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ISBN : 2253006734
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 576 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sur Manderley, superbe demeure de l'ouest de l'Angleterre, aux atours victoriens, planent l'angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l'ancienne madame de Winter, morte noyée quelqu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 14 mai 2013

    isajulia
    Je viens de terminer la lecture de Rebecca, j'ai donc enfin découvert la plume de Daphné du Maurier.
    Quel couple improbable que Maxim de Winter et cette jeune fille qui fait office de narratrice et dont on ne connaît pas le prénom. Lui est riche et veuf après avoir perdu Rebecca, sa femme, morte par noyade un an plus tôt. Elle est demoiselle de compagnie pour Mrs van Hopper, une excentrique commère. Issue d'un milieu modeste, la jeune fille est plutôt gauche et insignifiante à cause de sa timidité excessive.
    Nos deux protagonistes se rencontrent à Monte-Carlo, Maxim éprouve un vif intérêt envers cette jeune fille solitaire et effacée. Elle, tombe amoureuse de cet homme différent des autres qui porte sa tristesse sur le visage.
    D'une manière improbable, alors qu'elle doit partir à New-York avec sa patronne, Maxim la demande en mariage et la prie de vivre avec lui à Manderley, le manoir qu'il possède en Angleterre.
    Après un voyage de noces idyllique, notre narratrice va enfin découvrir la demeure de ses rêves en pensant y trouver le bonheur auprès de son mari. Rejetée d'emblée par Mrs Danvers, la gouvernante de Rebecca, qui lui témoigne hostilité et cruauté, la jeune fille va vite découvrir à ses dépends que malgré la mort, l'ex-femme de Maxim est toujours omniprésente, adulée, regrettée... Dans cette grande demeure ou elle se sent inutile, de plus en plus renfermée sur elle-même, elle la vivante, est réellement considérée comme le fantôme. Au milieu des non-dits et des secrets que cache donc la mort de Rebecca?
    Je me suis vite laissée entraîner par ce roman très sombre. L'ambiance est oppressante et les émotions sont palpables dans chaque mot, chaque phrase. Je n'ai pu m'empêcher de souffrir pour cette jeune fille qui se retrouve au milieu d'un véritable sac de noeuds. Condamnée à ne pas poser de questions à ce mari qu'elle aime plus que tout, tyrannisée par cette affreuse gouvernante qui va faire monter la cruauté à un degré inimaginable, je ne me suis pas sentie à ma place non plus dans cette maison ou la vie semble s'être arrêtée. Malgré un début long à démarrer, une fois le couple arrivé à Manderley on découvre vite l'envers du décor et la lecture s'avère très agréable. La plume est fluide et l'auteure déploie des trésors d'ingéniosité pour maintenir l'attention du lecteur.
    J'ai adoré ce roman qui était le préféré de ma mère et de ma grand-mère et je ne regrette pas de l'avoir lu pour sa finesse psychologique et la perfection de son intrigue. Si un jour le coeur vous en dit, pourquoi ne pas aller faire un tour à Manderley, ce lieu ou même la mort est vivante. A lire et à découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 11 octobre 2012

