Éditeur : Points

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Nina Vidrovitch est peintre. Anny Duperey, comédienne et écrivain. C'est en 1993, à un tournant de leur existence, que s'établit entre elles une correspondance qui dure encore.
Elles s'y livrent telles qu'elles sont, avec une honnêteté et un naturel qui les rend... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par mila0707, le 27 décembre 2011

    mila0707
    Nina Vidrovitch est peintre, Annie Duperey est comédienne et écrivain. Elles se connaissaient peu mais s'estimaient vraiment quand elles ont commencé à entretenir une correspondance alors qu'elles se trouvaient toutes deux à un tournant de leur existence.
    C'est en 1993 qu'arrive la première lettre. Nina et son mari Guillaume ont quitté Paris pour un village de Bourgogne afin, comme ils le disent, d'attaquer le plus sereinement possible la "dernière ligne droite". Annie, elle, vient de finir son livre "Le voile noir", celui qu'elle qualifie elle-même de "livre de ma vie" et elle est séparée depuis peu de Bernard Giraudeau, le père de ses enfants. A la mort de Jean-Louis Barrault, Annie apprend par notaire interposé la mise aux enchères de sa succession, dont une lettre qu'elle lui avait adressée des années auparavant. Nina et elle se demandent alors ce qui pourrait advenir de leurs échanges écrits. C'est alors que les deux femmes décident de publier ce qu'elles auront choisi de leur correspondance et c'est l'objet de ce livre. Elles n'ont rien réécrit, trafiqué, adapté même si elles ont coupé des passages trop intimes et sans intérêt pour un lecteur autre qu'elles, même si elles ont parfois réuni des extraits de plusieurs lettres pour n'en faire qu'une seule. Ce recueil est donc le témoin de cinq ans de correspondance où chacune parle de sa vie de femme, d'épouse, de mère, d'artiste, de ses joies et de ses peines, de ses doutes et de ses certitudes, de ses enthousiasmes et de ses révoltes…
    Mon avis : Comme vous pouvez le deviner au vu du grand nombre de citations que j'ai relevées dans ce roman épistolaire, j'en ai beaucoup apprécié la lecture. Des lettres sensibles et intelligentes, non dépourvues d'humour nous plongent dans l'intime et les ressentis féminins.
    Public : roman épistolaire pour adultes, où chaque femme pourra se reconnaître à un moment où à un autre.
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    • Livres 5.00/5
    Par BRIGITTEB, le 02 mai 2012

    BRIGITTEB
    Je ne croyais pas possible d'apprécier la lecture d'une correspondance. Mais grâce à Anny Duperey et Nina Vidrovitch, c'est un vrai plaisir et un intérêt par la franchise de leurs lettres et la découverte d'une belle amitié. Merci à elles deux. Un livre à découvrir et à offrir.
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Citations et extraits

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  • Par mila0707, le 09 novembre 2011

    Je suis de celle qui rêveront toujours de sauver les liens, de sauvegarder ce qui peut l'être, de conjuguer. Et je me sens coupable de beaucoup de choses sauf de celle-là. Je ne considère pas comme une faiblesse ce reste d'attachement, cette continuité de conversation malgré les ruptures ou l'éloignement avec les lieux ou les gens qui ont été importants dans ma vie. Parfois, oui, il y a vraiment cassure, oubli. Ça se fait tout seul, c'est naturel. Ça sort de ta vie, c'est tout. Et certains lieux, aussi, sont quittés de la même manière.
    Mais l'homme avec qui j'ai vécu pendant quinze ans, qui m'a fait deux enfants, ne ferait pas définitivement partie de ma vie? Allons donc! Rayer, ce serait comme me nier moi-même. Nier que ceci (aujourd'hui) découle de cela (hier). C'est totalement idiot. J'ai l'impression qu'il est important pour mon équilibre et mon progrès dans "aujourd'hui" de continuer à avoir un rapport, à faire le point sur "hier". C'était moi, aussi.
    Je ne sais pas comment se débrouillent ceux qui "rayent".
    (Anny Duperey)
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  • Par mila0707, le 05 novembre 2011

