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ISBN : 2070360091
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 251 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au cours du tournage d'une coproduction sur la paix, une comédienne française noue une relation éphémère mais passionnée avec un Japonais. Sur cette mince intrigue, Duras est chargée par Alain Resnais d'élaborer le scénario et les dialogues d'un film, Hiroshima mon amou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 04 septembre 2012

    cicou45
    Il s'agit en réalité d'un scénario que Marguerite Duras a écrit pour le réalisateur de films A. Resnais et qui est retranscrit ici.
    Moi qui suis assez d'ordinaire réticente aux livres de Duras, il faut dire que dans celui-ci, je me suis laissée totalement transporter. Comme quoi, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
    C'est l'histoire d'une actrice française, la trentaine, Riva, qui, lors d'un tournage pour un film sur la paix à Hiroshima, fait la connaissance d'un ingénieur japonais avec lequel elle aura une liaison. Ils n'échangeront que très peu de paroles mais ô combien profondes. C'est souvent dans les non-dits que l'on exprime le plus facilement ses souffrances. Elle va d'ailleurs en faire l'expérience en se laissant retomber sans ses souvenirs qui se déroulèrent alors qu'elle avait 20 ans et qu'elle vivait encore chez son père à Nevers. Cela se déroulait en pleine Seconde Guerre mondiale et c'est là qu'elle connut son premier amour mais comme chacun le sait, L'Amour peut se montrer imprévisible et ne pas toujours nous attirer vers les personne que l'on devrait aimer. C'est d'ailleurs bien souvent le contraire mais dans L'Amours, il n'y a ni règles ni lois et Riva l'apprendra à ses tristes dépends et pour le plus grand malheur de ses parents.
    Un livre qui m'a réellement envoûté. Une remarquable mise en abîme où le premier d'amour de l'héroïne finit par remonter à la surface et être enfin déclarée au grand jour et ce, sans honte mais avec simplement beaucoup de tristesse et de regrets ! Magnifique ouvrage, à découvrir ! J'aimerais beaucoup voir le film donc, affaire à suivre !
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    • Livres 5.00/5
    Par Myriam3, le 15 juillet 2014

    Myriam3
    Voici un livre lu - et relu - il y a bien longtemps, mon premier de Marguerite Duras. Je ne savais - peut-être- pas qu'il s'agissait d'un scénario mais je l'ai lu tout de go et il m'a chavirée.
    Il y a cette femme qui retourne au Japon des années après Hiroshima, et y rencontre celui qui deviendra son amant. Mutuellement, en quelques heures urgentes, ils se racontent dans une émotion insoutenable cette explosion qui a détruit la ville et le pays ainsi que le calvaire qu'elle a vécu pendant la guerre, après avoir été amoureuse d'un Allemand. Femme tondue, peuple humilié et battu. Histoires communes d"un bout à l'autre du globe.
    Les dialogues sont magnifiques, crus, intenses, autant par leurs mots que leurs silences. J'ai pu, avec beaucoup d'émotion, superposer les images d'Alain Resnais sur le scénario quelques années plus tard.
    Avec le recul, je pense que ce livre m'a rendue très critique envers d'autres livres de Marguerite Duras, que j'ai tout simplement moins aimés.
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    • Livres 4.00/5
    Par fx131, le 21 septembre 2014

    fx131
    Les mots magnifiques de Duras on inspirés a Resnais l'un de ces plus grand film. Le ton ici est grave , mais jamais misérabiliste . L'intelligence est présente en permanence dans ce superbe scénario qui compléte parfaitement l'expérience majeure que représente ce film somptueux . Le cinéma français dans ce qu'il à de plus beau.

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  • Par NMTB, le 20 décembre 2014

    NMTB
    En lisant Hiroshima mon amour et les commentaires qui y sont adjacents, j'ai eu l'impression que Duras avait déjà une histoire en tête (mais je me trompe peut-être, qui sait ?), plus ou moins précise, ayant pour cadre la deuxième guerre mondiale. Et puis on lui a commandé un scénario sur Hiroshima, alors ces deux histoires ce sont amalgamées. La rencontre d'une histoire intimiste et de la grande Histoire. Comment faire un film sur Hiroshima ? Encore un nouveau film édifiant sur la paix ? « Pas un film ridicule, juste un film édifiant » ? Non, bien sûr. Duras a écrit un scénario sur l'impossibilité de faire un film sur Hiroshima. Hiroshima, c'est l'oubli. C'est 100 000 cadavres fêtés par le monde entier : La fin de la guerre. Une ville détruite et un monde en liesse. Comme une femme la tête rasée, seule dans une cave à Nevers - alors que retentissent dans la rue les chants de la libération - folle de ne pas pouvoir oublier son amour mort. « Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. » C'est mort, ça n'existe plus, à oublier sous peine de devenir fou.
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    • Livres 3.00/5
    Par olivberne, le 10 juillet 2012

