> Freddy Michalski (Traducteur)

ISBN : 2743615877
Éditeur : Payot et Rivages (2006)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.95/5 (sur 351 notes) Ajouter à mes livres
Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short. Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacération... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 19 avril 2012

    Hahasiah
    J'ignore si je dois maudire ou remercier Ellroy pout toutes ces nuits blanches passées en compagnie du Dahlia Noir...
    Cela faisait longtemps que je n'avais été happée à ce point par un roman préférant délaisser des lectures secondaires pour mieux me consacrer à celle-ci. Lire Ellroy, c'est la promesse d'une rencontre avec la noirceur, avec une écriture incisive, percutante et sans fioritures. Le Dahlia Noir est un de ces livres qui bouleverse et conditionne votre vie de lecteur.
    Je ne vais pas ici résumer, en quelques mots, l'histoire car je préfère laisser au futur lecteur le bénéfice de la découverte. Je dirai seulement à ce sujet que l'action se déroule à l'aube des années 50 et qu'il y est question d'une enquête autour du crime atroce d'une jeune femme surnommée Le Dahlia Noir en raison de son penchant pour les vêtements noirs.
    Ce qui rend, selon moi, ce roman exceptionnel est que James Ellroy réussit à doter ses personnages d'une grande profondeur qui s'étoffe au fur et à mesure que l'on progresse dans l'histoire. La force d'Ellroy réside dans sa capacité à rendre ces personnages fictifs terriblement réalistes et crédibles à travers l'évocation de leurs failles et de leurs faiblesses. Ainsi, chacun d'entre eux traîne dans son sillage les souvenirs pesants d'un passé douloureux qui refait surface et conditionne le présent. Cependant, Ellroy ne tombe jamais dans le « pathos » ou dans le stéréotype manichéen « gentils contre méchants ». Chez Ellroy, les policiers ne sont pas toujours infaillibles et les agressés pas toujours d'innocentes victimes. Il mène habilement le lecteur dans les méandres de son histoire par un jeu de personnalités duelles. le lecteur est déconcerté par la maestria de l'auteur, soumis aux affres de l'attente du dénouement car les hypothèses formulées, quant à la résolution de l'enquête, sont soigneusement réfutées une à une tandis que l'histoire se déroule. Peu à peu, celui que l'on croyait « agneau » se révèle « loup » au fil des pages.
    Que ce soit à travers l'évocation du passé des protagonistes principaux ou dans les scènes de crimes, son écriture semble « millimétrée ». le talent d'Ellroy consiste à toucher le lecteur en allant à l'essentiel.
    Je considère cette lecture comme une des plus marquantes qu'il m'ait été donnée de connaître. Je l'inscris donc au rang des œuvres les plus percutantes telles, entre autres, Les noces barbares de Yann Quéffelec ou encore L'orange mécanique de Anthony Burgess.
    Le Dahlia Noir n'est pas le dernier Ellroy a passé entre mes mains...Ce fut une rencontre, comme il y en a peu, dont la noirceur, j'en suis certaine, obombrera pendant longtemps mes lectures à venir.
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 15 janvier 2009

