> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2070121968
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
" La peur n'est pas une vision du monde. "
C'est par ces mots qu'en 1933, Kurt von Hammerstein, chef d'état-major général de la Reichswehr, résolut de tourner le dos à l'Allemagne nouvelle, et à Hitler devenu chancelier. Issu d'une très ancienne lignée d'aristocr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 18 mai 2012

    carre
    A travers le portrait de ce général Kurt Hammerstein et de sa descendance (il sera père de sept enfant) c'est le refus d'allemands de suivre Adolf Hitler dans sa folie funeste et dévastatrice que nous raconte l'auteur. Hammerstein issue de la haute bourgeoisie prussienne refusa clairement de donner les pouvoirs à ce petit caporal arrogant et sanguinaire. Un choix clairement assumé, lui qui donna une éducation libérale à ces enfants, ceux-ci prenant clairement la voix de la résistance au péril de leur vies. Enzensberger livre un travail remarquable entre biographie, essai, photographie historique d'une époque qui allait devenir une honte à jamais refermée pour l'Allemagne. Et le courage de dire non d'une famille alors que les sbires d'Hitler commençaient la purge des opposants. Hammerstein qui ironie du sort, mourut n'on pas comme beaucoup d'opposants devant un peloton d'exécution mais d'un cancer en 1943. Et preuve du courage de la famille, celle-ci refusa que le drapeau à croix gammée ne recouvre le cercueil. Une fascinante plongée dans une période trouble, Enzersberger démontre à force de témoignages, d'archives, de conversations posthumes, avec aussi un grand nombre de photographies, les années sombres d'un pays basculant dans le nazisme. Un récit historique passionnant à l'écriture érudite.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par le-mange-livres, le 12 avril 2012

    le-mange-livres
    "Dans les circonstances qui prévalent en Allemagne, il me semble que le général von Hammerstein s'est engagé dans un jeu risqué". Ainsi parle un attaché militaire américain en 1934 à propos du personnage fascinant de Kurt von Hammerstein.
    Membre de la noblesse, militaire de haut rang, ayant gravi tous les échelons jusqu'au poste de responsable général de l'armée, von Hammerstein est débarqué, à sa propre demande, par Hitler lors de son arrivée au pouvoir, pour avoir exprimé, très tôt et avec une admirable clarté, son hostilité pour les idées nazies. Au travers du destin d'Hammerstein et des siens, c'est toute l'histoire récente de l'Allemagne qui est restituée, dans ses paradoxes et ses ambiguïtés.
    L'intérêt réside principalement dans la singularité irréductible du récit. La forme, très originale, et pour tout dire inclassable, alterne des fragments d'une enquête (menée de manière minutieuse), des conversations posthumes menées avec les protagonistes aujourd'hui disparus, et ce que l'auteur appelle des "gloses", passionnantes réflexions menées sur la période. Des emprunts à tous les genres - roman, biographie, essai - sont pour beaucoup dans l'oeuvre talentueuse que construit ici Hans Magnus Enzensberger.
    Les chapitres, courts et bien balancés, rythment une lecture jamais ennuyeuse pour ce qui n'est pourtant pas un roman. Il faut toutefois un peu de concentration, surtout si l'on est contraint à une lecture hachée qui permet difficilement de s'y retrouver, surtout au départ.
    Néanmoins, c'est progressivement un portrait familial attachant et même émouvant qui se dessine, révélant l'admirable dignité des Hammerstein jamais compromis avec le régime, et même résistant, au travers de la désinvolture apparente et de l'intransigeance du père, du militantisme des filles, et de l'engagement des fils dans l'organisation de l'attentat et de la tentative de coup d'Etat du 20 juillet 1944. Un écheveau de vies broyées par le nazisme et la guerre, des personnages complexes au existences courageuses.
    "Je n'ai guère connu personne qui fût aussi manifestement hostile au régime, sans aucune prudence, sans aucune crainte. [...] [Sa] bonhomie apparente était aux antipodes des condamnations cinglantes qu'il prononçait, avec un léger accent berlinois, lentement, comme en passant, mais en mettant dans le mille. Cela lui valait la réputation d'être aigri. On a vite fait d'appliquer cet adjectif à ceux qui voient clair."