    Ode
    Il arrive que la mort confère à certaines personnalités une emprise encore plus forte que de leur vivant. Comme si leur spectre vous suivait partout et jugeait votre fidélité à leur souvenir. C'est le cas de Rebecca, l'épouse disparue de Maxim de Winter.
    Rebecca est déjà morte au début du roman, mais son souvenir imprègne tellement son mari et sa fidèle gouvernante, Mrs Danvers, qu'ils se comportent comme si elle vivait encore avec eux au manoir anglais de Manderley.
    Max part oublier son deuil sur la Côte d'Azur. Lors de ses promenades, il se lie avec une timide jeune fille aussi solitaire que lui et décide sur un coup de tête de l'épouser. Quel choc pour la nouvelle madame de Winter lorsqu'elle débarque à Manderley ! Tout, dans cette demeure, rappelle Rebecca et l'hostilité de Mrs Danvers la persuade jour après jour de son insignifiance par rapport à la disparue, si belle, si élégante, si sûre d'elle, en un mot : si parfaite. Même Max, aux prises avec ses démons intérieurs, semble lui échapper, jusqu'à ce qu'elle arrive – au prix de bien des tragédies – à dénouer les fils du passé…
    Ce roman écrit en 1938 n'a rien perdu de sa puissance, bien au contraire. J'ai été subjuguée par son atmosphère pesante et mystérieuse, comme par la justesse avec laquelle Daphné du Maurier exprime les sentiments de ses personnages. La dévotion maladive de Mrs Danvers à sa maîtresse disparue est une sorte de relation maître-esclave qui m'a fait penser à la servilité de l'âme damnée qui accompagne le comte Dracula. Quant au sentiment amoureux entre Max et la jeune fille (dont on ne connaît même pas le prénom… comme si personne ne pouvait rivaliser avec Rebecca), sa complexité est évoquée avec une rare délicatesse. de l'apparente naïveté du début, émerge peu à peu une femme beaucoup plus déterminée qu'on ne l'aurait cru.
    La lecture de « Rebecca » vous donnera sans doute envie de (re)voir l'excellent film éponyme réalisé par Alfred Hitchcock, avec Laurence Olivier dans le rôle de Max de Winter : Mrs Danvers y est des plus inquiétantes et l'ambiance glaçante est parfaitement rendue, soulignée par l'effet du noir et blanc.
    Magistral !
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    • Livres 5.00/5
    Par le-mange-livres, le 11 juin 2012

    le-mange-livres
    "Le démon ne nous tourmente plus. Certes, nous ne sommes pas sortis de la crise sans dommage ; et je puis dire qu nous avons payé notre libération".
    Au départ, tout cela a l'air d'un gentil conte de fées. La narratrice, orpheline au physique banal, dame de compagnie de Mrs. van Hopper, une riche Américaine séjournant à Monte Carlo, rencontre Maxim de Winter, veuf inconsolable, dont elle s'éprend. Au moment de son départ, voici qu'il la demande en mariage.
    "La phrase que j'avais entendue pour la première fois des lèvres de Béatrice et qui ne cessait de me hanter depuis, une phrase que je lisais dans tous les yeux, sur toutes les bouches "Comme elle est différente de Rebecca !"
    Après un voyage de noces en Europe, le couple rejoint la somptueuse propriété de Manderley. La narratrice, une très jeune femme réservée et inexpérimentée, a le sentiment très vif d'avir endossé des vêtements trop grands pour elle, et ne se sent pas à la hauteur exigée par la gestion d'une telle demeure, et accumule les maladresses. Mrs Danvers, une gouvernante glaciale, se charge bien de le lui faire sentir. Jusque dans la décoration la jeune femme se heurte au fantôme de plus en plus envahissant de Rebecca, la flamboyante première madame de Winter, disparue noyée, à qui elle est constamment comparée par les connaissances, les voisins et les domestiques. Maxim paraît s'éloigner de plus en plus, laissant planer le secret de la disparition de Rebecca, dans un univers oppressant de paranoïa croissante aux marges de la folie ... et l'ombre inquiétante de Rebecca ne cesse de prendre de l'ampleur.
    "Peut-être que je la hantais ainsi qu'elle me hantait ; elle regardait du haut de la galerie, comme avait dit Mrs. Danvers, elle était assise à côté de moi quand je faisais mon courrier à son bureau. Cet imperméable que j'avais porté, ce mouchoir dont je m'étais servie, ils étaient à elle. Peut-être m'avait-elle vue les prendre, Jasper avait été son chien et courait maintenant sur mes talons. Les roses étaient à elle et je les cueillais. M'en voulait-elle et me craignait-elle, comme je lui en voulais ?"
    Moi qui rechignais à lire ce que je croyais n'être qu'une vague histoire de fantômes (d'ailleurs ce n'est pas le cas, du moins pas au sens propre), me voilà forcée de constater la force de séduction d'un roman à mi-chemin entre roman d'amour, thriller et roman d'apprentissage, avec une forte coloration Brontë, ce qui n'est pas pour me déplaire. Dévoré en trois jours, un magnétisme certain, et aussi une forme de charme un peu désuet. Chouette découverte d'un grand classique de la littérature britannique, toujours dans le cadre du défi God save the livre.
    "Il est parti pour toujours ce drôle d'air jeune et vague que j'aimais. Il ne reviendra jamais. J'ai tué cela aussi, en te parlant de Rebecca ... Il est parti en vingt-quatre heures. Tu es tellement plus mûre."