    annie
    Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée " Le Dahlia Noir " par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir totalement en noir.
    *
    Le meurtre est resté l'une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.
    *****
    James Ellroy né à Los Angeles en 1948
    *
    Marqué par l'assassinat de sa mère, James Ellroy précise qu'il n'a pas eu le choix: le roman noir était la seule littérature possible pour s'exprimer.
    *
    Puiser dans son expérience, dégager sa propre angoisse à travers ses personnages tous plus solitaires et vengeurs les uns que les autres. La ville est l'autre élément essentiel: Los Angeles, là où il vécut, où sa mère est morte comme Le Dahlia Noir, la jeune Elizabeth Short.
    *
    Il en fait le coeur de ses histoires, Hollywood en ligne de mire, le mythe américain avec ses anges et ses démons, ceux du cinéma comme de la politique.
    *
    Son écriture est celle d'un styliste, d'un inventeur de mots, de phrases, de métaphores, d'une musique qui peut être celle du jazz, tour à tour syncopée, obsessionnelle, diarrhéique et tendue.
    *
    S'il utilise l'argot, il en respecte l'époque. Obsédé par la précision historique, il déniche l'expression adéquate.
    *
    Ses personnages, de Lloyd Hopkins à Dudley Smith, sont souvent des monstres lucides, des hommes seuls sur le chemin de la perdition. Les flics brisés de Los Angeles, les crapules du LAPD, les tueurs cliniques, les politiciens véreux prennent toute la place.
    *
    Entre réalisme social et analyse très subjective, Ellroy donne la vision d'un monde sans espoir jusqu'à la nausée où la pègre domine, la corruption des politiques comme la perversion des gangsters. Et au milieu, le sexe et l'histoire des sixties dans une narration à plusieurs voix.
    *
    Documentation précise et innombrable, synopsis de plus de 200 pages pour construire le squelette du roman sont la base de travail d'Ellroy qui détaille toute son histoire avant de l'écrire. Pas de place pour l'improvisation chez lui sinon dans l'écriture sans cesse inventive et dans la subjectivité des personnages. C.F.
    *
    *A lire: L.A. Confidential (Rivages Noir)
    *
    biographie :
    "James Ellroy, de son vrai nom Lee Earle Ellroy, (né le 4 mars 1948 à Los Angeles en Californie) est un écrivain de polars américain,d'un père comptable de 50 ans et d'une mère infirmière d'origine allemande. *
    Ses parents divorcent six ans plus tard. Sa mère obtient la garde du petit. Celui-ci a dix ans, lorsque sa famille emménage dans un quartier populaire de Los Angeles.
    *
    James est déjà un lecteur fervent de littérature policière.
    *
    Jean Ellroy, sa mère, est assassinée le 22 juin 1958.
    *
    L'assassin ne sera jamais arrêté.
    James est confié à un père bienveillant, mais Ellroy est livré à lui-même.
    Il sombrera peu à peu dans la délinquance.
    *
    Il fait la connaissance de Randy Rice en 1961.
    Ils sont deux petits voyous qui feront les quatre cents coups, partageant leur goût pour les filles et les romans noirs.
    *
    James Ellroy se fait renvoyer du collège.
    Son père, dont la santé se dégrade, oblige Ellroy à s'engager dans l'armée.
    Ce qu'il fait à contre coeur en 1965.
    Le père succombera rapidement d'une crise cardiaque.
    Sa mort marque le début d'une lente descente aux enfers.
    Ellroy se fait réformer de l'armée, il retrouve son ami Randy et sombre avec lui dans la consommation d'alcool et de drogue.
    *
    Ellroy vit plus de dix ans sans domicile, de petits boulots, de larcins, dormant dans les parcs, s'introduisant chez les gens, moins pour cambrioler (il vole des sous-vêtements, de l'alcool, de l'herbe, des cartes de crédit), que pour ressentir le grand frisson, déclarera-t-il plus tard.
    *
    En 1975, un abcès au poumon le fait renoncer aux abus de toxiques.
    Il brise le cercle infernal dans lequel il s'est enfermé.
    Il devient caddie de golf à Los Angeles et commence une vie plus rangée.
    *
    En 1978, il s'inspire de son expérience de caddie pour poser la trame de fond d'un premier roman : Brown's requiem, publié en 1981.
    Il poursuit avec Clandestin (1982),
    puis livre sa série des « Lloyd Hopkins » (1984 - 1986), qu'il clôt avant terme, ne publiant que trois livres sur cinq prévus initialement.
    *
    Il publie ensuite Un tueur sur la route qui est le récit à la première personne du parcours d'un "serial killer".
    Cet ouvrage est devenu une des références majeures des écoles de formation de policiers tant il décrit avec précision la psychologie de la majeure partie des tueurs en série.
    *
    Il se lance après dans l'écriture du livre qui lui fera connaître la célébrité : Le Dahlia Noir, qui est une oeuvre de fiction basée sur une histoire vraie légendaire du Los Angeles des années quarante, à savoir le meurtre le plus sanglant et le plus sadique qu'ait connu la ville ; meurtre d'une jeune starlette , Elizabeth Short, qui a été surnommée Le Dahlia Noir par la presse et qui n'a jamais été résolu.
    *
    James Ellroy semble avoir utilisé cette histoire pour commencer à exorciser le souvenir du meurtre de sa propre mère qui a eu lieu environ 10 ans après Le Dahlia Noir.
    Il écrira à la suite trois autres romans ayant pour cadre la ville de Los Angeles dans les années 1940-1950 et pour thème le crime et la corruption.
