> Henriette Guex-Rolle (Traducteur)

ISBN : 2070414515
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Dans ce roman encensé par la critique internationale, Shusaku Endo éclaire une part méconnue de l'histoire de son pays. Ce roman d'aventures se fait réflexion sur le caractère universel des religions et le sens véritable de la charité chrétienne, témoignage étonnant des... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par ivredelivres, le 28 novembre 2010

    ivredelivres
    1614 au Japon, le Shogun Tokugawa décide d'expluser tous les missionnaires catholiques, depuis de longues années les catholiques japonais sont chassés et torturés, contraints à renier leur foi.
    Les prêtres se cachent et tentent d'informer leurs congrégations. Certains sont emprisonnés, torturés. On perd leurs traces.
    Quelques années plus tard quatre prêtres font le projet de se rendre au Japon pour poursuivre l'évangélisation mais surtout retrouver les prêtres disparus dont on dit que certains auraient apostasier renonçant publiquement à leur religion.

    1637 Sébastien Rodrigues s'embarque pour le Japon avec deux compagnons, son principal objectif est de retrouver Christophe Ferreira dont il fut l'élève appliqué à Lisbonne et qui a cessé de donner de ses nouvelles, la rumeur fait de lui un apostat, Rodrigues refuse de croire cela de son maître en théologie.
    Le voyage est périlleux et une fois au Japon Rodrigues va envoyer fidèlement des rapports à sa congrégation. Des convertis les accueillent, les cachent, ils dispensent des sacrements ici ou là toujours en cachette. Mais l'aventure tourne court, arrêtés ils doivent être témoins des supplices infligés aux japonais convertis. Tous les paysans qui les ont aidés sont torturés savamment, ils meurent en martyrs, un martyr « misérable et douloureux ».
    Rodrigues prend la fuite pour ne plus mettre en danger la population, mais dénoncé il se retrouve face au commissaire Inoue qui refuse le christianisme non parce que c'est une mauvaise religion mais parce qu'il n'est pas fait pour le Japon.
    Alors s'engage une bataille d'idées, de conviction« un procès en persuasion » !
    Lorsqu'enfin il retrouve Ferreira un autre combat commencera pour lui, sa foi vacille car Dieu reste obstinément silencieux devant les persécutions des chrétiens
    Un bon roman sur une période historique particulière de l'histoire du Japon. Sébastien Rodrigues livre un vrai combat avec sa foi et n'est pas sans rappeler Blanche de la Force l'héroïne du Dialogue des carmélites de Bernanos.
    J'ai aimé découvrir les relations complexes qui ont existé entre Orient et Occident à cette époque, relations qui se sont terminées par une fermeture totale du pays aux étrangers pendant deux siècles.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 28 mars 2011

    Cath36
    En attendant l'adaptation de Martin Scorserse au cinéma j'ai eu envie de lire le livre lui-même.
    On parle de colonialisme en ce qui concerne la présence politique de la France ou de l'Angleterre dans certains pays, mais on pourrait aussi parler de colonialisme spirituel dans les pays envahi par des missionnaires, tels que le Japon dont il est question ici.
    Ce qu'Enzo dénonce, c'est la main-mise des européens sur un pays qui avait déjà sa culture et ses traditions, au nom d' une religion qui, pour convenir à l'occident, n'est sans doute pas adaptée à l'Asie. Tel est l'argument (non dépourvu de fondement) au nom duquel le Shogun veut garder son pouvoir sur le peuple, préférant l'isolement insulaire qui lui donne une toute -puissance absolue. On connaît la capacité d'adaptation des jésuites à leur environnement, mais là ils subirent un échec total, persévérant malgré cela dans leurs convictions de bien faire, fut-ce au détriment d'une population locale qu'ils ne parvenaient pas à aider face aux exactions des shoguns et des samouraïs. Eux-mêmes faillirent y perdre leur âme, se faisant japoniser malgré eux si je puis dire..Comme dit le proverbe, l'enfer est pavé de bonnes intentions.
    Ce livre est très dur vis-à-vis des européens, mais aussi vis-à- vis du système féodal japonais qui se fait d'autant plus violent qu'il se sent menacé. Que peut contre eux une religion prêchant la paix ? Ne vaut-il pas mieux laisser au peuple le soin de résoudre ses problèmes ou de souffrir en Silence, sans qu'une intervention extérieure vienne tout compliquer ? la question est plus que jamais d'actualité.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par phildec, le 24 mars 2012

