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Superbe biographie d'un personnage trouble.
Comme le dit Emmanuel de Waresquiel, "le paradoxe de Talleyrand, c'est qu'il et l'un des seuls de sa génération à avoir parfaitement compris les enjeux et les conséquences de la Révolution, tout en restant en dehors des règles morales et idéologiques qu'elle suppose."
Un diplomate né, qui sait tirer profit de toutes les situations, pragmatique, méfiant vis à vis de toutes les Constitutions.

L'analyse de sa proposition de nationalisation des biens du clergé en octobre 1789 est très menée quoique un peu rapide : on sent que l'auteur se fait l'avocat de Talleyrand qui aurait proposé cette solution pour réconcilier le Clergé, la Nation et les créanciers ; il aurait agi pour son désir d'ordre, de paix sociale et afin d'éviter une confiscation pure et simple.
A l'étude des débats sur ce projet, il ressort que le Clergé n'étant plus un ordre, ne disposant plus de revenus (suppression de la dîme), et que les problèmes budgétaires n'étant pas encore réglés, l'urgence de la décision d'hypothéquer des biens du clergé (estimés à 90 millions de livres) par des rentes fixes et la vente progressive du reste était indispensable.

J'ai découvert grâce à ce livre, la vision européenne de Talleyrand qui prônait l'équilibre et la paix dans le respect par les puissances européennes de l'ensemble des lois de Droit Public : vaste programme !
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Cette vie de Talleyrand est un modèle du genre : le cadre biographique est le moyen de ressusciter plusieurs époques et milieux sociaux, et les complexités d'un politicien qui ne croyait pas desservir la France en servant ses intérêts personnels, en bon serviteur de l'Etat éduqué à l'école de l'Ancien Régime. La rigueur du détail et de la démonstration ne lassent jamais le lecteur, car de cette façon le biographe fait revivre l'époque qui explique et éclaire le personnage.
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Le sujet est passionnant. D'une part parce que j'ai eu la chance de visiter plusieurs fois son magnifique château de Valençay, mais aussi parce que j'ai entendu des choses sur cet homme si contradictoires que j'ai eu envie d'en savoir plus et de connaître davantage ce personnage historique.


Le livre se lit relativement vite – pour un livre de cette longueur du moins. L'auteur a très bien raconté l'histoire du personnage, de façon claire en générale, malgré quelques digressions que j'ai regrettées à certains moments, notamment lors des passages où il était question de finance. Je me suis un peu perdue parfois. Hormis cela, la manière de raconter et le langage utilisé sont suffisamment simples pour rendre la lecture agréable et l'auteur est assez précis dans les faits historiques pour être intéressant et enrichissant. J'ai appris énormément de choses, d'autant plus sur une période très mouvementée, et que je connais trop peu: le directoire, l'empire de Napoléon et la Restauration. Période franchement complexe et même bordélique. Les événements racontés sont donc parfois très compliqués. Il y a aussi énormément de personnages différents. C'est donc difficile de tout retenir mais les chapitres nous guident bien dans les différentes étapes de la vie de Talleyrand, qui correspondent en même temps aux différents épisodes de l'Histoire de France.

En ce qui concerne ma perception du personnage lui-même, après avoir lu ce livre, j'ai eu la confirmation que le personnage était bien plus complexe que ce que l'on entend souvent, c'est à dire un homme sans foi ni loi trahissant à tour de bras et aux moeurs légères. En fait, j'ai beaucoup d'admiration pour lui, malgré ses défauts et faiblesses, fort nombreuses et fort bien expliquées dans le livre. En effet, l'auteur tente de dresser un portrait le plus fidèle possible du diplomate, en essayant donc de faire le tri entre les rumeurs et la vérité historique, qu'il s'agisse de ses qualités comme de ses défauts. C'est plutôt très bien fait.
Dans tous les cas, on ne peut absolument pas douter du fait que Talleyrand a été un immense homme d'Etat et un visionnaire souvent. Ce qui m'a le plus impressionnée c'est sa vision de l'Europe. Il a toujours voulu et agi pour atteindre un objectif: la paix en Europe car selon lui c'était la condition pour que la France s'épanouisse vraiment. Je le cite “On a appris enfin que la véritable primatie, la seule utile et raisonnable, la seule qui convienne à des hommes libres et éclairés, est d'être maître chez soi, et d'avoir pas la ridicule prétention de l'être chez les autres. On a appris, et un peu tard sans doute, que, pour les Etats comme pour les individus, la richesse réelle consiste non à acquérir ou envahir les domaines d'autrui, mais bien à faire valoir les siens.”

