour la plupart, se réunissant secrètement, la nuit, et souvent victimes des rafles). Une postface intéressante, « Fiction, réalités et sources », vient apporter des informations historiques pour mieux comprendre les événements, et la résistance allemande. On peut seulement regretter que l'éditeur n'ait pas complété la bibliographie anglaise par des références en langue française, car la tranche d'âge des collégiens, à laquelle s'adresse ce roman, n'est pas bilingue. Cécile Robin-Lapeyre






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