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ISBN : 2203077182
Éditeur : Casterman (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.97/5 (sur 812 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short.

Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 21 octobre 2013

    Gwen21
    Challenge ABC 2012 - 2013
    24/26
    Une plongée dans les eaux troubles et profondes de la Californie des années post-Seconde Guerre mondiale qui ne peut pas laisser le lecteur de marbre.
    Un univers violent, dur et cru parfaitement recréé par Ellroy à tel point qu'on oublierait presque qu'il n'en est pas le contemporain mais seulement le conteur. Un univers dominé par le mâle blanc, le flic tout-puissant qui vacille constamment tel un ivrogne entre pègre et conscience du devoir.
    J'ai été favorablement impressionnée par l'écriture d'Ellroy même s'il a commencé par me faire craindre le pire par ses presque 100 pages d'introduction avec pour décor la boxe, si populaire à cette époque et si hermétique pour moi. Cependant, j'ai bien fait de patienter car, rétrospectivement, il est évident que sans cette mise en condition, sans cette plongée dans le temps et l'espace, la suite du polar n'aurait évidemment pas eu le même impact.
    J'ai été saisie par la noirceur de l'intrigue aux rebondissements quasi incessants. La complexité psychologique des personnages est telle qu'elle semble mener inéluctablement la plupart des protagonistes vers la folie et fait soupçonner au lecteur une tendance à la schizophrénie généralisée.
    Pourtant, malgré les méandres de l'Affaire, l'auteur ne perd jamais pied, ne cède jamais à la facilité et s'impose une rigueur qui accroît la crédibilité de son récit jusqu'au dénouement. Sachant que l'action de ce très bon polar s'étale sur 4 ans sans temps morts, je vois là une marque indéniable de talent.
    Pour le lecteur, difficile de véritablement s'attacher au personnage principal, Dwight Bleichert qui lui-même n'arrive à s'attacher qu'aux fantômes et aux fantasmes, délaissant la réalité. Brutal, magouilleur et menteur, il parvient cependant à susciter la compréhension voire la compassion de celui qui écoute sa longue narration et est témoin de sa ténacité comme de ses errements.
    Un bon polar, bien glauque, bien prenant, qui ne cherche pas à créer la surprise et l'éclat mais qui construit patiemment son suspense pour un résultat très efficace.
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    • Livres 4.00/5
    Par darkmoon, le 06 juillet 2013

    darkmoon
    Choc, tragique, brillant… du pur James Ellroy !
    L'histoire se passe à Hollywood en 1947, on suit un policier qui va monter en grade et qui va être confronté à un meurtre horrible qu'il va devoir élucider avec son collègue dont il va découvrir les secret à mesure que l'enquête s'élucide.
    La description est brillante, tout en finesse et en suspense. J'ai rarement lu un roman qui tienne autant de rebondissement. Il relate donc l'histoire épouvantable d'une jeune actrice coupée en deux avec l'intérieur vidé et un visage défiguré au niveau de la bouche, le but du livre consistant à découvrir celui qui a commis ce crime ignoble et répugnant. James Ellroy montre une ambiance chez les policiers de l'époque qui est loin de se montrer sereine, les chefs voulant des résultats et les inspecteurs condamnés à trouver les coupables. Mais si tout cela était si simple. Parfois, on pense avoir découvert le criminel, puis des nouveaux éléments apparaissent ... On s'y perd, on tente de comprendre ce qui a bien pu pousser quelqu'un à assassiner une personne telle que la sublime Betty Short. C'est un meurtre hors du commun, son meurtrier la détestait, manifestement, pour avoir fait subir à sa dépouille de pareilles atrocités.
    le lecteur se sent parfois mal à l'aise de comprendre certaines choses, parfois complice d'un personnage trop suspect, parfois il lui semble que lui aussi il aurait perdu ses moyens, serait devenu fou, comme la plupart des personnages, rattrapés par leur sombre passé. L'histoire nous fascine tout autant à l'extérieur qu'à l'intérieur du roman. le peu d'élément qu'a la police et les personnages qui tombent un à un (soit dans la folie, soit assassinés) ne fait qu'accroître le sentiment de malédiction autour de l'affaire du Dahlia Noir. L'ambiance, sombre et mystérieuse, nous plonge plus profond encore dans cette terrible histoire, le rythme est très soutenu ...
    Au menu de ce polar brillant et noir: fusillades, meurtres à l'arme blanche, tromperies, trahisons, enquête compliquée, bref le roman de James Ellroy, extrêmement rythmé, ne peut qu'accrocher le lecteur à sa chaise qui doit vraiment attendre le dénouement pour découvrir les mobiles et les responsables de ce meurtre sadique.
    Un livre en tous points réussi pour son intensité, ses rebondissements et ses qualités scénaristiques.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cera1volta, le 02 octobre 2012