    [lors du décès de Jean-Louis Barrault, sa succession est mise aux enchères]
    Ce n'est que dans un deuxième temps que m'apparut cette chose insensée : on vendait aux enchères une de mes lettres , écrite de ma main, et adressée par moi à Jean-Louis. Un inconnu allait acheter cette poignée de mots, tracés en toute confiance et intimité pour un destinataire qui n'était pas lui, et en devenir propriétaire!
    [.......]
    Quelle étrange chose de savoir une de ses propres lettres détournée ainsi, achetée et lue par un quidam.
    Toutefois, je me connaissais : je savais d'ores et déjà que je ne ferais rien pour la récupérer. Je ne me rendrais pas à la salle des ventes, je n'appellerais même pas pour me renseigner et savoir à qui elle appartiendrait. J'ai toujours été ainsi. Lorsque quelque chose me choque intimement, ou que je me sens attaquée, je n'ai aucun courage, aucune énergie pour me défendre. Une sorte de paralysie intérieure - on peut l'appeler aussi "pusillanimité", "paresse", "lâcheté" - me saisit, et je ne fais... RIEN.
    [.......]
    Le principe de la chose me laissa grandement troublée, et j'appelai un ami avocat pour lui demander ce qu'il en pensait. J'appris alors que toute lettre envoyée volontairement à quelqu'un, c'est-à-dire donnée de votre propre chef, appartient légitimement au destinataire, à lui et, légalement, à ses héritiers.
    (Anny Duperey)
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  • Par mila0707, le 09 novembre 2011

    Quand, dans une famille, il y a eu un traumatisme important, très violent, très douloureux, et NON DIT, un crime non payé en quelque sorte, ce sont toujours les générations à suivre qui en paient le prix sans le savoir. Car, pour ces affects si forts, le temps n'existe pas et nous ne sommes pas cloisonnés dans nos petites dizaines d'années de vie personnelle, mais nous "résonnons", nous vibrons encore, à ce qui a fait notre histoire (à ce qui nous a fait -nous affecte-, même si c'est apparemment lointain) et même (surtout?) si cette histoire nous est inconnue. Nous sommes ainsi "vécus" par un sentiment de culpabilité qui dépasse largement les raisons du tourment de notre vie actuelle sans savoir d'où cela vient et sans pouvoir résoudre le problème -et pour cause, il est antérieur et inconnu.
    Freud avait remarqué que bien des jeunes criminels étaient coupables, non pas après leur crime mais avant. Et que ceci étant pour eux insupportable, ils avaient trouvé le moyen d'enfin "payer pour quelque chose" sans savoir de quoi ils étaient coupables, parfois avec un véritable soulagement.
    Comment cela "passe"-t-il les générations? -c'est une autre histoire, me dit-il... Mais pourquoi admettrait-on que l'on puisse transmettre des caractéristiques physiques dans les gènes pendant des générations et qu'il n'en soit rien pour le mental, les sentiments, les traumatismes qui ont marqué une vie?
    (Anny Duperey)
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  • Par mila0707, le 14 novembre 2011

    Je reconnais, je vois, que vous êtes effectivement victimes d'une sorte de sexisme ambiant à l'égard du père. Il faut prouver toujours et encore votre innocence, comme si vous étiez présumés coupables d'on ne sait quelle faute originelle ou plutôt si, on le sait : vous êtes victimes d'un contrecoup imbécile de la libération des femmes, si utile par ailleurs. Il fallait bien que les femmes acquièrent un vrai statut social, et les mères une protection, elles qui ont été si longtemps écrasées. Mais doit-on pour autant écraser maintenant le père?!
    (Anny Duperey)
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  • Par mila0707, le 11 novembre 2011

    [A propos de la façon dont la justice intervient dans les divorces dont l'enfant est pris en otage entre ses deux parents]
    De même qu'on peut dire ironiquement de la médecine qu'elle s'occupe de la maladie mais pas de la santé, j'ai l'impression qu'on peut dire souvent de la justice qu'elle s'occupe de la guerre mais pas de la paix! Avec ses lenteurs, ses tracasseries, ses atermoiements possibles, elle fait le jeu de celui qui ne veut pas que les choses s'arrangent. Le temps passe, passe... Et les enfants grandissent... véritable torture.
    (Anny Duperey)
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Vidéo de Anny Duperey

Anny Duperey est comédienne mais aussi marraine de coeur de l'association SOS villages d'enfants. Cet engagement la touche personnellement. Elle se confie à Yamina Benguigui dans son émission " Femmes engagées ".








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