ISBN : 2253006734
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 254 notes) Ajouter à mes livres
Sur Manderley, superbe demeure de l'ouest de l'Angleterre, aux atours victoriens, planent l'angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l'ancienne madame de Winter, morte noyée quelqu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Rebecca
    Traduction : Denise van Moppès.
    Cela faisait très précisément trente-six ans que je n'avais pas relu "REBECCA." A la lumière de mes quarante ans bien dépassés, allais-je lui trouver toujours autant de charme ?
    La réponse est oui. L'aspect romantique du livre, cette histoire de Cendrillon gothique, m'importe désormais beaucoup moins mais comment ne pas s'incliner devant le sens de la progression dramatique qui caractérise l'auteur et devant cette construction quasi impeccable ? La charpente de ce roman, c'est du béton armé. Et tout l'art de Daphné du Maurier - maîtrise qui a peut-être joué un mauvais tour à sa réputation, l'étiquetant à tort comme "romancière féminine" - est de le dissimuler jusqu'au bout à son lecteur.
    Pour ce faire, elle donne d'abord libre cours à ce qu'il y a en elle de plus gothique, de plus attaché à ce riche passé littéraire anglais où se confondent les noms de Byron, de Mary Shelley, de Mathew Lewis, de Maturin et de tant d'autres. Tout, dans "Rebecca" est sombre, tragique, orageux. Sous les beautés des jardins anglais, dans les fureurs de la mer des Cornouailles, entre le cliquetis distingué des tasses de thé et la grande théière d'argent, le Mal est là. Non un Mal grossier et manichéen mais un Mal subtil et terriblement ambivalent.
    Maxime de Winter, le héros dont tombe follement amoureuse une narratrice dont on ignorera toujours le nom et le prénom, semble porter en lui une malédiction indicible. Sa jeune femme est traquée par un fantôme qui ne se matérialise jamais autrement que par telle ou telle remarque - en général jamais achevée - qui échappe à l'une ou à l'autre personne ayant jadis connu "la première Mme de Winter." A Manderley, somptueux domaine familial des de Winter, erre aussi une espèce de squelette ambulant, cette Mrs Danvers "aux yeux creux qui lui donnaient une tête de mort", ancienne gouvernante de la morte et qui, depuis le décès de celle-ci, continue à régenter les domestiques et les affaires internes de la maison. Et quand survient enfin le personnage du joyeux viveur que symbolise Jack Favell, le cousin de Rebecca, on s'aperçoit qu'il est, dans le fond, aussi sinistre que tout le reste.
    "Rebecca" peut aussi se définir comme l'histoire d'une femme à qui sa jeunesse et son inexpérience, sans oublier l'incapacité dans laquelle se trouvent les êtres plus âgés qu'elle à faire face à leurs démons personnels, si terribles qu'ils soient, font s'imaginer le contraire de ce que fut (et ce qu'est) la réalité. Si le gothique était poussé jusqu'au bout, la malheureuse en viendrait à se suicider - Mrs Danvers l'incite d'ailleurs à se jeter par la fenêtre de la chambre de Rebecca - ou alors, elle sombrerait dans la folie.
    Peut-on dire pour autant que "Rebecca" nous donne une fin "morale" ?
    Certes, on l'apprend à la fin (et on sourit souvent devant les circonlocutions un peu pompeuses dont se sert du Maurier pour évoquer le lesbianisme de Rebecca tout en lui laissant le masque d'une sexualité un peu trop débridée, une espèce de nymphomanie aiguë), la "première Mrs de Winter" était une garce de la plus belle eau. Quand les langues se délient, tout le monde en convient plus ou moins.
    Il n'est pas jusqu'au magistrat du coin, le colonel Jullyan, qui, bien qu'il n'ait aucun doute quant à la culpabilité de Maxim, ne donne plus ou moins sa bénédiction à ce dernier. Il n'en reste pas moins vrai que Maxim de Winter est un meurtrier et que sa seconde épouse, par amour, se fait complice de ce meurtre.
    Ainsi peut-on penser que le terrible incendie qui ravage sur la fin Manderley n'est pas là uniquement pour consommer la haine que Mrs Danvers,ayant compris le rôle joué par Maxim dans la mort de Rebecca, doit à tout prix extérioriser. Dans la lignée de l'incendie qui ravage le Thornton Hall de Mr Rochester dans "Jane Eyre" et tirant évidemment sa puissance de l'imagerie traditionnelle des flammes infernales, l'incendie de Manderley est l'ultime salut que le Mal adresse aux héros de "Rebecca" - et bien entendu à son lecteur fasciné.
    Et la romancière a beau en rejeter une dernière fois le blâme sur Rebecca - "Rebecca a gagné", dit en substance de Winter en pressentant la fin qui guette son manoir bien-aimé - le lecteur referme ce roman superbe et surprenant sans partager un seul instant cette conviction benoite et bien-pensante. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 10 mars 2012

