> François Roudaut (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253161071
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
En juin 1553, Du Bellay arrive à Rome que les troupes de Charles Quint ont mise à sac vingt-six ans plus tôt ; il y accompagne comme intendant le cousin de son père, le cardinal Jean Du Bellay, auquel le roi Henri II vient de confier la mission de négocier avec le pape ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 21 décembre 2011

    olivberne
    Etudié à la fac. On se laisse vite emmener dans ce voyage d'abord heureux puis désespéré. Certaines Poésies font partie des classisques, à connaître pour se les réciter.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 17 juin 2010

    Si je n’ai plus la faveur de la Muse,
    Et si mes vers se trouvent imparfaits,
    Le lieu, le temps, l’âge où je les ai faits,
    Et mes ennuis leur serviront d’excuse.

    J’étais à Rome au milieu de la guerre,
    Sortant déjà de l’âge plus dispos,
    À mes travaux cherchant quelque repos,
    Non pour louange ou pour faveur acquerre.

    Ainsi voit-on celui qui sur la plaine
    Pique le bœuf ou travaille au rempart
    Se réjouir, et d’un vers fait sans art
    S’évertuer au travail de sa peine.

    Celui aussi, qui dessus la galère
    Fait écumer les flots à l’environ,
    Ses tristes chants accorde à l’aviron,
    Pour éprouver la rame plus légère.

    On dit qu’Achille, en remâchant son ire,
    De tels plaisirs soulait s’entretenir,
    Pour adoucir le triste souvenir
    De sa maîtresse, aux fredons de sa lyre.

    Ainsi flattait le regret de la sienne
    Perdue, hélas, pour la seconde fois,
    Cil qui jadis aux rochers et aux bois
    Faisait ouïr sa harpe thracienne.
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  • Par Orphea, le 18 juin 2010

    (Les Regrets)

    I

    Je ne veulx point fouiller au seing de la nature,
    Je ne veulx point chercher l'esprit de l'univers,
    Je ne veulx point sonder les abysmes couvers,
    Ny desseigner du ciel la belle architecture.

    Je ne peins mes tableaux de si riche peinture,
    Et si hauts argumens ne recherche à mes vers,
    Mais suivant de ce lieu les accidents divers
    Soit- de bien, soit de mal, j'escris à l'adventure.

    Je me plains à mes vers, si j'ay quelque regret,
    Je me ris avec eulx, je leur dy mon secret,
    Comme estans de mon coeur les plus seurs secretaires.

    Aussi ne veulx-je tant les pigner & friser,
    Et de plus braves noms ne les veulx deguiser,
    Que de papiers journaulx, ou bien de commentaires.
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  • Par Orphea, le 15 octobre 2010

    (Les Regrets)

    IV

    Je ne veulx feuilleter les exemplaires Grecs,
    Je ne veulx retracer les beaux traicts d'un Horace,
    Et moins veulx-je imiter d'un Petrarque la grace,
    Ou la voix d'un Ronsard, pour chanter mes regrets.

    Ceulx qui sont de Phoebus vrais poëtes sacrez,
    Animeront leurs vers d'une plus grand' audace :
    Moy, qui suis agité d'une fureur plus basse,
    Je n'entre si avant en si profonds secretz.

    Je me contenteray de simplement escrire
    Ce que la passion seulement me fait dire,
    Sans rechercher ailleurs plus graves arguments.

    Aussi n'ay-je entrepris d'imiter en ce livre
    Ceulx qui par leurs escripts se vantent de revivre,
    Et se tirer tous vifs dehors des monuments.
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  • Par Orphea, le 15 mai 2009

    (Les Regrets)

    IX

    France, mère des arts, des armes et des lois,
    Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
    Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
    Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, réponds à ma triste querelle.
    Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

    Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
    Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
    D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

    Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
    Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
    Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
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  • Par Orphea, le 15 juin 2010

    (Les Regrets)

    XXXI

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l'air marin la doulceur angevine
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