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Claude Schopp (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070751910
Éditeur : Gallimard (1998)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Avec Les Mohicans de Paris, Dumas écrit, de 1854 à 1859, dans Les trois Mousquetaires puis dans Le comte de Monte-Cristo, son plus long feuilleton.
Il y met en scène sa comédie humaine, dans le Paris de ses vingt ans, celui de la génération romantique et de la Restauration. Les " Mohicans ", ce sont tous les déshérités de la fortune qui tentent de conquérir liberté, gloire, bonheur dans les marges d'une ville tout entière vouée à l'ambition du pouvoir et de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Arakasi
Arakasi11 février 2016
  • Livres 4.00/5
« Poète, les romans c'est la société qui les fait ! » dit l'aventurier Salvator à l'écrivain Jean-Robert par une belle nuit de Carnaval de 1820. Il aurait pu tout aussi bien dire « C'est Paris qui les fait ». Car Paris est une fourmilière. Paris grouille de gens, de vie, de lumière et surtout d'histoires. Imaginez-vous déité omnipotente et soulevez les toits de la capitale pour voir ce qui se cache en dessous et c'est toute une nuée de tragédies, de comédies et de romances qui vous sautera au visage. Humez à plein nez et vous sentirez les odeurs de stupre, de suif, de parfum et de sang monter à vos narines. Tendez l'oreille et vous entendrez les amoureux soupirer dans la pénombre, les assassins aiguiser leurs couteaux et les conspirateurs gagner à pas de loup leurs rendez-vous secrets. Et pour vous guider dans ses « Mille et une nuits » parisiennes, quel meilleur guide désirer que le mystérieux Salvator, l'ange-gardien de la plèbe parisienne et omniscient protecteur des petits gens ? Salvator sait tout, Salvator est partout, Salvator est capable de tout. « Mais qui est donc ce fameux Salvator ? » me demanderez-vous. Parbleu, vous l'ignorez ? Mais c'est le commissionnaire de la rue au Fer, pardi !
Avec ses « Mohicans de Paris », Dumas a sans aucun doute voulu faire concurrence aux célèbres « Mystères de Paris » d'Eugène Sue : presque 3000 pages de mystères, d'intrigues, d'histoires d'amour soigneusement emberlificotés. le résultat final est si monumental que j'ai longuement hésité à m'y attaquer. Trop de rebondissements, trop de personnages, trop de tout… Au premier regard, il y a de quoi faire reculer le lecteur le moins timide. Mais enfin, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai fini par en arriver à bout. Qu'en dire ? Déjà que c'est un fameux bordel ! Mais un bordel génial, un bordel fourmillant de personnages attachants ou détestables, d'idées brillantes et de coups de théâtre éclatants – de digressions aussi, mais que serait un roman de Dumas sans ses quelques digressions pour assommer un brin le lecteur entre deux chapitres ? Un bordel donc tout à fait digne d'intérêt dans lequel c'est un pur plaisir de s'immerger et de patauger joyeusement en passant par toutes les gammes d'émotions possibles : rire, pleurs, frissons, mais rire surtout car si la Muse de Dumas oscille souvent du drame à la farce, elle est dans « Les Mohicans de Paris » d'excellente humeur.
Surtout que l'on y patauge en très agréable compagnie ! Passons sur le cortège habituel de jeunes premiers et de damoiselles en détresse dont Dumas ne semble pas vouloir se débarrasser (Oh, Pétrus, Ludovic, comme vous m'avez fait bailler…) et intéressons-nous tout de suite au haut du panier. Quel plaisir d'arpenter les bouges de la capitale en compagnie de l'ingénieux Gibassier, ancien bagnard et escroc de génie ! Quel délice de descendre à la corde dans des puits aux côtés de Monsieur Jackal, le calculateur et brillant chef de la police au nez toujours bourré de tabac ! Quel frisson d'arpenter les catacombes et de creuser des tombes en plein milieu de la nuit auprès du spirituel Salvator ! Et c'est sans compter toutes leurs cohortes d'assistants et d'amis, tous plus amusants les uns que les autres : le brave mais benêt Jean Taureau, la féroce Madame Titine, le chien Roland, la Brocante et bien d‘autres… Je me suis amusée comme une petite folle auprès de tous ces braves gens et c'est avec un pincement au coeur que j'ai dû finalement les quitter.

