La question humaine apparaît comme un leitmotiv dans les paroles d'un des antagonistes du roman.Mais elle transpire aussi tout au long de l'enquête du narrateur.
D'une simple enquête de personnalité quémandée par le directeur adjoint,le narrateur va se retrouver au cœur d'un chantage psychologique d'où il ne ressortira pas indemne ( et nous non plus ).
Cette enquête va nous ramener en plein cœur de l'Allemagne nazi et sur les exactions commises à l'encontre des Juifs.Sans jamais dénoncer, en usant des idées de
Karl Kraus sur la dégénérescence de la langue allemande,l'auteur met en exergue la puissance du verbe,réduisant de simples courrier en véritables outils de propagande.
Un petit livre qui vous amène peu à peu à réfléchir sur les corrélations entre le totalitarisme et le langage.Pourquoi les dictateurs sont-ils toujours de grands orateurs!Par cet ouvrage l'auteur nous rappelle que les mots peuvent-être aussi destructeurs que les armes.
Merci aussi à l'auteur de remettre en valeur Kraus qui a à son époque dénoncé la montée du nazisme,accusant la presse et la dégénérescence de la langue de
Goethe.
Petit aparté,je n'aime pas révéler l'intrigue d'un roman dans ma critique,mais pour une fois,je n'ai pas réussi à faire autrement.