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ISBN : 2070360091
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 372 notes)
Résumé :
Au cours du tournage d'une coproduction sur la paix, une comédienne française noue une relation éphémère mais passionnée avec un Japonais. Sur cette mince intrigue, Duras est chargée par Alain Resnais d'élaborer le scénario et les dialogues d'un film, Hiroshima mon amour, titre étrange et poétique malgré la référence évidente aux atrocités de la guerre. Avec un art de l'ellipse parfaitement maîtrisé, Duras orchestre une danse sensuelle entre deux personnages qui lut... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
02 mars 2016
  • 5/ 5
« Se livrer corps et âme, c'est ça. C'est l'équivalence non seulement d'une possession amoureuse, mais d'un mariage.»
Hiroshima mon amour, une envie de le relire plus de trente ans après. Je savais que j'avais adoré ce livre adolescente. L'amour entre Riva, jeune fille française et un allemand, pas beaucoup plus âgé qu'elle, avait du prendre le pas -« la faute, à Nevers, est d'amour »- sur la rencontre japonaise, plus nébuleuse pour une jeune fille -« Tu me tues. Tu me fais du bien. J'ai le temps. Je t'en prie. Dévore-moi. »
Qu'y verrais-je aujourd'hui ? Une légère inquiétude... En tout cas je pensais découvrir plus en détail l'intégralité du livre, avec l'expérience d'une vie de femme.
Je me dis : cette fois je le lis tout doucement. La première fois, je l'avais croqué, fougue de la jeunesse... Je prends le temps cette fois-ci. Quelques pages dégustées chaque jour, le temps de bien s'imprégner des mots. Je tiens... je tiens pas longtemps.
La même violente folie se déchaîne après quelques pages et je le dévore à nouveau. Il est des mots, des assemblages de mots « tu me donnes beaucoup l'envie d'aimer », d'idées « c'est par faute d'imagination des hommes que je fus déshonorée », de sensations « on sent qu'entre eux l'érotisme est tenu en échec par l'amour » que Marguerite Duras présente avec une telle fluidité sur des thèmes douloureux, qui m'embarquent toujours autant et me touchent instantanément.
Et puis j'arrive aux dernières pages, et je découvre... une trace estompée par le temps, laissée par une gamine. Un trait de surligneur sur une phrase, des mots. le choc. J'avais pensé ses mots pendant des années, comme une évidence, comme une idée mienne. Et je constate que c'étaient vos mots Madame Duras. « Je n'ai rien inventé. » Vos mots qui m'ont accompagnée pendant si longtemps inconsciemment... Je suis heureuse car vous me permettez de mieux me comprendre (je remercie aussi ce petit crayon qui ne s'est pas effacé malgré le temps, une couleur chaude, un rouge capucine, en harmonie avec ma couverture de l'époque, une bouche rouge sur laquelle souffle le nuage d'Hiroshima). Au final ? Je crois que j'avais lu ce livre. « Je connais l'oubli. »
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cicou45
04 septembre 2012
  • 5/ 5
Il s'agit en réalité d'un scénario que Marguerite Duras a écrit pour le réalisateur de films A. Resnais et qui est retranscrit ici.
Moi qui suis assez d'ordinaire réticente aux livres de Duras, il faut dire que dans celui-ci, je me suis laissée totalement transporter. Comme quoi, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
C'est l'histoire d'une actrice française, la trentaine, Riva, qui, lors d'un tournage pour un film sur la paix à Hiroshima, fait la connaissance d'un ingénieur japonais avec lequel elle aura une liaison. Ils n'échangeront que très peu de paroles mais ô combien profondes. C'est souvent dans les non-dits que l'on exprime le plus facilement ses souffrances. Elle va d'ailleurs en faire l'expérience en se laissant retomber sans ses souvenirs qui se déroulèrent alors qu'elle avait 20 ans et qu'elle vivait encore chez son père à Nevers. Cela se déroulait en pleine Seconde Guerre mondiale et c'est là qu'elle connut son premier amour mais comme chacun le sait, l'amour peut se montrer imprévisible et ne pas toujours nous attirer vers les personne que l'on devrait aimer. C'est d'ailleurs bien souvent le contraire mais dans l'Amours, il n'y a ni règles ni lois et Riva l'apprendra à ses tristes dépends et pour le plus grand malheur de ses parents.
Un livre qui m'a réellement envoûté. Une remarquable mise en abîme où le premier d'amour de l'héroïne finit par remonter à la surface et être enfin déclarée au grand jour et ce, sans honte mais avec simplement beaucoup de tristesse et de regrets ! Magnifique ouvrage, à découvrir ! J'aimerais beaucoup voir le film donc, affaire à suivre !
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Myriam3
15 juillet 2014
  • 5/ 5
Voici un livre lu - et relu - il y a bien longtemps, mon premier de Marguerite Duras. Je ne savais - peut-être- pas qu'il s'agissait d'un scénario mais je l'ai lu tout de go et il m'a chavirée.