    olivberne
    Il faut avoir vu le film en premier, car le texte n'est qu'une adaptation du scénario. Ca parle, beaucoup, ça refait la guerre, que ce soit au Japon ou à la libération en France, avec ses excès. C'est un hymne à une nouvelle terre, à une paix universelle. C'est aussi un peu long, et surtout connu pour le titre, qui a choqué. Desproges s'en moquera quelques années plus tard en proposant "Auschwitz mon loulou...".
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Citations et extraits

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  • Par Lea25, le 10 novembre 2013

    Je te rencontre. Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l'amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu ? Tu me tues. J'avais faim. Faim d'infidélités, d'adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu'un jour tu me tomberais dessus. Je t'attendais dans une impatience sans borne, calme. Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne. Jamais. Jamais plus. Enfin. Tu me tues. Tu me fais du bien. Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté. Nous n'aurons plus rien d'autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s'en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait.
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  • Par cicou45, le 04 septembre 2012

    "Apprendre la durée exacte du temps. Savoir comment le temps, parfois, se précipite puis sa lente retombée inutile et qu'il faut néanmoins endurer, c'est aussi ça, sans doute, apprendre l'intelligence."

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  • Par Steeph76, le 01 décembre 2010

    "Tu me tues.
    Tu me fais du bien.
    J'ai le temps.
    Je t'en prie.
    Dévore-moi."

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  • Par mandarine43, le 27 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Lui : Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien.
    Elle : J'ai tout vu. Tout. Ainsi l'hôpital, je l'ai vu. J'en suis sure. L'hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ?
    Lui : Tu n'as pas vu d'hôpital à Hiroshima. Tu n'as rien vu à Hiroshima.
    Elle : Quatre fois au musée...
    Lui : Quel musée à Hiroshima ?
    Elle : Quatre fois au musée à Hiroshima. J'ai vu les gens se promener. Les gens se promènent, pensifs, à travers les photographies, les reconstitutions, faute d'autre chose, à travers les photographies, les photographies, les reconstitutions, faute d'autre chose, les explications, faute d'autre chose.
    Quatre fois au musée à Hiroshima.
    J'ai regardé les gens. J'ai regardé moi-même pensivement, le fer. Le fer brûlé. Le fer brisé, le fer devenu vulnérable comme la chair.
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  • Par Yuko, le 26 octobre 2011

    Elle : Oui, ce soir je m'en souviens. Mais un jour, je ne m'en souviendrai plus. Du tout. De rien.
    Elle lève la tête sur lui à ce moment là.
    Elle : Demain à cette heure-ci je serai à des milliers de kilomètres de toi.
    Lui : Ton mari, il sait cette histoire ?
    Elle hésite.
    Elle : Non.
    Lui : Il n'y a que moi alors ?
    Elle : Oui.
    Il se lève de la table, la prend dans ses bras, la force à se lever à son tour, et l'enlace très fort, scandaleusement. Les gens regardent. Ils ne comprennent pas. Il est dans une joie violente. Il rit.
    Lui : Il n'y a que moi qui sache. Moi seulement.
    En même temps qu'elle ferme les yeux, elle dit.
    Elle : Tais-toi.
    Elle se rapproche encore plus de lui. Elle lève sa main, et, très légèrement, elle lui caresse la bouche avec sa main. Elle dit, presque dans un bonheur soudain.
    Elle : Ah ! Que c'est bon d'être avec quelqu'un quelquefois.
    Ils se séparent, très lentement. (...)
    Lui : Parle encore.
    Elle : Oui.
    Elle cherche. N'y arrive pas.
    Lui : Parle. (...)
    Elle : Dans quelques années, quand je t'aurai oublié, et que d'autres histoires comme celle-là, par la force encore de l'habitude, arriveront encore, je me souviendrai de toi comme de l'oubli de l'amour même. Je penserai à cette histoire comme à l'horreur de l'oubli. Je le sais déjà.
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