> Alain Defossé (Traducteur)

ISBN : 226403937X
Éditeur : 10-18 (2005)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.59/5 (sur 423 notes) Ajouter à mes livres
" Je suis créatif, je suis jeune, [...] extrêmement motivé et extrêmement performant. Autrement dit, je suis foncièrement indispensable a la société ". Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman correspond au profil type du jeune Yuppie des année... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Petitebijou, le 19 mai 2012

    Petitebijou
    Il y a suffisamment de critiques sur Babelio de ce roman pour que la mienne n'ajoute quelque chose de vraiment original. Aussi, elle sera brève.
    Incontestables, la virtuosité et l'audace de l'écrivain.
    Brillant, le portrait d'un personnage vraiment fort.
    Pourtant, et peut-être est-ce un mécanisme de défense inconscient de ma part, la surenchère dans l'horreur m'a lassée très vite. Et surtout, j'ai ressenti une certaine complaisance de la part de l'auteur qui semble nous dire "Regarde comme j'écris bien, et attends un peu, je peux aussi faire pire...".
    Je me suis profondément ennuyée, ai commencé à sauter des pages, puis j'ai abandonné peu avant la fin.
    Mais peut-être le but de l'auteur est ainsi atteint, puisque le livre refermé, le sentiment qui domine est la vacuité de la chose littéraire et du monde qu'elle décrit. Je n'ai pas vraiment perçu d'humour comme d'autres lecteurs, tout juste un détachement à l'image du personnage, une distance un peu dandy.
    Au final, je n'ai pas lu le chef-d'oeuvre annoncé, simplement une oeuvre qui sans doute a dû paraître scandaleuse à sa sortie, mais semble aujourd'hui furieusement datée dans ce qu'elle pouvait apparaître comme moderne il y a vingt ans. Et, somme toute, l'oubli sera vite là, et "American Psycho", sitôt refermé, ne me semble plus que synonyme d'échec et d'indifférence.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    American Psycho
    Traduction : Alain Defossé
    Je l'ai relu et, commencé un samedi soir, le livre était terminé au bout de vingt-quatre heures. Or, j'admets n'avoir "zappé" que deux descriptions de vêtements !!!!! - et les dernières scènes de meurtres, j'avoue !!!!! Parce que, à la lumière du temps écoulé, j'ai compris - ou cru comprendre - que ces longues descriptions permettaient aussi à Bateman de se raccrocher à la réalité.
    C'est vrai : ce type est complètement fou. Il vit dans un univers schizophrénique absolu, le golden boy d'un côté, le psychopathe de l'autre mais est-il suffisamment courageux pour passer à l'acte ainsi qu'il le dit ? Ne fantasme-t-il pas en fait ? A un certain moment, on se demande comment il peut verser autant de sang dans son appartement sans que sa femme de ménage s'en émeuve (à la fin d'ailleurs, on voit cette brave dame ramasser les journaux poisseux de sang et les mettre dans la poubelle comme si de rien n'était, à tel point que Bateman lui-même se pose des questions ... )
    Avec une très grande habileté, Ellis nous suggère que son personnage possède un loft dans un endroit isolé. Soit, mais il tue aussi dans son appartement et, à lire les descriptions aussi minutieuses qu'horrifiantes qu'il nous donne de ses crimes, il est clair que les murs sont éclaboussés par le sang et la cervelle. Alors ?
    Alors, Ellis invente l'appartement de Paul Owen - autre golden boy porté disparu et que Bateman prétend avoir liquidé tout en conservant par devers lui ses clefs et son argent. Ce point de chute inattendu va lui permettre de tuer également ailleurs que chez lui. Mais toujours selon le même modus operandi, voilà le hic. Et lorsqu'on met en vente l'appartement d'Owen - eh ! oui ! on finit par le mettre en vente, il fallait s'y attendre - rien, il n'y a rien, pas une seule tache, pas un seul ragot sur ce qui s'y serait passé. Pire, l'agent immobilier - une femme - prend visiblement Bateman, venu badauder, pour un dément qu'il faut ménager mais non dénoncer à la police ...
    Celle-ci d'ailleurs n'apparaît jamais. Il y a bien un détective privé venu enquêter sur la soit-disant disparition d'Owen mais il ne fait que passer. Dans les derniers chapitres, on peut croire qu'un chauffeur de taxi anonyme va se substituer à la Némésis urbaine pour régler son compte à Bateman mais, à y regarder de plus près, on se demande si ce dernier n'est pas finalement une victime qui se fait dérober tout son argent et ses objets de valeur par un individu qui joue de sa folie pour le culpabiliser un maximum.
    Si la société américaine et le culte du profit sont mis en cause dans cette aliénation d'une personnalité, la famille est aussi montrée du doigt. On ne saura jamais pourquoi Bateman panique lorsqu'on lui suggère que sa coiffure ne pourrait pas être aussi nette qu'il le souhaite mais on constate, là encore à l'extrême fin du roman, que sa mère est elle aussi hantée par la bonne tenue de ses cheveux ...
    Un livre à lire, c'est certain mais aussi à relire car une première lecture ne permet pas d'en discerner toutes les richesses. ;o)
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cinecirque, le 15 mai 2012