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2012/06/rebecca-daphne-du-maurier..
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    • Livres 5.00/5
    Par LecottagedeMyrtille, le 26 novembre 2012

    LecottagedeMyrtille
    Il s'agit du roman le plus connu de cet auteur britannique, paru en 1938.
    Un récit envoûtant par son atmosphère tendue, lourde de non-dits, son cadre tour à tour enchanteur et inquiétant, ses personnages complexes et nimbés de mystère...
    Le titre est trompeur ; là où l'on s'attend à découvrir Rebecca, on découvre le récit à la première personne d'une jeune femme (dont on ignore le prénom, sauf oubli de ma part), dame de compagnie de la tyrannique et ridicule Mrs Hopper à Monte-Carlo. Cette jeune femme, qui est, d'après ses propres dires, inintéressante et insignifiante, va faire la connaissance de Maxim de Winter, un riche Anglais de quarante-trois ans, séduisant mais mystérieux et empreint de tristesse. Contre toute attente, ce dernier la demande en mariage. La narratrice va alors découvrir une vie oisive au domaine de Manderley, sur lequel plane le fantôme de Rebecca, l'épouse défunte de Maxim, apparemment auréolée de toutes les qualités imaginables. Mais elle va très vite être en butte à l'hostilité sourde de Mrs Danvers, la femme de charge et éprouver bien des difficultés à trouver sa place dans cet univers si différent du sien, organisé par et pour Rebecca, objet d'admiration, voire d'adoration, de tous ceux qui l'ont connue.
    La grande originalité de ce récit réside dans l'absence du personnage éponyme puisque Rebecca est décédée depuis un an au début du récit. Pourtant sa présence est obsédante et son portrait s'esquisse peu à peu en creux, à travers ses objets, ses connaissances et les habitudes qu'elle a imprimées à la maisonnée. D'une lecture très fluide, ce roman nous projette dans les méandres des réflexions de la narratrice, une jeune femme timide et complexée qui ne cesse de se comparer à Rebecca, accentuant ainsi la sensation de malaise qui émane de la plus grande partie du roman. Ce livre est pour tous ceux qui, comme moi, sont friands de demeures anciennes, de secrets, de mystère et de folie...
    Si je n'ai pas été vraiment surprise par le dénouement puisque j'ai vu il y a quelques années l'adaptation très fidèle d'Hitchcock, je pense cependant qu'il saura dérouter ceux qui l'ignorent. J'ai passé un très bon moment à Manderley et je vous en conseille vivement la lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 22 septembre 2012

