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Lucien Legras (Illustrateur)
ISBN : 2020147467
Éditeur : Editions du Seuil (1992)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 363 notes)
Résumé :
Anny Duperey a huit ans lorsque ses parents disparaissent dans un tragique accident domestique. Des années durant, elle tire "un voile noir" sur son passé et abandonne dans un coin sombre, sans même les regarder, les photos laissées par son père, le photographe Lucien Legras.

Ce n'est que trente-cinq ans plus tard qu'elle les exhume enfin de leur "tiroir-sarcophage", et pose sur ce drame intime des mots d'une justesse bouleversante.
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
manU17
manU1704 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Il est des livres qui s'imposent à vous sans que vous l'ayez vraiment voulu. Je suis chez Emmaüs, à la recherche de livres de poches, comme souvent. Quand soudain, je vois ce livre. Je prends, le regarde. Je ne peux plus le lâcher ou il ne veut plus que je le lâche, il m'appelle, je dois le prendre, il le faut.
Je connais son auteur, je connais son histoire. A sa sortie, en 1992, il y a 21 ans donc, ça ne me rajeunit pas, ma grande soeur l'a lu et nous en avions parlé. le drame vécu par cette petite fille de huit ans ne peut pas laisser indifférent. Ce voile noir, ce voile protecteur, ce voile anesthésiant, ce voile pudique, Anny Duperey va s'employer à le soulever et se replonger dans tout ce douloureux passé pour mieux l'accepter enfin, peut-être… Peut-on vraiment finir par accepter l'inacceptable ? Surtout, quand le temps, les années et surtout la douleur, se sont employés à noyer, à étouffer, à enterrer, tous ces souvenirs, toute cette douleur dans les brumes de l'oubli…
Les souvenirs vont être notamment ravivés grâce aux photos de son père, le photographe Lucien Legras. Photos conservées pendant des années dans le fameux « tiroir sarcophage » sans jamais être regardées. Trop de chagrins, trop de colères, la peur de la douleur qu'on ravive, l'envie qui ne vient pas, l'envie qu'on ne laisse pas venir à soi. Plus tard, il sera encore temps, puis un jour, il est temps.
Je n'ai pas du tout ouvert le livre avant de le lire, je n'ai pas regardé les photos avant. Je voulais les découvrir au fur et à mesure de ma lecture, chapitre après chapitre, selon la chronologie voulue par l'auteur. Je ne pouvais pas faire autrement, il le fallait.
Le photographe a un réel talent. Les angles, les prises de vue, les jeux d'ombres et de lumière, les reflets dans l'eau, la brume, la neige, nous donnent des photos marquantes, touchantes, parfois troublantes. C'est à partir de ces images d'un passé ressurgi que l'écriture va prendre forme, va être le moteur, l'élément déclencheur nécessaire à la démarche. Démarche qui ne peut pas être simple, quand certaines émotions, certaines douleurs ressurgissent, jaillissent et vous éclaboussent, au détour d'une image, d'un maillot de bain en tricot, d'une manche retroussée, d'un regard tellement vague, tellement déjà ailleurs, au détour d'un mot aussi…
N'allez pas croire que tout n'est que tristesse et noirceur, ses souvenirs riment aussi avec plaisir et avec rires, c'est un livre sur la vie. Que j'ai ris en découvrant la recette du « gâteau de mémé », un défi aux lois de la diététique, une alternative à la faim dans le monde peut-être…
Les chapitres défilent, les pages se tournent, la fin approche, le récit de leur fin aussi, les mots nous portent, l'émotion nous transporte. Les mots d'une femme, les maux d'une petite fille, son regard. Comment tout s'est passé, une enfant assoupie, l'asphyxie, des parents « endormis » pour toujours, ce sifflement, le réveil, l'inquiétude, la découverte, le brouillard, le vide, le voile…
Je finirai sur le laconique chapitre intitulé « Les enfants sont charmants » où quand l'antiphrase prend tout son sens. Comment culpabiliser davantage encore une enfant qui n'avait déjà besoin de personne pour ça, « Dis, c'est vrai que tu as laissé mourir tes parents ? » Oui, « Les enfants sont charmants » parfois…
Alors que je n'avais jamais envisagé lire ce livre que j'imaginais lourd et mélodramatique, sa lecture m'a emporté, m'a transporté et parfois ému. Une écrite forte, d'une grande puissance d'évocation, au service de l'histoire d'une vie. Anny Duperey, une comédienne, un écrivain.

Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/..
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michfred
michfred28 janvier 2015
  • Livres 4.00/5
Bouleversant, de dignité, de retenue, et de sincérité.
Annie Duperrey tente de soulever le voile noir de sa mémoire pour retrouver, avec l'aide des photos -superbes- de son père, photographe, les souvenirs disparus de sa petite enfance, avant la disparition accidentelle et brutale de ses deux parents, le même jour, du fait d'un chauffe-eau déficient.
Les photos disent une famille heureuse -ah, les maillots qui grattent, les repas de famille, les fêtes foraines- une tribu simple, unie, mais la mémoire,elle, nouée de culpabilité et de chagrin,ne dit rien et refuse de s'ouvrir.
Alors c'est le regard et le scalpel de l'écriture qui fouillent, qui fouaillent, pour exhumer, parfois, quelques pépites. A grand tourment.
C'est la force de ce livre: dire la quête et avouer l'échec. Mais la quête, même bredouille, restaure quelque chose du passé, redonne à l'auteure non sa complétude mais sa sérénité.
Et c'est un hommage magnifique au talent du père- photographe, dont les photos, en exergue de chaque chapitre, sont comme les cailloux blancs du Petit Poucet. Ils émaillent la nuit de leurs signes mystérieux...et nous conduisent sur les routes de norte enfance oubliée ou perdue...
J'ai souvent donné ce livre à lire à des adolescents: sensibles à l'image, et guidés par elle, ils ont été touchés et émus par cette belle écriture, cette forte sincérité.
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anlixelle
anlixelle14 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
"Le voile noir" est un livre que j'ai hésité à lire pendant de nombreuses années.
Ce que j'en imaginais me faisait peur, me glaçait même : le deuil (vrai) d'une enfant dans un accident stupide et des photos en noir et blanc d'une époque que je n'ai pas connue.
Et puis, au détour d'un rayon chez un bouquiniste, le livre était là qui me tentait, presque majestueux avec sa belle photographie en couverture, alors je me suis dit (comme souvent d'ailleurs) : "oh à ce prix-là. .. je ne risque pas grand chose, au pire, ce sera un album de photos noir et blanc."
Et le livre a patienté, des mois, quelques années. Langoureusement.
Et un matin, la mort est venue faire un tour par chez moi. Une mort violente, inattendue, très douloureuse.
Heureusement, le livre attendait sur l'étagère. Ce fut réellement le seul pour lequel j'ai eu la force de tendre la main.
Mes yeux n'acceptaient de se poser sur aucun autre ! Sans lui, mes yeux auraient-ils pu relire ?
Alors, je me suis plongée dans le voile noir, mots, photos.... j'ai tout pris, tout respiré. ..
Dans ce livre, les souvenirs d'Annie Duperey (l'actrice ) vont être ravivés grâce aux photos de son père, le photographe Lucien Legras. Photos conservées pendant des années dans le fameux " tiroir sarcophage " sans être jamais regardées, ni par elle, ni par sa soeur. Trop de chagrin, trop de colère et cette terrible peur de la douleur réveillée...
et Annie D.qui se dit : "Plus tard, il sera toujours temps ".
Mais le temps ne se rattrape pas.
Un jour, elle se donne les moyens d'aller plus loin, et découvre par là-même que le photographe a un réel talent : les angles de prise de vue, les jeux d'ombres et de lumière, les reflets dans l'eau, la douceur des portraits, la vivacité des ambiances... tout cela donne des photos à la fois touchantes et troublantes.
C'est donc à partir de ces images issues d'un passé ressurgi que l'écriture va prendre forme pour Annie, va devenir le levier nécessaire à ce voyage intimiste.
Démarche qui ne peut être facile quand les émotions, les douleurs se bousculent et nous éclaboussent au détour d'une image, d'un objet photographié en blanc gris et noir.
Quand deuil rime avec souvenirs. Quand la mort a tout transformé.
Dans le voile noir, son auteur nous dévoile (et se dévoile à elle - même ) le chemin qui a été le sien dans la douleur du deuil. Cette histoire lourde d'une enfant qui perd ses parents à l'âge de 8 ans, et qui, depuis ce jour, a devant les yeux Un voile noir opaque anesthésiant.
Comment vivre avec un trou de dix ans dans la mémoire.
Avec des mots justes, sans pathos, l'auteur se raconte, nous confie, sans rien occulter, toutes ses années séparées d'eux.
Partie au départ pour écrire en marge des photos de son père, jamais regardées auparavant, Annie D. nous ouvre son coeur sans pudeur, et nous offre l'histoire de sa famille, ou du moins ce qu'elle en saisit.
