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> Freddy Michalski (Traducteur)

ISBN : 2869300778
Éditeur : Payot et Rivages (2001)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 199 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Des écrivains comme ça, dans le roman noir, on en découvre un tous les dix ans. " Michel Lebrun, Le Matin.
" Opéra noir, peuplé de fantômes, où le sexe et la mort rôdent sans cesse dans l'immensité inhumaine de Los Angeles la mal nommée, lune sanglante est un ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par steppe, le 25 janvier 2012

    steppe
    Première plongée dans l'univers de James Ellroy. On m'avait prévenue, "noir, c'est noir!!!"...
    Ok, mais à part ça ?
    A part ça, un bilan mitigé. Une écriture terriblement efficace, précise, on va à l'essentiel et plutôt crûment... Les mots font mouche et servent un récit rudement bien mené, sont aussi féroces et violents que les faits racontés... Les personnages, ce qu'ils sont et leur pourquoi, tout cela est narré très brillamment, avec une lucidité qui parfois -souvent- fait froid dans le dos. On s'abîme dans l'origine du mal, dans ses méandres tortueux bizarrement familiers ....
    J'ai beaucoup pensé au "Au-delà du mal" de Shane Stevens, considéré par Ellroy comme l'un des romans fondateurs du thriller... Et on en sent l'influence à de nombreuses reprises... La même façon d'aller au plus près de l'enfer et de ses origines pour, peut-être, nous amener à les comprendre à défaut de s'y soumettre.
    Les deux personnages principaux, chacun semblant à première vue l'incarnation de 2 pôles très éloignés, deviennent sous la plume d'Ellroy, 2 jumeaux, et grâce à un jeu de miroir subtil incarnent tour à tour, le bien autant que le mal.... Expliquer, c'est comprendre... Excuser?
    Peut-être....
    Compatir en tout cas...
    Alors, oui, j'ai adoré ce bouquin, j'ai eu du mal à le lâcher une fois commencé. Pourquoi donc ce bilan mitigé ? Parce qu'il m'a manqué quelque chose d'essentiel pour moi, quel que soit le livre ou l'auteur, quel que soit le propos, j'ai besoin d'émotion, de me sentir emportée par les errances des personnages. Là, j'ai plutôt eu l'impression de n'être que spectatrice de leur dérive, d'être laissée sur le bas-côté de la route...
    Ce que j'ai ressenti : de l'horreur oui, sans aucun doute. de l'intérêt pour l'histoire ? bien sûr, pour les personnages aussi... Mais j'ai eu beaucoup de mal à compatir, à me projeter, à m'indigner autant qu'à me laisser aller à la sympathie...
    Mais peut-être est-ce là la volonté d'Ellroy, de ne pas nous permettre de s'apitoyer à la fois sur le destin des personnages et en même temps sur le notre... Peut-être que tout ce qu'il veut qu'on retienne, c'est la puissance du mal et la conscience de l'impact de nos traumatismes sur ce que l'on est... Pour donner plus de force à notre épouvante, moins de prise à notre
    complaisance envers nos propres démons.... Peut-être aussi ne veut-il rien de plus que nous horrifier, nous dire : "le mal existe, il est là présent en chacun de nous et que l'on devienne flic ou psychopathe(les 2 n'étant pas incompatibles), soyez prévenu et gardez vous en....
    Il va me falloir continuer de le découvrir pour savoir où il veut nous emmener... Et la qualité de sa plume autant que l'intelligence avec laquelle il mène le récit, me confortent dans mon désir de le découvrir plus....
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 01 janvier 2008

    Woland
    Je viens de l'achever et suis passée incontinent au second tome. Je n'ai pas été déçue. Il y a de l'épique chez Ellroy et un sens de la rédemption qui doit, à mon avis, provenir de ses origines personnelles : irlandaises ou écossaises.
    Ses héros qui sont aussi des anti-héros ont toujours quelque chose de mystique et de crucifié - même un Peter Bondurant dans "American Tabloid." Ainsi, son Lloyd Hopkins, dont on apprendra seulement à la fin de "Lune sanglante" le drame qui, dans l'enfance, l'a amené à se transformer en une espèce de Super Flic dédaigneux de sa hiérarchie.
    Parce que le petit James Ellroy a lui-même connu sa part d'horreur, les personnages qu'il invente ont presque tous connu une horreur similaire durant leur propre enfance. Une horreur où se mêlent chair et violence.
    Sur la chair, sur l'amour lui-même, le regard d'Ellroy est-il heureux ? Difficile de répondre à cette question. Pour lui, la femme en tous cas est TOUT. Il n'y a pas de garces authentiques chez Ellroy - contrairement au credo du roman noir. Toutes ses femmes fatales sont à la fois mère, épouse, maîtresse, amie, compagne, confidente. Et toutes y parviennent même si certaines d'entre elles paient ce multi-rôle de leur vie.
    L'amour fou qu'Ellroy continue à porter à sa mère tragiquement décédée - et sans doute victime du tueur du Dahlia noir - participe beaucoup à cette aura qui nimbe tous les livres du romancier comme autant de petits mausolées qui la rendent éternelle.
    C'est d'ailleurs peut-être pour cela que le style pourtant masculin d'Ellroy et son univers de mecs qui flirte souvent avec l'homosexualité et la bisexualité demeurent pourtant aisément accessibles aux femmes. Il y a une tendresse prodigieuse envers le genre humain chez Ellroy, qu'il s'acharne à dissimuler sous un cynisme parfois écoeurant et toujours très glauque, au bord du désespoir.
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    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 07 décembre 2012