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2011/08/hammerstein-ou-lintransig..
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 23 janvier 2011

    Cath36
    Plus q'une biographie, c'est presque une enquête policière : qui étiez-vous Monsieur Hammerstein ? Quelle fut votre attitude au cours de ces années qui ont vu le nazisme parvenir au pouvoir et qu'avez-vous fait ensuite ?
    A travers un récit extrêmement bien documenté et des interviews fictives(appelées dialogues des morts), se dessine le portrait d'un homme proche du pouvoir qui fut dès le départ hostile à Hitler. Des erreurs d'appréciation, des hésitations permirent au pire d'advenir.
    Mais qui aurait pu vraiment l' en empêcher ? Qui aurait pu être suffisamment sagace pour tout prévoir ? le général Hammerstein fut un " honnête" homme au sens où on l'entendait au XVII. Cela n'a pas suffit. A chacun de se remettre en cause, dans une telle situation.
    Ce livre, un peu lent, quelquefois un peu laborieux, permet de remettre les pendules à l'heure, concernant une période qui ne laisse personne indifférent et donne de précieux renseignements concernant les relations entre l'Allemagne et l'URSS à cette époque.
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    • Livres 3.00/5
    Par Balaziouf, le 26 avril 2012

    Balaziouf
    La rentrée littéraire fourmille constamment d'une multitude de références. Pire, le nombre de publications semble se densifier d'années en années. Ainsi, pour trier le bon grain de l'ivraie, le consommateur peut compter sur une pléiade de prix littéraires délivré par diverses instances. le lecteur averti sait cependant à quoi s'en tenir et ne se saisit jamais d'un Goncourt sans une certaine prudence. Cependant, d'autres prix moins prestigieux peuvent se révéler plus… authentiques (notamment ceux remis par des lycéens ou des libraires). Parmi ceux-là, je me suis intéressé au prix du meilleur roman 2010 décerné par la revue Lire. Il s'agit du dernier ouvrage de Hans Magnus Enzensberger, romancier, poète, essayiste allemand.
    Cet homme de lettres, né en 1929, nous livre ici un véritable ovni littéraire. A cheval entre le roman et la biographie historique, hammerstein ou l'intransigeance se révèle être une œuvre originale, diablement bien menée et documentée. Comme son titre l'indique, il est présenté à travers cet ouvrage la vie de Kurt von Hammerstein, chef d'état-major général de la Reichswehr qui s'est vu confronté à nombre de choix fatidiques lors de la montée du nazisme en Allemagne en général et lors de l'avènement d'Hitler en 1933 en particulier. Est également relaté dans ce livre l'ensemble des querelles intestines faisant rage à la tête de l'état et de l'armée allemande. Enzensberger revient également sur les relations militaires alors étroites entre l'Allemagne et L'Union soviétique, deux nations laissées pour compte suite à la première guerre mondiale. Malgré le fossé idéologique qui les sépare, ces deux nations se vouent un respect réciproque et partagent une aversion envers les vainqueurs de la Première Guerre mondiale.
    Afin de mieux servir son propos, Enzensberger, en bon chercheur, utilise allègrement divers documents et témoignages, ce qui confère à son travail une véritable crédibilité historienne. Cependant, on trouve dans son ouvrage des entretiens tout droit sortis de son imaginaire. Ainsi interpelle-t-il Kurt von Hammerstein ainsi que ses proches, les tire de leur sommeil et les ramène sur le terrain de la mémoire afin de tenter d'en dénicher des détails pertinents. Pertinentes, ces interviews fictives le sont, à coup sûr, et donnent même lieu à quelques situations cocasses car il n'est pas fréquent que l'historien déterre les morts de la sorte.
    hammerstein ou l'intransigeance, c'est l'histoire de ce chef qui a préféré se détourner du pouvoir afin de ne pas finir broyé par la machine nazie, certes, mais ce livre retrace également l'itinéraire d'une famille naturellement portée vers l'anticonformisme. On peut notamment penser à deux de ses filles (Maria Thérèse et Helga) qui, indépendantes, ne se souciaient guère des obédiences et origines de leurs compagnons. D'autre part, elles lorgnaient allègrement vers le communisme et savaient prendre leurs distances politiques vis-à-vis de leur géniteur. le fils de Maria Thérèse note d'ailleurs : « Je ne saurais expliquer(…) ce qui attirait ma mère, et aussi sa sœur Helga vers les juifs. Vraisemblablement, ces jeunes filles étaient fascinées par le milieu alternatif, hautement intellectuel, qu'elles trouvaient chez eux. La plupart de leurs amis et de leurs professeurs étaient juifs. L'assurance aristocratique des Hammerstein fit que jamais ces filles ne recherchèrent un bon parti. »
    On trouve également dans ce livre un bon nombre de photographies et fac-similés, éléments qui permettent de s'imprégner un peu mieux de ce pan historique mais également des individus dont il est question. Car perdre le fil de lecture d'un tel ouvrage se révèle périlleux. D'autre part, pour les lecteurs en délicatesse avec l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et du Troisième Reich, la lecture de ce livre ne se fera peut-être pas sans mal, même si Enzensberger tente non sans un certain succès de rendre le tout accessible.
    En somme, il s'agit là d'une œuvre originale et intéressante à plus d'un titre, cependant, ce serait se fourvoyer grandement que d'aborder cet opus comme un roman. le sous-titre de cet ouvrage renseigne d'ailleurs bien le lecteur sur sa nature: ‘une histoire allemande'. On peut évoquer ici une biographie historique où l'auteur aurait pris quelques libertés assez plaisantes.

