ISBN : 2879298644
Éditeur : Editions de l'Olivier (2011)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres

Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte sur le coup avec les autres passagers. Commence alo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 29 février 2012

    mariech
    Jean - Paul Dubois est un auteur avec lequel ça passe ou ça casse , ici à mon grand regret , je n'ai pas tellement apprécié , je me sens un peu seule car presque toutes les critiques sur Babélio sont très positives .
    Je vais donc essayer d'expliquer un peu mon point de vue .
    Je dois d'abord dire que certains passages m'ont sourire , qu' à certains moments , je me disais c'est vrai que ce n'est pas mal mais alors pourquoi en retirer une impression plus que mitigée ?
    Sans doute parce que je n'apprécie pas plus que ça l'humour noir , que ce personnage de Paul Scheijder , j'avais déjà prévu qu'il n'arriverait pas à surmonter le drame vécu .
    Mais il y aussi que pour apprécier une lecture , j'ai besoin de vibrer , de rencontrer des personnages auxquels je peux m'identifier et que je préférerai toujours un écrivain qui a un talent de conteur .
    Encore une fois et tant pis si je me répète , le ressenti d'un livre est quelque chose de personnel et il y a un certain mystère dans le fait d'aimer ou pas un livre .
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 14 novembre 2011

    brigittelascombe
    Une lente descente aux enfers, celle d'une "famille désarticulée" par la chute libre d'un ascenseur (et par d'autres ruptures antérieures) à moins que ce ne soit le sacrifice du grand perturbateur dans la faille creusée par de très anciens non-dits, dont les lambeaux émergent de sa mémoire infaillible. Mémoire de Paul Sneijder, 60 ans, qui transite entre passé toulousain et présent québecois, qui ressasse le fait qu'il soit l'unique rescapé d'un accident qui, le 4/1//11 à 13 h 12 précises, a coûté la vie à 3 inconnus et à sa fille Marie, née d'un premier mariage, (qu'il se culpabilise de ne pas avoir suffisamment imposée dans son enfance à sa deuxième épouse).
    Un roman triste qui, je l'avoue, m'a laissée sur ma faim.
    Là, où je pensais trouver une intrigue policière, un Paul Sneijder justicier révolté contre toutes les perfidies d' "une experte en décisions stratégiques" et de jumeaux insensibles, j'ai vu un homme lâche,un looser qu'on aurait envie de secouer, un angoissé incapable de dire merde, même quand on lui cherche des poux, via les puces des chiens de son boulot bouche-trou de "dog walker", sous le regard éloquent du "cadre à haut potentiel" que se tape sa femme Anna aux pieds, elle, bien ancrés sur terre et qui n'irait jamais de la vie monter dans une tour de Dubaï de 828 mètres de haut ou tenter de comprendre qu'on puisse vouloir surmonter ses phobies!
    Une écriture, elle sans failles. Un récit en demi-teintes, longue traversée des "si j'avais su", des "et si je faisais" qui butte sur les si et bouleverse comme le cri de Münch!
    Jean Paul Dubois est l'auteur d'autres romans dont Une vie française qui a obtenu le prix Fémina en 2004 et le prix roman Fnac.
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    • Livres 4.00/5
    Par chanig55, le 15 mai 2012

    chanig55
    Paul Sneijder est le seul survivant d'une chute d'ascenseur dans lequel sa fille Marie a péri avec 2 autres personnes ce 4 janvier 2011. Après un temps de coma il se retrouve chez lui et peut y ramener aussi les cendres de sa fille ; Marie est la fille d'un premier mariage, sa deuxième femme Anna ne l'a jamais autorisé à l'accueillir dans sa nouvelle famille dotée de deux jumeaux Hugo et Nicolas. Il lit tout ce qui concerne les ascenseurs et découvre à travers ses lectures que :
    " L'ascenseur n'entre pas dans la catégorie des objets de confort. Il est bien plus que cela. Il est le miracle mécanique qui a un jour permis aux villes de se redresser sur leurs pattes arrière et de se tenir debout. Il a inventé la verticalité, les grandes orgues architecturales mais aussi toutes les maladies dégénératives qu'elles ont engendrées."
    Paul va quitter son travail à la société des alcools du Québec pour se faire embaucher chez « Dogdogwalker », il y promènera des chiens, il fera même la présentation de chien pour un concours.
    Il sympathise avec l'avocat qui doit défendre la compagnie qui gère l'ascenseur fou et souhaite un arrangement à l'amiable plutôt que de porter l'affaire devant la justice.
    Il découvre le récit d'un incident dans un ascenseur à Dubaï et achète un billet pour s'y rendre.
    Jean Paul Dubois nous rend le personnage de Paul très attachant. Sa relation avec Anna sa femme est réduite à des silences et de brefs échanges, à la fin du roman il nous semble que cette femme et ses fils se sont attachés à prouver l'aliénation de Paul ; il vit avec les cendres de sa fille, il a des malaises, il trouve un métier très médiocre auprès des chiens alors qu'il en est allergique, il refuse d'aller en justice alors que chacun sait qu'il y gagnerait beaucoup financièrement, bref il se retrouve enfermé et sous tutelle de la famille.
    Pour moi Paul est un personnage qui après de longues années retrouve sa fille et peut la serrer à volonté dans ses bras, avec les chiens il trouve des compagnons pour des sorties qui lui permettent de s'aérer, il se sent bien. En l'avocat de la firme des ascenseurs il découvre un ami avec qui il aime parler et se promener dans le jardin zen. Le cas Sneijder est un cas complexe.
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    • Livres 4.00/5
    Par chanig55, le 24 février 2012

