> Samuel Todd (Traducteur)

ISBN : 2070786897
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Valentino n'a pas 8 ans lorsqu'il est contraint de fuir Marial Bai, son village natal, traqué par les cavaliers arabes, ces miliciens armés par Khartoum. Comme des dizaines de milliers d'autres gosses, le jeune Soudanais va parcourir à pied des centaines de kilomètres p... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par anabelle, le 07 mai 2010

    anabelle
    DAVE EDGERS – LE GRAND QUOI – GALLIMARD
    Dans ce long roman Valentino, jeune réfugié Somalien aux Etats-Unis, raconte sa vie.
    Enfant, il fit partie de ces milliers « d'enfants perdus » qui ont traversé la Somalie à pied, jusqu'en Ethiopie, fuyant les combats, le massacre et l'agonie de leur peuple. Une marche dans le vide et la cruauté sur des milliers de kms.
    Une longue route sur laquelle ils voient tomber nombre de leurs compagnons d'une troupe qui grossit tous les jours, croisent des hordes de soldats ne sachant plus parfois les ordres, aidés par des mirages leurs seuls vrais compagnons d'arme, se réfugient pour 1 heure dans le giron d'une mère sans enfants, marchent parfois plusieurs jours sans dormir, sans manger ni boire, devant âprement négocier et monnayer la moindre graine. Quand ils trouvent finalement leurs premiers camps de réfugiés, ceux-ci s'avèrent de véritables réservoirs d'embrigadement, et la troupe doit fuir.
    Au bout du compte, il passera 13 ans de sa vie dans des camps, d'où il pourra grâce à des programmes humanitaires émigrer vers les Etats-Unis. Il faillit ne jamais pouvoir s'envoler, son avion devant partir le 11 septembre 2001. Finalement, avec le soutien sans faille d'un parrain, il reconstruit peu à peu sa vie.
    C'est un livre profond, où l'on voit un enfant se battre mentalement pour sa survie, y compris aux Etats-Unis quand il faillit mourir dans un cambriolage raciste.
    Une construction originale, avec des AR entre le passé et le présent, où l'on reçoit la parole de Valentino en pleine figure quand il s'adresse mentalement aux gens qu'il croise et raconte sa vie.
    C'est ainsi le moyen de sa survie : il parle silencieusement aux autres, une manière de les regarder droit dans les yeux.
    C'est un livre que l'auteur a construit avec le vrai Valentino, dans le cadre de longs entretiens. Pratiquement une biographie donc, mais dont la part romancée a une importance fondamentale car elle nous permet à nous lecteurs un retrait salvateur.
    Valentino existe vraiment et a créé une fondation d'aide à la reconstruction de la Somalie et du Darfour, également aux réfugiés soudanais aux Etats-Unis.
    « Losrque Dieu a créé la terre, il nous fit d'abord, nous le peuple des Monyjang. Il fit du premier homme la plus grande et la plus forte créature de la terre. Il lui donna une femme magnifique, la plus belle sur terre. Quand Dieu en eut terminé et que les Monyjang furent sur terre à attendre ses instructions, Dieu s'adressa à l'homme : « Maintenant que tu es là, sur la plus sacrée et la plus fertile des terres je peux te donner encore une chose. Une créature : une vache. Dieu donna donc à l'homme le bétail, un troupeau magnifique, exactement comme le souhaitaient les Monyjang. L'homme et la femme l'ont remercié du cadeau : ils savaient que les bêtes leur procureraient du lait et de la viande ainsi que la prospérité. Mais Dieu n'en n'avait pas fini. Il ajouta : « Choisis entre ce troupeau, qui est mon cadeau, et le Grand Quoi. »Le premier homme leva la tête vers Dieu et demanda ce que pouvait bien être ce grand Quoi. Dieu répondit à l'homme : « je ne peux pas te le dire mais il faut que tu choisisses entre le bétail et le Quoi ». L'homme et la femme avaient le troupeau sous les yeux. Ils savaient qu'avec ces bêtes il vivraient bien. Que pouvaient-ils espérer de plus ? L'homme et la femme trouvaient stupide d'abandonner ce troupeau pour le Quoi. L'homme opta pour le bétail. Dieu testait l'homme pour voir s'il se rendait compte de qui lui avait été donné, s'il savait se satisfaire de cette générosité plutôt que de l'échanger avec une énigme. »
    Mais qu'est ce que le grand Quoi ? Quel est le dessein de Dieu pour Valentino ? Des questions qui, au bout du compte, hantent tout le roman et auxquelles nous lecteurs cherchons à répondre sans relâche
    Anabelle
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par anabelle, le 07 mai 2010