Ce livre, au fil des pages, passionne, happe, bouleverse, choque parfois, réveille à la réalité des choses.
On ne peut plus s'en détacher, on boit les mots, on tourne les pages avec lenteur, pour les quitter, tous, le plus tard possible.
Et les mots d'Annie opèrent leur lent mais certain changement, en nous.
Quand le livre se referme, c'est sur un étrange ressenti de calme et de sérénité.
Famille, amour, mort... tout devient plus clair.
C'est donc, pour moi, un livre fascinant si on veut bien prendre la main d'une petite fille de 8 ans qui nous emportera avec toutes les questions qu'elle a remuées en nous : "Une famille, c'est quoi ? Comment composer avec la nostalgie ? Pourquoi la douleur anesthésie-t-elle tout sur son passage ? Pourquoi inévitablement la culpabilité avec le deuil ? En quoi l'art est-il réparateur ? Etc..."
Ce récit est dur comme la mort et doux comme la vie.
Quand les mots sont bien choisis, alors, la vie peut reprendre son cours.
(La suite de ce livre est Je vous écris.)
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madameduberry
madameduberry24 octobre 2013
  • Livres 5.00/5
Un traumatisme de l'enfance, une perte irréparable, l'effacement des souvenirs pour ne pas mourir à son tour de chagrin… le voile noir est l'histoire d'une vie coupée en deux par la mort accidentelle et simultanée de M. et Mme Legras, les jeunes parents d'une fillette de huit ans et de son bébé soeur, toutes deux survivantes de cette catastrophe familiale, mais qui seront du coup séparées et coupées de leurs racines communes. On ne savait pas, en ce temps là, qu'il fallait beaucoup parler aux enfants de leur malheur, et surtout laisser couler leurs larmes.Le droit à la souffrance, le droit aux larmes, ce n'est pas une barbarie, mais le comble de l'humanité.
La fillette, Anny Duperey, ne pourra revenir sur ce terrible événement que des décennies plus tard, à la suite de plusieurs autres événements déclencheurs. le travail du deuil, impossible jusqu'alors, va se mettre en route à travers le travail d'écriture. Cependant le voile noir reste en place, et Anny Duperey ne pourra pas plus se souvenir de sa vie avant…
Dans le second volume de ce travail de douleur, elle répond aux lecteurs du Voile Noir, et "Je vous écris" devient notamment un travail de reconstruction des circonstances de la tragédie. A travers les commentaires de plusieurs lecteurs,Anny Duperey saisit qu'elle a été elle-même empoisonnée au gaz carbonique, ainsi que le bébé, et qu'une circonstance peut-être fortuite, peut -être instinctivement déclenchée par leur mère, leur aura sauvé la vie à toutes deux.
Ce drame absurde peut alors prendre un autre sens, moins insupportable, car il contient la dimension de l'amour maternel, voire du sacrifice, qui allège la culpabilité de l'enfant .
C'est alors qu'a lieu le sommet du livre: la rencontre, la vision parfaite, en rêve, du visage adoré de la mère, la rencontre de son regard, et l'expression d'un amour si immense que la lectrice en larmes que je fus plusieurs fois a été en totale communion avec cette rencontre onirique.
Je ne sais que dire de plus de cette rencontre littéraire et humaine ce serait soulever mon propre voile et je ne suis qu'une parmi tant d'autres à avoir trouvé sous la plume d'Anny Duperey des mots qui m'ont fait souffrir puis finalement soulagée..
Deux livres exceptionnels, qui sont devenus des compagnons de vie.
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malimor1
malimor120 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Un livre très intimiste, écrit avec beaucoup de pudeur et qui ne vire pas au mélodrame.
Anny dupeyrey a fait une auto-psychanalyse extraordinaire de ce drame qu'elle a occulté pendant 35 ans.
Bouleversant, poignant.
Les photos si personnelles donnent au récit un éclairage particulier, noir et blanc, la couleur des souvenirs d'enfance des plus de 40 ans comme elle le dit si bien.
Sa vision de la femme qui tricote dans le chapitre "attends, je finis mon rang" est d'une lucidité tout aussi dérangeante que salutaire. (Je ne tricote pas mais ce qu'elle décrit dans ce chapitre sur le tricot m'a touché parce que moi je ressens ça avec la lecture, donc ce chapitre m'a beaucoup parlé ;) )
Elle est allée bien loin dans l'introspection pour nous livrer de telles déductions, et avec quelle pudeur !!!!

