Vous avez vu, il a osé! Il est venu!
Qui?
Le vice-consul "au regard mort" et à la réputation sulfureuse! Il est "glacé d'horreur" .
"Que va-t-on faire de lui?"
Dans la soirée chic de "l'Inde blanche" dans l'ambassade à Calcutta, on l'évite car chuchote-t-on, il "a fait le pire dans les jardins où se réfugient les lépreux et les chiens"!
"Mais des lépreux ou des chiens, est-ce tuer que de tuer des lépreux ou des chiens?"
Et puis il se dit aussi que dans la pension française de ses quinze ans... Bon c'est des bruits tout ça! En tous cas, il vit dans l'abstinence la plus totale. Bizarre, tout de même!
On peut pas en dire autant de qui vous savez... Chut!!
"De l'eau qui dort cette femme?"
Bon, enfin...l'épouse de l'ambassadeur,la bonne,belle,charitable,irréprochable Anne Marie Stratter, il parait qu'au Blue moon, ce bordel où l'on se saoule ferme, avec trois anglais, tiens regardez justement,elle parle à celui qui écrit là bas.
Oh, une histoire sur une pauvresse à moitié morte de faim, rejetée par sa mère qui marche des bords du Mékong jusqu'au Gange. Quel périple! Crasseuse et enceinte en plus!
Elle chante, hallucinée un air de son pays toujours le même?
Mais ne serait-ce pas elle que l'on entend là bas? Ca alors!!!
Voici superbe roman de
Marguerite Duras(écrivain et cinéaste française réputée du XX° siècle) dont j'ai beaucoup aimé
L'amant (prix Goncourt 1984) et
La Pluie d'été. Ici la fiction se mèle à la réalité ce qui en fait l'originalité!
Le vice-consul est violent de par la disparité des classes sociales évoquées entre misère maladive qui réduit l'humain au bestial et luxe qui traine son ennui de palace en club pour blancs chics tout en se déshumanisant. Caricature ou vérité?
Une superbe écriture qui coule fluide et puissante comme ce Mékong dans le delta duquel l'auteur a passé sa jeunesse.