> Valérie Malfoy (Traducteur)

ISBN : 2264041501
Éditeur : 10-18 (2006)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
A la suite d'un deuil, Gretel Ehrlich, scénariste à Hollywood, part à la recherche d'un lieu où abriter sa douleur. Ce sera le Wyoming. De cette existence au mileu d'une nature presque intacte, en compagnie de bergers et de cow-boys auprès desquels elle va redonner sens... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 30 janvier 2011

    Folfaerie
    Voilà un bien beau titre pour inaugurer le challenge Nature Writing, non ? Pour ce premier billet, je vous emmène dans l'un des états les moins peuplés des U.S.A., le Wyoming, patrie des cow-boys, des paysages somptueux et du parc de Yellowstone.
    Ce livre est un essai rédigé sur plusieurs années par Gretel Ehrlich qui s'exila dans le Wyoming, en 1976, à la suite d'un deuil. Il ne fallait rien moins que la solitude et la beauté des grands espaces pour supporter la perte d'un être cher. C'est l'Ouest américain dans toute sa splendeur, âpre, démesuré, sauvage (encore un peu, mais oui) et grandiose. Gretel choisit l'isolement dans une ferme où elle va exercer le métier de wrangler notamment. Elle garde les immenses troupeaux de moutons, participe un peu à la vie des ranches, décrit ses rares rencontres avec les locaux, disserte sur le mythe du cow-boy, rencontre des Indiens lors d'un pow-wow... des petits moments de sa vie qui paraissent bien anodins mais qui sont tout empreints de la nature qui l'entoure. C'est elle qui imprime sa marque sur les gens : au Wyoming, chacun, hommes et bêtes, agit en fonction de la saison, du relief, du temps. On affronte le froid et la neige, la chaleur et les insectes, le manque d'eau. Vos meilleurs amis ne sont pas nécessairement vos plus proches voisins - même si une solidarité instinctive s'établit rapidement - mais bien votre chien et vos chevaux; compagnons d'errance, témoins de vos joies et de vos peines.
    Dans ces immenses étendues, propices à la rêverie et à la réflexion, Gretel finit par relativiser beaucoup de choses. "un jour passe. Chaque brin d'herbe compte". J'ai aimé que, pour une fois, un tel texte soit écrit par une femme. J'étais curieuse de savoir si les femmes sont aussi réceptives que les hommes au pouvoir de la nature, et comment elles envisagent leurs relations avec la nature. Gretel Ehrlich est lucide.
    Une fois le livre terminé, on a l'impression que l'auteur (qui n'habite pas le Wyoming toute l'année) ne vit pleinement que lorsqu'elle est au contact de la nature, au sein d'une relative solitude. Il ne se passe pas grand-chose, surveiller les moutons, planter, semer, nourrir les bêtes, contempler les paysages, mais chaque geste, même le plus infime, le plus banal, est empreint de grâce et possède sa propre importance : marcher le long d'un ruisseau, se préparer une tasse de café, écouter les jappements du coyote, empiler du bois pour la cheminée... Gretel nous donne enfin un aperçu de la vie des cow-boys modernes, ceux qui travaillent encore pour les gros éleveurs, les héritiers des pionniers de l'Ouest qui tentent de survivre dans une société où tout tourne autour de l'argent. Il reste encore des irréductibles... Vous savez, le genre d'homme qu'incarne Robert Redford dans le film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux"...

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-la-consolation-..
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  • Par keisha, le 02 avril 2011

    keisha
    Dans ce récit faussement simple d'apparence, Gretel Ehrlich raconte son installation au Wyoming après un deuil. Elle nous fait découvrir ces grands espaces très faiblement peuplés, et particulièrement la vie des bergers et des cow-boys. Quelques cow girls aussi. Ce n'est pas la petite maison dans la prairie, il peut y faire très, mais vraiment très froid, la solitude n'est pas un vain mot, mais au final Gretel Erhlich donnera un nouveau sens à sa vie.

    La nature a évidemment sa place dans cette histoire, pourrait-il en être autrement ? Mais jamais on ne s'attarde sur les descriptions.

    "La nuit, au clair de lune, le pays est rayé d'argent- une crête, un rivière, un liseré de verdure qui s'étend jusque dans la montagne, puis le vaste ciel. Un matin, j'ai vu une lune toute ronde à l'ouest, juste au moment où le soleil se levait. Et tandis que je chevauchais à travers un pré, je me suis sentie suspendue entre ces deux astres, dans un équilibre précaire."
    "En sortant de l'étable, nous vîmes une aurore boréale. On eut dit de la poudre tombée d'un visage de femme. Rouge à joues et ombres à paupière bleue veinaient les flèches de lumière blanche qui fusaient et vibraient, associant les couleurs -comme s'associent les destins- avant de s'effacer."

