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ISBN : 2356412883
Éditeur : Audiolib (2011)

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Note moyenne : 3.56/5 (sur 667 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corn... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 09 novembre 2012

    carre
    Il y a un certain temps que je voulais découvrir Matthias Enard, mais « Zone » son précédent livre me semblait être une sorte d'ovni littéraire
    ( plus de 500 pages je crois, en une seule phrase) du coup j'avais remis l'expérience à plus tard.
    Et bien je dois avouer que «Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants », me fait regretter ma frilosité. de par l'histoire tout d'abord, aussi étonnante que méconnue, un Michel-Ange aveuglé par son travail, tellement loin des manigances faite sur sa personne et des enjeux que sa décision amenait. Et puis bien sur par l'écriture agréable, fluide d'Enard, bien au-dessus d'un grand nombre de ces confrères, précise, poétique, imagée. Alors même si la brièveté du roman est son seul défaut, le voyage sur les pas du célèbre italien sur les rives du Bosphore vaut largement le détour. C'est sur, je reviendrai vers vous Monsieur Enard.
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 13 juillet 2013

    latina
    Je ne vous parlerai pas de batailles, de rois et d'éléphants...Mathias Enard en est infiniment plus capable que moi !
    A travers ce que je qualifierai de long poème, à la manière d'une histoire chantée au Moyen-Age, il nous narre les quelques semaines passées à Istanbul par Michel-Ange, censé construire un pont sur la Corne d'Or. En effet, blessé par le pape Jules II, qui ne le paie pas, il s'en va à la rencontre du sultan Bajazet qui lui a proposé de dessiner ce fameux pont.
    Et là-bas, la douceur de vivre le rattrape, lui, l'ascète, le travailleur infatigable, le bourru.
    Une amitié se crée avec le beau et ambigu poète Mesihi de Pristina, qui lui fait découvrir tous les trésors de la ville...et les bouges. Mais Michel-Ange s'en défend, malgré lui. Malgré lui aussi, il est attiré par une jeune musicienne et danseuse andalouse, mais jamais il ne la touchera, ou à peine une caresse sur le bras.
    Cette Andalouse mystérieuse nous livre, à mon sens, les plus beaux passages : « Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s'accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux ; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satiété. Parle-leur de tout cela, et ils t'aimeront ; ils feront de toi l'égal d'un dieu. Mais toi tu sauras, puisque tu es ici tout contre moi, toi le Franc malodorant que le hasard a amené sous mes mains, tu sauras que tout cela n'est qu'un voile parfumé cachant l'éternelle douleur de la nuit. »
    Qu'il y ait eu un complot, qu'il se soit commis un meurtre, que le pont soit construit ou pas, on s'en moque...Ce qui reste après la lecture de ce livre, c'est une indéfinissable atmosphère, ouatée, musquée. Difficile de quitter un ouvrage qui nous parle de batailles, de rois et d'éléphants...
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 06 janvier 2014

    MachaLoubrun
    Si la vie est une succession de parenthèses, celle qui mena Michel-Ange à Constantinople en 1506, le transforma à tout jamais.
    Le puissant pape guerrier Jules II lui doit de l'argent lorsque le sultan Bajazet lui propose de concevoir un pont sur la Corne d'Or, après avoir rejeté les dessins de Léonard de Vinci. C'est flatteur mais renforce la pression sur les épaules de Michel-Ange
    Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants ressemble à un conte tout à la fois sombre et lumineux, empreint de mystère, La lecture de ce court roman est un véritable délice. Les phrases sont brèves, ciselées, simples et poétiques. Ce portrait intime d'un artiste en proie aux doutes, aux pressions politiques et à la tyrannie de l'amour et du désir, est fascinant. de multiples rencontres jalonnent son séjour, fortes, belles et inquiétantes…
    Tourner les pages de ce livre, c'est comme sentir un extrait de parfum qui vous embarque dans un voyage étonnant, celui de la Renaissance et de la création d'une œuvre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Relax67, le 06 mai 2014

