> Évelyne Jouve (Traducteur)

ISBN : 2714443745
Éditeur : Belfond (2009)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Un père qui croit protéger les siens, une fillette oubliée, une famille déchirée par un terrible secret... Un roman bouleversant sur les non-dits et le pouvoir de l'amour.
1964. Une terrible tempête de neige paralyse le Kentucky. Le Dr David Henry n'a pas le cho... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 26 août 2011

    caro64
    David et Norah Henry sont mariés depuis un an et attendent leur premier enfant. En plein mois de mars 1964, une terrible tempête de neige s'abat sur le Kentucky. David, médecin orthopédique, est contraint d'accoucher sa femme au cabinet médical aidée par Caroline Gill, son infirmière. Problème : en 1964 l'échographie obstétricale n'est pas au rendez-vous. Et nul ne sait que Norah attend en fait des jumeaux. Un petit garçon naît, suivi quelques minutes plus tard, à la surprise de son père, d'une petite fille. Et là c'est la consternation, elle est trisomique. Devant le faciès de l'enfant, la perspective des complications qui s'annoncent, du poids à vivre avec un handicapé, le Dr Henry prend, seul, la décision de ne pas garder l'enfant. Il la confie à Caroline, lui demandant de l'emmener dans un institut spécialisé. Et annoncera à sa femme que la petite est morte à la naissance. Mais la mécanique s'enraye, Caroline, arrivée dans le mouroir que sont ces instituts à l'époque, décide de garder l'enfant et de l'élever seule. Deux histoires débutent alors, en parallèle permanent, celle de l'éducation d'une petite trisomique dans l'Amérique d'alors, et celle de ce couple qui souffre pour l'un du mensonge pour l'autre d'une insatisfaction inexpliquée. Jusqu'à ce que ces histoires se croisent…
    Ce roman évoque l'histoire déchirante d'une famille écrasée par un terrible secret dont les conséquences résonneront pendant de longues années. Kim Edwards nous livre un bouleversant témoignage (inspiré d'une histoire vraie) sur le handicap et le poids des non-dits sur les relations familiales. Très bien écrit, on dévore les pages sans s'en rendre compte et la lecture en est fort agréable. Et j'ai réellement passé un bon moment malgré quelques longueurs et une fin décevante, pas à la hauteur du livre… une fin bâclée, comme si l'auteur ne savait pas comment finir l'histoire. Dommage ! Cela reste néanmoins un beau roman, touchant, plein d'humanité, qui pose de vraies bonnes questions.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 13 décembre 2010