    Cera1volta
    Amis, amour, à mort...
    "Pour moi, elle était le centre de l'enquête criminelle la plus énigmatique que le service ait jamais connue. C'était elle qui avait brisé la plupart des vies qui m'étaient proches, c'était elle cette énigme faite femme dont je voulais tout découvrir. C'était là mon but ultime, enfoui si profond que je le sentais ancré dans ma chair."
    Le Dahlia Noir n'est pas sorti tout droit de l'imagination de James Ellroy, il s'est inspiré du meurtre sauvage d'Elizabeth Ann Short, jeune femme de 22 ans retrouvée mutilée (je passe les détails) dans un terrain vague de L.A en 1947. Ce fait divers a bouleversé les Etats-Unis, a fait la une des tabloïds et est à ce jour toujours irrésolu. Le Dahlia Noir c'est aussi un roman thérapie pour son auteur dont la mère a subi le même sort que "Betty" Short, alias Le Dahlia noir.
    Lentement, minutieusement, Ellroy introduit ses personnages : Bucky Bleichert, Lee Blanchard pour commencer. 2 jeunes flics réputés pour leur carrière de boxeurs, frères "ennemis", simples coéquipiers de la L.A.P.D. puis amis à la vie à la mort. Deux hommes qui traînent leurs fantômes, un père allemand et une mère morte à l'asile pour l'un ; une jeune soeur kidnappée et assassinée pour l'autre. Entre les 2 une femme, Kay qui vient apporter la touche de romance nécessaire à ce polar si noir. Triangle amoureux harmonieux, brisé, remanié...
    Parenthèse de cette première partie : le match de boxe entre Bleichert et Blanchard, j'ai adoré. La narration était parfaite, le combat nous est donné à lire comme sous le micro d'un commentateur sportif. Un sens du détail percutant comme les poings des deux boxeurs. Ce match est par ailleurs ce qui liera à jamais nos deux hommes.
    La suite du roman nous place au coeur du meurtre le plus sordide qui soit donné à voir. Ames sensibles ou estomacs fragiles s'abstenir, la scène du crime est effroyable, peinte de la manière la plus crue qu'il soit, rien n'est épargné au lecteur. L'enquête qui s'en suit nous plonge elle, dans un milieu glauque à l'extrême, dérangeant, où la corruption à cours, où la violence et le racisme ne sont même pas masqués, où la débauche, les perversions sexuelles et les âmes perdues se mêlent. Une enquête qui ne laissera personne indemne.
    A aucun moment on ne soupçonne ce qui arrive, on est régulièrement laissé sur le c..., parfois dubitatif, parfois bouleversé, parfois choqué.
    Ellroy a voulu un dénouement à ce crime sordide, il lui était probablement nécessaire afin de faire le deuil du meurtre irrésolu de sa mère...
    Le Dahlia Noir est un roman fascinant, obsédant. Il puise sa force dans une écriture réaliste, une peinture sans concession d'une société dépravée dont la noirceur et le désespoir nous saisissent à la gorge. On comprend mieux pourquoi cette enquête a tenu l'Amérique en haleine...
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    • Livres 4.00/5
    Par Darkcook, le 02 décembre 2012