    Relax67
    Courroucé par l'avarice du Pape Jules II qui traine les pieds pour payer ses services, Michel-Ange s'enfuit de Rome et répond positivement au sultan Bajazet, maître de l'empire Ottoman, qui lui demande de dessiner un pont inoubliable qui traverserait le Bosphore. Michel-Ange s'installe à Constantinople et recherche l'inspiration dans cette ville étonnante, cultivée, gracieuse, riche et fêtarde. Il devient l'ami du poète Mésihi, le secrétaire du Divan, qui peu à peu va souhaiter sans l'avouer une relation plus charnelle avec le maestro. Il déambule, travaille, boit, aime, et l'inspiration tarde à venir, ce qui agace le sultan.
    L'inspiration viendra-t-elle enfin ?
    Le pape abattra-t-il sa colère sur l'artiste qui a osé fuir en terre musulmane ?
    Les ottomans accepteront‘ils un pont conçu par un infidèle ?
    Ce résumé n'a l'air de rien. Il n'y a pas beaucoup d'action dans ce livre. Pourtant je l'ai dévoré d'une traite dans les aéroports et les avions qui parsemaient mon retour de vacances. Ce court roman divisé en courts chapitres de deux-trois pages est une atmosphère de bien-être et de poésie. Il nous fait sentir et toucher l'Istanbul du début du XVIeme siècle. Il nous fait pénétrer en douceur les attitudes entières, presque lunatiques, de l'immense Michel-Ange ; ses allégresses, ses désespoirs, ses colères, ses affres d'amour. Il nous rappelle que, peu de temps auparavant, l'autre gloire musulmane européenne – Grenade – était tombée et que les chrétiens vainqueurs se comportèrent sans mansuétude envers des hommes tolérants.
    La part imaginaire existe. Cependant l'auteur décrit en postface tous les éléments de vérité historiques sur lesquels il s'est basé pour écrire cette histoire. le socle a l'air solide.
    Lire ce livre revient à poser un baume relaxant sur vos neurones. N'hésitez pas.
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    • Livres 3.00/5
    Par mariecesttout, le 19 mars 2014

    mariecesttout
    Et bien.. à vrai dire.. il faut vraiment que je lise ce Mathias Enard dans un autre texte, on m'en a dit grand bien, mais là j'ai trouvé que c'était vraiment .. un peu court?
    Je dois reconnaître que cette lecture a sans doute pâti de mes lectures parallèles, mais j'ai eu beaucoup de mal à m'y intéresser..
    J'aimais beaucoup le titre. J'ai découvert dans la note de fin qu'il provenait de Kipling, Au hasard de la vie: : "Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables."
    C'est ciselé, travaillé, peut être trop..
    Quant au côté métaphorique du pont, je l'ai enjambé sans doute un peu rapidement..
    Bref. Michel- Ange m'énervait, j'aimais bien le singe mais il est mort trop vite .
    Je suis tout à fait consciente d'avoir fait progresser l'art du commentaire littéraire d'un grand pas, oups, désolée, mais en parcourant toutes ces critiques qui disent grand bien de ce roman,je me dis simplement que j'ai dû complètement passer à côté..
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Citations et extraits

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  • Par toto, le 01 février 2011

    Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et de temples. Ils s'accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satiété.
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  • Par araucaria, le 17 août 2013

    Triste présage, ce matin le singe est mort. Ou peut-être cette nuit; à son réveil, Michel-Ange l'a trouvé étendu par terre, les pattes repliées, la tête reposant sur le menton, comme arrêté dans sa course.
    Michelangelo a pris la minuscule main dans la sienne, l'a soulevée, elle est retombée.
    Il a ramassé l'animal, il semblait avoir perdu tout son poids, ne plus rien peser, comme si seule l'énergie de la vie lui donnait sa masse.
    C'était une chose infime que la mort rendait encore plus fragile.
    Michel-Ange a senti son coeur se serrer. Il a allongé la petite dépouille dans la cage qu'il a décrochée et posée sur le sol.
    Il a préféré ne plus le voir, et a appelé un serviteur pour qu'on l'en débarrasse immédiatement, en espérant que cela efface aussi l'étrange tristesse qui l'étreignait. Il a pleuré ce décès comme celui d'un enfant qu'on aurait à peine eu le temps de connaître
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  • Par Orphea, le 17 décembre 2010