    100choses
    J'étais très intéressée par l'histoire de cette petite fille trisomique et par la façon dont les protagonistes allaient vivre avec cette enfant, quelle place elle aurait dans leur vie, ce qu'elle allait changer en eux. Et l'auteure a su comblé la plupart de mes attentes.
    Pour commencer, j'ai beaucoup aimé la forme de ce roman, l'alternance entre les chapitres nous parlant de la famille Henry et ceux nous parlant de Caroline et Phoebe. Ce procédé rend bien, la barrière qui existe entre ces deux familles qui ont évolué chacune dans leur coin. le lecteur a alors une place privilégiée, comme surplombant le récit. Je vais d'ailleurs garder cette même séparation pour la suite de mon billet.
    La famille Henry, tout d'abord. J'avoue qu'au départ, le couple formé par Norah et David ne m'a pas du tout touchée : trop jeunes, trop beaux, trop « successfull », trop « américains », j'ai envie de dire. Puis j'ai été horrifiée par la décision du dr Henry. Même si je connaissais son choix, pour avoir lu la quatrième de couverture, le découvrir en détails au sein du livre m'a beaucoup choquée. Je lui en voulais et le traitais de tous les noms. Par la suite, ce sentiment s'est beaucoup atténué. J'ai appris à connaitre ce couple au fil des pages, et j'ai érpouvé beaucoup de tristesse et de compassion pour ces deux jeunes gens que l'on voit vieillir et s'éloigner peu à peu l'un de l'autre. Je n'imaginais pas que ce non-dit serait si dramatique pour eux, briserait autant de choses. David, en particulier, m'a profondément touchée, de par son histoire, les conséquences de son choix, qu'il a du porter seul toute sa vie. Il m'a presque arraché une larme. Norah quant à elle, m'a laissée plus indifférente, je n'ai pas aimé, pas compris sa passivité du début et les choix qu'elle fait par la suite.
    Quant à Paul, leur fils, j'aurais aimé que les passages le concernant soient plus développés. Sa position était très délicate, et si l'auteur nous le montre bien lorsqu'elle nous le présente, je l'ai trouvé un peu trop absent sur la globalité du roman. D'autant plus que je me suis tout de suite attachée au bout de chou puis au jeune homme qu'il devient.
    Passons maintenant à Caroline et Phoebe. C'est de loin la partie que j'attendais le plus, et j'ai parfois regretté qu'elle ne soit pas plus développée. En effet, les chapitres consacrés à ces deux figures féminines sont beaucoup moins nombreux que ceux nous présentant la famille Henry. Ils étaient vraiment très bons, mais avaient gout de « trop peu ». Caroline m'a touchée par son courage, pas tant d'avoir choisi de s'occuper de cette enfant trisomique, mais tout simplement, d'avoir fait le choix de l'élever seule (ou presque…), préférant se faire passer pour mère célibataire (statut pas du tout évident à assumer dans l' Amérique des années 60…) plutôt que de l'abandonner dans une institution spécialisée. Je l'ai tout de suite beaucoup aimée, parce qu'elle a toujours vu en Phoebe, une enfant, puis une jeune fille, n'accordant au handicap qu'une place accessoire, sauf vers la fin de l'ouvrage quand effectivement certaines questions d'ordre technique se posent.
    Phoebe est, quant à elle, super attachante et j'avais parfois envie de la connaitre « pour de vrai », oubliant que je me trouvais dans un roman. Il est d'ailleurs très intéressant de la suivre sur de si longues années. On la voit grandir, évoluer, faire des progrès tout en ayant des limites imposées par son handicap, être heureuse, triste, amoureuse…Bref, elle semble si proche de nous malgré sa différence ! On découvre aussi toutes les difficultés d'ordre technique et administratif que rencontrent les deux personnages, mais elles ne perdent pas courage et avancent, coûte que coûte, en particulier grâce à quelques amitiés précieuses. Et c'est là toute la force de l'auteur, elle réussit à nous montrer les faiblesses de Phoebe, sans jamais tomber dans le pathos (ce qui était ma plus grande crainte en ouvrant ce livre) ! S'il y a un personnage heureux de vivre et qui redonne force et courage au lecteur, c'est sans conteste Phoebe.
    Bref, un très beau roman qui accorde la place d'honneur aux personnages, émouvant mais qui nous donne aussi une vraie leçon de vie et de courage et nous pousse à réfléchir sur pas mal de choses. On ne peut pas refermer ce livre sans se poser au moins une fois la question : « comment réagirais-je dans la même situation ? » bref, je vous le recommande chaudement.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/10/15/edwards-kim-lenfant..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Skorpionnan, le 13 octobre 2010