    Ellen-R
    Au départ, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre : le style est vieillot, les phrases longues, l'écriture à la première personne... Mon tort a peut-être été de lire la 4ème de couverture qui dresse à l'avance le décor dans lequel l'histoire va se dérouler, d'où une certaine impatience de rentrer dans le vif du sujet.
    Et effectivement, le lecteur pénètre en compagnie de la nouvelle Mme de Winter dans le domaine de Manderley où se révèle chaque jour un peu plus le fantôme de Rebecca. L'ex-femme de Maxim, décédée par noyade, semble avoir marqué le domaine et les esprits.
    Ce livre accroche le lecteur, qui vit les mêmes angoisses que la nouvelle mariée, se pose les mêmes questions et tente de comprendre qui était Rebecca.
    Mme de Winter oscille entre la volonté de savoir en menant malgré tout son enquête et celle de se cacher la vérité par peur de se sentir encore plus rabaissée.
    Autour d'elle, certains personnages ont tout de suite des positions très tranchées comme Mme Danvers (fidèle à Rebecca) ou Franck (dévoué à Maxim) et d'autres sont plus difficiles à cerner comme Maxim… mais le lecteur comprendra plus tard sa discrétion et son caractère changeant.
    La partie consacrée à l'atmosphère pesante est assez longue mais nécessaire, les différentes scènes accablent un peu plus la jeune mariée qui, issue d'un milieu modeste, n'arrive pas à se faire une place à Manderley, jusqu'à la scène la plus dure, celle du bal costumé qui révèle encore plus le caractère odieux de Mme Danvers. Un sommet est atteint à ce moment-là et le lecteur est dans l'expectative de la suite…
    Puis les évènements s'enchaînent rapidement – contraste total avec la partie précédente – et l'on découvre enfin la vérité, la personnalité de Rebecca et le rôle de Maxim. Je n'en dirais pas plus, ce serait dommage.
    J'ai adoré ce livre et je ne l'ai pas lâché avant la dernière page. le climat, la description des atmosphères de la maison, des rapports entre les personnages laisse une impression très particulière, et puis tout au long de sa lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce roman ferait un excellent film…
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Citations et extraits

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  • Par isajulia, le 13 mai 2013

    J'aurais voulu rester ainsi, sans parler, sans écouter les autres, retenant ce précieux moment pour toujours, parce que nous étions tous paisibles, satisfaits, et même un peu somnolents comme l'abeille qui bourdonnait autour de nous. Dans quelques instants, ce serait différent ; demain viendrait, puis après-demain, puis l'année prochaine. Et nous serions changés peut-être, nous ne nous retrouverions jamais plus assis exactement ainsi. Les uns s'en iraient, ou seraient malades, ou mourraient ; l'avenir s'étendait devant nous, inconnu, invisible, autre peut-être que ce que nous désirions, que ce que nous prévoyions. Mais cet instant était assuré, on ne pouvait pas y toucher. Nous étions assis ensemble, Maxim et moi, la main dans la main, et le passé et le futur n'avaient aucune importance.
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  • Par isajulia, le 11 mai 2013

    La langueur et la subtilité que j'avais lues dans les romans n'étaient pas pour moi, ni le défi, ni les escarmouches, ni le sourire provocant. L'art de la coquetterie m'était inconnu, et je restais immobile, sa carte sur mes genoux, le vent soufflant dans mes cheveux ternes, heureuse dans son silence et pourtant avide de ses paroles.

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  • Par isajulia, le 11 mai 2013

    Le passé est encore trop riche. Les choses que nous avons essayé d'oublier se remettraient à s'agiter et cette sensation d'inquiétude, cette lutte contre une terreur irraisonnée - apaisée à présent, Dieu merci - pourrait renaître sans que nous sachions comment redevenir notre vivante compagne.

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  • Par isajulia, le 12 mai 2013

    J'étais encore assez enfant pour être fière d'un prénom comme d'une plume à mon chapeau, bien qu'il m'eût dès le premier jour appelée par le mien.

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  • Par isajulia, le 11 mai 2013

    Ma fierté d'adulte se désagrégea et mes méprisables larmes, heureuses de leur victoire, remplirent mes yeux et se mirent à couler sur mes joues.
    Je pensais à toutes les héroines de romans que les pleurs embellissent, moi, avec mon visage boursouflé et mes yeux rougis. Ainsi finissait cette matinée, et la journée qui s'étendait devant moi serait longue.

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Vidéo de Daphné Du Maurier

Marie Darrieussecq - Rebecca & Daphné du Maurier - Rapport de Police : Où Marie Darrieussecq parle de Daphné du Maurier et de Rebecca, des accusations de plagiat et de la "plagiomnie", de jalousie et de calomnie, lors d'un séminaire : "De la plagiomnie", à l'Ecole Normale Supérieure, à l'occasion de la parution de "Rapport de police - Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction", aux éditions P.O.L, à Paris, rue d'Ulm, le 14 janvier 2010








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