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> Francesca Gee (Traducteur)

ISBN : 207078245X
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.13/5 (sur 53 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre " Habits rouges " et " Bataves ", autrement dit entre beaufs américains et amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par le-bibliomane, le 10 octobre 2010

    le-bibliomane
    Jamais Owen Brynmor n'aurait pensé revenir vivre dans sa ville natale de Stepford, dans ce coin rural de Pennsylvanie que l'on nomme par dérision le Pennsyltucky (contraction péjorative de Pennsylvanie et Kentucky afin de souligner le caractère « plouc » de cette région située entre Philadelphie et Pittsburgh) et de s'y installer définitivement. C'est pourtant ce qui arrive car Owen, qui exerce la profession de reporter, s'est fait virer de la rédaction du journal qui l'employait en Louisiane. Et le voici maintenant affecté à la rubrique faits divers du journal local, le Stepford Daily Plea. Peu lui importe ce job ingrat qui consiste à rédiger des articles sur les actes de vandalisme de la jeunesse locale, les accidents de la route et les granges parties en fumée, car Owen s'est donné une bonne raison pour revenir à Stepford : la boxe. Passionné par ce sport, Owen rêve d'écrire sur le noble art et le Pennsyltucky est justement doté d'une riche tradition pugilistique.
    Cependant, ce n'est pas l'art de la boxe qui va occuper Owen dès son arrivée à Stepford. le directeur du Plea le charge d'enquêter sur une inquiétante série de faits-divers inexpliqués (incendies volontaires, attaques de bétail, effractions, etc...) commis dans un secteur bien connu pour sa quiétude et baptisé la Cuvette amish. Ici vit en effet une forte communauté d'amish et de Mennonites qui tentent tant bien que mal de se préserver de l'influence pernicieuse du monde moderne.
    Owen, qui n'espère pas grand-chose de cette enquête va pourtant être à l'origine d'un scoop retentissant en publiant une photo qui lui a été fournie par un chasseur des environs. Sur celle-ci, prise en forêt, figure une créature digne d'un film d'horreur, mi-humaine, mi-animale.
    Les imaginations s'emballent, l'article d'Owen est cité dans toute la région, puis dans l'ensemble des États-Unis et jusqu'en Europe. On commence à évoquer des créatures telles que le bigfoot ou Sasquatch, bien connus en Amérique du nord.
    Mais pour la communauté locale amish, il ne peut s'agir que d'une seule chose : le Démon de Blue Ball est de retour. Cette créature enragée avait défrayé la chronique au milieu des années 70 en commettant de nombreuses agressions avant de disparaître du jour au lendemain sans laisser de traces. Ce monstre ne serait pas de type anthropoïde comme le bigfoot mais révélerait plutôt une physionomie et un comportement qui l'apparenterait aux mythiques loups-garou.
    Cette fois-ci ce n'est pas le John Kaltenbrunner du « Seigneur des porcheries » qui met à feu et à sang une petite ville de l'Amérique profonde mais une créature mystérieuse et redoutable. Comme pour son premier roman, Tristan Egolf se livre à un jeu de massacre à grande échelle qui dénonce de manière truculente une société américaine bête et méchante, raciste et inculte, au point que l'on en vient à se dire que le monstre n'est pas tant celui que l'on croyait et que les victimes du Démon de Blue Ball sont bien plus redoutables et haïssables que le loup-garou qui hante leurs nuits. Nul n'est épargné, pas même les paisibles amish dont Tristan Egolf nous dresse le portrait peu reluisant d'une communauté où sévissent violence, alcoolisme et corruption.
    Comme dans « Le seigneur des porcheries », Tristan Egolf excelle à nous décrire avec une truculence rabelaisienne des scènes apocalyptiques comme ce sabbat organisé par la jeunesse locale (une scène d'anthologie) et dont la description faite par l'auteur rappelle les peintures de Jérôme Bosch. On y verra aussi, entre autres, des carambolages monstrueux, la mise à sac par le Démon de Blue Ball du centre commercial local (appelé le SuperMerdier) ainsi que du chenil tenu par des amish peu recommandables.
    On verra aussi dans cet ouvrage un pastiche de la littérature fantastique : la Nouvelle-Angleterre, chère à des auteurs comme Stephen King et Lovecraft n'est pas très éloignée de la Pennsylvanie. Pastiche de la littérature fantastique donc, mais aussi des films d'horreur des années d'après-guerre. Comment en effet ne pas repenser à ces films lors des scènes où une meute de citoyens armés de torches et de fusils pourchasse la créature dans la campagne, scènes typiques des films de vampires et de loups-garou de l'époque.
    « Kornwolf » reprend donc nombre d'éléments qui ont fait l'incroyable renommée du « Seigneur des porcheries » sans toutefois atteindre à la perfection de son aîné. Ce roman, certes jubilatoire, n'atteint en effet pas la puissance narrative du premier roman d'Egolf. Publié après le suicide de l'auteur en 2005, cet ouvrage donne l'impression d'être l'ébauche de ce qui aurait pu être un second chef-d-œuvre signé Egolf.
    « Kornwolf » reste toutefois un grand roman baroque et jubilatoire digne de figurer au panthéon de la littérature contemporaine nord-américaine.

