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Critiques sur Le Nom de la rose (32)


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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 25/01/2012


    Roman policier situé au temps de l'Inquisition, ce début de XIV° siècle où les bûchers brûlent encore de présumés coupables et de présumées sorcières soumis à la torture pour aveux en mauvaise et due forme, le nom de la rose présente quelques analogies avec l'excellent Pardonnez nos offenses de Romain Sardou.
    Le narrateur Adso "novice bénédictin du monastère de Melk" se rend dans une abbaye italienne avec son maître "le frère" Guillaume de Baskerville( clin d'oeil à Sherlock Holmes dans le célèbre policier de Conan Doyle:Le chien des Baskerville), un ancien inquisiteur rejetant le fanatisme, appelé pour une mission théologique mais se transformant en fin limier humaniste (digne héros des séries américaines actuelles de police scientifique) au fur et à mesure qu'un mystérieux assassin tue les moines sans vergogne.
    Une chute, une noyade dans une cuve, une autre dans un bain. Et si c'était des empoisonnements?
    le nom de la rose, best-seller international d'Umberto Eco(auteur italien de nombreux essais) a obtenu le Prix Strega 1981 et le prix Médicis étranger 1982, il a été adapté au cinéma par Jean Jacques Annaud.
    Son intérêt, outre le côté suspense d'une enquête rondement menée, est de nous montrer la vie d'une abbaye en 1327 avec ses intrigues au sein d'une bibliothèque, "pleine de secrets", qui "renferme de plus beaux livres que toute autre bibliothèque chrétienne" mais dont certains sont "interdits" donc censurés, le travail des moines copistes,enlumineurs ou herboristes, la difficulté à rester chaste, la facilité à voir facilement "l'antéchrist" roder de partout.
    le nom de la rose parle de bien et d'hérésie, de tolérance et d' intégrisme: un sujet donc d'actualité. Une rose aussi symbolique que "l'alphabet secret" à déchiffrer de toute urgence pour confondre le meurtrier.

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Dionysos89 le 26/01/2012


    Mélangez Sherlock Holmes dans sa période "Baskerville" avec l'ambiance d'une abbaye bénédictine du XIVe siècle soumise aux turpitudes liées à l'Inquisition et à la crainte de la sorcellerie, vous obtiendrez de quoi créer un chef-d'œuvre littéraire. Incontestablement, Le Nom de la rose répond à cette exigence !
    Umberto Eco ne nous offre pas seulement un roman médiévo-policier ; non, il nous présente en plus un univers rempli de mystère et de personnages inquiétants. Toutefois, il ne tombe pas dans le stéréotype du Moyen Âge "moyenâgeux", obscurantiste et traditionnel : il nourrit son ouvrage de sa grande érudition sur le sujet et nous propose un nombre incalculable de phrases presque philosophiques détaillant à merveille la psychologie de l'époque.
    Sans caricature, ni facilité, Le Nom de la rose est une référence de suspense, de mystère et d'enquête pseudo-policière.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Lectureshumaines le 08/09/2011


    Voilà une oeuvre qui demande beaucoup de silence et de concentration. Si l'enquête menée par Guillaume et son novice est le nerf central de l'oeuvre, Umberto Eco développe longuement l'atmosphère pesante de ce siècle où de violents débats politiques et théologiques ont lieu. Revenant sur l'inquisition, Eco, par le biais de Guillaume de Baskerville, nous pousse à réfléchir à la liberté de croyance et la place de l'Eglise dans cette foi. En choisissant un novice pour narrateur, Umberto Eco parvient à donner l'illusion de cette naïveté à la découverte de la vie et notamment de la vie religieuse confrontée aux choses de la vie réelle.

    Au niveau de la construction, chaque chapitre correspond à une heure dans la vie monacale. Tout comme de nombreuses oeuvres de l'époque (Umberto Eco laissant croire qu'il a trouvé un manuscrit, comme le fit Cervantès pour Don Quichotte), chaque début de chapitre est surmonté par un court résumé de trois lignes.

    Il ne s'agit pas d'un livre que l'on dévore, tout du moins, je ne l'ai pas dévoré. Impossible de le lire dans un lieu bruyant, impossible de le lire en étant fatiguée. La première partie du roman pourrait décourager, et l'auteur s'en félicite :

    "Après avoir lu le manuscrit, mes amis de la maison d'édition me suggérèrent de raccourcir les cent premières pages qu'ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n'eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu'un voulait entrer dans l'abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S'il n'y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre dans son entier. Donc les cent premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n'aimerait pas : il resterait sur le flanc de la colline." Umberto Eco, extrait d'Apostille au Nom de la rose

    Pour couronner le tout Umberto Eco a pris un malin plaisir à ne pas traduire les passages en latin, nombreux au début du récit.

    Mais tout cela ne retire rien au plaisir de lire ce livre d'une grande richesse, comportant plusieurs niveaux de lecture. Il s'agirait même d'un livre à relire. L'Apostille située en fin de l'ouvrage est un petit bijou pour les amoureux De la littérature, Eco y dévoile le processus d'écriture du roman, le travail d'un écrivain.


    Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Aline1102 le 27/01/2012


    Parvenu à l'automne de sa vie, Adso de Melk, moine bénédictin du monastère du même nom, se souvient de sa jeunesse et de ses années de novice. A une certaine époque, alors qu'il accompagnait son maître franciscain Guillaume de Baskerville, Adso a participé à de grands événements.
    En compagnie de Guillaume, le jeune homme a pris part à des négociations entre certains moines franciscains et une délégation papale. Partisans de la pauvreté, les franciscains de l'époque blessait l'orgueil de la papauté, qui vivait dans l'opulence à Avignon. La rencontre, censée aplanir les difficultés entre ces deux camps, s'est tenue dans l'une des abbayes de la péninsule italienne, dont Adso choisit de taire le nom.

    Car l'enceinte de l'abbaye n'a pas seulement servi de terrain neutre, où Franciscains et légats du Pape se sont livrés à des discussions doctrinales; elle a aussi abrité la folie d'une personne...
    A peine arrivés sur place, alors qu'ils attendent encore les autres moines franciscains, Guillaume et son jeune acolyte apprennent, de la bouche de l'Abbé, qu'un des enlumineurs les plus doués de la chrétienté, le jeune Adelme d'Otrante, est mort dans des circonstances plus que suspectes. Démuni face à ce drame qu'il souhaite voir réglé avant l'arrivée de la délégation papale, l'Abbé demande à Guillaume, ancien inquisiteur, d'enquêter sur ce sordide événement.
    Guillaume accepte, à condition qu'il puisse poser toutes les questions nécessaires à sa compréhension de l'affaire et qu'il obtienne l'autorisation de visiter toute l'abbaye. L'Abbé accepte, mais émet une réserve: la bibliothèque ne sera pas accessible à Guillaume, puisque seuls le bibliothécaire et son aide peuvent y pénétrer. Cette interdiction intrigue tout particulièrement Guillaume...


    "Le Nom de la rose" fait partie de ces romans qui se méritent: difficile à lire, il réclame de son lecteur une concentration constante. Mais, une fois surmontés les passages difficiles, quel plaisir que cette intrigue à la fois policière et historique!
    Un grand nombre de personnages viennent interagir avec Guillaume, il faut donc bien les différencier les uns des autres pour comprendre le rôle de chacun dans le récit. Car même le moins important des moines a son rôle jouer dans le dédale psychologique que représente l'abbaye.

    Le suspense du roman est tout d'abord entretenu par les nombreuses mort suspectes qui affectent l'abbaye. L'un après l'autre, de nombreux moines vont commencer par disparaître mystérieusement avant d'être retrouvés morts... Et les décès sont tous symboliques puisque, comme le souligne le vieil Alinardo de Grottaferrata, chacun suit l'une des trompettes de l'Apocalypse de Jean.

    Mais un autre mystère alimente le rythme du récit: celui de la fameuse bibliothèque qui, d'après les moines, est la plus belle et la plus importante de la chrétienté. Il est interdit de la visiter, au grand dam de Guillaume, fervent lecteur et admirateur des oeuvres d'Aristote. La raison invoquée pour justifier cet interdit est la fragilité des volumes. Mais, très vite, on se rend compte qu'il ne s'agit que d'un prétexte destiné à empêcher l'accès aux immenses savoirs que le bâtiment renferme. Très vite, Guillaume et Adso apprennent, de la bouche des différents moines intérrogés, que la bibliothèque est un véritable labyrinthe rempli d'artifices destinés à égarer les curieux qui tenteraient d'y pénétrer malgré l'interdit. Guillaume a alors l'intuition que tous les événements mystérieux s'étant déjà produits ont un lien avec l'un des livres que renferme l'édifice.
    Pour le plus grand bonheur des amateurs de littérature, la bibliothèque est donc l'élément central du Nom de la Rose. Les nombreuses références aux ouvrages connus de Guillaume, grand érudit, ne donnent qu'une envie: redécouvrir l'oeuvre des philosophes dont il parle.

    Le côté historique du récit est également très présent. Adso explique ainsi les différends opposant le Pape et les Franciscains, et nous donne de précieuses indications sur le mode de vie des ordres religieux du Moyen Âge.

    Les Bénédictins, ordre auquel appartient Adso, vivent selon la règle de saint Benoït. Les abbayes de cet ordre étaient, pour la plupart, composées de large domaines et exerçaient une grande influence économique et religieuse sur la société moyenâgeuse. C'est d'ailleurs le cas de l'abbaye du Nom de la Rose: la richesse du monastère est incontestable et l'Abbé en est particulièrement fier. Il faut dire que ce mode de vie particulièrement confortable pour l'époque n'était pas contradictoire à la règle de Saint Benoît, qui n'imposait pas d'austérité particulière aux congrégations religieuses.
    Les Franciscains, au contraire, étaient les partisans de la pauvreté du Christ. Selon eux, Jésus ayant été pauvre toute sa vie, l'Eglise, si elle voulait réellement suivre l'enseignement de Dieu, devait elle aussi être pauvre. Bien entendu, cette vision des choses n'était pas pour plaire au Pape de l'époque, Jean XXII, qui avait perfectionné la fiscalité épiscopale et donc enrichi l'Eglise. Suivant la règle de Saint François d'Assise, les Franciscains sont pauvres et heureux de l'être et considèrent donc Jean XXII comme un hérétique, voire comme l'Antéchrist lui-même.