    cicou45
    Lu il y a plusieurs années de cela en version originale en cours d'anglais, je suis tombée par hasard sur une critique de cet ouvrage et cela me l'a fait remonté dans mes bons souvenirs. En effet, bien que l'ayant lu en tant que lecture imposée, je garde un très bon souvenir de cet ouvrage et j'ai bien envie de le redécouvrir en langue française. Bien que l'histoire soit on ne peut plus triste, elle est aussi très attirante par son côté mystérieux et permet d'envisager plusieurs éventualités. de la plus rationnelle à la plus étrange, elle envoûte son lecteur qui s'attache inévitablement au personnage que représente rebecca. A relire sans faute !
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    • Livres 4.00/5
    Par zorazur, le 25 mai 2012

    zorazur
    Impressionnée alors que j'étais enfant par le film de Hitchcock, j'ai voulu dans la foulée lire le roman - j'étais petite, je n'ai pas tout compris des développements, pas tout perçu de la véritable personnalité de REBECCA. Mais la magie est restée, le mystère est toujours là et avec le recul Rebecca reste pour moi l'un des romans les plus captivants qui soient.
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    • Livres 5.00/5
    Par Fra, le 15 octobre 2011

    Fra
    Très belle écriture, avec beaucoup de sensibilité. On est rapidement emporté par les personnages. le livre nous plonge dans la peau de l'héroïne et nous fait vibrer en même temps qu'elle. L'intrigue nous tient en haleine jusqu'à la fin. Rien d'étonnant à ce qu'Hitchcock ait repris cette histoire car l'atmosphère lourde de cette Angleterre austère lui correspond totalement. de la tension, du suspens et toute la psychologie des différents caractères mis subtilement en lumière. Un vrai moment de plaisir !
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  • Par keisha, le 29 mai 2010