    Lien : http://lebibliomane.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par guika, le 19 octobre 2010

    guika
    De Tristan Egolf, j'avais lu « Le Seigneur des porcheries ». J'en avais gardé le souvenir d'une lecture trépidante, de fous rires et d'envie de pleurer mêlés. Ce que j'attends avant tout d'un roman, c'est justement cela : sa capacité à susciter une riche palette d'émotions. le moins que je puisse dire, c'est que j'avais été comblé. Puis, quelques temps plus tard, j'avais appris le suicide d'Egolf. J'avais alors regretté qu'un tel talent se soit éteint à peine révélé.
    Quand j'ai vu son nom sur la liste diffusée par Masse Critique, je me suis rappelé ce bon moment de lecture. J'ai tout de suite coché le livre, me régalant à l'avance de l'excellent moment de lecture qui m'attendait.
    J'ai eu un peu de mal au tout début à rentrer dans l'histoire. L'auteur multiplie les personnages, les fausses pistes, obligeant le lecteur à se concentrer pour ne pas perdre le fil. Puis l'intrigue se resserre autour d'Ephraïm, présenté au début comme taré, mais finalement le seul personnage à sauver, incarnation de l'innocence dans un monde de brutalité. Et tout s'enchaîne alors avec évidence, et la persévérance du début est largement récompensée par le plaisir qu'on tire tout au long de ces 500 pages.
    On retrouve beaucoup des éléments qui avaient fait le succès de son précédent roman : la description des ploucs bornés au milieu desquels le personnage principal a grandi ; l'esprit de révolte, la tension de celui qui met le feu à la mèche, et guette l'explosion finale ; des phrases bourrées de vies qui n'en finissent pas de rebondir, pour repartir de plus en plus haut ; des personnages tous plus déjantés les uns que les autres….
    On connaît des auteurs qui ont écrit vingt fois le même livre, sans jamais lasser leurs lecteurs. On ne connaît même que ça. A chaque nouvel opus, c'est comme une piqûre de rappel : on se retrouve dans son élément, et on se dit à la fin de sa lecture que c'est seulement un au revoir, en attendant le prochain. Sauf qu'ici il n'y aura plus de rappel pour Tristan Egolf, et c'est triste.
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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 15 octobre 2010

    Folfaerie
    J'avoue que cette lecture m'a laissée perplexe. C'est à peu près ce à quoi je m'attendais, un gros roman dense et totalement déjanté, une fable, une satire où le lecteur navigue entre scènes apocalyptiques, humoir noir et constat désespérant sur la nature humaine.
    Quand le journaliste Owen Brynmor revient dans sa ville natale qu'il ne porte guère dans son coeur, c'est pour y semer la zizanie. Un fait divers, outrageusement amplifié par ses soins, fait ressurgir la légende du Kornwolf, le loup du maïs, autrement dit un loup-garou, qui va semer la panique dans ce coin perdu de Pennsylvannie, le fameux démon de Blue Ball qui ravagea récoltes, bétail, biens, etc.
    C'est un véritable jeu de massacre, tout le monde en prend plein la tête : la communauté Amish, la police locale, les braves citoyens adeptes des centres commerciaux, etc. On côtoie le milieu de la boxe, celui du journalisme bref des univers variés. Sans doute l'un des points faibles du roman, ce foisonnement de personnages qu'on tente de suivre dans leurs pérégrinations, entre flics corrompus, groupes de jeunes décérébrés, membres éminents de la communauté des Gens Simples, Habits Rouges... lesquels se narguent, se méprisent, s'affrontent, se craignent dans un ballet hystérique.
    Religion et bonne santé mentale sont apparemment incompatibles. le souffre-douleur de cette abracadabrante histoire est le jeune Ephraïm Bontrager, flanqué d'un père immonde et d'une famille maudite sur plusieurs générations. C'est sur lui que se focalisera la peur et la haine du bon peuple, enivré de bières, d'anciennes croyances et de principes de vie quelque peu moyennâgeux.
    On ne ressort pas indemne de cette lecture où abondent les scènes crues et violentes (la scène du Sabbat avec les jeunes et la "punition" du flic, l'affrontement entre la tante et Ephraïm, les transformations du loup-garou et la scène finale, impitoyable et ahurissante chasse à l'homme...) qui m'ont bien souvent soulevé le coeur.
    Je dois avouer que je ne sais pas ce que je retiendrai vraiment de cette lecture. Un règlement de comptes entre l'écrivain et sa patrie ? Une satire de la classe moyenne tournée en dérision, en fable fantastique, un jugement sans concession sur les Hommes, leur faiblesse, leur lâcheté, leur veulerie ? ou tout simplement le portrait d'une Amérique dégénérée que Tristan Egolf a fini par quitter. Pour de bon.
    Cela n'a pas été une lecture plaisante, ni facile mais je suis contente d'avoir exploré une autre facette de la littérature américaine.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-kornwolf-trista..
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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 08 février 2013