    Ces querelles religieuses forment donc la seconde trame d'un récit déjà très animé par l'enquête de Guillaume. Peu à peu, le lecteur se retrouve plongé dans les discussions des différents ordres représentés et finit pas se demander lui-même quel camp il aurait adopté à l'époque. Car, si les Franciscains semblent plus sympathiques et plus proches des gens du peuple, les idées du plus célèbre d'entre eux, Ubertin de Casale, à propos des fraticelles et autres mouvements opposés à l'Eglise, semblent trop tranchées pour être justes. Au milieu de cette tempête doctrinale, c'est finalement Guillaume qui semble détenir la vérité.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par bleuettediot le 26/07/2010


    Que dire d'autre sinon que ce roman est un pur chef-d'oeuvre ! L'érudition d'Umberto Eco n'est certes plus à démontrer mais un tel travail de recherches me laisse parfaitement admirative. L'atmosphère de ce polar ésotérique est parfaitement rendu grâce à des descriptions saisissantes, des personnages truculents à souhait et un suspens à vous donner le frisson ! Au fil des pages, on ne peut être qu'impressionné par une telle maîtrise de la langue. A mon sens, Umberto Eco reste tout simplement un génie !



    Lien : http://bleuette-diot.over-blog.org

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par maxsantoul le 10/12/2010


    Je me souviens avoir été complètement ébloui par ce roman. Ce que j'ai ressenti à la lecture du Parfum en plus explosif. D'un seul coup, un nouveau monde se découvrait, comme à la première ouverture des yeux sur le bord des falaises du Grand Canyon. Une échelle du temps de centaines de millions d'années s'inscrit alors dans l'esprit avide des durées, en un seul instant. Ici, c'est une autre échelle de l'écriture qui vous transporte. Donc, ma critique sera pauvre, car je ne saurai pas souligner un tel chef d'œuvre.
    L'adaptation cinématographique du livre fut à la hauteur de mon attente également. J'avais très peur de la moindre souillure, de l'abandon du mystère. Car, comment installer dans un espace restreint à celui de l'image l'évocation d'un labyrinthe ? le cinéaste y est arrivé et ce n'est pas la seule de ses prouesses. Tout y est extraordinaire. Bravo !

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par maltese le 28/09/2010


    Un très grand livre, premier roman d'Umberto Eco et réussite qui dépasse les cadres du simple polar historique. Bourré de considérations théologiques mais aussi réflexion sur le signe, sur le cryptage et la manière de lire le monde en général (je rappelle que l'auteur est avant tout sémiologue), sur le livre également et la bibliothèque, le récit est palpitant, intelligent, donne au lecteur à réfléchir tout en s'amusant.
    Et Eco trouve en quelque sorte, tout en lui rendant hommage, un ancêtre au Sherlock holmes de Conan Doyle par l'intermédiaire de son héros, Guillaume de Baskerville. Il s'agit également pour une part d'un roman d'initiation et d'apprentissage, celui du jeune Adso, narrateur de l'histoire. Et quelle évocation du Moyen Age et de l'Inquisition...
    Un chef-d'oeuvre porté à l'écran en 1986 par Jean-Jacques Annaud, adaptation réussie qui perd malgré tout beaucoup par rapport à la portée du roman.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par laDameduCDI le 07/09/2010


    Adolescente, j'avais été touchée par l'adaptation cinématographique de Jean-Jacques Annaud, et quelques années plus tard, j'ai dévoré le livre, un magnifique policier médiéval, mais pas que ! Parce que les livres d'Eco sont des enchevêtrements de toutes sortes, à des degrés divers, à l'image de la bibliothèque, personnage le plus important du roman à mon sens !

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par nekomusume le 27/06/2011


    un livre fascinant, une description de l'époque merveilleuse, une intrigue qui nous tient en haleine, une suspense incroyable. l'histoire et la fiction mêlées intimement qu'on n'en arrive plus à démêler le réel de l'imaginaire.
    et pour moi, mon rêve que l'auteur semble avoir décrit: une bibliothèque quasi infinie...

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Piling le 27/01/2011


    "Le diable n'est pas le principe de la matière, le diable est l'arrogance de l'esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute. le diable est sombre parce qu'il sait où il va, et allant, il va toujours d'où il est venu."
    Ainsi le nom de la rose conclut qu'un dieu qui ne rit pas ne peut être que le diable…

    Il va même plus loin : un dieu dont on ne peut rire est le diable, ce qui rejoint le sentiment que m'inspire parfois les salmigondis 'idolâtres' de saint Paul : si on n'agit pas devant Dieu comme on n'oserait jamais devant un tyran, c'est que ce n'est pas le bon…

    (…)


    Lien : http://sohrawardi.blogspot.com/2011/01/dans-lintime-ou-personne-ne-s..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)






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