Anny Duperey m'a dédicacé son roman à la fête du livre de Saint-Etienne en 2008.
J'aime beaucoup cette grande Dame et tout ce qu'elle dégage, j'ai été impressionné de la voir, là, assise derrière son stand de livre, tout simplement.
Je lui ai simplement dit que j'avais grandi avec une famille formidable. :)

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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU1706 mars 2013
De cette époque, je garde une recette que je n'ai jamais oubliée. Pour ma sœur et moi, il reste LE gâteau, la gâteau de mémé, le gâteau de notre enfance. [...] Je continue de le fabriquer pour les Noëls et anniversaires, une manière de célébrer un vestige, de perpétuer l'unique tradition familiale.
Une fois la fête passée, nous avons tout le loisir, ma sœur et moi, de déguster ce gâteau fabuleux au petit déjeuner, puis à tous les repas, puis au goûter, et ceci pendant plusieurs jours en mémoire de notre grand-mère, car sa teneur en calories défiant tous les records le rend indigeste pour d'autres estomacs que les nôtres... Voici de quoi se compose la chose:
Une purée de châtaignes mélangée de chocolat noir fondu, liés par une crème au beurre et de sucre à poids égal, puis de la poudre d'amande parfumée au kirsch. Le tout, décoré de cerneaux de noix, est mis au réfrigérateur une nuit (c'est le beurre qui fait prendre corps au bloc) et finalement nappé d'une crème anglaise (douze jaunes d’œufs pour un litre de lait environ). Tout y est. C'est magnifique. Aucun être humain normal ne peut en ingurgiter plus de trois cuillères, nous, on vide un compotier sans problème. La nostalgie de l'enfance aurait-elle une influence sur les sucs gastriques ?
Ce gâteau, c'est tout le portrait de ma grand-mère, délicieux et lourd, rassurant à souhait et relativement dangereux pour les constitutions fragiles - gare au KO hépatique.
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PaulinePauline05 avril 2008
Faites pleurer les enfants

« On rêve toujours que ce que l’on écrit puisse être utile à quelqu’un , ne serait-ce qu’à une seule personne, que ce que l’on a sorti de soi avec peine ne reste pas un monologue stérile, sinon autant vaudrait prendre ces pages et les enfermer tout de suite dans un tiroir.
Alors, à tout hasard…
Si vous voyez devant vous un enfant frappé par un deuil se refermer violemment sur lui-même, refuser la mort, nier son chagrin, faites-le pleurer. En lui parlant, en lui montrant ce qu’il a perdu, même si cela paraît cruel, même s’il s’en défend aussi brutalement que je l’ai fait, même s’il doit vous détester pour cela mais ce que je dis là est impossible à faire…[…] Une personne aimante a envie d’épargner. Et pourtant…Pourtant, percez sa résistance, videz-le de son chagrin pour que ne se forme pas tout au fond de lui un abcès de douleur qui lui remontera à la gorge plus tard.
Le chagrin cadenassé ne s’assèche pas de lui-même, il grandit, s’envenime, il se nourrit de silence, en silence il empoisonne sans qu’on le sache.
Faites pleurer les enfants qui veulent ignorer qu’ils souffrent, c’est le plus charitable service à leur rendre. »
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mandarine43mandarine4317 juillet 2011
Les maillots qui grattent

