ISBN : 207033967X
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 119 notes) Ajouter à mes livres
" Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre enjeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    C'est un roman qui se lit d'une seule traite. On me dira sans doute que le style en est trop lisse et que les tics langagiers par exemple ne sont pas suffisamment marqués, d'un protagoniste à l'autre. N'empêche : l'intrigue tient la route et Dugain parvient à restituer cette étroitesse d'esprit et cette terreur-panique de l'Autre qui devaient caractériser aussi bien John Edgar Hoover que Clyde Tolson.
    Après une brève introduction contemporaine sur la chasse au manuscrit menée par le narrateur principal pour se procurer celui qu'aurait laissé l'ancien N° 2 du FBI et amant de Hoover, le lecteur est projeté sans autre forme de procès dans les mémoires de Tolson.
    C'est Joseph Kennedy Sr, cet ambitieux requin, qui ouvre le bal alors que Roosevelt vient de l'envoyer dans cet exil doré que sera pour lui l'Ambassade des Etats-Unis à Londres. La famille Kennedy occupe d'ailleurs l'arrière-plan de ce roman pratiquement du début jusqu'à la fin.
    Il faut dire que l'Histoire elle-même s'est chargée depuis belle lurette de ratifier la théorie qui veut que Hoover ait été, d'une façon ou d'une autre, lié à l'assassinat de John Kennedy, puis à celui de son frère, Robert, en 68. Il faut bien dire qu'il est impossible d'imaginer un seul instant que Hoover et le FBI ignoraient tout des événements qui se tramaient. Qu'ils y aient prêté la main, c'est une autre histoire. En tous cas, ils fermèrent les yeux et laissèrent faire ...
    Pour Dugain, dont Tolson est ici le porte-parole, ce sont la CIA, les anti-castristes que Kennedy avait déçus et bien entendu certains pontes de la Mafia qui organisèrent l'attentat de Dallas, en novembre 63. Les lecteurs d'Ellroy y retrouveront, en plus soft et en moins romancée, la théorie défendue dans "American Tabloid." le Texan Lyndon B. Johnson aurait également largement aidé à évincer Kennedy - et ce ne sont pas les actuels jours de gloire d'un George Bush Jr et de sa "moral majority" qui risquent de nous faire changer d'avis ...
    D'un autre côté, les Kennedy étaient loin d'être des anges. Qu'il s'agisse de leur père, de John ou de Bob ou bien de Luther King et de Malcom X (je vous citerai plus tard certains passages très intéressants de ces deux "apôtres des opprimés" sur les droits de la Femme, c'est on ne peut plus révélateur ...), Dugain, par la voix de Tolson, n'y va pas de main morte.
    Mais il sait prendre son lecteur et le captiver tant et si bien qu'on passe la nuit à terminer son roman. Il fait mieux : à certains moments, on est tenté de passer dans le camp de Hoover dont la souffrance profonde (ce conflit entre son éducation puritaine et ses pulsions homosexuelles) n'est jamais niée. Pas plus qu'elle n'est décrite comme un justificatif des actes accomplis ou autorisés par Hoover.
    Un ouvrage de plus sur la déliquescence du "rêve américain", me direz-vous. Peut-être. Mais l'amertume glacée qui le nimbe à chaque ligne prouve au moins que, derrière les comportements rigides et à oeillères d'un Hoover ou d'un Tolson, la sensibilité n'était pas tout à fait morte. Leurs adversaires par contre ... En tous cas, tous ces hommes, alliés ou adversaires, apparaissent comme bizarrement coupés de la Mère (et partant déshumanisés) soit qu'ils l'aient trop idéalisée (Hoover), soit qu'elle les ait rejetés (les Kennedy). Aux mafiosi, pour lesquels une femme ne peut être justement qu'une prostituée ou une mère, revient le rôle du choeur qui ne se pose aucune question et soutient tour à tour l'un ou l'autre des récitants.
    On soulignera l'intéressante analyse que fait Dugain de la volonté de mourir qui, après l'assassinat de son frère aîné, accompagna partout Robert Kennedy. La vision très spéciale qu'avait Hoover de la psychanalyse et de son fondateur est aussi très révélatrice de l'homme - et de sa négation absolue du Père au bénéfice de la Mère phallique. ;o)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 29 mars 2010

