Nina Vidrovitch est peintre,
Annie Duperey est comédienne et écrivain. Elles se connaissaient peu mais s'estimaient vraiment quand elles ont commencé à entretenir une correspondance alors qu'elles se trouvaient toutes deux à un tournant de leur existence.
C'est en 1993 qu'arrive la première lettre. Nina et son mari Guillaume ont quitté Paris pour un village de Bourgogne afin, comme ils le disent, d'attaquer le plus sereinement possible la "dernière ligne droite". Annie, elle, vient de finir son livre "
Le voile noir", celui qu'elle qualifie elle-même de "livre de ma vie" et elle est séparée depuis peu de
Bernard Giraudeau, le père de ses enfants. A la mort de Jean-Louis Barrault, Annie apprend par notaire interposé la mise aux enchères de sa succession, dont une lettre qu'elle lui avait adressée des années auparavant. Nina et elle se demandent alors ce qui pourrait advenir de leurs échanges écrits. C'est alors que les deux femmes décident de publier ce qu'elles auront choisi de leur correspondance et c'est l'objet de ce livre. Elles n'ont rien réécrit, trafiqué, adapté même si elles ont coupé des passages trop intimes et sans intérêt pour un lecteur autre qu'elles, même si elles ont parfois réuni des extraits de plusieurs lettres pour n'en faire qu'une seule. Ce recueil est donc le témoin de cinq ans de correspondance où chacune parle de sa vie de femme, d'épouse, de mère, d'artiste, de ses joies et de ses peines, de ses doutes et de ses certitudes, de ses enthousiasmes et de ses révoltes…
Mon avis : Comme vous pouvez le deviner au vu du grand nombre de citations que j'ai relevées dans ce roman épistolaire, j'en ai beaucoup apprécié la lecture. Des lettres sensibles et intelligentes, non dépourvues d'humour nous plongent dans l'intime et les ressentis féminins.
Public : roman épistolaire pour adultes, où chaque femme pourra se reconnaître à un moment où à un autre.