> Alain Guillermou (Autre)

ISBN : 2070370879
Éditeur : Gallimard (1979)


Note moyenne : 4/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
La Nuit bengaliest l'autopsie d'un amour. Ingénieur européen parti travailler en Inde, Allan se fait admettre dans la famille de son chef qui est bientôt prête à l'adopter. Lorsqu'on lui présente Maitreyi, la fille de la maison, Allan la juge d'abord laide et sans attra... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Corboland78
    Mircea Eliade (1907-1986) est historien des religions, philosophe et romancier roumain. A quatorze ans il publie son premier article et à vingt ans il parle déjà allemand, anglais, français et italien. Adulte, il parlait et écrivait couramment huit langues dont l'hébreu, le persan et le sanskrit. de 1933 à 1940 il enseigne la philosophie indienne à l‘Université de Bucarest.
    Son roman La nuit bengali date de 1933 mais ne sera traduit en français pour Gallimard qu'en 1950. C'est cette édition que j'ai achetée dans une brocante, son premier ( ?) propriétaire l'avait faite relier, avec le nom de l'auteur et le titre du livre sur la tranche ainsi que ses initiales. A l'intérieur du bouquin, un premier cachet à l'encre bleue en partie délavée précise, me semble-t-il, « le lieutenant Corroyez – O.D. de la C.P.L.E. » tandis qu'un second sur la page suivante indique le nom et le prénom ainsi qu'une adresse à Draveil (91210). Rien qu'avec ces éléments on pourrait écrire un roman ou du moins une histoire passionnante. Mais aujourd'hui ce n'est pas mon propos.
    Revenons à notre roman qui se déroule au Bengale dans les années 30. Allan, un jeune européen, ingénieur et dessinateur technique pour une entreprise de canalisation du delta du Gange, mène une vie de célibataire relativement agréable au sein de la petite communauté blanche qu'il fréquente. le roman est écrit à la première personne, souvenirs d'Allan et extraits de son journal intime. L'ingénieur va rencontrer Maitreyi une jeune fille indienne fille de son patron, et a son plus grand étonnement – car lors de leurs premières rencontres elle ne l'avait pas particulièrement frappé - il va en tomber amoureux.
    Dès lors, tout le roman va s'articuler autour cet amour qui doit rester secret, tant pour Allan vis-à-vis de ses compatriotes qui n'accepteraient pas cette relation entre un blanc et une quasi « négresse », que pour les parents de Maitreyi très à cheval sur les conventions liées à leur religion et leur système de classes typique de la société indienne. La situation est d'autant plus complexe, qu'Allan a été accueilli par les parents de la jeune fille et vit sous leur propre toit chaque jour un peu plus comme un fils. Ajoutez à cela, les jeux de l'amour dont les codes diffèrent selon les cultures et qui mettent les nerfs d'Allan à l'épreuve.
    Sans dévoiler vraiment la fin du roman, on peut deviner que l'histoire se terminera tragiquement pour certains des acteurs quand la vérité éclatera, que des souffrances s'atténueront avec le temps pour d'autres, peut-être.
    Un très beau livre, peut-être un peu désuet mais avec une très belle histoire d'amour dans un décor exotique et un choc des cultures.
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    • Livres 2.00/5
    Par Lalivrophile, le 05 juillet 2011

    Lalivrophile
    En plus de résumé le livre, la quatrième de couverture indique que ce roman est remarquable, et que le personnage de Maitreyi est une figure féminine à côté de laquelle il ne faut pas passer. Je comprends ce que celui qui l'a rédigée veut dire. Cette jeune fille qui se débat entre conventions et passions, qui brave les interdits, qui ne se contente pas d'être une gentille petite fille, qui remet certaines choses en question... cette jeune fille paraît admirable.
    Mon sentiment à son égard est assez mitigé. D'abord, il est important de remettre les choses dans leur contexte: l'époque, le pays et ses coutumes, le racisme des colons envers les colonisés, les choses sacrées qu'Allan et Maitreyi ont piétinées aux yeux du père de celle-ci... Tout cela fait que le lecteur éprouvera effectivement une certaine admiration pour le courage et la force de caractère de Maitreyi.
    Cependant, j'ai eu du mal à entrer totalement dans l'histoire, à vraiment prendre parti pour les amoureux. J'ai plutôt regardé les personnages se débattre dans des filets en prenant une certaine distance. Si Maitreyi est sympathique, j'avoue que ses larmoiements m'ont agacée. On me dira que ça aussi, ça fait partie de sa culture.
    [...]
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    Lien : http://www.lalivrophile.net/la-nuit-bengali-de-mircea-eliade
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 15 janvier 2009 Première phrase du livre

    incipit :
    Il se taisait depuis quelques minutes, l'air absent, le regard perdu par la fenêtre. Je refermai le calepin et le mis dans ma poche.
    - Si vous voulez, finis-je par dire doucement, demain je viendrai une ou deux heures plus tôt. Et je vous apporterai le texte tapé.
    - Pour demain, dut-il en tournant paresseusement la tête, je faisais d'autres plans... Pourtant, reprit-il après une pause, je pense que c'est la meilleure solution...
    A ce moment-là, on frappa. Surpris, je me levai brusquement, mais la porte s'ouvrit aussitôt et je vis entrer un grand jeune homme blond, qui me parût étonnamment pâle. Il s'avança timidement, mais d'un pas néanmoins ferme.
    - Veuillez m'excuser, dit-il en se dirigeant vers le bureau. Vous êtes bien monsieur Anghel D. Pandele ? L'écrivain ?
    - Et vous-même, qui êtes-vous ? m'écriai-je.
    Comme si de rien n'était, le jeune homme s'approcha du bureau.
    - Dumitru Anghel Pandele ? L'écrivain ? répéta-t-il.
    - C'est moi, répondit Pandele avec ce sourire que je lui connaissais bien, mi-énigmatique, mi-ironique.
    Le jeune homme s'arrêta à côté de la chaise placée devant la tablette de la machine à écrire et se passa à plusieurs reprises la main sur le front.
    - Veuillez m'excuser, murmura-t-il, mais dans ce cas-là...
    Il respira profondément et reprit d'une voix plus forte, en articulant les mots lentement, solennellement :
    - Veuillez m'excuser, mais dans ce cas-là... Dans ce cas-là, vous êtes, excusez-moi de vous le dire comme ça... Vous êtes... mon père.
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  • Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Le dimanche, mes serviteurs partaient en train pour Shillong et ramenaient des provisions. Je dormais jusqu’à midi et me réveillais la tête lourde et la bouche pâteuse. Je restais au lit tout le jour à recopier mes notes sur mon journal. Je voulais publier plus tard un livre sur la vie réelle du blanc en Assam et je m’analysais moi-même avec le plus de précision possible. Mes jours de marasme et de neurasthénie avaient leur place auprès des jours, naturellement plus nombreux, où le pionnier se réveillait en moi plein d’orgueil et de puissance.
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