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ISBN : 2330015062
Éditeur : Actes Sud (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.5/5 (sur 453 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corn... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 09 novembre 2012

    carre
    Il y a un certain temps que je voulais découvrir Matthias Enard, mais « Zone » son précédent livre me semblait être une sorte d'ovni littéraire
    ( plus de 500 pages je crois, en une seule phrase) du coup j'avais remis l'expérience à plus tard.
    Et bien je dois avouer que «Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants », me fait regretter ma frilosité. de par l'histoire tout d'abord, aussi étonnante que méconnue, un Michel-Ange aveuglé par son travail, tellement loin des manigances faite sur sa personne et des enjeux que sa décision amenait. Et puis bien sur par l'écriture agréable, fluide d'Enard, bien au-dessus d'un grand nombre de ces confrères, précise, poétique, imagée. Alors même si la brièveté du roman est son seul défaut, le voyage sur les pas du célèbre italien sur les rives du Bosphore vaut largement le détour. C'est sur, je reviendrai vers vous Monsieur Enard.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 21 octobre 2012

    joedi
    Michel-Ange qui fuit la colère du Pape Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, débarque à Constantinople le 13 mai 1506. Il répond à l'invitation du sultan Bajazet et à son projet de construction d'un pont sur la Corne d'Or. Les plans de Léonard de Vinci ayant été refusé, Michel-Ange relève le défi. L'auteur raconte un Michelagnolo ignorant des intrigues dont il est l'objet. C'est cette tranche de vie du grand artiste que raconte Mathias Enard.
    La qualité de l'écriture, le style fluide, font de ce livre un vrai bijou, un réel coup de cœur. A lire !
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 19 septembre 2010

    brigetoun
    Peut-être une légère déception, dont je ne sais si elle n'est pas personnelle.
    L'anecdote est peu connue, ou je ne la connaissais pas. L'entrelacement entre les rapports artiste/mécène ou puissant, la découverte d'un autre monde, la résistance de Michel-Ange à l'amour et l'ambiguïté de ses sentiments, le personnage du poète, est habille. Mais, pour moi, les personnages restent un peu "personnages de papier" et les descriptions, les listes de noms de plantes, de senteurs, de lieux ne sont pas arrivées à me transmettre la sensualité qui est recherchée
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    • Livres 3.00/5
    Par fermeledimanche, le 13 janvier 2012

    fermeledimanche
    Le jeudi 13 mai 1506 Michel-Ange débarque dans le port de Constantinople. À cette époque, « L'Empire n'était plus romain et pas encore l'Empire, la ville balançait entre Ottomans, Grecs, juifs et latins » (p. 11). Michel-Ange a 31 ans et « certains voyaient en lui le plus grand artiste du temps. » (p. 12). Il vient tout juste d'achever le David pour la ville de Florence et travaille en dilettante au tombeau du pape Jules II. Une entreprise pour laquelle l'évêque de Rome refuse de lui accorder quelque avance sonnante et trébuchante. Lors Michel-Ange prend ses distances avec la papauté et se rend à Constantinople pour répondre à l'invitation du sultan Bayazid II (Bajazet) qui souhaite bâtir un pont sur la Corne d'or, cet estuaire qui se jette dans le Bosphore. Ce n'est pas le premier artiste italien invité par le sultan. Déjà, en 1504, Léonard de Vinci avait dessiné pour ce même pont un projet jugé irréalisable. Il s'agissait d'un ouvrage à tablier unique de 720 pieds (240 mètres de long et 24 mètres de large). S'il avait été bâti, il serait devenu le pont le plus long du monde. En 2001, à As, en Norvège, le projet, visionnaire, de Léonard sera enfin réalisé.
    Mais revenons à Michel-Ange parce que le sujet du livre de Mathias Énard c'est bien Michel-Ange. Michel-Ange va couler des jours heureux, paresseux et indolents auprès du Grand Turc. Mais il ne faut pas que Rome l'apprenne car il risque l'excommunication et ne pourrait plus travailler pour le pape. Il loge dans une petite chambre-atelier où il dessine, rêve, dort, mange et joue avec le petit singe qui lui tient compagnie. Parfois il sort en compagnie du poète Mesihi. Il visite avec lui Sainte-Sophie, déambule dans les rues de Constantinople, sœur jumelle de Venise, observe « avec frayeur les corps élancés des esclaves » (p.61), fréquente les tavernes, s'enivre, se prend de passion pour une danseuse équivoque. « Michel-Ange cherche l'amour. Michel-Ange a peur de l'amour comme il a peur de l'enfer. » (p.79). le temps coule heureux, nonchalant, au rythme de ce pont qui ne prend pas forme parce que Michel-Ange n'arrive pas à lui donner forme. le sultan s'impatiente. Ali Pacha presse l'artiste. Une esquisse sera faite. le sultan est comme le pape, il ne paie pas… Et pendant ce temps Michel-Ange ne s'aperçoit pas que son compagnon, le poète Mesihi, se consume d'amour pour lui. « Il détourne les yeux quand il sent sur lui le regard de Mesihi » (p. 79). Finalement Michel-Ange devra, dans des circonstances dramatiques, quitter Constantinople…
    De ce voyage que reste-il ? Quelques lettres, une dague, le plan de Sainte-Sophie, trois bracelets, le croquis d'un pont, des couleurs, des visages qu'il représentera ça et là dans son œuvre.
    Ce roman, très agréable à lire, est rédigé dans une prose soignée, choisie, souvent poétique où se mêlent les lettres de Michel-Ange, les listes curieuses et déroutantes qu'il établissait, sortes d'albums d'images/mots à retenir ("11 mai, voile latine, tourmentin, balancine, drisse, déferlage. 12 mai, garcette, cabestan, varangue, coupée, carlingue." (p. 22)), la poésie de Mesihi et/ou la poésie délicate de Mathias Énard
    « Tu n'as pas su t'élever à la hauteur de l'amour
    Et prendre tel le faucon ce qui était à ta portée
    La proie était à toi, tu l'as laissée passer
    Les amants sont cruels s'il voient faiblir l'aimé.
    Cette bataille que j'ai gagnée, je la perds.
    Ce sol que je défends sera pour moi un désert,
    Et les âmes de ceux que j'ai assassinés,
    Mes gardiens pour l'éternité. » (p.98)
    avec ça et là des références à la belle phrase de Kipling tirée de son introduction d'Au hasard de la vie : « … et puisque ce sont des enfants, parle-leur batailles et rois, chevaux, diables, éléphants et anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables ». Bribe de phrase qui inspire le joli titre de cette histoire.
    Cet épisode de vie de Michel-Ange que j'ignorais totalement m'a intéressée parce que je n'imaginais pas du tout cet artiste ainsi : indolent, colérique, indécis. Au regard de ses peintures, de ses sculptures j'imaginais au contraire un artiste volontaire, énergique, au caractère bien trempé, volontiers opiniâtre et obstiné. Une sorte de tornade faite homme pris d'un génie créatif incessant, renversant, novateur. Sans doute parce que là, à Constantinople, nait un artiste. Au fil des pages, des croquis de pierre noire, de sanguine ou d'encre, il se forme, il peaufine son génie, il engrange, il accumule, il observe, il expérimente, il hésite, il balance, il compare, il retient, il s'imprègne, il oublie, il pleure, il rit, il trahit, il hait, il aime. Pause nécessaire avant la Sixtine.
    Et puis dans ce roman, Constantinople est un personnage à elle seule, un trait d'union, un lien entre l'orient et l'occident que matérialise d'ailleurs ce pont qui ne se fera pas. Cette ville balance entre deux mondes comme ce plafond où s'opposeront et se mêleront enfer et paradis…
    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants a obtenu le Prix Goncourt des lycéens en 2010.
    Bien mérité.
    Cette anecdote, cette visite de Michel-Ange au sultan, s'inscrit dans une série d'échanges culturels et artistiques entre l'Italie et la Turquie que l'on retrouvera, avec d'autres informations dans : Istanbul, histoire, promenades, anthologie & dictionnaire, sous la direction de Nicolas Monceau, collection « Bouquins », Robert Lafont éd., 2010, une mine pour qui s'intéresse à Istanbul.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ikebukuro, le 25 mars 2012