    sentinelle
    Marc Dugain nous entraîne dans l'histoire de l'Amérique du vingtième siècle par l'entremise de la découverte d'un manuscrit qui se trouve être les mémoires s'échelonnant de 1932 à 1972 de Clyde Tolson, l'homme de main et l'amant discret du légendaire patron du FBI.
    John Edgar Hoover se trouve être un homme imbuvable qui est arrivé à satisfaire sa soif de pouvoir en se maintenant à la tête du FBI pendant près d'un demi-siècle. Car contrairement aux élus du peuple, Edgar refuse de se soumettre aux aléas des élections. Pour cela, il se livre à diverses manigances peu recommandables (écoutes téléphoniques, dossiers secrets, filatures) afin de disposer comme il l'entend d'éléments susceptibles d'être utilisés à charge des personnes surveillées en n'hésitant pas à recourir au chantage si besoin est afin d'asseoir son pouvoir à tous les niveaux.
    Aussi, divers présidents viendront à défiler sur le devant de la scène (Roosevelt - Eisenhower - Ford - Nixon - John Kennedy) pendant qu'Edgar tire les ficelles en coulisse en fonction de ses intérêts et ceux de la nation comme il aime le faire croire à qui veut l'entendre. Outre les présidents, nous retrouvons toute une galerie de personnalités : le patriarche Joe Kennedy, son fils Bob Kennedy et l'actrice Marilyn Monroe. Les moments forts de la politique américaine ne seront pas en reste : la chasse aux sorcières initiée par McCarthy, Cuba, la CIA sans oublier la mafia, qu'Edgar se gardait bien de déranger d'ailleurs.
    Marc Dugain nous présente donc une Amérique aux multiples visages dont une des figures centrales n'est autre que le peu recommandable John Edgar Hoover, personnage contradictoire qui se voulait le garant de la moralité américaine alors qu'il n'hésitait pas à recourir aux méthodes les moins orthodoxes pour parvenir à ses objectifs non moins avouables. C'est intéressant, caustique, très bien fichu et on ne s'ennuie pas une seconde !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Wilt, le 21 mai 2012

    Wilt
    Cette incursion dans le pouvoir et le renseignement US, via les souvenirs de Clyde, amant d'Edgar J Hoover revient sur des faits connus et méconnus et nous propose de pénétrer dans les arcanes d'un homme un "peu" frappé et mégalo.
    Il plaira aux lecteurs qui lorgnent avec gourmandise sur la génération kennedy, Marylin et consorts
    Cependant, le style de Dugain est trop "mielleux" pour moi, sans aucune offense
    Je conseille aux personnes de se pencher sur le portraits d'Hoover que l'on peut trouver dans l'œuvre de James Ellroy notamment la trilogie underorld
    Évidemment si vous n'aimez pas le style d'Ellroy alors le Dugain remplira son rôle et vous aurez votre dose de mégalomanie et d'intrigues poisseuses
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par urbanbike, le 19 février 2008

    urbanbike
    J'ai eu le temps de lire enfin en deux soirées ce roman de Marc Dugain paru en 2005 sur John Edgar Hoover, le patron du FBI pendant 48 ans…! le livre se présente comme les mémoires de son numéro 2 et amant, Clyde Tolson… le lecteur n'apprendra pas grand chose à moins d'être resté sur une image totalement aseptisée de certains personnages clés comme ceux du clan Kennedy au priapisme sidérant (…mais il semble que ce soit le lot de beaucoup de gouvernants…!).
    Ce qui est à retenir, ce sont les compromissions nécessaires, voire indispensables (…enfin, pensées comme telles par Edgar et Clyde) pour gouverner le pays et garder le cap au nom d'un certain nombre de grands principes tout en foulant d'autres valeurs. Bref, ce rapport entre le sexe, la raison d'état, l'argent qui fait les bons politiques, façon de parler… L'auteur s'est appuyé sur nombre de sources pour développer cette histoire qui n'en reste pas moins un demi-siècle de vie politique aux USA avec son lot de coups fourrés, de trahisons et de meurtres… Machiavel, pas mort !
    Suite ici :
    http://www.urbanbike.com/index.php/site/la-malediction-d-edgar-marc-dugain/
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    • Livres 3.00/5
    Par Pchabannes, le 08 janvier 2009

    Pchabannes
    Marc Dugain nous livre un roman, gardons l'idée qui s'agisse bien d'un roman, qui nous plonge au coeur de l'Amérique du milieu du 20ème siècle pendant que Edgar Hoover était le patron du FBI.
    Imaginez alors les révélations que peut apporter son plus porche collaborateur, Clyde, son ame damnée, son éminence grise.de ses 48 années de lutte de compromissions, de défaites, de victoires personnelles au nom du bien commun.
    Il a mené une bataille pour les valeurs de l'Amérique et même parfois au nom de l'Occident au prix du sang.
    Les révélations des grands assassinats (Kennedy JF et Bob, le frère), Martin Luther King....résultats d'une lutte sourde au plus haut des échelons du pouvoir.
    La bataille menée contre l'idéologie communiste et des actions de l'URSS concommitamment à la restriction des libertés, la manipulation des personnes et la liberté d'action laissée à la Mafia.
    La bataille morale pour la pureté, la morale de ll'Homme au prix de sa propre perte.
    Une plongée dans la période Kennedy et de son clan, petite histoire mais j'ai un coté voyeur surement...
    A lire absolument. Trés différent du roman ''Une exécution ordinaire'', plus historique et moins romancé. Marc Dugain a su conserver un rythme, un regard extérieur avec une certaine neutralité.

    Bonne lecture.

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Citations et extraits

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  • Par Seiren, le 29 janvier 2012

    L' électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s'en offusquer. Mais tant qu'il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu'il y a de l'essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d'autres fassent le sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité.
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    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Pchabannes, le 08 janvier 2009

    Une de mes maximes préférées a été mise ici en valeur et a permis à Hoover de rester au pouvoir:''Il faut choisir les batailles que l'on peut gagner. ''

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  • Par soelmaju, le 10 février 2009

    Nous n'avons jamais eu de président catholique et je suis prêt à parier, si l'avenir veut bien me garder où je suis, que nous n'en aurons jamais. C'est aussi exclu qu'une femme, un juif, un Indien ou un nègre.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)






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