Un jour, l'homme des cavernes, au lieu de filer à son congénère un coup de massue sur la tête, le traita de con, ainsi naquit la civilisation. Au commencement était le gros mot. Il aurait tout aussi bien pu l'agonir de mille autres noms : abruti, ballot, chameau, débranché, empoté, fumier, gougnafier et ainsi de suite jusqu'à Z. Il aurait également pu faire précéder le substantif, selon le degré d'intimité, de «grand...» s'il «rassemble tous les attributs de la connerie ; le petit con dérisoire» ; de «sacré...» s'il est «officiellement investi dans sa fonction de roi des cons» ; de «sale...» s'il est «à la fois bête et méchant», etc. Mais notre primitif ancêtre n'avait pas
Le Robert (Edouard),
Dictionnaire des injures, avec étymologie et citations historiques, qui sort concomitamment avec un
Traité d'injurologie (même éditeur). Idéal pour trouver l'insulte idoine : «Anatife», crustacé qui, selon la légende, fait naître les canards de sa coquille : «Convient à merveille pour un journaliste ou un typographe.» Cet ouvrage est un véritable guide de l'étiquette inversé : «Un gentleman est quelqu'un qui ne blesse jamais les sentiments d'autrui sans le faire exprès» (
Oscar Wilde).
ROSE Sean James