> Claude B. Levenson (Traducteur)

ISBN : 2851977164
Éditeur : Herne (2009)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Elle ôta lentement un gant et le lança par-dessus la tête d'Egor, sur la table de nuit. L'odeur de violette s'était faite encore plus pénétrante. Il sentit soudain une main chaude lui caresser la joue. Tout son sang se figea, car la sensation de cette main chaude - d'un... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lounima, le 28 février 2010

    Lounima
    Mon résumé :
    Egor, un jeune peintre et le professeur Nazarie, un archéologue, séjournent chez Mme Mosco qui a deux filles : Sanda qui a invité Egor et Simina, une jeune fille impertinente. Très vite, l'archéologue semble troublé, inquiet et s'en ouvre à Egor; les deux hommes se rapprochent peu à peu alors que Mr Nazarie découvre qu'une sombre histoire semble s'attacher à celle de la famille Mosco. En effet, Mademoiselle Christina, la soeur de Mme Mosco morte plus de trente ans auparavant semble avoir eu une vie dissolue et se serait faite goule après sa mort... Parrallèlement, Egor est visité dans ses rêves par Mademoiselle Christina mais qui est-elle réellement et pourquoi apparaît-elle dans les rêves d'Egor ? D'ailleurs si elle ne survient que dans ses rêves, pourquoi laisse-t-elle cette odeur tenace de violette derrière elle ? A chacune de ces visites, Egor semble alors sombrer dans la folie, ne distinguant plus le rêve de la réalité...
    Mon avis :
    Etrange, envoutant et passionnant, ce sont les trois qualificatifs qui me viennent à l'esprit alors que ma lecture s'achève... Ce n'est pas un véritable coup de coeur mais j'ai beaucoup apprécié cette lecture, l'ambiance dégagée par l'histoire est particulière et oscille entre rêve et réalité, entre mythe et vérité : atmosphère froide, fenêtres ouvertes, apparitions étranges, ombres inquiétantes, femmes atteintes d'étrange fatigue en fin de journée, visites nocturnes... en un mot j'ai été plongé dans le fantastique, s'inspirant à merveille du folklore roumain ! Je n'ai qu'un seul regret : avoir lu la préface avant d'avoir lu l'histoire car elle en dévoile bien trop !!
    Ne vous attendez toutefois pas à ce que le mot même de "vampire" soit écrit, tout n'est que sous-entendu : aucune bataille, aucun collier d'ail, de pieu ou de crucifix... c'est soft ! ;-)
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    • Livres 4.00/5
    Par Hildebald, le 16 février 2010

    Hildebald
    Egor, jeune peintre, est hébergé par la famille Mosco dans une belle demeure de Roumanie. Cette famille ne compte que des filles : Simina, la plus jeune, froide et fuyante ; Sanda, l'ainée, dont notre héros s'éprend ; et Mme Mosco, la mère des jeunes filles. Mais il y a aussi Mademoiselle Christina, un nom, une chambre, un tableau, son portrait. Cette tante est morte il y a longtemps, très jeune, mais elle semble toujours présente dans l'esprit de la famille.
    Présente à tel point qu'on croirait la voir dans chaque couloir, dans chaque pièce. Est-ce un fantôme? Un être damné? L'Imagination jourait-elle des tours à d'Egor et au professeur Nazarie nouvellement arrivé? Mais quand tout le monde se met à la voir et à l'entendre, le doute et la folie s'installent et Christina devient chair et sang.
    Ah mais voilà!! Je râlais il y a quelques jours sur le fait que je ne croisais plus que des plats froids et insipides dans l'univers des romans fantastiques à tendance vampirique.
    Eh bien ça y'est, je suis calmée par cette oeuvre. Certes, elle ne date pas d'hier, il est donc difficile de la comparer avec les oeuvres actuelles mais c'est sûrement cela qui permet à ce texte de se démarquer dans le style et le récit.
    Je sors donc ravie de ma lecture. J'ai passé un trés bon moment plein de frisson et de folie dans cette belle demeure roumaine au côté de Mademoiselle Christina, la petite soeur de Carmilla.
    Car oui, je n'ai pu m'empêcher de comparer ces deux oeuvres : un univers clos, des jeunes filles, une femme vampire, une ambiance froide et brulante à la fois, un décors parfait...que demande le peuple?
    Pas de temps mort, pas de personnages inutiles, pas de dialogue lourd, pas de passages niais, pas de vampire ridicule, bref, bref, bref, une très bonne découverte!!
    L'histoire est en effet assez proche de celle de Carmilla, mais elle garde tout son style et son ambiance. La folie qui est présente durant tout le roman se mélange facilement à une certaine langueur et à une certaine volupté. Cet ensemble entraîne le lecteur dans un tourbillon de sentiments parfois forts, parfois doux. On pencherait presque vers la folie pour que tout se calme, pour que tout s'arrange.
    Voilà, je ne connaissais pas du tout cette oeuvre, ni son auteur et je conseille donc ce roman aux amateurs du genre. Quant à moi, je vais me pencher sur l'écrivain.
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    • Livres 4.00/5
    Par antigoneCH, le 13 février 2010