    Ikebukuro
    La force de ce livre, peut-être plus que l'histoire qu'il décrit, c'est cette écriture époustouflante. C'est un texte plutôt court mais d'une force poétique incroyable, un récit d'une beauté lumineuse et puissante où les mots trouvent leur place et s'ajustent pour créer cette musicalité d'une fluidité joyeuse qui court à travers les lignes.
    L'histoire nous emmène sur les traces de Michel-Ange qui pendant quelques semaines partira à la rencontre de ce monde Ottoman si riche et si surprenant. Mandaté pour créer un pont sur la Corne d'Or, c'est son cheminement créatif, ses doutes et ses questionnements que l'auteur nous dévoile à travers ces quelques pages. Un texte qui sait allier le charme suranné de ce monde troublant et mystérieux à la modernité de cette réflexion sur la création. Un texte magnifique qui nous laisse un petit goût d'inachevé car on aurait aimé plonger dans cette langue superbe un peu plus longtemps.
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Citations et extraits

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  • Par Milisnail, le 07 juin 2013

    Souvent on souhaite la répétition des choses; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée; on s'efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l'on n'a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais.

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  • Par toto, le 01 février 2011

    Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et de temples. Ils s'accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satiété.
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  • Par Orphea, le 17 décembre 2010

    Cela commence par des proportions. L'architecture est l'art de l'équilibre ; tout comme le corps est régi par des lois précises, longueur des bras, des jambes, position des muscles, un édifice obéit à des règles qui en garantissent l'harmonie. L'ordonnancement est la clé d'une façade, la beauté d'un temple provient de l'ordre, de l'articulation des éléments entre eux. Un pont, ce sera la cadence des arches, leur courbe, l'élégance des piles, des ailes, du tablier. Des niches, des gorges, des ornements pour les transitions, certes, mais déjà, dans le rapport entre voûtes et piliers, tout sera dit.
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  • Par 11livresalire, le 03 avril 2012

    La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c'est l'un des nôtres. Petit à petit, il disparaît du monde, avalé par l'ombre et ses mirages ; nous sommes frères. je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l'a poussé vers nous, vers la poudre d'étoile, peut-être l'opium, peut-être le vin, peut-être l'amour ; peut-être quelque obscure blessure de l'âme bien cachée dans les replis de la mémoire.
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  • Par toto, le 02 février 2011

    Il ne restera rien de ton passage ici. des traces, des indices, un bâtiment. Comme mon pays disparu, là-bas, de l'autre côté de la mer. Il ne vit plus que dans les histoires et ceux qui les portent. Il leur faudra parler longtemps de batailles perdues, de rois oubliés, d'animaux disparus. de ce qui fut, de ce qui aurait pu être, pour que cela soit de nouveau

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