    Il s'agit de : Le Grand Nulle Part , L.A. Confidential et White jazz'.
    *
    Toujours obsédé par l'histoire de sa mère il va tenter de résoudre, près de 40 ans après les faits, le meurtre de sa mère avec l'aide d'un policier de L.A. à la retraite (Bill Stoner).
    Ce sera l'occasion pour lui de retracer le parcours de sa mère depuis son enfance à elle et de se réconcilier avec elle et donc avec une part de lui même.
    *
    Il en écrira le récit dans un livre autobiographique : Ma part d'ombre.
    Il se présente comme un ermite vivant en vase clos pour éviter que l'univers de ses romans, qui se passent dans les années 1940 à 1970, soit perturbé par le monde contemporain .
    *
    James Ellroy est à présent l'un des auteurs de roman noir américains les plus populaires. Il a publié plus de quinze romans en vingt ans."-
    http://www.bedetheque.com/auteur-9645-BD-Ellroy-James.html
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Si je n'avais pas déniché Le Dahlia Noir sur une brocante, je ne crois pas que j'aurais jamais lu James Ellroy. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir entendu monceaux de louanges au sujet du «maître du roman noir». Il faut dire qu'à part quelques basiques de jeunesse -Agatha Christie, Conan Doyle, Maurice Leblanc, Gaston Leroux- ma connaissance du genre est limitée. Aussitôt lu, aussitôt oublié, pour la plupart. Seule exception, quelques romans de Dennis Lehanne dont j'ai beaucoup aimé le traitement de la psychologie de ses personnages.
    Alors Ellroy à deux euros, c'était l'occasion ou jamais de combler mes lacunes, de lire “mon premier” James Ellroy et d'expérimenter l'excitation d'un nouveau dépucelage littéraire.
    D'autant que Le Dahlia Noir prend pour point de départ un des faits-divers les plus célèbres –et les plus gore aussi- de toute l'histoire des Etats-Unis : le 15 janvier 1947, à Los Angeles, le cadavre de Betty Short est retrouvé dans un terrain vague, atrocement mutilé.
    Jusque-là, pas de quoi entrer dans les annales, sauf que le corps a été sectionné en deux au niveau de la taille, éviscéré et vidé de tout son sang avant d'être déposé sur place. le mythe du Dahlia Noir venait de naître.
    Ellroy s'empare donc de ce mythe en mettant deux flics de la police de Los Angeles sur l'enquête, Blanchard et Bleichert, deux anciens boxeurs devenus amis, puis coéquipiers. Pour les deux hommes, Le Dahlia Noir va rapidement devenir une obsession qui va bouleverser le cours de leur vie et leur faire entrevoir les portes de l'enfer.
    Autant le dire tout de suite, il a fallu que je m'accroche pour passer le cap des cent premières pages : descriptions interminables de combats de boxe s'étirant sur des pages et des pages, ambiance virile de commissariat, le tout truffé d'argot sensé rendre le tout plus réaliste, mais qui sonne plus comme du Gabin que du Bogart (problème de traduction ?). Mais toujours pas l'ombre d'un cheveu de jais de Betty Short.
    Et puis, l'Ange noir fait son apparition et il n'y en a plus que pour elle. L'enquête bat son plein, ça s'agite au L.A.P.D., ça fouine, ça farfouille… et ça remue des choses pas très nettes et plutôt nauséabondes. Et soudain, j'ai réalisé que l'affaire du Dahlia Noir n'était qu'un prétexte pour Ellroy, que ce roman est bien plus qu'une enquête policière macabre, pleine de suspens et de vamps vénéneuses, tout droit sorties d'un film noir des années 1950. L'auteur se sert du Dahlia pour faire de Los Angeles le concentré peu reluisant d'une Amérique loin des images glamour diffusées par le Hollywood de cette époque. le Los Angeles d'Ellroy est une cité malsaine, en putréfaction, où se développe une société corrompue à tous les niveaux : des politiciens véreux prêts à tout pour leur carrière, des policiers racistes aux procédés de voyous et aux accointances mafieuses, des magnats du cinéma plus proxénètes qu'artistes, des hommes d'affaires sans scrupule qui bâtissent leur empire et leur fortune sur des magouilles… On ne distingue plus les bons des méchants. Ils n'y a que des méchants, certains l'étant un peu moins que d'autres. A qui faire confiance, qui croire dans cet embrouillamini de mensonges qui va crescendo ?
    Magie noire. La vraie violence de ce roman, bien plus que dans sa description de crimes monstrueux ou de perversions sexuelles, réside dans sa noirceur et dans son désespoir. Chaque personnage est en proie à sa part d'ombre et à ses contradictions : l'inspecteur Bleichert qui vit des relations conflictuelles avec son père et le souvenir de sa mère folle, morte en asile ; l'inspecteur Blanchard, dont la petite sœur, kidnappée, a disparu à jamais et dont la femme, Kay, était la petite amie d'un gangster qu'il a mis sous les verrous ; Madeleine Sprague, qui se sert de sa troublante ressemblance avec Le Dahlia Noir pour attirer les hommes dans ses filets ; et puis Betty Short, qui avant de finir en traînée assassinée était une jeune fille éblouie par les uniformes et les lumières d'Hollywood.
    Qui lira Le Dahlia Noir pour y suivre une enquête policière sur ce fait-divers macabre qui a marqué l'Amérique, sera immanquablement déçu. Mais qui affectionne les personnages complexes, les critiques sociales sans complaisance et les ambiances troubles sera envoûté par ce roman.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Le%20Dahlia%20noir
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 12 mars 2011