Il y a cette femme qui retourne au Japon des années après Hiroshima, et y rencontre celui qui deviendra son amant. Mutuellement, en quelques heures urgentes, ils se racontent dans une émotion insoutenable cette explosion qui a détruit la ville et le pays ainsi que le calvaire qu'elle a vécu pendant la guerre, après avoir été amoureuse d'un Allemand. Femme tondue, peuple humilié et battu. Histoires communes d"un bout à l'autre du globe.
Les dialogues sont magnifiques, crus, intenses, autant par leurs mots que leurs silences. J'ai pu, avec beaucoup d'émotion, superposer les images d'Alain Resnais sur le scénario quelques années plus tard.
Avec le recul, je pense que ce livre m'a rendue très critique envers d'autres livres de Marguerite Duras, que j'ai tout simplement moins aimés.
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Fx1
21 septembre 2014
  • 4/ 5
Les mots magnifiques de Duras on inspirés a Resnais l'un de ces plus grand film. le ton ici est grave , mais jamais misérabiliste . L'intelligence est présente en permanence dans ce superbe scénario qui compléte parfaitement l'expérience majeure que représente ce film somptueux . le cinéma français dans ce qu'il à de plus beau.
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sylvie2
25 juillet 2014
  • 4/ 5
J'ai découvert ce livre à l'adolescence dans la bibliothèque familiale. Je l' dévoré. Ce fut le début d'une longue histoire d'amour avec Marguerite Duras. A l'époque, je n'avais pas capté toute la profondeur des mots, mais j'avais apprécié le style succinct et plein de non dit qui permettait d'imaginer tellement de choses. le style de Marguerite Duras laisse une liberté folle à l'imagination... Et c'est bon.
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Les critiques presse (1)
LeFigaro06 août 2015
Une brève et passionnelle histoire d'amour entre une jeune actrice française et un architecte japonais. Leurs souvenirs de la Seconde Guerre mondiale se mêlent.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Lea25Lea2510 novembre 2013
Je te rencontre. Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l'amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu ? Tu me tues. J'avais faim. Faim d'infidélités, d'adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu'un jour tu me tomberais dessus. Je t'attendais dans une impatience sans borne, calme. Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne. Jamais. Jamais plus. Enfin. Tu me tues. Tu me fais du bien. Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté. Nous n'aurons plus rien d'autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s'en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait.
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AmbagesAmbages24 février 2016
Quatre fois au musée à Hiroshima.
J'ai regardé les gens. J'ai regardé moi-même pensivement, le fer. Le fer brûlé. Le fer brisé, le fer devenu vulnérable comme la chair. J'ai vu des capsules en bouquet : qui y aurait pensé ? Des peaux humaines flottantes, survivantes, encore dans la fraîcheur de leurs souffrances. Des pierres. Des pierres brûlées. Des pierres éclatées. Des chevelures anonymes que les femmes de Hiroshima retrouvaient tout entières tombées le matin, au réveil.
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cicou45cicou4504 septembre 2012
"Apprendre la durée exacte du temps. Savoir comment le temps, parfois, se précipite puis sa lente retombée inutile et qu'il faut néanmoins endurer, c'est aussi ça, sans doute, apprendre l'intelligence."
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Steeph76Steeph7601 décembre 2010
"Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J'ai le temps.
Je t'en prie.
Dévore-moi."
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mandarine43mandarine4327 juillet 2011
[ Incipit ]

Lui : Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien.
Elle : J'ai tout vu. Tout. Ainsi l'hôpital, je l'ai vu. J'en suis sure. L'hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ?
Lui : Tu n'as pas vu d'hôpital à Hiroshima. Tu n'as rien vu à Hiroshima.
Elle : Quatre fois au musée...
Lui : Quel musée à Hiroshima ?
Elle : Quatre fois au musée à Hiroshima. J'ai vu les gens se promener. Les gens se promènent, pensifs, à travers les photographies, les reconstitutions, faute d'autre chose, à travers les photographies, les photographies, les reconstitutions, faute d'autre chose, les explications, faute d'autre chose.
Quatre fois au musée à Hiroshima.
J'ai regardé les gens. J'ai regardé moi-même pensivement, le fer. Le fer brûlé. Le fer brisé, le fer devenu vulnérable comme la chair.
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Vidéo de Marguerite Duras
La parole des libraires - Spécial beaux livres .Karine, libraire à la librairie Comme un roman à Paris, nous présente ses trois coups de coeur en matière de beaux livre : Marguerite Duras de Laure Adler, L'incroyable bestiaire de Monsieur Anderson, Pina de Walter Vogel.
>Cinéma, radio, télévision>Cinéma>Scénarios, scripts, critiques (192)
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