ISBN : 2707301361
Éditeur : Editions de Minuit (1969)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Dans cet hôtel à l'orée de la forêt, trois clients qui ne se connaissent pas, silencieux, solitaires : élisabeth Alione, Max Thor qui la regarde, et Stein qui regarde Max Thor. Plus tard viendront Alissa Thor, puis Bernard Alione…
Fulgurant comme l'amour, silenci... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 2.00/5
    Par Yuko, le 10 mars 2011

    Yuko
    Original et surprenant, ce petit recueil rédigé comme une pièce de théâtre, l'est certainement. Prisonnier entre la forme littéraire et son aspect théâtral, il ne ressemble à rien de connu. Entraînant simplement le lecteur curieux dans un monde qui lui échappe, celui du repos, de l'attente et de la solitude, il conserve comme toile de fond la destruction de soi, des autres et de la vie elle-même. Intéressant pour son aspect innovant.

    Lien : http://art-enciel.over-blog.com/article-detruire-dit-elle-de-marguer..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 25 mars 2011

    [Incipit.]

    Temps couvert.
    Les baies sont fermées.
    Du côté de la salle à manger où il se trouve, on ne peut pas voir le parc.
    Elle, oui, elle voit, elle regarde. Sa table touche le rebord des baies.
    A cause de la lumière gênante, elle plisse les yeux. Son regard va et vient. D'autres clients regardent aussi ces parties de tennis que lui ne voit pas.
    Il n'a pas demandé de changer de table.
    Elle ignore qu'on la regarde.
    Il a plu ce matin vers cinq heures.
    Aujourd'hui c'est dans un temps mou et lourd que frappent les balles. Elle porte une robe d'été.
    Devant elle, il y a le livre. Commencé depuis son arrivée à lui ? ou encore avant ?
    Près du livre il y a deux flacons de pilules blanches. Elle en prend à chaque repas. Quelquefois elle ouvre le livre. Puis elle le referme presque aussitôt. Elle regarde le tennis.
    Sur d'autres tables d'autres flacons, d'autres livres.
    Les cheveux sont noirs, gris-noir, lisses, ils ne sont pas beaux, secs. On ne sait pas la couleur des yeux qui, lorsqu'elle se retourne, restent encore crevés par la lu­mière, trop directe, près des baies. Autour des yeux, lorsqu'elle sourit, la chair est déjà délicatement laminée. Elle est très pâle.
    Aucun des clients de l'hôtel ne joue au tennis. Ce sont des jeunes gens des environs. Personne ne se plaint.
    - C'est agréable, cette jeunesse. Ils sont d'ailleurs discrets.
    Aucun autre que lui ne l'a remarquée.
    - On se fait à ce bruit.
    Il y a six jours quand il est arrivé elle était déjà là, le livre devant elle et les pilules, enfermée dans une longue veste et un pantalon noir. Il faisait frais.
    Il avait remarqué l'élégance, la forme, puis le mouvement, puis le sommeil chaque jour dans le parc, puis les mains.
    Quelqu'un téléphone.
    La première fois elle était dans le parc. Il n'a pas écouté le nom. La deuxième fois, il l'a mal entendu.
    Quelqu'un téléphone donc après la sieste. Une consigne sans doute.

    Soleil. Septième jour.
    La voici encore, près du tennis, sur une chaise longue blanche. Il y a d'autres chaises longues blanches vides pour la plupart, vides, naufragées face à face, en cercle, seules.
    C'est après la sieste qu'il la perd de vue.
    Du balcon il la regarde. Elle dort. Elle est grande, ainsi morte, légèrement cassée à la charnière des reins. Elle est mince, maigre.
    Le tennis est désert à cette heure-là. On n'a pas le droit d'en faire pendant la sieste. Il reprend vers quatre heures, jusqu'au cré­puscule.
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  • Par Yuko, le 10 mars 2011

    Soleil. Septième jour.
    La voici encore, près du tennis, sur une chaise longue blanche. Il y a d'autres chaises blanches vides pour la plupart, vides, naufragées face à face, en cercles, seules.
    C'est après la sieste qu'il la perd de vue.
    Du balcon, il la regarde. Elle dort. Elle est grande, ainsi morte, légèrement cassée à la charnière des reins. Elle est mince, maigre.
    Le tennis est désert à cette heure-là. On n'a pas le droit d'en faire pendant la sieste. Il reprend vers quatre heures, jusqu'au crépuscule.
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Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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