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> André Pieyre de Mandiargues (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300951
Éditeur : Gallimard (1966)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 234 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voici un recueil de poèmes des plus révélateurs du talent de ce poète engagé. Cet ouvrage a d'ailleurs été réalisé au cours d'un voyage singulier où Paul Eluard combattait ses démons.
C'est un triptyque poétique dans lequel sont successivement évoquées les trois... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 16 mars 2013

    Tempuslegendae
    Á l'instar de l'instrumentalisme, la pensée pourrait se définir comme une doctrine selon laquelle toute théorie est un outil permettant de forger l'action. En ce sens, poésie et philosophie s'associeraient pour servir les mêmes projets, approfondir et démystifier certaines pensées humaines.
    Chose bizarre en mon esprit, Jorge Semprun au profit duquel je m'apprête à rédiger une impression, me fait soudainement penser aux «Épitaphes» d'ELUARD. Je ne crois pas à l'instinct fortuit produit par l'œuvre (au sens général) mais plutôt à l'éclairage d'un texte donné par d'autres. La littérature se suffirait-elle à servir tous les devoirs qu'elle s'est assignée?
    «La souffrance est comme un ciseau
    Qui tranche dans la chair vivante
    Et j'en ai subi l'épouvante
    Comme de la flèche à l'oiseau
    Du feu du désert à la plante
    Comme la glace sur les eaux
    Mon cœur a subi les injures
    Du malheur et de l'injustice
    Je vivais en un temps impur
    Où certains faisaient leurs délices
    D'oublier leurs frères leurs fils
    Le hasard m'a clos dans ces murs
    Mais dans ma nuit je n'ai rêvé que de l'azur
    Je pouvais tout et je ne pouvais rien
    Je pouvais tout aimer mais pas assez.
    […]
    Souviens-toi des regards sans brumes sans remords
    Le mien s'est effacé le tien l'a remplacé
    D'avoir été d'être vivants nous continuons
    Nous couronnons le désir d'être et de durer.»
    Nous sommes au cœur d'un recueil qui rassemble et articule souplement les proses d'une inspiration liée à la douleur. Tout invite à distinguer les rêves (qui «sont, pour un esprit préoccupé de merveilleux, la réalité vivante») des textes surréalistes, qui «excluent le monde sensible», et des Poèmes, «par lequel l'esprit tente à désensibiliser le monde, de susciter l'aventure et de subir des enchantements». Pour ÉLUARD, l'écriture automatique n'est qu'un moyen de faire affleurer à la conscience ce qui se cache dans les «dessous» (allusion faite à son recueil), dans les cryptes, les couloirs, les labyrinthes de la «pyramide humaine». Oui, la conscience poétique élabore le poème en combinant ce matériau intime avec les apports du monde sensible.
    Je vais bientôt pouvoir parler d'un texte posthume écrit par Semprun.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 26 novembre 2011

    vincentf
    Survol trop rapide entre simplicité des mots et mystère du sens, le sentiment de beauté naît de l'amour, des yeux dont la courbe fait le tour du coeur, des paupières qui se referment sur un rêve profond, sur un sommeil lourd, sur un miroir, sur une présence, sur une absence, sur un nouveau mystère. le mots simples se mêlent de bizarres pierreries, entre nature vivante, oiseaux de malheur, corps entrevus ou aveugles pensées. Poésie dont il faudrait s'imprégner, qu'il faudrait relire à haute voix, chaque miniature seule, polie comme un diamant, à lire et à relire pour que le sens, caché et simple, touche au coeur l'intime lien de l'amour, de la poésie et de la douleur.
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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 09 novembre 2012

    colimasson
    Capitale de la douleur… Quelle douleur ? Celle de se rendre compte qu'on reste totalement insensible à la forme d'expression qui se voudrait la plus personnelle –la poésie ?
    Un livre peut-il séparer du sentiment de ses semblables lorsque, en le refermant après l'avoir trouvé négligeable, on découvre qu'il figure au 60e rang des 100 meilleurs livres du 20e siècle ? Qui a établi ce classement ? D'après quels critères ? Pour en apprécier la lecture, faut-il avoir vécu sous une période bien précise ? Faut-il avoir connu des expériences historiques et politiques spécifiques ? Faut-il disposer des références adéquates, sans lesquelles le sens caché d'un texte ne peut être révélé ?