    phildec
    Récit émouvant et douloureux d'un prêtre catholique qui pénètre dans le Japon du milieu du XVIIème siècle, fermé aux étrangers et qui utilise tous les moyens pour empêcher le catholicisme de se développer dans le pays. On suit le chemin de croix du prêtre dont les convictions et le sens du devoir vacillent devant la violence de la répression qui touche les rares japonais encore chrétiens. Un roman historique, sensible et juste, qui souligne les limites des dogmes religieux et interroge sur notre capacité à résister à l'oppression idéologique.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lacazavent, le 22 juillet 2011

    lacazavent
    Un roman vraiment très intéressant dont l'un des sujets principaux est la persécutions des premiers chrétiens japonais ainsi que des missionnaires occidentaux au Japon. Basé sur des faits réels et écrit à partir des traces retrouvé dans les archives de correspondance des prêtres jésuites, ce roman nous éclaire sur une part relativement méconnue de l'histoire japonaise.
    C'est un roman complexe dont la construction est plutôt originale, c'est une succession de récit d'abord de forme épistolaire, puis la narration passe à la troisième personne pour se terminer en recueil de simili documents administratifs.
    Certes c'est un roman sur des persécutions mais pas seulement, les thèmes se chevauchent et au fil des pages et des événements des questions plus profondes apparaissent notamment lorsque l'on suit les pensées du Padre Rodrigues. Ce sont les grands questions philosophiques et théologiques qui vont apparaître celle la foi, du doute, de l'acceptation de l'autre et de sa différence, du courage et de la faiblesse.
    Un seul petit regret cependant pour le récit qui parfois traîne en longueur et perd de sa force au risque de lasser son lecteur.


    Lien : http://des.cases.a.vents.over-blog.com/article-silence-de-shusako-en..
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 28 mars 2011

    Sa prière n'était pas une action de grâces, mais un appel au secours, elle lui fournissait de plus l'excuse à exprimer ses griefs et sa rancœur, sentiments déshonorants pour un prêtre. Il savait bien qu'il n'aurait pas dû y donner libre cours alors que sa vie était censée être vouée à la louange de Dieu. Pourtant en ce jour d'épreuve, tandis qu'il se sentait pareil à Job atteint de sa lèpre, comme il lui était difficile d'élever la voix pour glorifier le Seigneur !
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  • Par Cath36, le 28 mars 2011

    Le silence de Dieu. Depuis vingt ans déjà, la persécution s'est allumée, la terre noire du Japon a retenti des lamentations d'innombrables chrétiens, elle a bu à profusion le sang rouge des prêtres ; les murs des églises se sont écroulées et, devant cet holocauste terrible et sans merci qui lui était offert, Dieu n'avait pas rompu ce silence.
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  • Par ivredelivres, le 28 novembre 2010

    Dieu existait-il vraiment ? S’il n’existait pas, quelle dérision que les années de sa vie passées sur des mers sans limites à seule fin de venir semer sur cette île aride une graine menue
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  • Par Cath36, le 28 mars 2011

    La raison pour laquelle notre religion a pénétré cette région comme une eau généreuse une terre desséchée, tient à la chaleur humaine, jusqu'alors inconnue, qu'elle apportait à ces pauvres gens. Pour la première fois, ils ont rencontré des hommes qui les traitaient comme des égaux, la bonté et la charité des pères gagnèrent leur coeur.
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  • Par Cath36, le 28 mars 2011

    Que cherchent ces paysans japonais auprès de moi ? ces êtres qui travaillent, vivent et meurent comme des bêtes, découvrent dans notre enseignement une voie leur permettant enfin de s'affranchir de leurs chaînes. Les bonzes bouddhistes les traitent comme du bétail. Longuement ils ont vécu dans la résignation à leur sort.
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