Le livre est en tout cas très bien documenté. J'ai particulièrement apprécié les nombreuses citations qui illustrent très souvent le récit de l'auteur. Les citations proviennent de Talleyrand lui-même bien sûr – et c'est un plaisir de lire ses réflexions et conversations qui montrent un esprit libre, drôle, moqueur parfois mais toujours subtil – mais aussi d'autres personnages qui l'ont côtoyé de près et de loin, tels que sa nièce et maîtresse Dorothėe, duchesse de Dino, ses bons amis mais aussi de certains de ses plus farouches opposants comme le fameux Chateaubriand.
Voici un exemple, parmi tant d'autres : “Plus tard, Wellington aimera citer en la trouvant “parfaitement diplomatique” sa réponse à quelqu'un qui lui demandait à l'issue d'une conférence longue et inutile, ce qui s'y était passé: “Mylord, il s'est passé trois heures.”

Autres exemples provenant du livre de Stéphane Bern, le bel esprit de l'Histoire:
“Ne suivez jamais votre premier mouvement, car il est le bon.”

En 1808, se tint le congrès d'Erfurt réunissant Napoléon et le tsar Alexandre Ier de Russie. Pour encourager le tsar à tenir tête à Napoléon, Talleyrand lui glissa ces mots: “Sire, la Russie a un peuple de barbares et un prince civilisé. La France a un peuple civilisé et un prince barbare.”

On raconte qu'une femme fort laide avait un jour reproché à Talleyrand:
“- Il paraît, monsieur, que vous vous êtes vanté d'avoir obtenu mes faveurs.
– Oh non, madame, sûrement pas vanté, accusé peut-être.”

Parlant de Chateaubriand qui devenait sourd et s'était écarté de la vie politique française, Talleyrand eut ce mot: “Il croit qu'il devient sourd parce qu'il n'entend plus parler de lui.”