    Darkcook
    C'est avec lui que j'ai découvert Ellroy, y a plus de deux ans, lors d'un cours sur le polar... Beaucoup de choses me plaisaient, qui me donnaient envie de poursuivre avec l'auteur, et d'autres, propres à ce roman, me frustraient. Je me retrouve dans la passion d'Ellroy pour les femmes, mais sur ce roman-ci, je ne sais pas, l'obsession pour le Dahlia était un refrain qui n'a pas su me retenir aussi longtemps sans me lasser. Bucky Bleichert était loin d'être aussi réussi et pathétique que Lee Blanchard (lui, pour le coup, m'avait réellement séduit, je ne voulais voir que des personnages comme ça chez Ellroy, et je n'allais pas être déçu par la suite)... C'est vraiment une question de goût, et surtout que tous les ingrédients du roman, la famille dysfonctionnelle, le monstre hugolien (ici Georgie), le meurtre horrible, etc... Toutes ses composantes, chères à Ellroy, sont bien plus réussies dans le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et White jazz.
    Ce roman a beau être très célèbre pour l'affaire, pour ses retombées sur la carrière et la popularité de l'auteur, parce qu'il marque le début de sa plus fameuse et connue saga... Il n'en reste pas un de ses moins bons (mais par rapport à d'autres auteurs, tout est relatif, Ellroy a une telle maîtrise que ses moins bonnes oeuvres restent les moins bonnes, pas les plus mauvaises) Les autres sont tellement meilleures!! Si celui-là vous a rebuté, lisez le Grand Nulle Part!!
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    • Livres 5.00/5
    Par Jeanmarcel, le 25 janvier 2013

    Jeanmarcel
    Dans un prologue de dix pages absolument époustouflant, James Ellroy plante le décor, décrit ses deux personnages principaux et vous met l'eau à la bouche.
    Vous comprenez illico que les romans comme celui-ci sont rares. Après quelques chapitres, sidéré par la prose de l'auteur, vous comprenez que ce roman est unique.
    L'histoire du Dahlia Noir c'est d'abord l'histoire de deux amis, flics et anciens boxeurs, dans le contexte de l'immédiat après-guerre à Los Angeles.
    Deux hommes au passé chargé, en quête de rédemption. Les compromissions et les trahisons plombent leurs images de bons et loyaux serviteurs de l'ordre.
    L'enquête sur le meurtre du Dahlia Noir leur donne une occasion de rachat. Retrouver le meurtrier sadique devient pour eux une véritable quête du Graal, une obsession qui les mènera dans les profondeurs noircies et putréfiées de l'âme humaine.
    le meurtre sauvage d'Elisabeth Short en 1947 reste une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique. James Ellroy ressort l'enquête du placard et la résout car cette histoire est un peu la sienne.
    Né en 1948, Ellroy a dix ans quand sa mère est assassinée par un sérial killer que la police ne retrouvera jamais.
    Trente ans plus tard, le résultat de son auto psychanalyse donnera l'extraordinaire Dahlia Noir, un polar aux vertus thérapeutiques pour lui car, en résolvant ce crime célèbre, il se réconcilie avec une mère qui l'abandonna trop tôt et contre son gré.
    Il passe du rang d'enfant victime, hanté par le remords, au rang d'écrivain adulte et assagi.
    Mais Ellroy est d'abord, et surtout, un artiste remarquable qui sort des sentiers battus du roman policier classique.
    Il sait décrire froidement, sans compassion, des situations dramatiques. Il les envoie sèchement, il les exécute alors que beaucoup d'autres auteurs gagneraient quelques pages et quelques dollars de plus avec la même intrigue.
    C'est l'âme humaine dans toute sa noirceur qui intéresse Ellroy, il remonte toujours à la source quand un acte ignoble est commis, il nous donne les pièces du puzzle criminel mais ne les assemble pas pour nous.
    Il n'excuse personne, il ne condamne personne : il raconte.
    le meurtre d'une apprentie starlette lui permet de peindre le portrait peu reluisant d'un Hollywood où l'on tournait plus de films pornos que de grosses productions pudibondes.
    Au passage il souligne aussi que la frontière entre le bien et le mal est virtuelle pour ne pas dire inexistante.
    Vous pouvez lire aussi Clandestin, une sorte d'ébauche du Dahlia Noir, qui en possède tous les atouts mais qui est beaucoup moins connu.
    Depuis quelques années, Ellroy s'est lancé dans une trilogie sur l'histoire récente de l'Amérique qui couvre de l'avant Kennedy à l'après Nixon.
    American Tabloïd, American Death Trip et Underworld USA sont trois monuments à lire d'urgence.
    L'Histoire avec un petit h, observée par le petit bout de la lorgnette, construite dans la violence et la corruption par des truands et des barbouzes sans grand relief. Vous découvrirez que le sort du monde se décide parfois sur un coup de fil ou un rendez vous dans un night club pourri.
    Pour moi, s'il existe un auteur indispensable, c'est bien James Ellroy. le seul auteur vivant dont j'ai tous les livres sortis en France.