    Dernière question –dont la réponse déterminera celles de toutes les questions précédentes : un texte nécessitant tant de ces dispositions exactes pour être apprécié est-il vraiment absolument génial ? Je ne crois pas.

    Avant de lire Capitale de la douleur, je n'ai pas fait la démarche de me renseigner sur l'intention de signification qu'a cherché à lui donner Paul Eluard. Je ne pensais pas que ce recueil serait composé de textes liés par un fil conceptuel. Après recherches, je m'aperçois que si : Paul Eluard décrit le voyage d'un homme en crise et la révolution de trois étapes décisives de son existence : genèse, paroxysme, résolution. Si on ne le sait pas avant de commencer la lecture, on ne le sait toujours pas une fois qu'elle est terminée… à moins d'être Paul Eluard. La limpidité n'est pas une caractéristique de son écriture, à croire qu'il a écrit en se disant : « Plus le lecteur restera éloigné de mes idées, mieux ce sera. Plus le lecteur devra faire d'efforts pour comprendre mes expressions inutilement alambiquées, ridiculement mystiques et symboliques, plus je pourrais revendiquer le caractère poétique et profond de mes Poèmes ».

    Mais après tout, certains lecteurs trouvent-ils vraiment une résonnance à leurs pensées à la lecture de ce recueil ? Pour ma part, les images convoquées par la poésie de Paul Eluard m'ont laissée totalement impassible. Deux figures de cas : l'indifférence neutre des expressions que le hasard semble avoir forgées –alignements de noms qui n'ont rien à faire les uns à côté des autres, et que même l'effort d'imagination ne suffit pas à rendre attrayants-, et l'agacement des expressions où le romantisme naïf cherche à se donner l'apparat d'une symbiose entre l'homme et la femme –la femme étant toujours une créature muette et mystérieuse, parée d'atours au symbolisme désuet.

    La poésie de Paul Eluard a peut-être plu par ses velléités contestataires, à une période de l'histoire où la soumission à l'ordre était particulièrement prégnante ? Ma vision actuelle me fait surtout considérer ces tentatives de dissipation morales comme d'innocentes provocations adolescentes, l'envie de faire un pied-de-nez aux personnes « sérieuses » en hurlant au monde entier que soi-même on vaut mieux que les autres –prétention qui traduit une vision du monde réduite à peau de chagrin. Paul Eluard évoque la mort à travers ses squelettes et ses corbeaux noirs ; l'amour en invoquant les sirènes des territoires orientaux, les yeux bleus immenses, les corps frémissants ; et c'est à peu près tout. Freud dirait : pulsion de vie, pulsion de mort. La dualité éternelle se retrouve en grandes pompes, il n'y a finalement rien de se profondément bouleversant dans la poésie de Paul Eluard.

    Capitale de la douleur est le livre de l'expérience zéro. A la limite aura-t-il seulement contribué à me désolidariser de ces mystérieux juges qui ont placé le recueil dans les meilleurs livres du 20e siècle –sentiment dont je me serais bien passée, et qui contribue une fois encore à augmenter ma déception.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-capitale-de-la-douleur-1926-..
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 18 mai 2011

