> Lucien Legras (Illustrateur)

ISBN : 2020147467
Éditeur : Editions du Seuil (1992)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 83 notes) Ajouter à mes livres
J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents - de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre. Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inuti... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par malimor1, le 20 mai 2012

    malimor1
    Un livre très intimiste, écrit avec beaucoup de pudeur et qui ne vire pas au mélodrame.
    Anny dupeyrey a fait une auto-psychanalyse extraordinaire de ce drame qu'elle a occulté pendant 35 ans.
    Bouleversant, poignant.
    Les photos si personnelles donnent au récit un éclairage particulier, noir et blanc, la couleur des souvenirs d'enfance des plus de 40 ans comme elle le dit si bien.
    Sa vision de la femme qui tricote dans le chapitre "attends, je finis mon rang" est d'une lucidité tout aussi dérangeante que salutaire. (Je ne tricote pas mais ce qu'elle décrit dans ce chapitre sur le tricot m'a touché parce que moi je ressens ça avec la lecture, donc ce chapitre m'a beaucoup parlé ;) )
    Elle est allée bien loin dans l'introspection pour nous livrer de telles déductions, et avec quelle pudeur !!!!

    Anny Duperey m'a dédicacé son roman à la fête du livre de Saint-Etienne en 2008.
    J'aime beaucoup cette grande Dame et tout ce qu'elle dégage, j'ai été impressionné de la voir, là, assise derrière son stand de livre, tout simplement.
    Je lui ai simplement dit que j'avais grandi avec une famille formidable. :)

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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    tracey11
    Il est impossible de ressortir froidement de ce récit profondément intime.
    A travers des photographies prises par son père, qui viennent accompagner et probablement aiguiller son récit, Anny Duperey livre, page par page, les étapes d'un cheminement intérieur long de 35 ans. Chacun de ses mots semble avoir été pesé, choisi précisément, avec infiniment de pudeur. Ce récit semblait nécessaire, les mots devaient être écrits, chaque phrase couchée sur le papier, comme une trace indélébile, comme autant d'étapes indispensables à l'ébauche d'un après. Anny Duperey fait le point sur ses années de lutte intérieure, sur ses questionnements, sur les vides qui l'habitent autant que sur la souffrance qui l'a toujours accompagnée. Son auto-analyse est impressionnante et, toute en retenue et en décence, elle partage avec le lecteur...... peut-être pour que son fardeau pèse un peu moins lourd sur ses épaules, ou pour laisser partir un peu de ce drame qui l'étouffe depuis tant de temps, de n'appartenir qu'à elle...
    Les dernières phrases de ce récit son les suivantes : "J'en suis là. Et à constater où j'en suis, le chemin à parcourir pour enfin pouvoir parler d'eux sans pleurer, vingt ans me semblent un délai bien court...".
    C'était en septembre 1991, il y a vingt ans donc... J'espère qu'elle a franchi cette étape...

    Lien : http://readviewed.skyrock.com/25.html
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 31 juillet 2011

    brigittelascombe
    Un livre autobiographique.Une quête, une enquête,une introspection!
    Mais que s'est il donc passé dans cette salle de bains au chauffage défectueux pour que les parents d'Annie et de sa soeur bébé s'asphyxient? Que s'est il passé et pourquoi n'a t elle pas réagi?
    Un voile noir, alors, a endeuillé son enfance mais surtout a voilé définitivement l'avant-accident.
    Douloureux parcours pour les petites Duperey puisqu'elles seront séparées chacune dans une famille différente et qu'elles ne se retrouveront que bien plus tard.
    Quelques superbes photos du père photographe qui se levait à l'aube pour capter les brumes d'un étang, illustrent magnifiquement ce livre.
    Annie Duperey s'en sortira grace à l'écriture et au théatre.Auteur contemporain, elle a d'ailleurs écrit pas mal d'ouvrages.
    Beaucoup d'émotions ici!
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    • Livres 5.00/5
    Par Aproposdelivres, le 12 mai 2009

    Aproposdelivres
    Dans ce livre, Anny Duperey est bouleversante. le drame qu'elle a subit lorsqu'elle
    avait 8 ans est tellement fort que « le choc de leur disparition a jeté sur les années
    qui ont précédé un voile opaque, comme si elles n'avaient jamais existé. » Avec ce
    livre et les photos de son père, Anny Duperey nous dévoile les sentiments qu'elle a
    gardé en elle pendant longtemps. Elle retrace son enfance avant mais aussi sa vie
    après la disparition de ses parents. Elle a longtemps culpabilisé de ne pas être mort
    avec eux mais aussi elle en a voulu à ses parents de l'avoir abandonnée. Elle a
    terriblement souffert d'être séparée de sa soeur après la mort de ses parents.