Je vous conseille donc ce livre si vous êtes intéressé par le personnage. Vous aurez un portrait fidèle, nuancé et complet d'un personnage haut en couleurs et qui fait partie sans conteste des plus grands hommes d'Etat de l'histoire de France.
Lien : https://leshistoiresdesympho..
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Cet ouvrage est le résultat d'un impressionnant travail de recherche. Cependant, à mes yeux, le livre pâtit d'un soin excessif du détail. L'auteur évoque souvent des personnes, des situations et des sources qui me semblent dispensables.
L'arbre qui cache la forêt : parfois les détails m'ont empêché de saisir le vrai poids d'un moment historique ou alors la véritable implication de ce fascinant acteur politique. En fait, il s'agit d'une époque particulièrement dense et complexe.
Point positif : sur l'ensemble, l'historien dégage la personnalité de Talleyrand, ses motivations et ses convictions. A plusieurs reprises, il s'emploie à montrer la cohérence du diplomate en action. Un de mes épisodes préférés : le Congrès de Vienne.
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Extraits :
Le fragment ci-dessous met en parallèle deux contemporains :
« [Chateaubriand et Talleyrand] sont profondément différents. Ils n'ont que quatorze ans d'écart et ils appartiennent pourtant à deux générations qui n'ont rien à voir. La Révolution les divise profondément, alors même que paradoxalement l'un en a été le témoin et l'autre l'acteur. Chateaubriand a bu au ‘fleuve de sang' qui sépare l'ancien monde du nouveau. Il est spirituellement et charnellement l'homme des bouleversements, des orages et des déchirures de cette époque, tandis que Talleyrand est resté en esprit sur l'autre rive, celle du ‘plaisir de vivre' d'un siècle évanoui. Tandis que la carrière de l'un est chaotique, tout réussit à l'autre. Tandis que l'un naît à Saint-Malo, gentilhomme breton et crotté, l'autre commence sa vie à Paris, grand seigneur, dans une famille de cour et de prébendes. Et puis comment l'auteur du Génie du Christianisme ne mépriserait-il pas au fond de lui-même l'ancien prêtre, infidèle à son ordre et à sa dignité d'évêque ? Tout les sépare donc [ ] ». p 498
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Extrait de l'avant-propos :
« Les rapports du biographe à son sujet sont des rapports de séduction, et Dieu sait que Talleyrand a été un grand séducteur. Encore faut-il ne pas lui laisser le temps de vous donner le baiser de Judas. »
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Extrait de la quatrième de couverture :
« ‘Je veux que pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai été, j'ai pensé, ce que j'ai voulu'. A lire les injures, les jugements à l'emporte-pièce et les contresens qu'ont commis sur lui presque tous les historiens, le Diable boiteux a été entendu au-delà de ses espérances !
Il faut dire qu'il a lui-même brouillé les pistes à plaisir, qu'il est testé au pouvoir pendant plus d'un demi-siècle, qu'il a servi neuf régimes et prêté treize serments. Il faut ajouter que, né et formé sous le règne de Louis XV, et mort l'année de l'avènement de Victoria, ce corrompu, cet homme qui savait faire marcher les femmes, ce joueur invétéré n'est ni un traître par profession ni même un intrigant de haute volée, comme le voudraient la plupart de ses biographes. On ne peut pas non plus soutenir sérieusement qu'il ait voulu à toute force servir la France, donner chair à des idées, poursuivre un idéal. Doit-on alors saluer l'artiste et se résoudre à n'avoir jamais le fin mot ? Rien de tel. [ ]
Emmanuel de Waresquiel fait revivre une figure d'une intelligence et d'une énergie exceptionnelles qui s'est montrée à la hauteur des secousses terribles auxquelles l'Europe a été soumise il y a deux siècles ; un grand seigneur de l'ancien temps fidèle à ses origines, qui a littéralement créé le rôle de l'homme de pouvoir moderne ; un visionnaire et un formidable metteur en scène de sa vie qui s'est forgé son propre destin en pesant sur les événements, tout en gardant la maîtrise de lui-même jusque sur son lit de mort. »