    Mais ce qui est surtout remarquable et que je retiendrai, c'est le beau portrait des rudes habitants de la contrée, qui ont su conquérir le coeur de l'auteur.

    "Parce que ces hommes travaillent avec des animaux, pas des machines ni des numéros, parce qu'ils vivent en plein air dans des paysages d'une beauté torrentielle, parce qu'ils sont assignés à un lieu et un quotidien embellis par d'impressionnants impondérables, parce que des veaux naissent et meurent dans leurs mains, parce qu'ils vont dans la montagne comme des pèlerins pour connaître le secret des wapitis, leur force est aussi de la douceur, leur dureté, une rare délicatesse."

    Mille petites notations "vraies" émaillent le récit, qui propose aussi un reportage sur le rodéo ou des cérémonies indiennes ancestrales dans un monde moderne cependant.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-consolation-d..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 04 juillet 2011

    chocobogirl
    Gretel Ehrlich vient dans le Wyoming en 1976 pour tourner un documentaire sur des bergers locaux. Son compagnon qui fait parti du projet ne l'accompagne pas : il est très malade et presque mourant. Pourtant, elle va s'immerger avec bonheur dans le monde difficile des éleveurs et des cowboys. Quand son compagnon disparait, elle décide de rester dans cette région où nature et grands espaces l'aideront à se retrouver elle-même.
    Contrairement à ce que la 4ème de couverture et mon résumé laisse penser, ce livre n'est absolument pas centré sur le deuil de l'auteur et sa difficile reconstruction. Les mentions de son ami, de sa maladie et de sa mort ne sont présentes que dans quelques lignes. L'essentiel du récit porte sur le wyoming et la vie de ses habitants. Ce texte, disons le clairement, autobiographique est surtout une plongée dans cette région désertique qui connait des conditions difficiles (températures qui oscillent entre 40 et -50°).
    Au rythme des saisons, nous allons vivre avec Gretel la vie de ces éleveurs qui, face à la difficulté de leur existence, y opposent une entraide et une chaleur humaine hors du commun.
    Gretel se fait guide de troupeaux de moutons et partage la vie des ranchers conditionnée par les animaux.
    Elle évoque avec chaleur ces hommes qui, le plus souvent silencieux, connaissent la valeur de la parole rare. Elle nous entraîne dans les restes myhiques des anciens pow wow indiens et nous rappelle que ces terres désolées leur appartenait autrefois. Elle nous fait découvrir le monde des rodéos, décrira avec précision les épreuves et leurs difficultés et souligne le lien qu'entretiennent les hommes avec les animaux.
    Fascinée par cet Ouest sauvage, l'auteur nous emporte avec brio loin des clichés de cow-boys solitaires et machos. Les femmes ont toute leur place ici et la confiance que ses habitants généreux lui donnent l'aideront à surmonter la souffrance du deuil et de la solitude.
    Son écriture, belle et poétique, réussit à animer les paysages que le lecteur découvre sous sa plume. L'homme, face à l'immensité, n'est que fétu de paille et il se doit de respecter cette nature exigeante qui lui rappelle la nature éphémère de sa condition.
    C'est ce face à face avec la Nature qui la remettra sur les rails et lui permettra d'avancer à nouveau dans la vie. Une errance saine où l'on se perd pour mieux se retrouver.
    La consolation des grands espaces est une véritable ode au Wyoming. Amoureuse de ces terres battues par les moutons et les vaches, l'auteur célèbre une vie au contact de la Nature et des animaux, en opposition à notre mode de vie contemporain, moderne et tourné vers la consommation et l'argent.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-consolation-des-gra..
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 31 janvier 2012

