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> Alain Defossé (Traducteur)

ISBN : 226403937X
Éditeur : 10-18 (2005)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.61/5 (sur 712 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Je suis créatif, je suis jeune, [...] extrêmement motivé et extrêmement performant. Autrement dit, je suis foncièrement indispensable a la société ". Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman correspond au profil type du jeune Yuppie des année... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ode, le 28 octobre 2012

    Ode
    American Psycho, le livre qui a ébranlé l'Amérique, a un titre aussi intraduisible que son contenu est inclassable. La vision qu'offre Bret Easton Ellis de la déshumanisation des rapports sociaux, émaillée de crimes sexuels d'une violence extrême, fait passer notre Houellebecq national pour un Bisounours philanthrope.
    On pourrait résumer ce roman à la caricature glaçante d'une génération perdue, car matérialiste et sans idéaux : la génération nommée X en sociologie du travail, née dans les années 60 et 70 (Ellis est né en 1964). Contrairement aux précédentes, cette génération n'a pas dû se battre pour ses libertés, a toujours connu le confort lié au progrès technique mais a grandi dans le contexte de la guerre froide et d'une une économie déstabilisée par les chocs pétroliers, avec comme diktat la réussite sociale (entendez financière), encore plus prégnante aux États-Unis qu'en Europe.
    Il n'est donc pas surprenant que Patrick Bateman, le psychopathe du roman, soit un golden boy de Wall Street élégant, brillant et beau comme un ange de l'enfer. L'auteur insiste sur la domination de l'argent en décrivant avec une précision chirurgicale les tenues, les repas et les vaines distractions de Bateman et de ses amis (si l'on peut qualifier d'amis ce groupe de personnes égocentriques). Mais cette apparente perfection cache un gouffre intérieur que la drogue ne suffit pas à combler et qui rend Bateman imperméable à tout sentiment. Convaincu de sa supériorité, il éprouve un tel dégoût pour le reste de ses semblables que la nuit venue, à l'instar de Mr Hyde, il va assouvir ses pulsions meurtrières, en toute impunité et dans l'indifférence générale. Cela débute par la mutilation d'un clochard et évolue vite vers de macabres chorégraphies pornographiques, plus perverses les unes que les autres, et décrites avec la même précision que sa garde-robe.
    Après l'émoi et l'indignation bien légitimes suscités par la publication d'American Psycho, Bret Easton Ellis a laissé entendre qu'il fallait prendre les agissements de Bateman au second degré. Les scènes de crimes seraient seulement fantasmées : cela expliquerait l'étrangeté de certains passages, notamment le fait que Bateman ne soit jamais identifié ou arrêté.
    Reste une lecture violente, entre horreur et fascination, dont les images me hantent encore plusieurs années après. Elle fait même tinter une petite sonnette d'alarme quand il m'arrive de rencontrer un individu arrogant à la mise tellement parfaite qu'elle en devient suspecte...
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    • Livres 1.00/5
    Par belette2911, le 02 mars 2013