    chanig55
    Paul Sneijder est le seul survivant d'une chute d'ascenseur dans lequel sa fille Marie a péri avec 2 autres personnes ce 4 janvier 2011. Après un temps de coma il se retrouve chez lui et peut y ramener aussi les cendres de sa fille ; Marie est la fille d'un premier mariage, sa deuxième femme Anna ne l'a jamais autorisé à l'accueillir dans sa nouvelle famille dotée de deux jumeaux Hugo et Nicolas. Il lit tout ce qui concerne les ascenseurs et découvre à travers ses lectures que :
    " L'ascenseur n'entre pas dans la catégorie des objets de confort. Il est bien plus que cela. Il est le miracle mécanique qui a un jour permis aux villes de se redresser sur leurs pattes arrière et de se tenir debout. Il a inventé la verticalité, les grandes orgues architecturales mais aussi toutes les maladies dégénératives qu'elles ont engendrées."
    Paul va quitter son travail à la société des alcools du Québec pour se faire embaucher chez « Dogdogwalker », il y promènera des chiens, il fera même la présentation de chien pour un concours.
    Il sympathise avec l'avocat qui doit défendre la compagnie qui gère l'ascenseur fou et souhaite un arrangement à l'amiable plutôt que de porter l'affaire devant la justice.
    Il découvre le récit d'un incident dans un ascenseur à Dubaï et achète un billet pour s'y rendre.
    Jean Paul Dubois nous rend le personnage de Paul très attachant. Sa relation avec Anna sa femme est réduite à des silences et de brefs échanges, à la fin du roman il nous semble que cette femme et ses fils se sont attachés à prouver l'aliénation de Paul ; il vit avec les cendres de sa fille, il a des malaises, il trouve un métier très médiocre auprès des chiens alors qu'il en est allergique, il refuse d'aller en justice alors que chacun sait qu'il y gagnerait beaucoup financièrement, bref il se retrouve enfermé et sous tutelle de la famille.
    Pour moi Paul est un personnage qui après de longues années retrouve sa fille et peut la serrer à volonté dans ses bras, avec les chiens il trouve des compagnons pour des sorties qui lui permettent de s'aérer, il se sent bien. En l'avocat de la firme des ascenseurs il découvre un ami avec qui il aime parler et se promener dans le jardin zen.
    Le cas Sneijder est en tout un cas complexe.
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  • Par krol-franca, le 31 décembre 2011