    anabelle
    DAVE EDGERS – LE GRAND QUOI – GALLIMARD
    Dans ce long roman Valentino, jeune réfugié Somalien aux Etats-Unis, raconte sa vie.
    Enfant, il fit partie de ces milliers « d'enfants perdus » qui ont traversé la Somalie à pied, jusqu'en Ethiopie, fuyant les combats, le massacre et l'agonie de leur peuple. Une marche dans le vide et la cruauté sur des milliers de kms.
    Une longue route sur laquelle ils voient tomber nombre de leurs compagnons d'une troupe qui grossit tous les jours, croisent des hordes de soldats ne sachant plus parfois les ordres, aidés par des mirages leurs seuls vrais compagnons d'arme, se réfugient pour 1 heure dans le giron d'une mère sans enfants, marchent parfois plusieurs jours sans dormir, sans manger ni boire, devant âprement négocier et monnayer la moindre graine. Quand ils trouvent finalement leurs premiers camps de réfugiés, ceux-ci s'avèrent de véritables réservoirs d'embrigadement, et la troupe doit fuir.
    Au bout du compte, il passera 13 ans de sa vie dans des camps, d'où il pourra grâce à des programmes humanitaires émigrer vers les Etats-Unis. Il faillit ne jamais pouvoir s'envoler, son avion devant partir le 11 septembre 2001. Finalement, avec le soutien sans faille d'un parrain, il reconstruit peu à peu sa vie.
    C'est un livre profond, où l'on voit un enfant se battre mentalement pour sa survie, y compris aux Etats-Unis quand il faillit mourir dans un cambriolage raciste.
    Une construction originale, avec des AR entre le passé et le présent, où l'on reçoit la parole de Valentino en pleine figure quand il s'adresse mentalement aux gens qu'il croise et raconte sa vie.
    C'est ainsi le moyen de sa survie : il parle silencieusement aux autres, une manière de les regarder droit dans les yeux.
    C'est un livre que l'auteur a construit avec le vrai Valentino, dans le cadre de longs entretiens. Pratiquement une biographie donc, mais dont la part romancée a une importance fondamentale car elle nous permet à nous lecteurs un retrait salvateur.
    Valentino existe vraiment et a créé une fondation d'aide à la reconstruction de la Somalie et du Darfour, également aux réfugiés soudanais aux Etats-Unis.
    « Losrque Dieu a créé la terre, il nous fit d'abord, nous le peuple des Monyjang. Il fit du premier homme la plus grande et la plus forte créature de la terre. Il lui donna une femme magnifique, la plus belle sur terre. Quand Dieu en eut terminé et que les Monyjang furent sur terre à attendre ses instructions, Dieu s'adressa à l'homme : « Maintenant que tu es là, sur la plus sacrée et la plus fertile des terres je peux te donner encore une chose. Une créature : une vache. Dieu donna donc à l'homme le bétail, un troupeau magnifique, exactement comme le souhaitaient les Monyjang. L'homme et la femme l'ont remercié du cadeau : ils savaient que les bêtes leur procureraient du lait et de la viande ainsi que la prospérité. Mais Dieu n'en n'avait pas fini. Il ajouta : « Choisis entre ce troupeau, qui est mon cadeau, et le Grand Quoi. »Le premier homme leva la tête vers Dieu et demanda ce que pouvait bien être ce grand Quoi. Dieu répondit à l'homme : « je ne peux pas te le dire mais il faut que tu choisisses entre le bétail et le Quoi ». L'homme et la femme avaient le troupeau sous les yeux. Ils savaient qu'avec ces bêtes il vivraient bien. Que pouvaient-ils espérer de plus ? L'homme et la femme trouvaient stupide d'abandonner ce troupeau pour le Quoi. L'homme opta pour le bétail. Dieu testait l'homme pour voir s'il se rendait compte de qui lui avait été donné, s'il savait se satisfaire de cette générosité plutôt que de l'échanger avec une énigme. »
    Mais qu'est ce que le grand Quoi ? Quel est le dessein de Dieu pour Valentino ? Des questions qui, au bout du compte, hantent tout le roman et auxquelles nous lecteurs cherchons à répondre sans relâche
    Anabelle
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 23 septembre 2010