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Comme quoi on peut aussi écrire barbant et avoir du succès quand le sujet en vaut la peine. Au crédit de l'auteur, il est difficile de maintenir un style enjoué sur 800 pages. Mais justement : était-il nécessaire d'entrer dans tant de détails, de s'offrir tant de disgressions, même pour rendre justice à un personnage aussi complexe ? Oui, peut-être, si l'on considère qu'Emmanuel de Waresquiel a réussi avec ce livre la biographie de référence, probablement la plus complète jamais écrite sur le sujet.
Quoi qu'il en soit, j'ai tenu la distance et sauté aucune page. C'est que Son Altesse Sérénissime Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince-duc de Bénévent, en vaut la peine. Celui qui restera pour la postérité « le plus impénétrable et le plus indéfinissable des hommes », selon Madame de Staël, celui qui eut « le privilège d'être l'image scintillante du mal » selon Roberto Calasso, a été une, sinon la figure majeure de l'histoire de France, entre un 18ème siècle finissant et le premier tiers du 19ème siècle.
Il est difficile de résumer un tel personnage sans que cette critique ne prenne des proportions de roman.
Nommé évêque d'Autun le 2 novembre 1788, il sera celui qui fera le plus peut-être, pour abattre l'église en tant qu'institution, « bradant » ses biens en proposant leur nationalisation, nommant des évêques sans l'autorisation du Pape, et se mariant sans que ce dernier ne le délie de son ordination de prêtre.
Accusé d'avoir trahi successivement tous ses maîtres, on oublie un peu vite qu'ils lui devaient tous, peu ou prou, leur accession au pouvoir.
Chargé par Louis XVIII de défendre les intérêts de la France au Congrès de Vienne, une France vaincue, foulée au pieds par les puissances coalisées contre elle, il réussit l'exploit de réinsérer notre pays dans le camp des vainqueurs.
Et je pourrai continuer ainsi jusqu'à la nuit des temps. Mais faut-il résumer un tel travail ? Homme brillant, amant assidu, un des deux plus fins diplomates de son temps avec Metternich, pourvoyeur assidu d'aphorismes pour la postérité, Talleyrand a trouvé chez Emmanuel de Waresquiel un biographe à sa hauteur.
Plongez-donc dans ce livre si vous aimez l'histoire et souhaitez découvrir le personnage. Comme le disait Talleyrand à la fin de sa vie : « Je ne fais que ce que je dois, mais je veux faire tout ce que je dois. Je suis du vieux temps. »
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Peu de personnages de l'histoire n'ont été autant vilipendés et décriés que Charles Maurice de Talleyrand Périgord ( né en 1754 - 35 ans en 1789 ) .
Emmanuel de Waresquiel nous livre ici un portrait précis et étonnant .
La fortune de son oncle descendant des Chalais et le mariage heureux de son frère Archambaud furent ses premières gifles et probablement le catalyseur de ses ambitions .
D'abord abbé puis Évêque d'Autun à 35 ans ( il n'y séjournera que vingt jours ) , il brigue le poste ministériel à 35 ans et rencontre Germaine Necker , baronne De Staël . Avec Talleyrand tout passe par les femmes ! Il n'a jamais su faire la différence entre ses sentiments et la vie politique.
Après les émeutes du 12 au 14 juillet 1789 , Charles Maurice contribue à faire céder Louis XVI . C'est la nuit du 14 au 15 juillet qu'on lui prête la célèbre réplique " Sire , ce n'est pas une émeute , c'est une révolution ! " qu'il n'a sans doute pas prononcée mais a le mérite de tout résumer .
Plus tard , après les journées sanglantes du 5 et 6 octobre , Talleyrand, évêque d'Autun , propose le 10 octobre de nationaliser les biens du clergé ( une petite fortune 😉 ) pour répondre à l'urgence financière du moment . La "diabolisation" de Charles Maurice , la légende "noire" du traître date de ce jour.
Sous le Directoire , bien que surveillé par la police , Barras le Directeur le nomme ministre, ce qui n'empêchera pas ce dernier de dresser sur Talleyrand un portrait caricatural et vengeur .
Charles Maurice rencontrera Benjamin Constant , Sieyès , Pierre Louis Roederer et chapeaute un système parallèle avec Des Resnaudes , Radix de Ste Foix , Montrond , Laborie .