Oh ! Une réminiscence ! Un vague, très vague souvenir d'une sensation d'enfance : les maillots tricotés main qui grattent partout lorsqu'ils sont mouillés... Ce n'est pas le plus agréable des souvenirs mais qu'importe, c'en est au moins un.
Et je suis frappée de constater encore une fois, en regardant sur ces photos les vêtements que nous portons ma mère et moi, que tout, absolument tout, à part nos chaussures et les chapeaux de paille, était fait à la maison. Jusqu'aux maillots de bain.
Que d'attention, que d'heures de travail pour me vêtir ainsi de la tête aux pieds. Que d'amour dans les mains qui prenaient mes mesures, tricotaient sans relâche. Est-ce pour me consoler d'avoir perdu tout cela, pour me rassurer que je passai des années à fabriquer mes propres vêtements, plus tard ?

Et puis qu'importe ces histoires de vêtements, de maniaquerie couturière, et qu'importe cette si vague réminiscence des maillots qui grattent, si fugitive que déjà je doute de l'avoir retrouvée un instant... Ce qui me fascine sur cette photo, m'émeut aux larmes, c'est la main de mon père sur ma jambe. La manière si tendre dont elle entoure mon genou, légère mais prête à parer toute chute, et ma petite main à moi abandonnée sur son cou. Ces deux mains, l'une qui soutient et l'autre qui se repose sur lui.
Après la photo il a dû resserrer son étreinte, m'amener à plier les genoux, j'ai dû me laisser aller contre lui, confiante, et il a dû me faire descendre du bateau en disant "hop là !", comme le font tous les pères en emportant leur enfant dans leurs bras pour sauter un obstacle.
Nous avons dû gaiement rejoindre ma mère qui rangeait l'appareil photo et marcher tous les trois sur la plage. J'ai dû vivre cela, oui...
La photo me dit qu'il faisait beau, qu'il y avait du vent dans mes cheveux, que la lumière de la côte normande devait être magnifique ce jour-là.
Et entre mes deux parents à moi, si naturellement et si complètement à moi pour quelque temps encore, j'ai dû me plaindre des coquillages qui piquent les pieds, comme le font tous les enfants ignorants de leurs richesses.
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mandarine43mandarine4329 avril 2011
"Il n'est nulle douleur que le temps n'apaise."

Auteur inconnu et
très certainement mort.
Dommage. J'aurais aimé
lui demander :
combien de temps ?
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gaillard1gaillard106 juillet 2015
Au-delà de l'émotion de se retrouver si brutalement confronté avec l'intimité d'une autre personne - et quelle intimité - il y un travail, quelque chose qui a été vécu, payé... Puis transmuté en un objet littéraire quasi métaphysique (beaucoup aussi dans la suite : "je vous écris" ) où la condition humaine se retrouve exposée sans détour. Cet état de singe trop malin, - mais si conscient de sa condition de " passager" que l'émotion le submerge lorsqu'il est mis en présence de ce qui est immuable... comme disait Germaine de Staël.

Avec son témoignage Anny Duperey parvient à lier l'éphémère existence incarnée avec l'Eternel. Ce qui ne pourra plus être changé. Elle donne à voir, nous confronte, avec quelque chose qui bouleverse.

Un écrit, (énormément renforcé par les photos noir-blanc de son père) profondément humain, jusqu'au métaphysique... Sans crainte de me répéter.
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Videos de Anny Duperey (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anny Duperey
Anny Duperey est comédienne mais aussi marraine de coeur de l'association SOS villages d'enfants. Cet engagement la touche personnellement. Elle se confie à Yamina Benguigui dans son émission " Femmes engagées ".
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