    antigoneCH
    Je connaissais de Mircea Eliade son Aspects du mythe et sa notoriété en matière de décryptage des symboles en général, et de tout ce qui a trait au religieux en particulier. Je connaissais moins ses écrits romanesques. Voilà qui est fait avec ce roman à la couverture rouge flamboyante, un peu intimidante.
    Ce titre est un roman de jeunesse, écrit en 1935 et réédité aujourd'hui, sans aucun doute pour l'attrait de son thème très en vogue depuis la vague Twillight. En effet, Mademoiselle Christina nous conte l'histoire d'une femme morte depuis plus de vingt ans et devenue vampire.
    Le héros, Egor, est un jeune homme séduisant, en visite au château des Mosco. Après le départ du groupe d'invités avec lequel il était venu, il se retrouve en cercle restreint auprès de celle qu'il aime, l'aînée de la famille de ses hôtes, Sanda. Des bruits, des frôlements, l'attitude de la cadette, tout effraye le jeune homme et en même temps l'attire étrangement...jusqu'à ce qu'un fantôme lui avoue un amour indéfectible d'au-delà de la mort.
    Que vous dire ? Et bien que malgré la répétition lancinante de scènes glaciales, inquiétantes, malgré toutes ces fenêtres mal fermées, ces ombres "terrifiantes", "inexpliquées", ces odeurs de violette que l'on suit à la trace, ces jeunes filles pâles évanouies...j'ai aimé ce livre, son atmosphère si stéréotypée, si attendue.
    Une lecture à prendre pour un opus du genre, fantastique, dont elle suit les règles à la lettre, s'inspirant du folklore roumain et de ses légendes.


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com/archives/2010/02/13/16869277.html
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Citations et extraits

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  • Par Lounima, le 28 février 2010

    "Il tendit le bras vers le parc. Il lui sembla à ce moment précis voir tant de choses terrifiantes qu'il recommença à parler plus vite, plus vite, plus précipitamment, l'haleine courte.
    La peur l'envahit, remarqua Egor. Il s'étonna de sa propre lucidité. Il était assez près de M. Nazarie, d'un homme submergé par l'effroi, et il l'observait plutôt sereinement, il pouvait même l'analyser. Il n'osait tout de même pas regarder du côté du parc. Le bras tendu, un seul instant, de M. Nazarie l'avait épouvanté bien davantage que ses paroles terrifiées. Peut-être voit-il lui aussi quelque chose là-bas, songea Egor, peut-être voit-il la même chose que Simina... Cependant, il était encore lucide; seule une très légère inquiétude fit frémir son âme.
    "Vous ne devriez pas avoir peur!" dit-il soudain, interrompant l'effusion de M. Nazarie. Arrêtez de regarder par là, vers la maison...
    M. Nazarie ne voulait pas, ou ne pouvait pas, l'écouter. Il restait les yeux fixés sur le parc. Il regardait de tout son être crispé, il attendait...
    "Et pourtant, il y a quelque chose qui vient de là-bas", dit-il.
    Egor tourna lui aussi la tête. L'ombre du parc lui parut soudain lointaine, dense. Il n'y avait rien par là. On ne voyait rien, sinon un minable scintillement vers la gauche, là où se trouvaient les maisons.
    "Personne ne vient", dit-il virilement.
    Au même moment, il entendit un hurlement qui lui glaçât le sang dans les veines." (L'Herne - p.63-64)
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  • Par antigoneCH, le 13 février 2010

    "C'était au-delà de ses forces d'endurer ce feu pareil à nulle flamme, cette sensation de serrer dans ses mains quelque chose d'impossible à apréhender... Il sentit soudain la bouche de Christina à la recherche de la sienne. Ses lèvres étaient si ardentes qu'Egor ne perçut, au premier abord, qu'une fulgurante douleur dans tout son corps. Puis la douleur vénéneuse se coula dans son sang. Il ne pouvait plus résister. Son souffle passa dans le souffle de Christina, et ses lèvres se laissèrent happer, incendiées par sa bouche délicieuse comme une maladie inimaginable. La caresse était si sauvage que les yeux d'Egor s'embuèrent, et il sentit s'ouvrir sa voûte cranienne, ses os s'amollir ; toute sa chair tressaillit en un spasme suprême."
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