    cinecirque
    American Psycho est le genre de livre à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. C'est le genre de livre où le talent de l'auteur est tellement incontestable qu'il pourrait provoquer des dégats...
    Certaines personnes n'arrive pas aller plus loin dès qu'elles abordent l'aspect "horreur-porno" du livre, mais chez d'autres, cela fonctionne comme une drogue. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas les mots pour décrire à quel point ce livre est horrible. Horrible mais fascinant. C'est probablement notre attirance naturelle pour le morbide qui nous incite à plonger dans ce tourbillon glauque mené par le jeune yuppie Patrick Bateman.
    Le plus effrayant, c'est que les scènes de vie quotidienne sont justement aussi effrayantes que les scènes de massacre pourtant très réalistes et détaillées. Si on le caractère hypnotiseur de ces dernières est indéniable, elles paraissent presque moins malsaines que les centaines de détails qui témoignent de l'hédonisme, de l'égocentrisme et l'élitisme de ce milieu et plus particulièrement de ce personnage.
    Au début, les deux parties (grossièrement, la partie "soft" et la partie "hard") sont clairement séparées. Puis, au fur et à mesure, sans que l'on s'en rende compte, les deux se mélangent pour former à la fin un mix de considérations esthétiques, de remarques mondaines et de pensées meurtrières (et le mot est faible).
    Le plus surprenant, et finalement logique, c'est le contraste si fort entre le contrôle extrême de la partie "soft", et la barbarie sans limite de la partie "hard". Ce qui rend cela possible, c'est probablement l'égocentrisme du personnage.
    Et au milieu de tout cela, et c'est aussi ce qui fait le génie d'Easton Ellis, de simples reflexions culturelles (comme les critiques des Talking Heads ou de Phil Collins) qui surprennent à peine tellement Patrick Bateman semble être régi par l'absurde d'une conscience en vrac.
    On voit donc avec ce très très bon livre où peut mener la société de l'individualisme qui règne aujourd'hui, bien qu'ici elle soit poussée à son extrême limite... et accessoirement l'emprise que le morbide possède sur nos esprit, l'attraction et la facination qu'il exerce.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Kadoc, le 06 octobre 2011