    Lien : http://lelibrairetemeraire.blogspot.fr/2012/03/hammerstein-ou-lintra..
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    • Livres 4.00/5
    Par mguy, le 27 février 2011

    mguy
    Il s'agit d'un documentaire réalisé à partir d'une histoire vraie d"un général allemand, qui, au moment de la montée du nazisme, s'oppose ouvertement à ce régime, et va refuser de le servir. Ses enfants vont avoir des relations communistes, et s'engager au service de l'URSS de Staline.
    Ce documentaire a plusieurs aspects positifs. Tout d'abord, les bouleversements en Allemagne sont perçus à travers le point de vue de protagonistes qui vivent les changements. Cela donne un éclairage nouveau à cet épisode, par rapport aux analyses historiques traditionnelles. Il y a certains points que l'on comprend mieux grâce au livre. De plus, le communisme est aussi critiqué. On constate que les personnes étaient prises entre deux politiques extrémistes. Certains qui ont travaillé pour l'URSS ont été aussi victime de la terreur stalinienne.
    Certes, il y a quelques longueurs (concernant la vie des personnages, ainsi que les conversations posthumes qui sont inutiles). Mais dans l'ensemble, c'est un très bon documentaire.
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Citations et extraits

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  • Par carre, le 18 mai 2012

    Comme tout criminaliste l'apprend à ses dépens, les déclarations des témoins oculaires ne sont pas toujours à prendre pour argent comptant. Même les rapports faits de bonnes volontés présentent plus d'une fois des lacunes et des contradictions. Le désir de se faire valoir ou d'enjoliver les choses peut créer autant de confusion qu'une mémoire défaillante ou d'insolents mensonges.
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  • Par carre, le 17 mai 2012

    Les époques normales, ça n'existe pas. Savez-vous ce que disent les italiens ?
    dans le pire, il n'y a pas de fin.
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  • Par Cath36, le 23 janvier 2011

    "Je ne suis pas un héros, tu te trompes sur mon compte. Je fais face quand il le faut. Mais je ne me bouscule pas pour empoigner la roue de l'Histoire, comme vous autres !" Et vint alors un mot complètement désarmant : "Je suis trop paresseux pour ça !" L'explication qui suivit, sur la belle qualité qu’était la paresse, qui permettait à ;l'homme de développer sa raison et d'agir avec réflexion, culmina dans cette sentence : "On a le temps de penser. L'application au travail ne fait que gêner."
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    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Cath36, le 23 janvier 2011

    Pour Hammerstein, l'assassinat de son vieil ami,envers lequel il était toujours demeuré loyal en dépit de leurs divergences politiques, ainsi que de son collaborateur Ferdinand von Bredow, était plus qu'il n'en pouvait supporter. "Ces gens, dit-il, ont rendu antimilitariste le vieux soldat que je suis"
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  • Par cprevost, le 16 avril 2012

    Un jour qu’on lui demandait de quels points de vue il jugeait ses officiers, il dit : « Je distingue quatre espèces. Il y a les officiers intelligents, les travailleurs, les sots et les paresseux. Généralement, ces qualités vont par deux. Les uns sont intelligents et travailleurs, ceux-là doivent aller à l’état-major. Les suivants sont sots et paresseux ; ils constituent 90% de toute armée et sont aptes aux tâches de routine. Celui qui est intelligent et en même temps paresseux se qualifie pour les plus hautes tâches de commandement, car il y apportera la clarté intellectuelle et la force nerveuse de prendre des décisions difficiles. Il faut prendre garde à qui est sot et travailleur, car il ne provoquera jamais que des désastres. »
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