    Lien : http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2009/05/08/13657876.html
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 17 juillet 2011

    Les maillots qui grattent

    Oh ! Une réminiscence ! Un vague, très vague souvenir d'une sensation d'enfance : les maillots tricotés main qui grattent partout lorsqu'ils sont mouillés... Ce n'est pas le plus agréable des souvenirs mais qu'importe, c'en est au moins un.
    Et je suis frappée de constater encore une fois, en regardant sur ces photos les vêtements que nous portons ma mère et moi, que tout, absolument tout, à part nos chaussures et les chapeaux de paille, était fait à la maison. Jusqu'aux maillots de bain.
    Que d'attention, que d'heures de travail pour me vêtir ainsi de la tête aux pieds. Que d'amour dans les mains qui prenaient mes mesures, tricotaient sans relâche. Est-ce pour me consoler d'avoir perdu tout cela, pour me rassurer que je passai des années à fabriquer mes propres vêtements, plus tard ?

    Et puis qu'importe ces histoires de vêtements, de maniaquerie couturière, et qu'importe cette si vague réminiscence des maillots qui grattent, si fugitive que déjà je doute de l'avoir retrouvée un instant... Ce qui me fascine sur cette photo, m'émeut aux larmes, c'est la main de mon père sur ma jambe. La manière si tendre dont elle entoure mon genou, légère mais prête à parer toute chute, et ma petite main à moi abandonnée sur son cou. Ces deux mains, l'une qui soutient et l'autre qui se repose sur lui.
    Après la photo il a dû resserrer son étreinte, m'amener à plier les genoux, j'ai dû me laisser aller contre lui, confiante, et il a dû me faire descendre du bateau en disant "hop là !", comme le font tous les pères en emportant leur enfant dans leurs bras pour sauter un obstacle.
    Nous avons dû gaiement rejoindre ma mère qui rangeait l'appareil photo et marcher tous les trois sur la plage. J'ai dû vivre cela, oui...
    La photo me dit qu'il faisait beau, qu'il y avait du vent dans mes cheveux, que la lumière de la côte normande devait être magnifique ce jour-là.
    Et entre mes deux parents à moi, si naturellement et si complètement à moi pour quelque temps encore, j'ai dû me plaindre des coquillages qui piquent les pieds, comme le font tous les enfants ignorants de leurs richesses.
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  • Par Pauline, le 05 avril 2008

    Faites pleurer les enfants

    « On rêve toujours que ce que l’on écrit puisse être utile à quelqu’un , ne serait-ce qu’à une seule personne, que ce que l’on a sorti de soi avec peine ne reste pas un monologue stérile, sinon autant vaudrait prendre ces pages et les enfermer tout de suite dans un tiroir.
    Alors, à tout hasard…
    Si vous voyez devant vous un enfant frappé par un deuil se refermer violemment sur lui-même, refuser la mort, nier son chagrin, faites-le pleurer. En lui parlant, en lui montrant ce qu’il a perdu, même si cela paraît cruel, même s’il s’en défend aussi brutalement que je l’ai fait, même s’il doit vous détester pour cela mais ce que je dis là est impossible à faire…[…] Une personne aimante a envie d’épargner. Et pourtant…Pourtant, percez sa résistance, videz-le de son chagrin pour que ne se forme pas tout au fond de lui un abcès de douleur qui lui remontera à la gorge plus tard.
    Le chagrin cadenassé ne s’assèche pas de lui-même, il grandit, s’envenime, il se nourrit de silence, en silence il empoisonne sans qu’on le sache.
    Faites pleurer les enfants qui veulent ignorer qu’ils souffrent, c’est le plus charitable service à leur rendre. »
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  • Par mandarine43, le 29 avril 2011

    J'avais découvert la merveilleuse - et très classique - défense de l'humour. L'humour noir. L'humour rageur et ravageur, l'humour qui piétine joyeusement la souffrance pour lui rabattre son caquet, pour la nier. Pour la tuer. L'humour de si mauvais goût, souvent, qu'il laisse les autres pétrifiés alors que l'on se tape sur les cuisses, pliés en deux à propos d'une épouvantable plaisanterie sur les chers disparus. Jouissif. Terrible.
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  • Par mandarine43, le 29 avril 2011

    Il faudrait à présent - et cette seule pensée m'arrache le coeur - qu'ils deviennent de "vrais morts qu'on n'APPELLE plus". Ils m'ont quittée, il faudrait maintenant que je les laisse partir de moi, décider que cette manière de vivre avec deux morts en filigrane entre moi et toute chose a fait son temps.
    Il faudrait arrêter de se battre, faire la paix. Grandir.
    Et je ne peux pas. Je ne veux pas...
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  • Par mandarine43, le 29 avril 2011

    "Il n'est nulle douleur que le temps n'apaise."

    Auteur inconnu et
    très certainement mort.
    Dommage. J'aurais aimé
    lui demander :
    combien de temps ?
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Vidéo de Anny Duperey

Anny Duperey est comédienne mais aussi marraine de coeur de l'association SOS villages d'enfants. Cet engagement la touche personnellement. Elle se confie à Yamina Benguigui dans son émission " Femmes engagées ".








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