    LiliGalipette
    Lee Blanchard et Bucky Bleichert sont deux flics du L.A.P.D (Los Angeles Police Department), deux hommes forts et puissants qui forment un duo de choc, « Feu et Glace, les flics boxeurs. » (p. 106) Leur amitié s'est forgée sur le ring à coup de gants de boxe et sur le terrain dans la chasse aux criminels. Entre Blanchard et Bleichert, il y a Kay Lake. Elle vit avec Blanchard mais leur relation est toute platonique alors que se noue une romance improbable entre elle et Bleichert. « Adversaires, puis coéquipiers et enfin amis, Kay était inséparable de l'amitié : elle ne venait jamais se mettre entre nous mais elle emplissait nos deux vies, hors des heures de travail, avec grâce et . » (p. 91) Début 1949, le trio Lee/Bucky/Kay vole en éclat avec le meurtre du Dahlia Noir, une actrice de seconde zone, menteuse, rêveuse et pas farouche, retrouvée découpée, mutilée et éviscérée sur un terrain vague. L'affaire déchaîne les médias. « Femme fatale provocante, en robe noire collante » (p. 142), Le Dahlia Noir convoque les démons féminins qui hantent les deux flics, les poussant dans des voies dangereuses. Bleichert le reconnaît en introduction : « Notre équipe ne fut rien d'autre qu'une route cahotante qui menait au Dahlia. Au bout du compte, elle devait nous posséder l'un et l'autre, totalement. » (p. 21) L'affaire du Dahlia Noir dépasse le simple meurtre et dissimule une sordide affaire de mœurs et de famille. L'enquête, qui semble insoluble, obsède Bleichert qui se perd dans les faux-semblants et les ramifications de diverses affaires de crimes qui n'en forment qu'une seule, atroce à souhait.
    Le récit est mené est Bleichert, dans une narration à la première personne qui entraîne le lecteur dans les tourments de la mémoire du policier. On suit l'enquête depuis l'intérieur d'un esprit bourrelé de remords. Avec cynisme et sur le ton d'un humour grinçant, Bleichert rapporte les faits crus et dévide la vérité jusqu'au bout de la pelote. Il remonte aux sources du sordide pour s'y noyer et n'en réchappe qu'au prix d'un ultime sursaut d'horreur. Blanchard et Bleichert traînaient tous les deux des casseroles issues de la seconde guerre mondiale et d'un passé familial traumatisé. Bleichert dévoile lentement son aversion des femmes avant sa rencontre avec Kay, la femme qui le sauve de lui-même : « l'amour avait pour moi un goût de sang, qui se mêlait aux odeurs de résine et d'hémostatique. » (p. 56) Sa liaison avec Madeleine Sprague, riche héritière d'une famille bourgeoise, est un piège dans lequel il s'embourbe doublement et profondément.
    L'affaire du Dahlia Noirest fondée sur un fait divers réel. Une actrice affublée de ce surnom a réellement fait la une des journaux de Los Angeles. le cas n'a jamais été résolu par les services de police, mais James Ellroy se paie le culot de proposer un dénouement et une explication au meurtre qui a ensanglanté les pages des canards de la ville des Anges. J'ai dévoré ce premier tome en constatant que l'horreur fait recette et attire l'œil. Incapable de détacher les yeux des descriptions macabres qui ponctuent le roman, je me suis délectée des mécanismes mis en œuvre par l'auteur pour balader son lecteur.
    Le film éponymede Brian de Palma avec Josh Hartnett, Hilary Swank et Scarlett Johannson est une réussite. J'ai déploré quelques raccourcis mais le film reste fidèle à l'esprit du roman de James Ellroy. Seul bémol – et de taille – j'ai trouvé Josh Hartnett bien trop jeune et trop poupin pour incarner l'agent Bleichert. L'acteur semble ne pas avoir assez vécu pour endosser le pesant costume de ce flic tourmenté