    Skorpionnan
    Lecture:
    David Henry est un Médecin qui aide son prochain. Il a une jeune épouse aimante et ils vont avoir leur premier enfant. Mais cet enfant s'avère être des jumeaux qui naissent en plein milieu d'une tempête de neige , leur mère accouchée par leur père et par son assistante, une infirmière du nom de Caroline. Si le premier bébé, un garçon, est en pleine forme malgré ces conditions difficiles, le second, une petite fille, est trisomique.
    Et là le bon Docteur revoit son enfance misérable, revit la douleur traumatisante du décès de sa jeune soeur qui était atteinte d'une maladie du coeur. Pour épargner sa femme, il demande donc à son assistante d'expédier la petite dans une institution spécialisée et assure à son épouse que l'enfant était mort-né. L'infirmière s'éloigne donc, mais finit par garder l'enfant et l'élever elle-même, loin.
    On suit donc deux histoires en parallèle : celle de la Famille du Dr Henry qui a tout pour être heureuse :amour, réussite, santé et celle de Caroline et de la petite Phoebe qui partent dans la précarité, la clandestinité en devant affronter un lourd handicap.
    Dès le début du roman, l'auteur sait transmettre dans ses mots une énorme tension. On sent l'Amour profond que se porte le couple Henry, on sent le désespoir du Dr et l'on comprend les motivations de son geste (même si on ne les partage pas). On sait aussi qu'un inéluctable drame est en train de se passer.
    En parallèle, on voit les difficultés rencontrées par Caroline et Phoebe la "Mongolienne", les montagnes d'incompréhension qu'elles doivent affronter et leur solitude. (Aïe , me dis je , pas de misérabilisme, par pitié, mais jamais l'auteur n'y tombe, au contraire).
    Ces deux histoires se déroulent, petit à petit, par touches impressionnistes comme tombées au hasard d'un album photo, parfois tangentes, parfois aux antipodes.
    Et insidieusement, sans que l'on ne s'en aperçoive, la perspective change, des petits bouts de vernis tombent:
    La famille du Dr Henry se trouve minée par ce mensonge qui enfle démesurément jusqu'à devenir un mur entre le père et la mère et entre le père et son fils. Malgré toutes leurs bonnes intentions et leurs bons sentiments, il se pavent lentement un enfer d'incommunicabilité , de solitude en communauté et de colère vénéneuse et rentrée. de leur côté Caroline et Phoebe vivent un combat constant mais simple et le bonheur vient petit à petit combler les manques et aider à franchir les obstacles.
    Avis:
    Un très bon bouquin. L'auteur excelle a restituer des sentiments, à nous rendre palpables des ambiances qui sont toutes contraires à ce que les faits et gestes laissent croire. Il y a dans ce livre par moments des tensions insupportables mais il laisse à la fin ce petit sourire de satisfaction.
    Je ne pense pas que Kim Edards connaisse ce proverbe Auvergnat que j'aime , mais il l'illustre parfaitement: "Ce que tu offres fleurit, ce que tu gardes pourrit".
    Ma Note : 17/20


    Lien : http://skorpionnan.over-blog.com/article-l-enfant-de-tous-les-silenc..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par bibliame, le 15 juillet 2011

    bibliame
    Belle histoire portée par Caroline, infirmière de son état, qui a recueilli Phoebe, car elle n'a pu supporter de laisser cet enfant trisomique dans cette institution spécialisée tellement déprimante que lui avait indiqué son patron ; et David, père de Phoebe, qui, de par son vécu quand il était chez ses parents, pensait éviter des souffrances à sa fille et à sa famille, se retrouve plongé dans une vie qui se délite au fur et à mesure des années.
    Kim Edwards a su raconter l'itinéraire de ces acteurs sans tomber dans le larmoyant. Tout simplement en montrant aussi bien le bonheur immense que peut amener une enfant trisomique dans un foyer, qu'en décrivant la souffrance qui peut être ressentie par une famille qui perd un des ses enfants à la naissance. Elle a su décrypter les sentiments vécus par l'une et l'autre partie, en montrant combien le quotidien peut être pavé de difficultés, surmontables pour certaines, destructrices pour les autres.
    Elle a su également amener son récit sur une note finale vraisemblable et réaliste, à mon sens.
    Remis dans le contexte des années 1960, cette histoire n'en a que plus de poids.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par homelaet, le 27 novembre 2008

    homelaet
    La principale question de ce livre que vous vous posez tout au long de sa lecture est : "Qu'auriez-vous fait dans les deux cas?"
    Quels sont les deux cas ?
    1/ Un père face à une dure réalité : doit-il garder son enfant et faire face à son handicap toute sa vie ou tendre les bras pour le donner à l'infirmière l'abandonner et le faire passer pour mort ?
    2/ Une infirmière, femme seule et sans enfant, qui a le choix de refuser l'enfant qui lui est tendue, le garder, ou le placer dans un institut spécialisé ?
    Ce livre débute dans les années 60. Une jeune femme accouche de faux jumeaux : un garçon, Paul, en pleine santé et comme qui dirait parfait, et une fille, Phoebe, atteinte du syndrome de Down.
    Phoebe est le centre de ce livre. Tous les personnages tournent autour de son existence qu'ils la connaissent ou non. Et pourtant c'est le personnage le plus méconnu du roman. On ne connait absolument rien de ce qu'elle pense, ce qu'elle vit. C'est sans doute ce qui en fait un personnage aussi attachant.
    Je vous conseille de lire ce livre pour avoir une vision inédite de cette anomalie génétique si vous ne connaissez personne qui en soit atteint.
    Un chef d'oeuvre de lecture.
    Je vous le conseille vivement.