    Lien : http://www.atramenta.net/authors/jean-marcel/18712/publications/
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Citations et extraits

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  • Par cr261169, le 04 mai 2012

    La découverte du corps d'Elisabeth "Betty" Short: C'était une jeune fille dont le corps nu et mutilé avait été sectionné en deux au niveau de la taille. La moitié inférieure gisait dans les mauvaises herbes à quelques mètres du haut, jambes grandes ouvertes. Sur la cuisse gauche, on avait découpé une large portion de chair et de la taille tranchée au sommet de la toison pubienne courait une entaille longue et ouverte. Les deux lèvres de peau étaient retroussées: il ne restait rien dans la plaie béante. La moitié supérieure était pire: les seins étaient parsemés de brûlures de cigarettes, celui de droite pendait sectionné, rattaché au torse par quelques lambeaux de peau; celui de gauche était lacéré autour du téton. Les coupures s'enfonçaient jusqu'à l'os, mais le plus atroce de tout, c'était le visage de la fille. C'était un énorme hématome violacé, le nez écrasé, enfoncé profondément dans la cavité faciale, la bouche ouverte d'une oreille à l'autre en une plaie de sourire qui vous grimaçait à la figure comme si elle voulait en quelque sorte tourner en dérision toutes les brutalités infligées au corps. Je sus que ce sourire me suivrait toujours et que je l'emporterais dans la tombe.
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  • Par Gwen21, le 18 octobre 2013

    - Vous êtes en train de nous dire que votre fille, c'était une raclure ? dit Lee.
    Short haussa les épaules.
    - J'ai cinq filles. Un mauvais numéro sur cinq, c'est pas si mal.

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  • Par Jeanmarcel, le 28 octobre 2013

    Adversaires, puis coéquipiers et enfin amis. Kay était inséparable de l’amitié : elle ne venait jamais se mettre entre nous mais elle emplissait nos deux vies, hors des heures de travail, avec grâce et style. 

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  • Par Spilett, le 09 février 2010

    C'était l'aube. Je sortis sur le perron et ramassai l'édition du matin du Hérald. Au-dessus d'un portrait d'Elisabeth Short, au beau milieu de la page, le titre du jour était: "Le meurtre sadique: on recherche les petits amis." Le portrait portait en légende: "Le Dahlia Noir", suivi de: "La police enquête aujourd'hui sur la vie amoureuse d'Elisabeth Short, 22 ans, victime du loup-garou sadique dont les aventures avaient transformé selon des amis une innocente jeune fille en délinquante folle de son corps, toujours vêtue de noir, et répondant au surnom de "Dahlia Noir".
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  • Par Jeanmarcel, le 20 mai 2013

    La lumière de l’extérieur me guida jusqu’à un interrupteur mural ; j’allumai, vis une pièce vide striée de toiles d’araignées, allai jusqu’au perron et fermai la porte de l’extérieur. Les rideaux opaques retenaient jusqu’à la plus petite parcelle de lumière. Je retournai dans la maison, fermai la porte et enfonçai des éclats de bois dans la serrure pour en bloquer le fonctionnement.
    L’accès par la façade rendu impossible, j’allai à l’arrière de la maison. Une odeur nauséabonde de pharmacie s’échappait d’une pièce jouxtant la cuisine. J’ouvris la porte du bout du pied et tâtonnai sur le mur à la recherche d’un interrupteur. J’en trouvai un ; la lumière crue m’aveugla. Puis mes yeux s’accoutumèrent et je reconnus l’odeur : formaldéhyde.
    Les murs étaient recouverts d’étagères sur lesquelles s’alignaient des bocaux contenant des organes conservés ; sur le sol était étendu un matelas que recouvrait à moitié une couverture de l’armée. Un scalp de cheveux roux ainsi que deux carnets étaient posés dessus. Je pris une inspiration difficile et m’obligeai à tout regarder.
    Des cervelles, des yeux, des cœurs, des intestins flottant dans un liquide ; une main de femme, l’alliance encore passée au doigt ; des ovaires, des agglomérats de viscères difformes.
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