    Kadoc
    Je ne voulais pas lire ce livre.
    Comme, d'une façon générale, je me foutais de Bret Easton Ellis.
    J'étais en flagrant délit d'idée préconçue.
    Mais je me suis retrouvé en tête à tête, sur la plage, avec Pat Bateman. A défaut d'autre chose, je lui ai fais la conversation.
    Je m'attendais à lire un livre macabre, orgiaque, et dégoulinant d'horreur.
    Mais finalement, ce livre est extrêmement drôle. Je dirai même méchamment drôle. Et désespérant.
    On retrouve l'essence même de ce qui faisait le succès et la raison d'être du théâtre de grand guignol :
    La frustration, une société obtuse, la course à l'apparence et l'auto répression permanente.
    Ce livre est la peinture, plus d'actualité que jamais, de la course à la futilité comme système de vie, de la perte d'identité, de l'écrasement de l'homme par la morale et l'argent.
    American Psycho c'est l'histoire d'un homme qui crie.
    Mais à la bourse, comme dans l'espace, personne ne vous entend crier.
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    • Livres 3.00/5
    Par ChristopheM, le 28 octobre 2011

    ChristopheM
    J'entends l'écho d'un carillon qui me chuchote un léger « Alléluia ! de l'action », alors que j'arrive à la page 216 lorsque Patrick laisse entrevoir ses désirs meurtriers. Son implosion psycho apparaît au grand jour, s'extériorise. Au plaisir du lecteur. Ouf, beaucoup de pages pour en arriver là, j'ai bien retenu l'intérêt de Patrick pour le Patty Winter Show, la sape, le sexe et l'argent en abondance dépensé sans compter.

    S'en suivront des scènes de tortures, de boucheries, de crimes atroces. Je n'ai pu cerner l'utilité de la longueur des scènes pornographiques ; la longueur des chroniques imbattables, impressionnantes au sujet de Genesis (p180 à p186), Whitney Houston (p335 à p340), Huey Lewis and the News (p465 à p475) ; la longueur des conversations interminables sur le choix des restaurants et des personnes à inviter ou à éviter ; la longueur des descriptions vestimentaires à la couture près et le matériel High Tech dernier cri qui obsède le sérial killer.

    A un moment donné deux scènes nous laissent croire à une issue, un dénouement qui mettrait fin aux crimes de Patrick comme dans bon nombre d'excellents thrillers : L'apparition furtive d'un détective qui cherche une des victimes, l'enchaînement de violences avec une course poursuite suite à l'assassinat d'un saxophoniste. Fausse pioche, scènes comme d'autres, passagères sans conséquences. L'attente du lecteur n'est guère récompensée, pas de bonne ou de mauvaise fin, il n'y en a pas tout simplement.

    Le style de l'écriture est une forme de journal intime du tueur. Il manque juste les dates du moment où celui-ci se confierait à un carnet. Bret Easton Ellis garde le style utilisé dans ses autres ouvrages : "Moins que zéro" et "Les lois de l'attraction". Préférable car plus court et les seuls que j'ai lu... Il reprend certains personnages dans "American Psycho", toujours une génération qui baigne dans le sexe, la drogue, l'alcool, les suicides, sans but. Les années '80 américaines, source d'inspiration principale de l'auteur. Clair que ça change d'Ace of base, de Jean Jacques Goldman, Michael Jackson ou RUN-DMC qui m'ont laissé des souvenirs bien plus agréables à cette époque…

    En somme c'est un livre cru, direct, sans gêne, peu effrayant, d'une écriture parfaite, mais trop de détails ont rendu le texte ennuyeux, peu fluide. Dommage vu le talent de BEE. de là à dire, que c'est un roman qui fait partie du Top 5 de certaines personnes influentes, je m'étonne. Sont-ce peut-être sur base de critères qui me dépasse vu que ce sont les études qui m'ont poursuivi…Je n'ai pas respecté certaines règles, en toutes consciences, sur la manière d'établir une chronique, comme l'usage du « je », puisque cela n'en n'est pas une. Juste mon avis perso pour le plaisir. JE vous dis donc sur un fond de Bubble Guppies qui passe sur Nickel Odeon JR : A bon entendeur !
    http://lirecrire.over-blog.com/article-american-psycho-bret-easton-ellis-86621955.html
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Citations et extraits