    Lien : http://homelaet.canalblog.com/archives/2008/08/14/10187840.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 26 août 2011

    Il fut frappé par l'accablante certitude que ce qu'il avait fait autrefois pendant cette nuit de neige, ne resterait pas impuni. La vie avait continué, pleine de satisfactions, riche d'expériences et de rencontres; au yeux du monde il offrait l'image de la réussite. Et cependant, parfois, aux moments les plus inattendus -au beau milieu d'un acte chirurgical, quand il traversait la ville en voiture pour rentrer chez lui, ou lorsqu'il était sur le point de s'endormir-, il sursautait, écrasé par le poids de la culpabilité. Il avait donné leur bébé. Ce secret se dressait entre sa famille et lui comme un mur. Norah et Paul s'y heurtaient constamment, sans comprendre ce qui se passait car ils ne pouvaient ni le voir ni l'abattre.
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  • Par Evilysangel, le 11 octobre 2010

    - C'est une fille, dit-il.
    Il la tenait serrée contre lui, face au sol, et lui tapota le dos jusqu'à ce qu'elle crie. Puis il la retourna.
    Sa peau délicate luisait de liquide amniotique et de traces de sang. Ses yeux étaient bleu marine, ses cheveux d'un noir de jais, mais il ne vit rien de tout cela. ce qu'il regardait, c'était ce visage caractéristique : les paupières fendues obliquement, comme si elle riait, le nez aplati à la base. Un cas typique. Il lui sembla entendre la voix de son professeur quand ils avaient examiné un nourrisson identique, il y avait de nombreuses années. Un mongolien. Pouvez-vous me décrire les conséquences de la malformation? Il était interne, alors, et avait récité les symptômes tels qu'il les avait appris dans le manuel : diminution du tonus musculaire, développement psychomoteur retardé, complications cardiaques possibles, déficience intellectuelle, espérance de vie limitée. Le professeur titulaire avait hoché la tête, appliquant son stéthoscope sur le torse nu du bébé. Pauvre gosse. Ses parents ne peuvent rien pour lui. Le mieux à faire, c'est de la placer dans un foyer : ils s'épargneront ainsi bien des souffrances.
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  • Par Evilysangel, le 11 octobre 2010

    Caroline recueillit le Polaroïd entre le pouce et l'index au moment où il sortait de l'appareil photo. L'image commençait déjà à se dessiner : la table recouverte d'une nappe blanche flottant sur un océan de gazon ; Phoebe comme un brouillard pâle dans sa robe de confirmation.
    Caroline agita la photo pour la faire sécher. Un roulement de tonnerre gronda au loin. Un orage de fin d'été menaçait. Une brise souleva les serviettes en papier.
    - Encore une, dit caroline.
    - Oh, maman! protesta Phoebe.
    Elle se leva d'un bond à la seconde où elle entendit le déclic et courut jusqu'à l'endroit où Avery Swan, leur voisine de huit ans, serrait dans ses bras un minuscule chaton de la même teinte orange foncé que ses cheveux.
    Phoebe, treize ans, était petite pour son âge, potelée, impulsive et passionnée, lente à comprendre, mais capable de passer de la joie à la tristesse et de nouveau à la joie à uine vitesse stupéfiante.
    - Je suis confirmée! criait-elle maintenant en tournoyant sur la pelouse, bras levés, attirant sur elle le regard amusé des invités.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par caro64, le 26 août 2011

    Ce que je vois chaque jour, c’est une petite fille avide d’apprendre, qui aime tout le monde, sans discrimination. Et ce que je vois ici, c’est une assemblée de juges qui semblent avoir oublié que ce pays promet l’accès à l’éducation à tous ses enfants – quelles que soient leurs aptitudes intellectuelles.
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  • Par bibliame, le 15 juillet 2011

    Elle s’attarda sur le palier pour les écouter. Le monde était un lieu imprévisible et parfois effrayant, mais en cet instant, il se montrait clément. Sa fille riait avec son petit ami, son mari somnolait, un livre sur les genoux, et elle n’avait pas besoin de cuisiner le dîner. Elle prit une profonde inspiration. Un parfum de roses flottait dans l’air, peur et frais – comme la neige.
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