    zohar
    « Capitale de la douleur » témoigne de la crise morale du poète survenue, en 1924.
    Ce recueil qui est une interrogation angoissée sur la situation de l'homme face à lui-même et à autrui, souligne fortement la dualité entre « sens et sensibilité » qui ne cesse de déchirer le poète.
    La crise morale est douloureuse certes, car la douleur est érosive, sourde et aveugle. Mais, les forces de la vie finissent par triompher, par l'emporter !
    Poète de l'Amour qui le « crée », il en attend une communication (avec le monde) qui doit passer par les sens, car « toute caresse, toute confiance se survivent », et non par les mots.
    Par l'amour et la poésie, le poète veut conquérir un univers où les choses et les êtres ne seront plus isolés dans leurs catégories respectives mais dans un univers où ils pourront se découvrir dans leur unité essentielle.
    Eluard est le poète de l'image obscure (peut-être) et de la forme surtout (il y a dans ce recueil une étonnante richesse formelle : se succèdent et se chevauchent sonnets, vers blancs, des motifs dada et surréalistes émergent, se mêlent ; et cependant la hantise du décasyllabe et de l'alexandrin transparaît partout).
    Même si sa poésie peut souffrir de quelque emphase rhétorique ; elle montre qu'Eluard poète engagé n'est en aucun cas un poète aliéné.
    C'est un poète de l'amour et non du combat, difficile et pourtant familier.
    Paul Eluard est à mes yeux l'un des lyriques les plus purs de la poésie française.
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 02 décembre 2013

    chartel
    Je pensais, avec naïveté, plonger dans une œuvre surréaliste en lisant "Capitale de la douleur". Si c'est un peu le cas dans sa première partie, Répétitions, d'inspiration dada, et si bien des rapprochements audacieux et étranges évoquent l'écriture automatique, on sent très vite que rien n'est dû au hasard, tant aux niveaux des vers et des Poèmes qu'au niveau de l'ensemble du recueil. Paul Eluard n'est pas iconoclaste. S'il cherche à renouveler la poésie et à poursuivre l'œuvre réformatrice de ses illustres prédécesseurs (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire), il ne fait pas table rase du passé. de la poésie mystique au romantisme hugolien, du baroque flamboyant à la simplicité proverbiale et populaire, du vers à la prose, Paul Eluard puise avec force et fracas dans notre patrimoine littéraire. Mais cet ancrage dans la tradition est loin de rassurer le lecteur, car les repères, ballotés au gré des souffles et des éclairs éluardiens, sont mouvants et trompeurs. La réalité s'épaissit d'une surimpression de l'intangible au tangible. Ce que l'on croyait immuable devient incertain. Lire "Capitale de la douleur", c'est voir pleinement l'homme et le monde.
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Citations et extraits

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  • Par noor, le 30 octobre 2014

    J'ai la beauté facile et c'est heureux.

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  • Par Malaura, le 04 avril 2012

    Mon amour pour avoir figuré mes désirs
    Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
    Tes baisers dans la nuit vivante
    Et le sillage de tes bras autour de moi
    Comme une flamme en signe de conquête
    Mes rêves sont au monde
    Clairs et perpétuels.

    Et quand tu n’es pas là
    Je rêve que je dors je rêve que je rêve.
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  • Par Malaura, le 28 février 2012

    Je te l’ai dit pour les nuages
    Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
    Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
    Pour les cailloux du bruit
    Pour les mains familières
    Pour l’œil qui devient visage ou paysage
    Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
    Pour toute la nuit bue
    Pour la grille des routes
    Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
    Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles

    Toute caresse toute confiance se survivent.
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  • Par ArnaudP, le 19 janvier 2011

    Elle est debout sur mes paupières
    Et ses cheveux sont dans les miens,
    Elle a la forme de mes mains,
    Elle a la couleur de mes yeux,
    Elle s'engloutit dans mon ombre
    Comme une pierre sur le ciel.

    Elle a toujours les yeux ouverts
    Et ne me laisse pas dormir.
    Ses rêves en pleine lumière
    Font s'évaporer les soleils,
    Me font rire, pleurer et rire,
    Parler sans avoir rien à dire.

    - Capitale De La Douleur - Mourir De Ne Pas Mourir - 'L'amoureuse' -
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  • Par Malaura, le 03 avril 2012

    Le mensonge menaçant, les ruses dures et glissantes,
    Des bouches au fond des puits, des yeux au fond des nuits,
    Et des vertus subites, des filets à jeter au hasard
    Les envies d’inventer d’admirables béquilles,
    Des faux, des pièges, entre les corps, entre les lèvres,
    Des patiences massives, des impatiences calculées,
    Tout ce qui s’impose et qui règne
    Entre la liberté d’aimer
    Et celle de ne pas aimer

    Tout ce que tu ne connais pas.
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