> Pierre Furlan (Traducteur)

ISBN : 2742789316
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Un jeune Néo-Zélandais, fruit d'une brève liaison, pendant la Seconde Guerre mondiale, entre une femme maorie mariée et un soldat noir américain de passage doit apprendre à vivre entre le mépris dont sa communauté accable sa mère et les dangers que fait peser sur lui la... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 23 mai 2012

    BVIALLET
    Pendant la seconde guerre mondiale, en Nouvelle Zélande, une jeune mère maori, dont le mari se bat sur le front européen, a une aventure avec un soldat américain de passage. Il en résulte la venue d'un enfant assez clair de peau qu'elle appelle Mark, mais que tout le village rejette en l'affublant du surnom « Yank ». Quand Henry, le mari, rentre au pays en héros, il découvre son infortune et c'est le drame. Il frappe sa femme, maltraite Mark et le traumatise en ne lui adressant jamais la parole et en agissant comme s'il n'existait pas. L'enfant se réfugie dans le rêve et dans la musique, celle des Noirs du Mississipi, le blues, la soul et les débuts du rock n' roll. Il se représente son père comme une sorte de John Wayne ou d'Elvis Presley et s'imagine qu'il est fortuné. Un jour, cet homme envoie une lettre à sa mère et une correspondance débute entre le père et le fils. Devenu musicien professionnel, Mark finit par aller aux Etats-Unis pour y découvrir que son père est noir, pauvre et victime de la ségrégation raciale.
    Livre intimiste et social, « Un père pour mes rêves » aborde de front le thème du racisme, de l'exclusion, du rejet de l'autre et de la haine en général. On y découvre d'abord le quotidien de familles maories intolérantes, ravagées par l'alcoolisme et la violence, puis, dans la deuxième moitié de l'ouvrage, les monstrueuses conditions de vie des Noirs du Sud des Etats-Unis, les exactions du Klu Klux Klan (assassinats, lynchages, tortures), les difficultés rencontrés par le mouvement des droits civiques et la longue et douloureuse marche des Noirs vers l'émancipation au début des années 60. Dommage que l'auteur ait un style si lourd et si répétitif. Il fait parler un à un les protagonistes (à la première personne, obligeant le lecteur à faire des efforts pour savoir qui parle), présente le même événement selon plusieurs témoins, ce qui occasionne de lassantes répétitions, n'utilise pas de ponctuation dans ses dialogues et s'étend en longues descriptions assez soporifiques. Un thème intéressant, une histoire et des personnages émouvants, le tout gâché par une écriture rébarbative.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Mia, le 21 janvier 2012

    Mia
    Alan Duff, c'est l'auteur de ce livre remarquable "L'âme des guerriers" traduit en français en 1996 et adapté au cinéma où ceux qui l'ont vu ne l'ont pas oublié. La société maorie et ses traditions est au centre de la littérature de cet auteur qui s'inspire largement de son vécu et dont la dimension des écrits prend une valeur de témoignage social.
    "Un père pour mes rêves" fait partie de ces livres qui mêle la petite histoire à la grande. le contexte se situe d'une part dans les années 40 lorsque certaines troupes américaines se trouvant en Nouvelle-Zélande ont combattu aux côtés des maoris contre les Japonais et d'autre part, dans le Missouri raciste du Ku Klu Klan des années qui ont suivi la guerre jusqu'à Martin Luther King. Mais tous ces événements sont esquissés dans le roman et c'est surtout les personnages et leurs défis quotidiens qui prennent place au premier plan.
    Le roman est d'ailleurs construit sur le mode polyphonique ce qui rend chaque personnage d'autant plus consistant et permet de se projeter dans le ressenti de chacun sans jugement.
    J'ai beaucoup apprécié ce roman dont le récit prend son temps pour se dérouler. Les situations sont crédibles et résonnent terriblement dans le contexte historico-politique d'une époque mais dont la portée est encore tellement actuelle. Car s'il est un thème central qui se déroule comme une colonne vertébrale tout au long du récit, c'est celui de la ségrégation et de ses ravages. Après les dernières lignes écrites par Alan Duff, une photo est reproduite, qui laisse perplexe... et si tout cela était plus que du roman? Et puis enfin, un texte magnifique et bouleversant de Richard Wright, intitulé "Entre le monde et moi" que je vous partage en citation.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par biblio47, le 27 octobre 2010