    krol-franca
    Paul Sneijder est l'unique rescapé d'un accident d'ascenseur. Voilà le point de départ de ce livre unique !
    J'ai retrouvé l'auteur d'Une vie française, avec son ironie, son humour grinçant, sa vision décalée du monde. J'ai énormément aimé ce roman. C'est une descente aux abîmes incroyable, et c'est écrit d'une façon magistrale.
    La description de sa femme et des ses enfants est succulente, mordante, terrible.
    J'ai souvent ri, souri, acquiescé, apprécié les traits d'humour. Quel moment de lecture ! Je n'avais pas ressenti pareille jubilation depuis bien longtemps. Oui, c'est ça, c'était jubilatoire.
    Le narrateur nous invite dans son quotidien et en démonte tous les rouages. Il est lâche, supporte sans broncher les humiliations de sa femme. On souffre avec lui, on aurait envie de lui dire de se bouger un peu, de virer cette famille qui ne lui ressemble pas, parfois je disais au personnage : « mais pourquoi lui parles-tu à ta femme ? Pourquoi lui racontes-tu ça ? Ca va se retourner contre toi ! », et oui ce livre nous atteint, on est en parfaite symbiose avec le narrateur, car, en même temps, sa lucidité nous le rend fort sympathique. Et on aurait envie de sombrer dans la folie, à ses côtés avec une urne entre les mains. Dehors les bien-pensants, ceux qui se prennent au sérieux et qui pensent avoir toujours raison, ceux pour qui l'opinion des autres a tant d'importance, ceux qui veulent briller (mais qui sont éteints à l'intérieur) !
    Et cerise sur le gâteau : Jean-Paul Dubois nous livre avec prouesse une analyse de notre société à travers le prisme de l'ascenseur, formidable !
    Les pages 110, 111 et 112 sont des petites merveilles. Je ne vais évidemment pas tout recopier. Jean-Paul Dubois rend les ascenseurs responsables de l'organisation de notre société et donc de ses maux. du grand art !

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-le-cas-sneijder-de-jean-pau..
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Critiques presse (10)


  • Cyberpresse , le 28 novembre 2011
    Entre le Jardin botanique et L'Île-des-Soeurs, la ville sert de toile de fond et Jean-Paul Dubois évite le cliché du Français qui observe de l'extérieur sa société d'adoption. Son héros y vit, y travaille et utilise son réseau d'autobus, et cela va simplement de soi.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • LePoint , le 22 novembre 2011
    Dubois instille le mystère, l'angoisse, évoque l'absence à la façon d'un poison délicieux. Il écrit à l'économie. Ne s'embarrasse pas de fioritures. Il transperce, bouleverse. Le cas Paul, sa confession, celle d'un homme aux prises avec ses troubles, sa vie, son avenir brouillé, voilà le sujet de ce livre fort, déroutant, obsédant.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LeSoir , le 14 novembre 2011
    Virtuose de l’humour noir et de l’usage de la langue française, Jean-Paul Dubois nous entraîne dans une comédie en dix chapitres aussi brillante que mélancolique.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Lexpress , le 18 octobre 2011
    L'auteur d'Une vie française, prix Femina 2004, excelle plus que jamais à passer du grave au léger, du triste au drôle, de l'anecdotique au philosophique. Qui plus est d'une écriture très fluide, très affûtée - s'autorisant les rares "ductile", "sycophante", "univitellins", etc.
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  • LaLibreBelgique , le 18 octobre 2011
    Malgré des digressions en tous sens et des considérations sur les vitesses d’ascenseurs ou les humeurs de chiens qui s’avèrent à la longue lassantes, on aime ce livre pour son acuité. Pour les questions qu’il pose. Pour les coups de boutoir portés aux systèmes dans lesquels nous nous enfermons sans réagir.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LeMonde , le 14 octobre 2011
    La forme romanesque qui s'autorise bien des arborescences ignore pourtant la beauté des lézardes, le genre se veut solide, rassurant, familial, et installe volontiers le lecteur dans un récit qui le transporte justement comme une cabine d'ascenseur glissant en douceur sur ses rails, tant et si bien que celui-ci se surprend parfois, pour varier son quotidien, à espérer l'accident.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 12 octobre 2011
    Comment surmonter le désastre d'une existence ? Dans Le Cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, le héros vient de perdre sa fille. Entre désenchantement et fantaisie, une très belle leçon de vie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 11 octobre 2011
    Très sombre, mais aussi très drôle, cette fable philosophique est un brûlot contre la société libérale et ses idéaux de réussite sociale. Anna et ses deux fils avocats sont une caricature de « l'horreur économique » mondialisée […] Jean-Paul Dubois dénonce l'absurdité d'un monde qui a pris le mauvais « ascenseur » - trop rapide et sans arrêt. Junior ou senior, une retraite s'impose. Sinon, plus dure sera la chute...
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Culturebox , le 10 octobre 2011
    "Le cas Sneijder" illustre le combat perdu contre toutes les modernités qui broient l'homme contemporain. Mais il rappelle aussi que si "les marges de nos vies sont trop étroites pour contenir la somme de nos rêves et le miroir de nos intuitions», seules ces marges comptent. Noir et moqueur, ce livre qui a le sens de l'image et de l'absurde, se sauve et nous sauve par une immense poésie.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Telerama , le 05 octobre 2011
    Observateur aigu de nos vies étriquées et de nos accommodements ­misérables, Jean-Paul Dubois réussit un de ses meilleurs livres, aussi désespéré que drôle. Une oeuvre de moraliste un peu désabusé, poète discret de l'intranquillité. Et de la solitude foncière de l'homme.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 30 décembre 2011