Il sera flatteur avec le Général Bonaparte et le rencontrera avant sa campagne d'Egypte .
Sous le Consulat , C- Maurice travaille beaucoup , dort peu .Il a l'art des "conversations rapides"comme du travail rapide. A cette époque il épouse Catherine Gand (la belle indienne) , divorcée d'un premier mariage. Pour cela il falsifie le Bref de réconciliation du Vatican 😜 ( sous Pie VII ) pour retourner à la vie séculaire et laïque. de cette union , il y a de fortes présomptions qu'il ait eu une fille illégitime : Charlotte.
L'épisode de l'exécution du Duc d'Enghien , le 21 mars 1804 illustre une fois encore l'habileté de Talleyrand de se sortir d'une affaire dans laquelle il était compromis : l'assassinat d'un innocent relève pour lui des "affaires" .
Les rapports entre le "Prince de Bénévent" et Napoléon sont chaotiques.A cette époque , son frère Archambaud perd Louis , son fils ainé , sur lequel Charles Maurice fonde beaucoup d'espoirs .
En 1811 il instaure un système de licence , sorte de contrebande légale , autorisée par Napoléon depuis 1809. Cela permettait aux navires d'écouler leur marchandise prohibée contre un droit de licence en rapport avec la valeur et le contenu du chargement . Il réclame au Tsar 1 500 000 francs sous forme d'un prêt déguisé . Ébouriffant !
Pendant ce temps , Napoléon , dans un de ses exercices favoris , multiplie les vexations et les blessures d'amour propre. Malgré tout il fera volte face et sauvera Talleyrand de la banqueroute .
Pour Gérard Bialot 🙂 , j'y viens enfin ! Il y a la fameuse phrase "Tenez Monsieur , vous n'êtes que de la merde dans un bas de soie !" . Napoléon n'a sans doute pas prononcé l'ultime injure , mais il y a pensé.
En vérité , ce mot historique le plus célèbre de Napoléon à Talleyrand , que seul Molien , qui n'était pas là le 29 janvier , cite dans ses mémoires , aurait selon Edmond Brié , été lancé au cours d'une autre scène en présence du Maréchal Bertrand ( Mémoires d'outre tombe. Editions Biré ) Il est comme souvent diversement attribué . O'Meara en parle pour la première fois dans son "journal de de Sainte Hélène"en le mettant dans la bouche d'une "dame célèbre", peut-être Madame de Staël . Vingt ans plus tard , dans ses mémoires , Méneval l'attribue cette fois à Lannes, connu à la cour pour son langage très militaire , avec une légère variante : " Dans de si beaux bas de soie , foutre de la merde !" . Pour Chateaubriand enfin ( qui détestait Talleyrand ) , c'est Lord Lauderdale qui l'aurait prononcée à l'époque des négociations de paix du gouvernement Fox ( 1849 - 1850 - Mémoires d'outre tombe). S'il n'a pas prononcé le mot tel qu'il nous est parvenu , Napoléon en a eu la pensée. A Mayence en octobre 1813 , il disait devant Caulaincourt " C'est l'homme qui a le plus de vues , d'adresse , mais c'est de l'or à côté de la merde ! "
Le traité de paix de Paris du 30 mai 1814 s'est placé dans l'équilibre d'une Europe du XVIIIe d'avant la Révolution et qui a eu l'incroyable mérite d'éviter à nouveau un conflit généralisé jusqu'en 1914;
Au congrès de Vienne , en octobre 1814 , Talleyrand grand seigneur , arrive avec sa "Maison" dont le grand cuisinier Antonin Carême. Charles Maurice est amateur de bonne cuisine et connait toutes les règles de savoir vivre . Beethoven se produira . Ce sont des vacances de Roi , mais les affaires vont mal , selon Charles Maurice .
Plus tard arrivera son successeur : Richelieu . Talleyrand lui en voudra d'accepter un ministre sous Louis XVIII qu'il lui avait refusé auparavant .
L'oeuvre de Talleyrand fut fondée sur la Légitimité .
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Magnifique !
Quel curieux titre cependant que ce "Prince immobile" quand l'étoffe est si chatoyante....