    Darkcook
    En ayant commencé par le Quatuor de L.A., c'est rigolo de lire un Ellroy à ses débuts, qui est déjà celui qu'on connaît, tout en l'étant pas tout à fait, couvant à un stade moins évolué, plus simple, si l'on peut dire.
    Sur ce roman-ci, rien de frustrant, le personnage de Lloyd Hopkins est un délice (vivement que je lise les deux suites) : obsédé sexuel frustré, dossier familial chargé, traumatisé par les émeutes de Watts (énorme passage, qui vaut ce qu'Ellroy a fait par la suite) : tous les ingrédients pour le parfait personnage Ellroyien.
    On suit en alternance le psychopathe du livre, pathétique au possible, grand amoureux des femmes (tiens tiens...), du moins le croit-il, et pour mieux les tuer dans une violence jouissive... La citation de Shakespeare en avant-propos n'est pas là par hasard, ce roman puise dans le théâtre élizabethain, la violence et le sexe y prennent l'ampleur démesurée qu'on aime tant chez l'auteur. Mais à ce stade de sa carrière, il fait juste du polar tout simple, avec un flic torturé et un psychopathe, l'arrière-plan historique est relégué à un chapitre... Mais comme dit au début, tous les ingrédients sont déjà là, on ne peut que savourer!!
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    • Livres 4.00/5
    Par Hugo, le 08 avril 2012

    Hugo
    Ok les gars vous êtes tous là, c'est partie pour l'Opération « Lune sanglante »
    notre client: « James Ellroy » n'en est pas à son coup d‘essai, c'est un habitué du polar noir Américain, un amerloque pur souche, élevé au whisky et à la clope, pas le genre d'homme à sentir le printemps. On sait pas mal de trucs à son sujet : enfance chaotique, mère assassinée lorsqu'il avait 10 ans, père comptable qui succombera à une crise cardiaque quelques années plus tard… suite à ça James sera réformé de l'armée, il reprendra ses habitudes d'en temps : cambriolages, drogues et alcool, il est devenu un marginal sans but et sans domicile… Avant ces 30 ans, il tombe malade, obligé de reconsidérer son hygiène de vie, fini les excès, notre homme se range et commence à écrire….
    Lloyde Hopinks va naitre de sa plume, un personnage complexe , un Irlandais protestant d'une intelligence sans faille, il voue une adoration aux jolies Femmes, dragueur invétéré, jamais assouvie, passionné de son métier, amoureux de son épouse trompée et malheureuse…Ce gars va vous faire bander, entre fellation et parties de jambes en l‘air, c'est à la fois un beau parleur, un amant, un ami et un compteur…torturé, traumatisé, il carbure à l'instinct et aux "amphete", il lâche jamais l‘affaire, toujours sur la ligne, au bord du gouffre, il connait les rouages, les combines, admiré et détesté des ses supérieurs, Lloyd ne faillit jamais…. C'est un putain de flic…
    Laissez vous emporter dans l'enfer de L.A, c'est glauque, ça pue la nuit, on croise des morts et des prostituées et malgré (ou grâce) à cette ambiance malsaine, on se régale et on en redemande….
    A plus les copains
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    • Livres 5.00/5
    Par MissVio, le 08 septembre 2014

    MissVio
    Premier roman de la Trilogie Lloyd Hopkins, Lune sanglante sera suivi de A CAUSE DE LA NUIT et La colline aux suicidés. Je découvre James Ellroy avec ce roman, qui n'est pas tout à fait son premier.
    Si je vous disais qu'il s'agit dans Lune sanglante d'une histoire de policier et de serial killer, vous trouveriez ça presque banal. Alors comment vous dire ce que ce roman a de particulier ? Tout d'abord la figure du policier et celle du tueur se confondent presque. Ils sont aussi fous l'un que l'autre. Aussi purs aussi, à leur façon.
    Deux événements relatés au début du roman fondent les destinées de ces deux personnages principaux :
    Le 10 juin 1964, celui qu'on surnomme alors "le Poète" se fait violer par deux voyous dont il s'était moqué dans la revue poétique du lycée. Quelques années plus tard, le Poète est devenu un serial killer. de 1967 à 1982, il a déjà assassiné vingt femmes dont il avait étudié la vie de manière méthodique.
    Le 23 août 1965, le soldat civil Lloyd Hopkins intervient pour rétablir l'ordre dans un ghetto noir de Los Angeles. Face au racisme d'un sergent n'hésitant pas à éliminer les émeutiers, il décide de l'abattre. Six ans plus tard, Lloyd Hopkins est entré dans la police et est toujours amoureux de Janice, rencontrée au lycée.
    Ce n'est qu'au bout d'une centaine de pages, que ces deux personnages vont se trouver liés. Une jeune femme, Julia Lynn Niemeyer, a été assassinée chez elle et son corps vidé de ses organes. L'assassin a laissé des empreintes qui ne permettent pas de l'identifier. Nous sommes alors en 1983. Lloyd a 40 ans et déjà 17 ans d'ancienneté dans la police. Ce meurtre est l'affaire qu'il attendait. Elle lui rappelle d'ailleurs une autre affaire à laquelle Ellroy plus tard consacrera un autre roman : l'affaire du Dahlia noir.
    A partir du meurtre de Julia Lynn Niemeyer, le roman a tout pour satisfaire l'amateur de polars plus ordinaires : une victime, un policier et un coupable qui pourrait bien récidiver. Mais l'intérêt du roman est ailleurs, dans la personnalité des deux protagonistes et sans doute aussi dans celle de l'auteur, qu'on devine habité par les mêmes obsessions : la violence, la folie, le sexe, le mal… Pour moi ce roman est surtout une rencontre avec Ellroy que je ne manquerai pas de retrouver plus tard, quand j'aurai un peu digéré cette lecture…