    biblio47
    C'est l'histoire de Mark, surnommé « Yank » dans son village de Waiwera en Nouvelle Zélande. Il est moitié maori et moitié noir. Sa mère Léna a eu une aventure avec un GI pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant que son mari était parti sur le front. A son retour Henry n'accepte pas Yank, et il contraint Léna à vivre en marge de la communauté avec son fils. Yank vit dans l'illusion d'un père américain blanc très riche, il le compare à John Wayne, ou bien à Elvis Presley son idole. Il faut dire que Mark est un passionné de musique, il crée un groupe et achète avec l'argent que lui envoie son père une guitare électrique, un ampli et des baffles, ainsi qu'une voiture. Son père lui envoie aussi des disques, entre autre de Sam Cooke et Ray Charles. A 20 ans, devenu musicien professionnel, Yank décide d'aller retrouver son père dans son petit village de Piney Woods. Il arrive un matin sans avoir prévenu son père de son arrivée. Yank est acclamé par toute la communauté. Seule ombre au tableau : le Ku Klux Klan…
    Le récit s'étire de l'après guerre jusqu'au milieu des années 60.
    Les paysages de Nouvelle Zélande donnent envie de les parcourir pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de s'y rendre… Et des portraits sont intéressants.
    Ce livre nous apprend les conditions de vie des maoris et parallèlement, la ségrégation raciale aux Etats-Unis, en particulier dans l'Etat du Mississipi, ou vit Jess Hines, le père de Yank : en Nouvelle Zélande, les maoris et les blancs sont égaux en droits ; ce qui n'est pas le cas aux USA entre les noirs et les blancs.
    A découvrir ABSOLUMENT !
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    • Livres 3.00/5
    Par marchedenuitsanslune, le 07 novembre 2010

    marchedenuitsanslune
    Très beau roman qui emporte le lecteur entre Nouvelle Zélande et Etats-Unis. L'auteur est bon raconteur d'histoires.
    La description de la société néo zélandaise a été pour moi une découverte très intéressante, et le parallèle entre les deux pays dans ces années de l'après-guerre est saisissant.
    C'est surtout dans cette description des sociétés que réside l'intérêt de ce roman.
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Citations et extraits

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  • Par Mia, le 21 janvier 2012

    ENTRE LE MONDE ET MOI (texte de Richard Wright reproduit en fin d'ouvrage)

    Et dans les bois, un matin, j'ai trébuché dessus,
    Trébuché dans une clairière herbeuse gardée par des chênes et des ormes à l'écorce qui pèle.
    Et les noirs détails de la scène se sont élevés entre le monde et moi...

    Le dessin des os blancs sommeillant dans l'oubli d'un oreiller de cendres.
    Le chicot carbonisé d'un jeune arbre dressant un doigt émoussé qui accusait le ciel
    Des branches arrachées, des veinules de feuilles brulées,
    Un rouleau roussi de chanvre graisseux.
    Une chaussure inhabitée, une cravate vide, une chemise déchirée, un chapeau solitaire, un pantalon raide de sang noir.
    Et sur l'herbe foulée, des boutons, des allumettes mortes, des mégots de cigares et de cigarettes, des coquilles de cacahuètes, une flasque de gin épuisée et le rouge à lèvres d'une pute;
    Des traces éparses de goudron, des bouquets de plumes qui s'agitent et l'odeur persistante de l'essence.
    A travers l'air matinal, le soleil versait un étonnement doré dans les orbites d'un crâne pierreux...
    Tandis que j'étais là, debout, mon esprit se figea de froide pitié pour la vie qui s'en était allée.
    Le sol agrippa mes pieds et mon coeur fut encerclé par les murs glacés de la peur -
    Le soleil mourut dans le ciel; un vent nocturne murmura dans l'herbe, bouscula les feuilles dans les arbres; les bois déversèrent les gémissements affamés de chiens; l'obscurité hurlait de voix assoiffées; et les témoins se levèrent, vivants :
    Les os desséchés remuèrent en cliquetant et se fondirent dans mes os.
    Les cendres grises devinrent une chair ferme et noire qui pénétra dans ma chair.
    La flasque de gin passa de bouche en bouche; les cigares et les cigarettes se mirent à luire, la pute étala le rouge sur ses lèvres,
    Et mille visages tourbillonnèrent autour de moi en hurlant que ma vie devait brûler...

    Maintenant ils me tenaient, ils me mirent nu, ils m'enfoncèrent les dents au fond de la gorge jusqu'à ce que j'avale mon propre sang.
    Ma voix se noya dans le rugissement de leurs voix et mon corps noir, mouillé, glissait et roulait entre leurs mains tandis qu'ils m'attachaient au jeune arbre.
    Ma peau, collait aux bulles de goudron brûlant, me tombait du corps en lambeaux mous.
    Le duvet et les pennes des plumes blanches s’enfonçaient dans ma chair à vif, et, agonisant, je gémissais.
    Puis on me rafraichit miséricordieusement le sang par un baptême à l'essence.
    Et dans un embrasement rouge, je bondis jusqu'au ciel, la douleur montait comme de l'eau et me bouillait les membres.
    Haletant, implorant, je m’agrippais tel un enfant, je m'agrippais aux parois brûlantes de la mort.
    Maintenant, je ne suis qu'os desséchés, et mon visage, crâne pierreux, fixe le sol dans un étonnement doré...

    - Richard Wright
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  • Par Mia, le 20 janvier 2012

    Que se passe-t-il quand vous voulez vous émanciper de choses auxquelles vous avez été habituée toute votre vie?
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  • Par Mia, le 20 janvier 2012

    La vérité est la première victime de la guerre.
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