    Vous voulez que je vous raconte une histoire? Depuis 1990, les boutons censés commander [les ascenseurs] n'ont plus aucun effet sur la fermeture et l'ouverture de leurs portes. Absolument plus aucun. Et pourtant toutes les cabines, même les plus modernes, continuent à être fabriquées avec cet accessoire. On a même conservé le petit éclairage à l'intérieur de ce bouton. Et vous savez pourquoi? Parce que les psychologues, justement, se sont aperçus que les ascenseurs ainsi automatisés accroissaient l'inquiétude à l'intérieur de leur cabine, close, étroite, et par essence anxiogène. Chacun, ont-ils noté, se sentait privé de décider de quelque chose par lui-même, et surtout de commander à la machine. Alors on a laissé le petit bouton. Mais il n'y a rien derrière. Les portes s'ouvrent et se ferment selon des programmes informatiques préétablis. Aveugles aux mouvements nerveux de nos index. Parfois il arrive que le hasard synchronise notre geste avec l'impulsion électronique. Alors se produit un petit miracle, les portes se ferment et nous sommes intimement convaincus d'avoir dirigé, dominé la machinerie. Et notre foi en notre liberté, en notre pouvoir, s'en trouve d'autant plus renforcée.
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  • Par littleone, le 23 janvier 2012

    C'était ainsi que nous vivions. Déplacés et livrés par paquets de dix ou trente. Colis dimensionnés, calibrés, nous suivions des trajets optimisés, où le temps et l'espace nous étaient comptés de manière différenciée selon que nous étions puissants ou corvéables. Car dans ces tours il existait, comme dans la vie, un monde à deux vitesses, bâti d'après les codes ancestraux des rites aristocratiques. L'employé usait de plates-formes communes, sortes d'omnibus, s'arrêtant au gré des requêtes individuelles, à condition de posséder les sésames requis. Quant aux maîtres vivant dans le sommet de leurs tours, ils possédaient, pour leur ursage exclusif, des navettes express qui menaient directement au ciel leurs précieuses personnes.
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  • Par aleatoire, le 14 octobre 2011

    je n'aime pas la viande. Ni blanche, ni rouge. Il y a trop de souffrance à l'intérieur. A chaque bouchée, à chaque fois que je mastique, je la sens. Parfois c'est si écoeurant. Ca pèse sur ta langue comme un billot de bois. Et parfois tu ne peux même plus avaler.
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  • Par Kanelbulle, le 19 février 2012

    Suivant l'exemple de sa grand-mère, ma fille s'était engagée sur le chemin de la médecine, puis, à mon grand désarroi, de la dentisterie, corporation avec laquelle j'ai longtemps entretenu des rapports difficiles. Il faut dire que j'appartiens à une génération dont les soins bucco-dentaires furent confiés à une congrégation d'arracheurs de dents, au sens premier du terme, un gang de tortionnaires opérant avec des armes mal dégrossies et des produits anesthésiques élaborés par des officines vétérinaires.
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  • Par csapin, le 08 décembre 2011

    Je pense à la mémoire, à son emprise accablante, à ces lests écrasants qu'elle dépose en nous avec une constance désarmante. Parfois lorsque je suis en haut, à ma table, ou dans mon lit, à attendre le sommeil, je la sens se glisser à mon côté, serpent à l'épiderme glacial, afin de m'infliger les films de ses archives, tout ce que je n'aurais pas dû voir, tout ce que je redoutais, (...).

    On ne devrait plus se rappeler d'où l'on vient ni où l'on va. J'aimerais appartenir à une espèce amnésique, conçue pour vivre au jour le jour, débarrassée de l'histoire, filant sa vie au gré des rythmes nycthéméraux. Sans aucun patrimoine. Ni passif. Ni génétique. Pas de lien, pas de cariotype. Une aube, un jour, et voilà tout. Chaque matin l'odeur du neuf. Et tout un monde à flairer. Je ne sais à quoi pourrait bien ressembler une pareille vie, mais elle ne pourrait être pire que celle que nous essayons de mener sous l'envahissant protectorat de la mémoire.
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