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/03/12/20477896.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Soundandfury, le 05 juillet 2011

    Soundandfury
    Avis Chrono'
    Un vrai polar, un modèle du genre. Des flics brutaux, un crime atroce que l'on ne perd pas de vue mais qui n'occupe pas non plus exagérement l'espace, pas au point de nous gâcher le magnifique paysage (sombre, violent) de l'Amérique d'après-guerre. Toute une époque rendue à grands coups de crayon noir. Chef d'oeuvre!
    ___________________________
    Je ne vous dis pas la pression pour cette critique, j'ai vraiment envie de la réussir car je n'avais pas été à ce point happée par un polar depuis longtemps!
    Format livre audio (merci encore une fois à la Médiathèque qui me fournit en abondance cette année). Vous connaissez Elodie Huber? Moi, non, bien sûr, comme d'habitude, mais je connais à présent sa voix... Pure merveille. Une si grande sensualité, pour lire un livre si noir, dont le narrateur est un homme - loin d'être un ange - c'est un choix audacieux et un pari réussi!
    Début du roman. Suis tombée amoureuse tout de suite. Il n'est fait aucune mention du crime avant un bon moment. Les personnages principaux se construisent lentement, ainsi que le cadre: l'amérique, juste après la seconde guerre mondiale. En toile de fond, Hollywood qui se développe, se transforme. Au premier plan, deux flics dont le point commun est d'être boxeurs.
    La boxe est un sport qui me fascine depuis bien longtemps et l'atmosphère est si bien rendue, puissante, brutale, les personnages deviennent si vivants en quelques pages qu'on sent tout de suite que le reste du roman, quel qu'il soit, sera excellent.
    Et il l'est! Elizabeth Short (Le Dahlia Noir) est retrouvée morte, coupée en deux. Les responsables politiques veulent profiter de cette aubaine pour se faire un peu de pub, manque de chance, la demoiselle n'est pas si pure qu'on pouvait l'espérer. Une starlette mythomane, nymphomane, qui rêve de percer dans le cinéma. Sur cette intrigue principale se greffent nos deux héros, Bucky Bleichert et Lee Blanchard (l'horreur cette paronymie, pendant tout le livre, j'ai eu l'impression de devoir me coller un post-it sur le front pour pas les confondre. Bleichert, c'est celui avec les longues dents).
    Intrigue amoureuse, en sus, avec une femme qui complète le triangle amoureux, avant l'intrusion du Dahlia noir : Lee et Bucky en font, chacun à leur manière, une véritable obsession qui dévore peu à peu leur vie.
    Tout est parfait dans ce livre, nous attendons avec impatience la résolution du crime - et la fin est complexe, vraiment. Un peu étrange, peut-être, il y a comme un changement de ton, sur la fin, même si je ne saurais pas l'expliquer, je l'ai senti. Mais encore une fois, c'est vraiment l'aspect reconstitution historique, sociale, l'épaisseur incroyable des personnages qui m'ont scotchée! Wouahou.
    On s'y croierait. Les méthodes écoeurantes de la police, vérolée, violente, corrompue par les pots de vin, les trafics... le sexe, l'argent, la politique, le pouvoir dans les mains des puissants, des promotteurs immobiliers.
    La description de l'état d'esprit de Lee et de Bucky, leur évolution...
    Parlant, magique, prenant, réaliste, percutant! Phénoménal! ça vous suffit?
    J'ai cru voir que ce roman constituait le Tome 1 de je ne sais quoi... Mais il fait sens à lui seul. Je ne vais rien oser lire d'autre de cet auteur de peur d'être déçue!
    La seule petite chose qui me dérange - ça m'apprendra à lire autre chose que le texte, rien que le texte, ça m'apprendra à lire des résumés et à m'informer, tiens... - c'est de savoir que ce livre s'inspire d'une célèbre enquête, de la réalité, donc, et de ne pas savoir situer dans le livre ce qui relève de la documentation et ce qui relève de la fiction.
    Bucky et Lee, par exemple. 100% inventés? le dénouement, oui, je le sais, l'affaire n'a jamais été résolue. Mais tout le reste? Où sont les frontières? Arg... je déteste ne pas savoir! D'avance, merci à qui pourra m'éclairer!