    belette2911
    ABANDON !! Oui et je vous jure que ça me fait bien râler (pour rester un tant soit peu polie) parce que ce roman, je voulais à tout prix le découvrir, surtout en lisant toutes les critiques positives sur Babelio.
    Et oui, je savais ce qui m'attendait, du moins en ce qui concerne les scènes gores.
    En fait, ce n'est pas ça qui m'a fait décrocher, mais les quantités de ce que je nommerai "des élucubrations" (celles d'Antoine me faisaient rire, pas celles des personnages du roman).
    Déjà, dès les premières pages, j'ai soupiré en découvrant la scène du taxi et les dialogues sans queue ni tête. Surréaliste...
    Et ce ne fut qu'une longue suite de soupirs en tournant les pages et en tombant sur des pavés indigestes de bla-bla, de liste de marques pire que si je me trouvais sur une chaîne consacrée aux pubs.
    Ok, c'est bien que l'auteur insiste sur le fait que l'argent a fait d'eux des esclaves, que le dieu fric est leur maître et que ces gens ont perdu toute notion de ce qu'est la réalité. Mais de là à nous décrire, jusqu'à l'indigestion, les détails de leurs repas et toutes leurs vaines distractions... Soupirs, soupirs.
    Heureusement que ces divagations endormantes étaient entrecoupées de scènes plus sanglantes pour me réveiller.
    Patrick Bateman, notre personnage principal est psychopathe à ses heures perdues et il dézingue des SDF. On passe son temps comme on peu, non ?
    Golden boy friqué, il est élégant, ne porte que des costumes qui valent votre mois de salaire, il est plus brillant qu'un sapin de Noël illuminé et nous pouvons dire que c'est une espèce de bôgosse. Bôgosse infernal et infect, oui !
    Le pire, c'est que nous entrons à un moment dans l'ère du surréalisme poussé à pleine puissance puisque personne ne s'émeut des traces de sang sur les draps, le sol, les journaux imbibés de fluide vital que la femme de ménage dépose tout simplement dans la poubelle.
    Il l'a vraiment fait ou pas ? Il a rêvé, fumé, disjoncté tout seul ?
    Je n'en sais rien parce qu'au final, j'ai zappé des centaines de pages, les tournant en grimaçant pour finir par lancer le livre sur la table, de rage.
    Même le sang qui giclait m'énervait à cause de tout le reste.
    Le plus râlant ? Au boulot, tout était terminé, plié, encodé, clôturé, bref, j'avais le droit de m'affaler dans mon fauteuil de bureau, de mettre les pieds sur la table et de lire durant 4h...
    Non, je n'avais rien d'autre à lire avec moi... et là, ce fut un long cri de douleur. Mes collègues ont cru que le PC avait planté, serveur y compris et que toutes les données étaient perdues. Z'ont eu peur.
    No stress, c'était juste ma frustration de lecture après quelques chef-d'œuvre littéraires. American Psycho ne sera pas mon coup de cœur et ma critique ira dans le sens contraire des autres.
    Le livre qui a ébranlé l'Amérique ne m'a pas ébranlé, moi...
    P'têt que le film avec Christian Bale sauvera les meubles ?


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/4-romans-policiers-contemporai..
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    American Psycho
    Traduction : Alain Defossé
    Je l'ai relu et, commencé un samedi soir, le livre était terminé au bout de vingt-quatre heures. Or, j'admets n'avoir "zappé" que deux descriptions de vêtements !!!!! - et les dernières scènes de meurtres, j'avoue !!!!! Parce que, à la lumière du temps écoulé, j'ai compris - ou cru comprendre - que ces longues descriptions permettaient aussi à Bateman de se raccrocher à la réalité.
    C'est vrai : ce type est complètement fou. Il vit dans un univers schizophrénique absolu, le golden boy d'un côté, le psychopathe de l'autre mais est-il suffisamment courageux pour passer à l'acte ainsi qu'il le dit ? Ne fantasme-t-il pas en fait ? A un certain moment, on se demande comment il peut verser autant de sang dans son appartement sans que sa femme de ménage s'en émeuve (à la fin d'ailleurs, on voit cette brave dame ramasser les journaux poisseux de sang et les mettre dans la poubelle comme si de rien n'était, à tel point que Bateman lui-même se pose des questions ... )
    Avec une très grande habileté, Ellis nous suggère que son personnage possède un loft dans un endroit isolé. Soit, mais il tue aussi dans son appartement et, à lire les descriptions aussi minutieuses qu'horrifiantes qu'il nous donne de ses crimes, il est clair que les murs sont éclaboussés par le sang et la cervelle. Alors ?
    Alors, Ellis invente l'appartement de Paul Owen - autre golden boy porté disparu et que Bateman prétend avoir liquidé tout en conservant par devers lui ses clefs et son argent. Ce point de chute inattendu va lui permettre de tuer également ailleurs que chez lui. Mais toujours selon le même modus operandi, voilà le hic. Et lorsqu'on met en vente l'appartement d'Owen - eh ! oui ! on finit par le mettre en vente, il fallait s'y attendre - rien, il n'y a rien, pas une seule tache, pas un seul ragot sur ce qui s'y serait passé. Pire, l'agent immobilier - une femme - prend visiblement Bateman, venu badauder, pour un dément qu'il faut ménager mais non dénoncer à la police ...
    Celle-ci d'ailleurs n'apparaît jamais. Il y a bien un détective privé venu enquêter sur la soit-disant disparition d'Owen mais il ne fait que passer. Dans les derniers chapitres, on peut croire qu'un chauffeur de taxi anonyme va se substituer à la Némésis urbaine pour régler son compte à Bateman mais, à y regarder de plus près, on se demande si ce dernier n'est pas finalement une victime qui se fait dérober tout son argent et ses objets de valeur par un individu qui joue de sa folie pour le culpabiliser un maximum.
    Si la société américaine et le culte du profit sont mis en cause dans cette aliénation d'une personnalité, la famille est aussi montrée du doigt. On ne saura jamais pourquoi Bateman panique lorsqu'on lui suggère que sa coiffure ne pourrait pas être aussi nette qu'il le souhaite mais on constate, là encore à l'extrême fin du roman, que sa mère est elle aussi hantée par la bonne tenue de ses cheveux ...
    Un livre à lire, c'est certain mais aussi à relire car une première lecture ne permet pas d'en discerner toutes les richesses. ;o)
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    • Livres 1.00/5
    Par Petitebijou, le 19 mai 2012