    keisha
    Last night I dreamt I went to Manderley again.
    D'une lecture ancienne de Rebecca demeuraient en mémoire la première phrase du livre, et Mrs Danvers, la gouvernante...
    A Monte Carlo, une jeune fille pauvre et orpheline, demoiselle de compagnie d'une épouvantable snob américaine, rencontre le séduisant et mystérieux Maxime de Winter, dont l'épouse Rebecca s'est noyée un an auparavant. Gauche, timide, facilement impressionnée et déstabilisée, elle tombe amoureuse de cet homme qui a vingt ans de plus qu'elle, l'épouse sans rien connaître de son caractère ou de son passé, et le suit dans sa belle propriété de Manderley. Mrs de Winter - c'est son nom désormais, on ne saura rien de plus à son sujet, même pas son prénom- accueillie avec aplomb par la sévère Mrs Danvers qui ne lui pardonne pas de prendre la place de Rebecca qu'elle chérissait plus que tout, devra s'adapter à sa nouvelle vie, sans oser demander l'aide de son mari. Elle commet de nombreux faux pas et ressent de plus en plus la présence de REBECCA...
    He did not belong to me at all, he belonged to REBECCA. He still thought about REBECCA. He would never love me because of REBECCA. She was in the house still, as Mrs Danvers has said; shewas in that room in the west wing, she was in teh library, in the morning-room,in the gallery above the hall. (...) And in the garden, in the woods, and down in the stone cottage on the beach. Her footsteps sounded in the corridors, her scent lingered in the stairs. The servants obeyent her orders still, the food we ate was the food she liked. Her favourite flowers filled the rooms. Her clothes were in the wardrobes in her room, her brushes were on the table(...). Rebecca was still mistress of Manderley. Rebecca was still Mrs de Winter.
    Cependant au fil des divers événements elle saura évoluer et affronter l'adversité, portée par son amour pour Maxime (parfois, je me demande si je n'ai pas un avenir chez Harlequin, hum)
    Que ce roman aussi célèbre ait été adapté au cinéma par Alfred Hitchcock n'a rien que de naturel : ombres du passé, sous-entendus, atmosphère oppressante, tension palpable, tous les éléments sont présents. le dernier tiers n'a rien à envier à un thriller moderne.
    Ajoutons l'écriture de Daphne du Maurier, soignée, élégante, qui convient à merveille à ce cadre de demeure anglaise à meneaux, immense, au jardin extraordinaire, où gouvernante, valets, petites bonnes, femmes de chambres, jardiniers, chauffeurs sont au service de deux personnes et de leurs invités. Tout un monde un peu désuet où le rite du thé est sacré (à la fin du livre, on attend poliment et patiemment que l'heure du thé soit passée avant de sonner chez un étranger). Sans oublier l'humour subtil et british et les descriptions des jardins et de la mer qui donnent vraiment envie de connaître réellement Manderley (sans Mrs Danvers, bien sûr).
    Bref, il faut découvrir ou redécouvrir REBECCA.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-rebecca-46563350..
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Citations et extraits

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  • Par hootyowl, le 03 avril 2010

    Il ne m'appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l'avait dit, elle était dans cette chambre de l'aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l'escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu'elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n'avais rien à faire ici.
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  • Par babounette, le 07 juillet 2009

    "J'aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S'il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu'un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j'aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n'aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu'on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l'aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais." (page 226)

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  • Par Eliza-Bennett, le 16 février 2010

    "Mlle de Winter", cria le musicien.
    Je m'avançai au haut de l'escalier et m'arrêtai, souriante, tenant mon chapeau à la main comme la jeune fille du portrait. J'attendais les applaudissements et les rires qui devaient suivre, tout en descendant lentenement l'escalier. Personne n'aplaudissait, personne ne bougeait.
    Tous me regardaient comme s'ils avaient été pétrifiés. Béatrice poussa un petit cri et porta la main à sa bouche. Je continuai à sourire, je mis la main sur la rampe.
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  • Par Myrinna, le 21 juin 2010

    je l'ai fui au long des nuits, au long des jours,
    je l'ai fui sous les arceaux des airs,
    je l'ai fui à travers les labyrinthes
    De mes pensées, au milieu des larmes,
    Je me suis caché de lui, et dans la fuite du rire,
    J'ai dévalé les pentes
    Abruptes, et me suis précipté
    A travers des abîmes d'horreur giganstesques
    Interminablement suivi par ces pas robustes
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  • Par basilic92, le 11 mars 2012

    "Si seulement on pouvait inventer quelque chose, dis-je vivement, qui conserve un souvenir dans un flacon, comme un parfum, et qui ne s'évapore, ne s'affadisse jamais. Quand on en aurait envie, on pourrait déboucher le flacon et on revivrait l'instant passé"
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Vidéo de Daphne Du Maurier

Marie Darrieussecq - Rebecca & Daphné du Maurier - Rapport de Police : Où Marie Darrieussecq parle de Daphné du Maurier et de Rebecca, des accusations de plagiat et de la "plagiomnie", de jalousie et de calomnie, lors d'un séminaire : "De la plagiomnie", à l'Ecole Normale Supérieure, à l'occasion de la parution de "Rapport de police - Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction", aux éditions P.O.L, à Paris, rue d'Ulm, le 14 janvier 2010








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