    litolff
    L'auteur a recueilli l'histoire de Valentino Achak Deng, un émigré soudanais, installé à Atlanta pour écrire ce roman-témoignage sur la sauvagerie des guerres africaines, et sur les flux migratoires qu'elles entraînent depuis plusieurs décennies.
    Valentino, 8 ans, doit fuir son village soudanais, attaqué par les milices armées et se réfugie sur les routes bombardées par l'aviation soudanaise, comme des milliers d'autres qui forment de longues cohortes d'enfants dépenaillés et affamés. Certains meurent de soif, de faim, de fatigue, de maladie, d'autres sont fauchés par des balles ou dévorés par des lions... Valentino parviendra à gagner l'Ethiopie puis le Kenya et passera une dizaine d'années dans des camps de réfugiés («pas le pire endroit du continent africain, mais pas loin»).
    Il parviendra enfin en Amérique où l'attend un autre enfer : déboussolé au coeur de la jungle urbaine d'une Amérique raciste, il se fait agresser dans son appartement et c'est une nouvelle violence que décrit Dave Eggers, en soulignant les désillusions de Valentino.
    Un très beau livre qui peint avec sobriété et clarté le terrible tableau des migrations de masse, sans pathos ni apitoiement, même si l'on ressent son emopathie pour le héros.
    Les droits du livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng, qui aide les réfugiés soudanais aux Etats- Unis.
    PRIX MEDICIS DU ROMAN ETRANGER 2009
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par simae, le 19 février 2011

    simae
    Dave Eggers a recueilli le témoignage de Valentino Deng, Soudanais ayant fuit son village aux premières heures du conflit opposant le Nord, Khartoum, au Sud Soudan et ses villages traditionnels. Valentino n'avait que huit ans...
    Le récit alterne entre la vie actuelle de Valentino aux Etats-Unis et son histoire. Il aurait pu être larmoyant, pathos...il n'en est rien, bien au contraire, il est simple mais bouleversant. Dave Eggers décrit certaines scènes d'une atrocité inimaginable, comme la masacre du fleuve Gilo, sans entrer dans des détails gores, on imagine l'horreur de ce moment.
    L'histoire de Valentino et à travers lui de milliers d'enfants soudanais, est impressionnante : son village a été attaqué par les Musulmans envoyés par Khartoum, il est resté caché pendant que d'autres se faisaient tués sous ses yeux. Séparés de ses parents, des ses amis, il rejoint des groupes d'enfants et commencent alors de longs jours de marche. La faim, la soif, les attaques...la mort présente tous les jours. La vie ne tient qu'à un fil : l'espoir d'un jour meilleur, l'espoir qu'un jour cette guerre s'arrête pour retourner dans son village natal.
    Valentino a rejoint l'Ethiopie puis le Kenya où il va passer des années dans un camp de réfugiés...des années. En commençant ce livre, je n'avais pas consience que tout ceci durait depuis si longtemps...
    Au bout de 8 ans, les Etats-Unis ont commencé à sortir les enfants de ce camp de Kakuma pour leur donner leur chance sur le sol américain. Loin d'y trouver le bonheur imaginé, ils affrontent alors le racisme, la violence et la haine. le décalage est si grand que beaucoup perdront pied pour sombrer dans les addictions (drogue, alcool, jeux...).
    Un témoignage important pour que le monde reste en alerte pour tous ces réfugiés, du Soudan ou d'ailleurs, encore si loin de leur pays.
    Le grand Quoi a reçu le prix médicis étranger 2009 et tous les bénéficent de la vente du livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng.
    Vous pouvez visiter le site www.valentinoachakdeng.com