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  • Par strangerinthedark, le 25 mai 2012

    un roman qui fait froid dans le dos, tellement les êtres humains sont déprimants. Ce livre est lucide.
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  • Par MarcPruvost, le 24 mars 2012

    Il existe une idée de Patrick Bateman, une espèce d'abstraction, mais il n'existe pas de moi réel, juste une entité, une chose illusoire et, bien que je puisse dissimuler mon regard glacé, mon regard fixe, bien que vous puissiez me serrer la main et sentir une chair qui étreint la votre, et peut-être même considérer que nous avons des styles de vie comparables, je ne suis tout simplement pas là. Signifier quelque chose : Voilà ce qui est difficile pour moi, à quelque niveau que ce soit. Je suis un moi-même préfabriqué, je suis une aberration. Un être non-contingent. Ma personnalité est une ébauche informe, mon opiniâtre absence profonde de cœur. Il y a longtemps que la conscience, ma pitié, l'espoir m'ont quitté, s'ils ont jamais existé. Je n'ai plus de barrière à sauter. Tout ce qui me relie à la folie, à l'incontrôlable, au vice, au mal, toutes les violences commises dans la plus totale indifférence, tout cela est à présent loin derrière moi. Il me reste une seule, une sombre vérité : personne n'est à l'abri de rien, et rien n'est racheté. Je suis innocent, pourtant. Chaque type d'être humain doit bien avoir une certaine valeur. Le mal, est-ce une chose que l'on est ? Ou bien est-ce une chose que l'on fait ? Ma douleur est constante, aigüe, je n'ai plus d'espoir en un monde meilleur. En réalité, je veux que ma douleur rejaillisse sur les autres. Je veux que personne n'y échappe. Mais une fois ceci avoué - ce que j'ai fait des milliers de fois, presque à chaque crime -, une fois face à face avec cette vérité, aucune rédemption pour moi. Aucune connaissance plus profonde de moi-même, aucune compréhension nouvelle à tirer de cet aveu. Je n'avais aucune raison de vous raconter tout cela. Cette confession ne veut rien dire.
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  • Par Suny, le 05 septembre 2011

    Ce soir, la conversation tourne autour du dernier livre de Elmore Leonard – que je n’ai pas lu ; de certains critiques gastronomiques – que j’ai lus ; de la version studio anglaise des Misérables comparée à celle de la troupe américaine ; de ce nouveau petit bistrot salvadorien au coin de la Deuxième et de la Quatre-vingt-troisième ; des mérites comparés de la rubrique potins du Post et de celle du News. Il s’avère que Anne Smiley et moi avons une relation commune, une serveuse de chez Abestone, à Aspen, que j’ai violée avec une bombe de laque, quand je suis allé skier là-bas, aux dernières vacances de Noël. Le Deck Chairs est bondé, le bruit assourdissant, l’acoustique pourrie, à cause de la hauteur du plafond et, si je ne me trompe, le vacarme est soutenu par White Rabbit, version New Age, déversé à pleins tubes par les baffles fixées en l’air, à chaque coin de la salle.
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  • Par pitivier, le 17 février 2011

    Tandis que la vendeuse enregistre les achats de Charles, je joue avec le bébé que Nancy tient dans ses bras, lui tendant ma carte American Express platine qu'il tente d'attraper d'une petite main avide, mais je secoue la tête, prenant une voix haut perchée et lui pince le menton, agitant la carte devant son visage en gazouillant : « Mais oui, je suis un assassin, et je suis un psychopathe, mais oui, tu vois, j'aime bien tuer les gens, oh oui, j'aime bien ça, mon amour, ma petite puce, oh que j'aime ça... »
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  • Par pitivier, le 18 février 2011

    Je possédais tous les attributs d'un être humain - la chair, le sang, la peau, les cheveux - , mais ma dépersonnalisation était si profonde, avait été menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion avait été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je n'étais qu'une imitation, la grossière contrefaçon d'un être humain.
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