    le_Bison
    A la suite d'un deuil, Gretel Ehrlich a tout quitté pour s'installer dans le Wyoming. Elle espère y trouver un endroit où son chagrin et sa peine puissent s'exprimer, un endroit où elle pourra se recueillir et se consoler de cette profonde tristesse. Elle devient donc bergère, accompagne les troupeaux, côtoie bergers et cow-boys, parcoure les grandes pleines du Wyoming et du Montana. Plus essai que roman, ce livre offre la possibilité de vivre par procuration quelques instants anodins d'une vie banale de cow-boy ou de berger. Une écriture, une lecture proche de la nature qui m'a totalement immergé dans ces grands espaces, la consolation en moins. Car de la douleur de Gretel, il n'en n'est presque pas question. Au milieu de cet espace, elle ne l'oublie peut-être pas, mais elle revit, tout simplement. Elle découvre une nouvelle façon de vivre au milieu des herbes, à un autre rythme basé sur celui de ses moutons, sur celui des saisons et du chant des oiseaux.
    J'aime le silence, ce silence lourd et pesant qui vous enferme dans une profonde solitude. « La consolation des grands espaces » n'est pas une lecture à mettre dans toutes les mains. Certains vont s'ennuyer ferme, bailler aux corneilles devant ce spectacle si barbant en compagnie d'un troupeau de moutons incapable de faire autre chose que brouter ou bêler. Pour ma part, c'est tout le contraire. J'ai envie de découvrir cette vie, de m'échapper de mon urbanisme grisâtre moribond, de m'isoler et me sentir perdu au milieu de la nature, d'arrêter de courir derrière un métro bondé pour préférer courir derrière une brebis. Je rêve du Montana, du Dakota, du Wisconsin, du Wyoming et parfois du Kentucky. J'ai envie de devenir éleveur de bisons mais je pourrais débuter ma reconversion vers une nouvelle « carrière » comme gardien de moutons, histoire d'appréhender ces territoires sauvages au climat si rude et austère.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=85
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    • Livres 5.00/5
    Par Elinore, le 03 février 2008

    Elinore
    C'est un livre court, écrit avec une grande simplicité. Gretel Ehrlich est directe, pour parler de choses concrètes: le travail des bergers, le froid, les paysages. Abrutie par la douleur du deuil au début de son récit, Ehrlich se réveille peu à peu. C'est par le travail et le contact avec la nature et les hommes qu'elle redécouvre le monde. Un livre de vie.
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Citations et extraits

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  • Par Folfaerie, le 30 janvier 2011

    Nous autres Américains, nous aimons ajouter, remplir, comme si ce que nous avons, ce que nous sommes n'était pas suffisant. Nous avons tendance à le nier, et pourtant malgré toute notre richesse, nous ne nous reconnaissons plus dans nos biens matériels. Il suffit de regarder nos maisons pour constater que nous construisons contre l'espace, de même que nous buvons contre la souffrance et la solitude. Nous remplissons l'espace comme si c'était une coquille vide, avec des choses dont l'opacité nous empêche de voir ce qui est déjà là.
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  • Par Folfaerie, le 30 janvier 2011

    La nuit, au clair de lune, le pays est rayé d'argent - une crête, une rivière, un liseré de verdure qui s'étend jusque dans la montagne, puis le vaste ciel. Un matin, j'ai vu une lune toute ronde à l'ouest, juste au moment où le soleil se levait. Et tandis que je chevauchais à travers un pré, je me suis sentie suspendue entre ces deux astres, dans un équilibre précaire. Pendant un moment, il m'a semblé que les étoiles, qu'on voyait encore, tenaient ensemble toutes choses comme des cercles de tonnelier.'
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  • Par chocobogirl, le 04 juillet 2011

    Le mutisme de l'animal a les qualités purifiantes de l'espace : nous délaissons nos séduisantes spéculations intellectuelles par lesquelles nous mesurons l'ampleur de nos misères pour réagir dans des situations d'urgence. L'animal nous rattache au présent ; à ce que nous sommes à cet instant précis, pas à notre passé ni à ce que nous valons aux yeux de notre banquier. Ce qui apparait clairement à l'animal, ce ne sont pas les fioritures qui étoffent notre curriculum vitae affectif, mais ce qui en nous est le fleuve et le lit : agressivité, peur, insécurité, bonheur ou sérénité. Parce qu'ils ont la capacité de déchiffrer nos tics et odeurs, nous leur sommes transparents et, ainsi exposés, nous sommes enfin nous-mêmes.
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  • Par chocobogirl, le 04 juillet 2011

    Parce que ces hommes travaillent avec des animaux, pas des machines ni des numéros, parce qu'ils vivent en plein air dans des paysages d'une beauté torrentielle, parce qu'ils sont assignés à un lieu et un quotidien embellis par d'impressionnants impondérables, parce que des veaux naissent et meurent dans leurs mains, parce qu'ils vont dans la montagne comme des pèlerins pour connaître le secret des wapitis, leur force est aussi de la douceur, leur dureté, une rare délicatesse.
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  • Par chocobogirl, le 04 juillet 2011

    A vivre et à travailler dans ces grands espaces, où la vue porte à l'infini, on finit par perdre ses repères. Un berger à qui j'avais demandé de me décrire le Wyoming, m'a répondu : C'est pas grand-chose ­ rien que du vent et des serpents ­ si bien qu'à force tu sais plus ni d'où tu viens, ni où tu vas... et ma foi, ça ne fait pas de différence...
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