    Lien : http://lebacalivres.blogspot.com/2011/02/le-grand-quoi-de-dave-egger..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fleurdusoleil, le 15 mars 2011

    fleurdusoleil
    J'ai eu la chance de lire ce livre, qui a reçu en 2009 le prix Médicis Etranger, dans le cadre d'un partenariat avec Livraddict et Folio.
    Je les en remercie grandement car j'ai découvert un monde que je ne connaissais que trop peu.
    Le Grand Quoi est avant tout l'histoire romancée de Valentino Achak Deng. Grâce à la plume de Dave Eggers et la sagesse de Valentino, ce roman nous offre une vision personnelle d'une guerre fratricide qui dévaste l'Afrique.
    Sans larmoiement ni apitoiement, Valentino, qui vit maintenant aux Etats-Unis, raconte ses souvenirs d'enfant et son périple à travers le Soudan, l'Ethiopie et le Kenya.
    Car Valentino fait parti de ceux qu'on a appelé plus tard les enfants perdus, petites victimes d'une guerre civile dévastatrice africaine.
    Dave Eggers met son talent d'écrivain au service des souvenirs de Valentino pour leurs donner une dimension romanesque. Avec beaucoup de finesse il met en action Valentino Achak Deng dans son présent et dans son passé.
    Le récit se déroule à la première personne du singulier. le narrateur est notre jeune soudanais, qui se remémore sa vie depuis ce fameux jour où les murahaleen sont venus détruire son village. Il va se retrouver sans les siens et sur les routes dangereuses qui le mèneront, lui et beaucoup d'autres enfants, jusqu'en Ethiopie, puis ensuite au Kenya. Il sera confronté à la faim, à la peur, à la mort, mais aussi à la cruauté des hommes. Toutes ses horreurs n'auront pas noirci pour autant son coeur et il gardera toujours l'espoir de revivre une vie normale.
    A travers le récit, nous retrouvons donc des moments historiques ( politiques, géopolitiques...), mais aussi des anecdotes enfantines et drolatiques. le lecteur voit ce monde, le monde de Valentino , avec des yeux d'enfant, puis d'adolescent.
    En bref, cette autobiographie romancée est née d'un échange, et nous dépeint avec beaucoup de finesse un moment très sombre de l'histoire africaine. Elle nous mène avec douceur à la réflexion sur le comportement des hommes.

    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/03/le-grand-quoi-dave-egger..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par litolff, le 23 septembre 2010

    Quoi que je fasse, quels que soient les chemins que j’emprunterai, je raconterai ces histoires. J’ai parlé à tous ceux que j’ai croisés de ces jours difficiles, à tous ceux qui sont entrés dans le club pendant les heures pénibles du matin ; faire autrement aurait été inhumain. Je parle à ces gens et je vous parle parce que je ne peux pas m’en empêcher. Cela me donne de la force de savoir que vous êtes là, une force incroyable. Je veux investir vos yeux, vos oreilles, l’espace qui nous sépare. N’est-ce pas une bénédiction de nous avoir les uns les autres ? Je suis vivant, vous aussi, et nous avons un devoir de parole. Je l’utiliserai aujourd’hui, demain et tous les jours jusqu’à ce que Dieu me rappelle à lui. Je raconterai ces histoires à des gens qui écouteront et à ceux qui ne veulent pas les entendre, aux gens qui ne me le demanderont et à ceux qui me fuiront. Et tout le temps, je saurai que vous êtes là. Comment pourrais-je prétendre que vous n’existez pas ? Impossible. Ce serait comme si vous affirmiez que je n’existe pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par val-m-les-livres, le 18 juin 2011

    His skin was remarkable. Some days, it was indeed as white as chalk, and others it was pink, like that of a pig or the underbelly of a goat. His arms and legs were covered in tangles of dark hair, again likle a pig's, only these hairs were longer. The man produced more sweat than any other man I had ever seen. He would wipe the sweat from his face every few minutes; it seemed to be the primary occupation of his day. I found myself feeling terribly sorry for the white man, for his sweating and because he resembled a pig in so many particulars.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par val-m-les-livres, le 18 juin 2011

    But when she finally appeared at the top of the escalator, two shopping bags in her hand, her face exploded into a smile so spectacular that all movement everywhere int the mall ceased. The people shopping stopped walking and talking, the children no longer ate and ran, the water stood still.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par val-m-les-livres, le 18 juin 2011

    She was less glamourous in those enormous frames, and when she had them on, it seemed more plausible taht she was trully mine.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Dave Eggers

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Dave Eggers

Christophe, libraire, a choisi de présenter 'Le Grand Quoi' de l'Américain Dave Eggers publié chez Gallimard.
Crédits (c) : Evene








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Grand Quoi(Autobiographie de Valentino Achak Deng) par :

  • Mail
  • Blog

Vous aimez ce livre?
Babelio vous suggère

> voir plus

Lecteurs (38)

> voir plus

Quiz