    Cela commence par des proportions. L'architecture est l'art de l'équilibre ; tout comme le corps est régi par des lois précises, longueur des bras, des jambes, position des muscles, un édifice obéit à des règles qui en garantissent l'harmonie. L'ordonnancement est la clé d'une façade, la beauté d'un temple provient de l'ordre, de l'articulation des éléments entre eux. Un pont, ce sera la cadence des arches, leur courbe, l'élégance des piles, des ailes, du tablier. Des niches, des gorges, des ornements pour les transitions, certes, mais déjà, dans le rapport entre voûtes et piliers, tout sera dit.
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  • Par le_Bison, le 20 novembre 2013

    Michel-Ange rêve d’un banquet d’autrefois, où l’on discuterait d’Eros sans que jamais le vin n’empâte la langue, sans que l’élocution ne s’en ressente, où la beauté ne serait que contemplation de la beauté, loin de ces moments de laideur préfigurant la mort, quand les corps se laissent aller à leurs fluides, à leurs humeurs, à leurs désirs. Il rêve d’un banquet idéal, où les commensaux ne tangueraient pas dans la fatigue et l’alcool, où toute vulgarité serait bannie au profit de l’art.
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  • Par herveGAUTIER, le 12 avril 2014

    La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher, à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants... Je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l'a poussé vers nous, vers la poudre d'étoile, peut-être l'opium, peut-être le vin, peut-être l'amour; peut-être quelque obscure blessure de l'âme bien cachée dans un replis de la mémoire... Tu habites une autre prison, un monde de force et de courage où tu penses pouvoir être porté en triomphe; tu crois obtenir la bienveillance des puissants, tu cherches la gloire et la fortune. Pourtant quand la nuit arrive tu trembles. Tu ne bois pas, car tu as peur; tu sais que la brûlure de l'alcool te précipite dans la faiblesse, dans l'irrésistible besoin de retrouver des caresses, une tendresse disparue, le monde perdu de l'enfance, la satisfaction, le calme face à l'incertitude scintillante de l'obscurité... Alors tu souffres, perdu dans le crépuscule infini, un pied dans le jour et l'autre dans la nuit 
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Vidéo de Mathias Enard

Rue des voleurs de Mathias Enard .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/rue-des-voleurs-de-mathias-enard-415.html Fasciné depuis toujours par la culture orientale, Mathias Enard a suivi des études d'arabe et de persan. En 2000, il s'installe à Barcelone où il enseigne d'ailleurs la langue arabe même si ses pas le ramènent régulièrement en France, dans son Poitou natal notamment. Avide de connaissances et de culture, Mathias Enard fut aussi pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 2005. Fidèle aux éditions Actes Sud, c'est dans cette maison qu'il publie son 1er roman en 2003, « La Perfection du tir » suivi de « Remonter l'Orénoque » adapté récemment au cinéma par Marion Laine sous le titre « A c?ur ouvert » avec Juliette Binoche. Après « Zone », long roman de 500 pages composé d'une seule phrase, Mathias Enard reçoit en 2010 le Goncourt des lycéens avec « Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants », roman dans lequel l'auteur retrace un événement du début du XVIème lorsque les juifs furent chassés de l'Espagne catholique et accueillis par les musulmans de Constantinople. Les relations interculturelles, les hommes happés par l'Histoire, le rôle étouffant des religions, autant de sujets chers à Mathias Enard comme il le prouve avec ce nouveau titre « Rue des voleurs », dans lequel nous suivons Lakhdar, jeune marocain d'aujourd'hui, face à la montée de l'Islamisme radical, à l'enthousiasme du Printemps arabe, à la soif d'un ailleurs plein de promesses passant par l'Espagne. Un roman actuel, saisissant, dense et vif « Rue des voleurs » de Mathias Enard aux éditions Actes Sud. Mathias Enard est sur WTC








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