    Lien : http://liredanslenoir.wordpress.com/2014/09/07/lune-sanglante/
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Citations et extraits

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  • Par MissVio, le 08 septembre 2014

    Il y avait du smog en ce jour d’octobre et il faisait presque chaud. Lloyd sortit sa Matador banalisée du parking de Parker Center et se dirigea vers l’ouest, au Sunset, se souvenant du passé : plus d’une décennie et demie et l’accomplissement de ses plus beaux rêves : un boulot, une femme et trois filles merveilleuses. Le boulot, excitant et triste à la fois, dans son trop-plein de satisfactions ; un mariage solide au sens où lui et Janice étaient devenus des êtres solides ; ses filles, un bonheur total, une raison de vivre rien qu’en elles-mêmes. Seule l’exaltation faisait défaut, et dans l’indulgence de sa rêverie nostalgique, Lloyd mit son absence sur le compte de la maturité – il avait quarante ans maintenant, et non vingt-trois ; s’il était une chose que lui avaient appris ses dix-sept années comme policier, c’était que les espérances diminuaient au fur et à mesure que l’on comprenait à quel point le gros de l’humanité était taré et qu’il fallait tenir cent discours apparemment contradictoires pour garder ses plus beaux rêves en vie. (p. 74)
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  • Par MissVio, le 08 septembre 2014

    Lloyd laissa tomber le portefeuille et examina les rayonnages. Romans populaires et sentimentaux prédominaient. Il remarqua que les livres sur les étagères du dessus étaient couverts de poussière, alors que ceux qui s’alignaient sur l’étagère du bas étaient propres.
    Il s’accroupit pour les examiner de plus près. L’étagère du bas contenait des volumes de poésie, de Shakespeare et Byron à des poètes féministes sous couverture cartonnée. Lloyd sortit trois livres au hasard et les feuilleta, sentant son respect pour Julia Lynn Niemeyer grandir ; elle avait lu de bons trucs les jours qui avaient précédé sa mort. (pp. 120-121)
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  • Par MissVio, le 08 septembre 2014

    Lloyd sentait que sa thèse prenait la forme de ce qu’il appelait "le syndrome du Dahlia noir" en référence au célèbre meurtre par mutilation, datant de 1947 et jamais résolu. Il était sûr que Julia Lynn Niemeyer avait été tuée par un homme intelligent, entre 30 et 50 ans, qui n’avait jamais tué auparavant, un homme aux pulsions sexuelles peu marquées, qui était entré en contact, d’une manière ou d’une autre, avec Julia Niemeyer, dont la personnalité avait éveillé, d’une manière ou d’une autre, ses psychoses depuis longtemps assoupies et l’avait conduit à régler avec soin tous les détails de son meurtre. (p. 126)
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  • Par strummer, le 01 décembre 2012

    Il abattit la hache à nouveau, encore et encore, jusqu'à être trempé de sang, du sang qui lui éclaboussait et le visage et l'intérieur de la bouche, du sang qui lui traversait le cerveau, son âme entière baignée du rouge vif de l'amante : ce rouge vif des fleurs qu'il enverrait demain a l'amour de sa vie.

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  • Par TwiTwi, le 09 juillet 2012

    Tom l'attendait à l'extérieur de la maison, les jambes ancrées sur l'allée conduisant au trottoir. Quand il vit Lloyd, il se mit à rire et ouvrit la bouche pour parler. Lloyd ne lui en laissa pas le temps. Il sortir un .45 automatique de sa ceinture et le plaça sur le front de Tom. Tom commença à trembler et Lloyd lui dit tout doucement : " Si jamais tu dis encore négro, coco ou boche ou si jamais tu emploies cette merde pour ma parler, je te tuerai". Le visage rougeaud pâlit, Lloyd sourit et s'en retourna vers les restes fracassés de sa propre innocence.
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