ISBN : 2070298442
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Qui est le vice-consul ? Pourquoi tirait-il de son balcon dans la direction des jardins de Shalimar où se réfugient les lépreux et les chiens de Lahore ? Pourquoi adjurait-il la mort de fondre sur Lahore ? Un roman de l'extrême misère : celle de l'Inde, mais aussi celle... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 août 2011

    brigittelascombe
    On entre dans ce livre par la petite porte,celle des bannis.Celle d'une pauvresse qui marche sans fin, l'estomac vide et le ventre plein d'une vie déjà abhorrée.Elle voudrait le vomir cet enfant du Mékong avec l'acidité des mangues grapillées de ci de là, mais il s'accroche à sa faim et lui vole son du alors qu'elle mendie une piastre. La "crasse pénètre sa peau".Elle s'arrache des touffes de cheveux et se donne pour quelques grains de riz.C'est la mort en marche, sans trêve entre deux hallucinations, entre deux couplets du même chant qui ricoche à l'infini, celui de Savannakhet,celui d'avant,celui qui la relie encore au monde des paroles mais pas des sentiments,celui d'une morte vivante qui se débarrasse de son fardeau face aux grilles de l'ambassade de France à Calcutta.
    Et nous lecteurs, on marche le long des pages, on marche et on s'épuise, se lamente,on dérive tour à tour en se questionnant sous ce ciel bas zébré de rares éclairs de lucidité: c'est quoi ce titre de Vice-consul?
    Et lorsque les grilles somptueuses s'ouvrent sur le faste et les médisances de l'Inde blanche, alors que dans ses jardins croupissent les lépreux et que plane l'odeur pestilentielle de la vase, et qu'on le voit, LUI,cynique, capable du pire, pénétrer dans ces lieux avec son regard vide on se dit: Non, pas ça,plus jamais ça!
    Un roman dur et sublime, du vrai Marguerite Duras!
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 août 2011

    brigittelascombe
    Vous avez vu, il a osé! Il est venu!
    Qui?
    Le vice-consul "au regard mort" et à la réputation sulfureuse! Il est "glacé d'horreur" .
    "Que va-t-on faire de lui?"
    Dans la soirée chic de "l'Inde blanche" dans l'ambassade à Calcutta, on l'évite car chuchote-t-on, il "a fait le pire dans les jardins où se réfugient les lépreux et les chiens"!
    "Mais des lépreux ou des chiens, est-ce tuer que de tuer des lépreux ou des chiens?"
    Et puis il se dit aussi que dans la pension française de ses quinze ans... Bon c'est des bruits tout ça! En tous cas, il vit dans l'abstinence la plus totale. Bizarre, tout de même!
    On peut pas en dire autant de qui vous savez... Chut!!
    "De l'eau qui dort cette femme?"
    Bon, enfin...l'épouse de l'ambassadeur,la bonne,belle,charitable,irréprochable Anne Marie Stratter, il parait qu'au Blue moon, ce bordel où l'on se saoule ferme, avec trois anglais, tiens regardez justement,elle parle à celui qui écrit là bas.
    Oh, une histoire sur une pauvresse à moitié morte de faim, rejetée par sa mère qui marche des bords du Mékong jusqu'au Gange. Quel périple! Crasseuse et enceinte en plus!
    Elle chante, hallucinée un air de son pays toujours le même?
    Mais ne serait-ce pas elle que l'on entend là bas? Ca alors!!!
    Voici superbe roman de Marguerite Duras(écrivain et cinéaste française réputée du XX° siècle) dont j'ai beaucoup aimé L'amant (prix Goncourt 1984) et La Pluie d'été. Ici la fiction se mèle à la réalité ce qui en fait l'originalité!
    Le vice-consul est violent de par la disparité des classes sociales évoquées entre misère maladive qui réduit l'humain au bestial et luxe qui traine son ennui de palace en club pour blancs chics tout en se déshumanisant. Caricature ou vérité?
    Une superbe écriture qui coule fluide et puissante comme ce Mékong dans le delta duquel l'auteur a passé sa jeunesse.
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  • Par de, le 03 février 2012

    de
    Un vice consul de France, déplacé de Lahore à Calcutta.
    Des tirs du balcon vers les jardins de Shalimar, refuge de lépreux et de chiens.
    Une beau personnage de femme Anne-Marie Stretter, un air Indiana'song, des souvenirs de Venise, la chaleur suffocante, le delta, etc.
    Un ensemble, des personnages, que l'on retrouvera, comme d'incertaines variations, inscrites sur pages, d'autres livres de Maguerite Duras. Une écriture et une ambiance lancinante comme ce chant de Savannakhet
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 26 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Elle marche, écrit Peter Morgan.
    Comment ne pas revenir ? Il faut se perdre. Je ne sais pas. Tu apprendras. Je voudrais une indication pour me perdre. Il faut être sans arrière-pensée, se disposer à ne plus reconnaître rien de ce qu'on connaît, diriger ses pas vers le point de l'horizon le plus hostile, sorte de vaste étendue de marécages que mille talus traversent en tous sens on ne voit pas pourquoi.
    Elle le fait. Elle marche pendant des jours, suit les talus, les quitte, traverse l'eau, marche droit, tourne vers d'autres marécages plus loin, les traverse, les quitte pour d'autres encore.
    C'est encore la plaine du Tonlé-Sap, elle reconnaît encore.
    Il faut apprendre que le point de l'horizon qui vous porterait à le rejoindre n'est sans doute pas le plus hostile, même si on le juge ainsi, mais que c'est le point qu'on ne penserait pas à juger du tout qui l'est.
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  • Par hermineg, le 17 juillet 2011

    Au Cercle, ce soir, il n'y a qu'une table de bridgeurs. Ils se sont couchés tôt, la réception est pour demain. Le directeur du Cercle et le vice-consul sont assis côte à côte sur la terrasse, face au Gange. Ces hommes ne jouent pas aux cartes; ils parlent. Les bridgeurs, de la salle, ne peuvent pas entendre leur conversation.

    - Il y a vingt ans que je suis arrivé ici, dit le directeur, eh bien je regrette de ne pas savoir écrire... quel roman cela ferait ce que j'ai vu... ce que j'ai entendu...
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  • Par Cocodepaimpol, le 05 février 2009

    Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi.
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  • Par brigittelascombe, le 19 août 2011

    L'enfant lui grouille dans le ventre de plus en plus:bataille de poissons dans son ventre,jeu sourd et comme gai de l'intolérable enfant.
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  • Par hermineg, le 16 juillet 2011

    Peter Morgan s'arrête d'écrire.
    Il est une heure du matin. Peter Morgan sort de sa chambre. L'odeur de Calcutta la nuit est celle de la vase et du safran.
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Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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