Bordéliques, intelligents, joyeux, ambitieux, bourrés de vie et d'humour, sans queue ni tête, souvent passionnants, parfois laborieux, « Les Mohicans de Paris » réunissent ce que Dumas sait faire de mieux et – de temps en temps – de pire. Je n'ai pas regretté le voyage. A vous de rassembler assez de courage pour commencer le vôtre !
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi08 août 2015
Je m'ennuyais au bagne... Que voulez-vous ! je n'aime pas le bagne; je ne puis pas m'y faire, soit que la société qu'on y rencontre ne me convienne en aucune façon, soit que la vue de mes frères souffrants me remplisse de tristesse et de commisération; enfin, tant il y a que le séjour du bagne ne me sourit point. Je ne suis plus de la première jeunesse et les illusions, dont je me berçais naguère en songeant que j'habiterais Toulon, ce Chanaan des forçats, ces illusions se sont envolées. Je n'entre plus au bagne qu'avec fatigue, avec ennui, avec dégoût, comme un homme blasé; le bagne n'a plus rien de séduisant pour mon imagination. La première fois qu'on y va, c'est une maîtresse inconnue; la seconde fois, c'est votre légitime, c'est-à-dire une femme dont les charmes n'ont plus aucun secret pour vous, et que la satiété est tout près de vous faire prendre en exécration...
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ArakasiArakasi18 juin 2015
M. Jackal connaissait tous les voleurs, tous les filous, tous les bohémiens de Paris ; forçats libérés, forçats en rupture de ban, voleurs exercés, voleurs apprentis, voleurs émérites, voleurs retirés, tout cela grouillait sous son vaste regard, dans le Pandémonium boueux de la vieille Lutèce, sans pouvoir, quelle que fût l'obscurité de la nuit, la profondeur des carrières, la multiplicité des tapis-francs, se dérober à sa vue ; il était ferré sur ses garnis, ses tripots, ses lupanars, ses souricières, comme Philidor sur les cases de son échiquier ; à la seule vue d'un contrevent éventré, d'un carreau cassé, d'un coup de couteau donné, il disait : « Oh ! oh ! je connais cela ! c'est la manière de travailler d'Untel. » Et rarement il se trompait.
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ArakasiArakasi24 juin 2015
Le voisin est sans pitié, sans coeur, sans entrailles ; il entre chez vous par la porte, si vous laissez la porte ouverte ; par la fenêtre, si vous laissez la fenêtre ouverte ; par le trou de la serrure, si vous fermez la fenêtre. Il vous dérobe vos secrets avec la même effronterie que le plus fieffé voleur de nuit vous dérobe votre argent ; il y a, toutefois, entre les voisins et les voleurs, une différence toute à l'avantage du voleur : c'est que le voleur risque sa vie au moins, tandis que le voisin risque la vie des autres.
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ArakasiArakasi17 juin 2015
Les romans, poète, c’est la société qui les fait ; cherchez dans votre tête, fouillez dans votre imagination, creusez votre cerveau, vous n’y trouverez, en trois mois, en six mois, en un an, rien de pareil à ce que le hasard, la fatalité, la Providence, selon le nom dont vous voudrez nommer le mot que je cherche, vous n’y trouverez, dis-je, rien de pareil à ce que le hasard, la fatalité ou la Providence noue et dénoue en une nuit, dans une ville comme Paris.
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ArakasiArakasi09 août 2015
[…] le Parisien ressemble aux hommes mariés qui ne visitent que la femme des autres. Parlez de tous les pays à un Parisien : de l'Italie, de la Suisse, de l'Allemagne, de l'Europe entière ; mais ne lui parlez pas de Paris ; sur sa ville nature, il est d'une ignorance crasse. - Je puis le dire, je suis de Paris. - Il ne connaît dans sa ville que son quartier ; dans son quartier, que sa rue ; dans sa rue, que sa maison ; et dans sa maison, que son étage. Sortez-le de là, rien !… J'ai demeuré rue Saint-Jacques pendant sept ans, sur le même palier qu'un individu dont je n'ai su le nom qu'en lisant le Siècle, à l'article des décès.
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"La vie d'artiste" d'Alexandre Dumas (1854) : illustrations Le trou de l'enfer + Dieu dispose +La boule de neige (1862)+ une vie d'artiste (1854) : courts romans illustrés ou nouvelles de la prodigieuse production d'Alexandre Dumas n'a pas fini de nous raconter des histoires pas toujours très belles mais au moins ça bouge..
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