    Petitebijou
    Il y a suffisamment de critiques sur Babelio de ce roman pour que la mienne n'ajoute quelque chose de vraiment original. Aussi, elle sera brève.
    Incontestables, la virtuosité et l'audace de l'écrivain.
    Brillant, le portrait d'un personnage vraiment fort.
    Pourtant, et peut-être est-ce un mécanisme de défense inconscient de ma part, la surenchère dans l'horreur m'a lassée très vite. Et surtout, j'ai ressenti une certaine complaisance de la part de l'auteur qui semble nous dire "Regarde comme j'écris bien, et attends un peu, je peux aussi faire pire...".
    Je me suis profondément ennuyée, ai commencé à sauter des pages, puis j'ai abandonné peu avant la fin.
    Mais peut-être le but de l'auteur est ainsi atteint, puisque le livre refermé, le sentiment qui domine est la vacuité de la chose littéraire et du monde qu'elle décrit. Je n'ai pas vraiment perçu d'humour comme d'autres lecteurs, tout juste un détachement à l'image du personnage, une distance un peu dandy.
    Au final, je n'ai pas lu le chef-d'oeuvre annoncé, simplement une oeuvre qui sans doute a dû paraître scandaleuse à sa sortie, mais semble aujourd'hui furieusement datée dans ce qu'elle pouvait apparaître comme moderne il y a vingt ans. Et, somme toute, l'oubli sera vite là, et "American Psycho", sitôt refermé, ne me semble plus que synonyme d'échec et d'indifférence.
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    • Livres 4.00/5
    Par Kadoc, le 06 octobre 2011

    Kadoc
    Je ne voulais pas lire ce livre.
    Comme, d'une façon générale, je me foutais de Bret Easton Ellis.
    J'étais en flagrant délit d'idée préconçue.
    Mais je me suis retrouvé en tête à tête, sur la plage, avec Pat Bateman. A défaut d'autre chose, je lui ai fais la conversation.
    Je m'attendais à lire un livre macabre, orgiaque, et dégoulinant d'horreur.
    Mais finalement, ce livre est extrêmement drôle. Je dirai même méchamment drôle. Et désespérant.
    On retrouve l'essence même de ce qui faisait le succès et la raison d'être du théâtre de grand guignol :
    La frustration, une société obtuse, la course à l'apparence et l'auto répression permanente.
    Ce livre est la peinture, plus d'actualité que jamais, de la course à la futilité comme système de vie, de la perte d'identité, de l'écrasement de l'homme par la morale et l'argent.
    American Psycho c'est l'histoire d'un homme qui crie.
    Mais à la bourse, comme dans l'espace, personne ne vous entend crier.
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Citations et extraits

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  • Par Jeanmarcel, le 20 mai 2013

    J’ai passé la plus grande partie de l’été dans un état de stupeur, assis dans mon bureau, ou bien dans de nouveaux restaurants, ou chez moi, devant le magnétoscope, ou sur la banquette arrière des taxis, ou dans de nouvelles boîtes de nuit, ou des théâtres, ou dans le loft de Hell’s Kitchen, ou bien dans de nouveaux restaurants. Quatre catastrophes aériennes majeures, cet été, dont l’essentiel a été filmé en vidéo, presque comme si ces accidents avaient été prévus, et diffusé sans fin à la télévision. Les avions ne cessaient de s’écraser au ralenti sur l’écran, après quoi suivaient d’innombrables vues des épaves, sous tous les angles, et toujours les mêmes images du carnage, des débris calcinés, ensanglantés, et des sauveteurs en larmes extirpant des morceaux de corps. J’ai essayé le déodorant for men d’Oscar de la Renta, qui m’a provoqué une légère éruption cutanée. Un film est sorti à grand bruit. Le sujet en est un minuscule insecte parlant, et il a rapporté plus de deux cent millions de dollars. Les Mets ont fait une mauvaise saison. Les clochards et les SDF semblent s’être multipliés en août, et des rangées de malheureux, de malades et de vieux.
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  • Par MarcPruvost, le 24 mars 2012