    sentinelle
    Tristan Egolf renoue avec les thématiques déjà présentes dans son premier roman « Le Seigneur des porcheries », à savoir une figure désignée en marge de sa communauté qui cristallise toutes les peurs, haines et rumeurs malveillantes ainsi que le rejet de cette incarnation du mal par la communauté humaine dans la violence et le déchainement des pulsions les plus viles, la victime devenant bien malgré elle le catalyseur de toutes les bassesses humaines.
    Cette figure sacrificielle prend ici les traits d'un jeune garçon innocent atteint de lycanthropie, maladie dégénérative qui lui a été transmisse par héritage familial. Une fois de plus, personne n'est épargné dans ce roman, ni la communauté Amish ni les « Gens simples » ni les « Habits rouges » et encore moins la police locale. Même la plus petite structure humaine, à savoir la famille, est totalement défaillante : tout n'est qu'asphyxie, paralysie , destruction et désolation. L'auteur n'est décidemment pas tendre envers le genre humain !
    Un roman moins puissant que l'excellentissime « Le Seigneur des porcheries » mais qui séduira tout de même les fans de la première heure.
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    • Livres 2.00/5
    Par Florel, le 24 octobre 2010

    Florel
    Ce livre coupé en cinq parties est bien mais sans plus.
    Le résumé est certes alléchant mais le livre en lui-même est moyen, cependant pas assez non plus pour être abandonné. A condition bien sûr de passer toute la première partie qui est la présentation des principaux personnages. Cette dernière dure trop longtemps et est assez inintéressante. le seul regain d'intérêt que j'ai eu en la lisant c'est la réaction de Jack par rapport à l'article d'Owen sur le Kornwolf dans le journal. On se demande pourquoi l'entraîneur de boxe réagit ainsi, mais à part de cela rien de bien croustillant, je dois dire.
    La deuxième partie ainsi que la troisième, bouge quant à elle un peu plus, mais pas assez encore. le rythme reste trop lent, on a l'impression de ne pas avancer surtout qu'il y'a beaucoup de longueur. Bref ces 3 parties sont assez laborieuses.
    En ce qui me concerne c'est seulement à partir de la page 301 que je suis rentrée dedans, soit dans la quatrième partie du livre. Heureusement d'ailleurs car je commençais un peu à désespérer. Bien sûr le style de l'écriture ne change pas, il y'a des longueurs et des temps morts, mais il y'a quand même des révélations, des doutes, de « l'action »… et ceux d'un assez bon rythme jusqu'à la fin du livre et c'est pour moi seulement qu'à partir de là, la lecture devient intéressante.
    Par contre une chose m'a étonné, c'est la fin de l'histoire et le rôle d'Owen, le personnage principal. Là je dois avouer que je comprends pas trop son rôle. Tout au long du livre on suit une grande partie de l'histoire grâce à lui et à la fin il court seulement après les incidents qui ont lieu à la nuit d'Hallowen, à la demande d'on sait qui mais pourquoi on sait pas. (Où alors c'est moi qui aie raté un passage…) Si quelqu'un peut m'éclairer sur ce rôle de spectateur je veux bien...
    Maintenant une chose qui m'a assez plue c'est le style de l'écriture, enfin plutôt le ton. Je ne sais pas vraiment si c'est un règlement de compte avec son pays, la mentalité ou avec l'espèce humaine entière mais on sent une certaine haine dans cette dernière. C'est très corrosif rien ne lui échappe et visiblement il en veux à presque tout le monde, mais connaissant sa fin (il s'est suicidé) cela passe un peu comme un message, l'ultime pensée d'un homme. Qui avait l'air d'abhorré le conditionnement humain dans tous les secteurs de la vie.
    En résumé même si beaucoup de points que j'ai cité ne sont pas spécialement engageants, ce livre n'est pas si mal et la vision du monde de cet auteur vue d'un certain point n'est pas négligeable et mérite que l'on s'y attarde.

    Lien : http://voyagelivresque.canalblog.com/
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Citations et extraits

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  • Par thewound, le 17 octobre 2014

    Plus ses vagabondages l'avaient mené loin, plus les instincts qui l'agitaient à son retour devenaient violents. Arrivé à l'âge adulte, il avait vérifié, en conditions réelles, l'impossibilité d'un séjour en ville de plus d'une soirée. Jamais il n'aurait tenu une semaine entière en tant que résidant. Le compté de Stepford. Seigneur... Plutôt mourir que jouer les fils prodiges. Cette seule idée lui donnait la nausée.
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