S'il faut parfois reprendre la lecture un peu plus haut pour ne pas se perdre dans les méandres de l'époque, du personnage et de l'écriture, ce petit effort est largement récompensé. le diable est dé-diabolisé. Il n'est "qu'un" homme mais quel homme ! Là où certains ont vu diablerie, l'auteur nous montre de la sagesse, de la patience, du discernement, de l'anticipation, de la force, de la constance, de la souplesse et des qualités ni nombreuses et si puissantes qu'elles placent effectivement cet homme dans des sphères que tous ont admirées, parfois enviées et donc souvent détestées. Talleyrand est un personnage d'exception, complexe, passionnant, fascinant et dont l'extrême finesse d'esprit signe à elle-seule l'ampleur de la sensibilité. Si son intelligence règne insolemment et pour toute éternité aux cieux de la Diplomatie, sa claudication a gravé sur le roc la fragilité de son humanité.
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La vie de Talleyrand est impressionnante de maîtrise, d'événements historiques majeurs (excusez du peu, la Révolution, la Terreur, le Directoire, l'arrivée au Pouvoir de Napoléon, le Consulat et l'Empire, les guerres Napoléonnienne, la Restauration, les Cent-Jours, le retour des frères de Louis XVI, la Monarchie de juillet), et le tout, toujours au premier plan : Évêque, homme à femmes, ministre, représentant de la France au Congrès de Vienne de 1815, à la manoeuvre pour l'arrivée de Napoléon, puis instigateur de son départ, initiateur du retour de Louis XVIII au pouvoir, ambassadeur à Londres pendant 4 ans, ouf, Talleyrand est entre 1795 et 1838, année de son décès de tous les coups…et on passe ses affaires…Emmanuel de Waresquiel rend compte de tout cela en 811 pages denses, passionnées, et on sent qu'il a élagué dans son manuscrit, il en avait encore sous le pied ! Par ailleurs, ce qui ne gâche rien, c'est très bien écrit. Incroyable livre historique d'une grande figure de notre Histoire.
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Pas facile pour un auteur de faire le tour du Prince démon ! Talleyrand est à la fois lui-même, l'image qu'il construit par son comportement et ses écrits, et tout ce qu'on en a dit, de son temps et après, plus souvent à charge qu'à décharge. L'auteur ne se trouve pas seulement devant l'énigme d'un comportement à la fois opportuniste et rationnel dans un environnement aussi complexe que mobile, il lui faut décoder le tableau que Talleyrand lui-même en a peint, les retouches de ses héritiers, les tableaux qu'ont brossés ses contemporains, et tous les politiques, diplomates et historiens ultérieurs. Dans cet ensemble de portraits, il lui faut chercher, non pas quel est "le vrai", mais ce qui se dégage de la galerie.
L'auteur réussit. Il trouve la bonne distance, sans complaisance ni médisance, ni endosser les vieilles querelles. Il évite, bien sûr, les jugements moraux et surtout l'écueil de la psychologie et le gouffre de l'intérêt national.
Son approche biographique, fortement documentée, contient ce qu'il faut d'éléments de contexte pour que le lecteur s'y retrouve. Et ses excursions dans l'historiographie de Talleyrand sont éclairantes.
Armé de cet ouvrage, on peut tenter de comprendre les Mémoires de Talleyrand et de décrypter son exergue qui est à la fois une justification et une synthèse : "Je n'ai jamais abandonné un régime avant qu'il ne se fût abandonné lui-même."
Lorsque, pour en savoir plus, j'ai lu les quatre volumes de Lacour-Gayet, 1928/34, que cite souvent l'auteur, j'ai eu l'impression que, plutôt qu'une source parmi d'autres, ils constituent la matrice du présent ouvrage qui, dans une certaine mesure, en constitue la mise à jour et le perfectionnement. Mais Lacour traîne avec lui un siècle d'a prioris que Waresquiel décape efficacement.
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J'ai enfin terminé la biographie de cet homme qui a eu une vie incroyable.
Ce n'est pas une personnalité qu'il est facile d'apprécier, mais on ne peut être que stupéfait par sa capacité à survivre en se rendant indispensable aux différents gouvernements qu'il a servis.
Cet homme garde jusqu'à la fin de sa vie un regard critique sur son temps et ses contemporains.

Cette biographie est très précise, elle analyse et explicite par le menu les différentes actions politiques et sociales de Talleyrand. Je n'ai donc pas pu retenir tout de sa vie ni replacer correctement tous ses interlocuteurs.
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