    Il existe une idée de Patrick Bateman, une espèce d'abstraction, mais il n'existe pas de moi réel, juste une entité, une chose illusoire et, bien que je puisse dissimuler mon regard glacé, mon regard fixe, bien que vous puissiez me serrer la main et sentir une chair qui étreint la votre, et peut-être même considérer que nous avons des styles de vie comparables, je ne suis tout simplement pas là. Signifier quelque chose : Voilà ce qui est difficile pour moi, à quelque niveau que ce soit. Je suis un moi-même préfabriqué, je suis une aberration. Un être non-contingent. Ma personnalité est une ébauche informe, mon opiniâtre absence profonde de cœur. Il y a longtemps que la conscience, ma pitié, l'espoir m'ont quitté, s'ils ont jamais existé. Je n'ai plus de barrière à sauter. Tout ce qui me relie à la folie, à l'incontrôlable, au vice, au mal, toutes les violences commises dans la plus totale indifférence, tout cela est à présent loin derrière moi. Il me reste une seule, une sombre vérité : personne n'est à l'abri de rien, et rien n'est racheté. Je suis innocent, pourtant. Chaque type d'être humain doit bien avoir une certaine valeur. Le mal, est-ce une chose que l'on est ? Ou bien est-ce une chose que l'on fait ? Ma douleur est constante, aigüe, je n'ai plus d'espoir en un monde meilleur. En réalité, je veux que ma douleur rejaillisse sur les autres. Je veux que personne n'y échappe. Mais une fois ceci avoué - ce que j'ai fait des milliers de fois, presque à chaque crime -, une fois face à face avec cette vérité, aucune rédemption pour moi. Aucune connaissance plus profonde de moi-même, aucune compréhension nouvelle à tirer de cet aveu. Je n'avais aucune raison de vous raconter tout cela. Cette confession ne veut rien dire.
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  • Par Suny, le 05 septembre 2011

    Ce soir, la conversation tourne autour du dernier livre de Elmore Leonard – que je n’ai pas lu ; de certains critiques gastronomiques – que j’ai lus ; de la version studio anglaise des Misérables comparée à celle de la troupe américaine ; de ce nouveau petit bistrot salvadorien au coin de la Deuxième et de la Quatre-vingt-troisième ; des mérites comparés de la rubrique potins du Post et de celle du News. Il s’avère que Anne Smiley et moi avons une relation commune, une serveuse de chez Abestone, à Aspen, que j’ai violée avec une bombe de laque, quand je suis allé skier là-bas, aux dernières vacances de Noël. Le Deck Chairs est bondé, le bruit assourdissant, l’acoustique pourrie, à cause de la hauteur du plafond et, si je ne me trompe, le vacarme est soutenu par White Rabbit, version New Age, déversé à pleins tubes par les baffles fixées en l’air, à chaque coin de la salle.
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  • Par pitivier, le 18 février 2011

    Je possédais tous les attributs d'un être humain - la chair, le sang, la peau, les cheveux - , mais ma dépersonnalisation était si profonde, avait été menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion avait été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je n'étais qu'une imitation, la grossière contrefaçon d'un être humain.

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  • Par pitivier, le 17 février 2011

    Tandis que la vendeuse enregistre les achats de Charles, je joue avec le bébé que Nancy tient dans ses bras, lui tendant ma carte American Express platine qu'il tente d'attraper d'une petite main avide, mais je secoue la tête, prenant une voix haut perchée et lui pince le menton, agitant la carte devant son visage en gazouillant : « Mais oui, je suis un assassin, et je suis un psychopathe, mais oui, tu vois, j'aime bien tuer les gens, oh oui, j'aime bien ça, mon amour, ma petite puce, oh que j'aime ça... »
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