    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2011/02/16/je-vous-fais-une..
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Citations et extraits

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  • Par cr261169, le 04 mai 2012

    La découverte du corps d'Elisabeth "Betty" Short: C'était une jeune fille dont le corps nu et mutilé avait été sectionné en deux au niveau de la taille. La moitié inférieure gisait dans les mauvaises herbes à quelques mètres du haut, jambes grandes ouvertes. Sur la cuisse gauche, on avait découpé une large portion de chair et de la taille tranchée au sommet de la toison pubienne courait une entaille longue et ouverte. Les deux lèvres de peau étaient retroussées: il ne restait rien dans la plaie béante. La moitié supérieure était pire: les seins étaient parsemés de brûlures de cigarettes, celui de droite pendait sectionné, rattaché au torse par quelques lambeaux de peau; celui de gauche était lacéré autour du téton. Les coupures s'enfonçaient jusqu'à l'os, mais le plus atroce de tout, c'était le visage de la fille. C'était un énorme hématome violacé, le nez écrasé, enfoncé profondément dans la cavité faciale, la bouche ouverte d'une oreille à l'autre en une plaie de sourire qui vous grimaçait à la figure comme si elle voulait en quelque sorte tourner en dérision toutes les brutalités infligées au corps. Je sus que ce sourire me suivrait toujours et que je l'emporterais dans la tombe.
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  • Par Hahasiah, le 11 avril 2012

    Une commère hirsute à l’haleine empestant le sherry tendit un crucifix en plastique et me demanda si cela aiderait à éloigner le loup-garou sadique ; un vieux poivrot en caleçon, maillot de corps et col de pasteur, me dit que la morte était un sacrifice de Dieu parce que Leimert Park avait voté Démocrate aux Législatives de 46. Un petit garçon me montra une photo de cinéma de Lon Chaney Jr dans le rôle de l’Homme-Loup et me déclara que le terrain vague entre la 39e et Norton était l’aire de lancement de sa fusée spatiale; un de mes supporters me reconnut après mon combat avec Blanchard et me demanda un autographe avant de me déclarer, de but en blanc, très sérieux, que le tueur, c’était le chien basset du voisin, et me demanda si ça ne me dérangeait pas d’abattrez cette petite chiure. Autant les « non » sérieux que j’obtenais étaient ennuyeux, autant je m’amusais de l’originalité des réponses des fêlés, et je commençai bientôt à me sentir comme le seul être sain d’esprit pris dans une routine comique et monstrueuse.
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  • Par Spilett, le 09 février 2010

    C'était l'aube. Je sortis sur le perron et ramassai l'édition du matin du Hérald. Au-dessus d'un portrait d'Elisabeth Short, au beau milieu de la page, le titre du jour était: "Le meurtre sadique: on recherche les petits amis." Le portrait portait en légende: "Le Dahlia Noir", suivi de: "La police enquête aujourd'hui sur la vie amoureuse d'Elisabeth Short, 22 ans, victime du loup-garou sadique dont les aventures avaient transformé selon des amis une innocente jeune fille en délinquante folle de son corps, toujours vêtue de noir, et répondant au surnom de "Dahlia Noir".
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  • Par gaillard1, le 18 septembre 2010

    Je jaugeais le bonhomme. La quarantaine passée. Gras et un peu chauve, mais vraisemblablement costaud - comme un ancien athlète dont la pèche se transforme en jugeote quand le corps ne suit plus.
    Ellroy James, le Dahlia noir, trad. Fred Michalski
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    C’était une jeune fille dont le corps nu et mutilé avait été sectionné en deux au niveau de la taille. La moitié inférieure gisait dans les mauvaises herbes à quelques mètres du haut, jambes grandes ouvertes. Sur la cuisse gauche, on avait découpé une large portion de chair et, de la taille tranchée au sommet de la toison pubienne, courait une entaille longue et béante. Les deux lèvres de peau étaient retroussées : il ne restait rien
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