> Hans Magnus Enzensberger (Préfacier, etc.)
> Françoise Wuilmart (Traducteur)

ISBN : 2070349497
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4.3/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal, du 20 avril 1945 - les Soviétiques sont aux portes - jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1951, et après. A la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi. Sur un ton d'obj... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 28 septembre 2009

    monito
    Etrange, cet ouvrage anonyme bien écrit, étrange et dérangeant ce récit des quelques semaines qui séparent la fin du régime nazi de l'installation des troupes russes à Berlin.
    Sous la forme d'un journal, c'est une réalité rarement évoquée en France par le cinéma ou la littérature, qui nous est présentée. La crudité du propos sur les viols perpétrés par ces militaires de l'Armée Rouge privés de femmes mais aussi pour certains animés par l'esprit de vengeance, bouleverse.
    Plus bouleversant encore, peut-être, c'est la vie de privations qui s'étale sous nos yeux, les artifices pour trouver de quoi se nourrir, s'abriter, vivre simplement.
    Les références à Knut Hamsun sont présentes, elles rappellent le moteur et la prison que peut constituer La faim.
    La lâcheté obligée, la domination éprouvée, sont tant d'éléments qui banalisent les viols dont la portée n'est pas encore mesurée par les victimes elles-mêmes ; trop tôt ou déjà trop tard…
    Le sentiment, quelle que soit sa forme, est présent durant ces quelques jours et les « Ivan » apparaissent parfois attendrissants. Ce peuple allemand, dominateur, rejoint vite la position du dominé. Loi du Talion ou bêtise humaine offerte grand à nos yeux. Ce journal est aussi l'illustration de la passivité, devant le régime nazi d'abord et annoncée déjà avec la domination soviétique qui s'installe pour 45 ans, on le sait. C'est aussi cette passivité du quotidien qui heurte une sensibilité engagée parce qu'elle démontre que même écrasé, l'Homme trouve en lui toujours ce ressort… étonnant… inqualifiable.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 24 octobre 2010

    Nina
    le livre est présenté par Hans Magnus Enzensberger, il consacre les premières pages à l'histoire particulière de ce livre.
    On peut lire en présentation que ces écrits n'étaient pas destinés à une éventuelle publication.
    " Les "griffonnages personnels qu'elle consigna entre avril et juin 1945 dans trois cahiers d'écolier (plus quelques feuillets insérés à la hâte) lui serviront avant tout à préserver un restant de santé mentale au milieu des ruines et de l'effondrement moral. Ce sont littéralement des carnets de sous-sols, écrits dans des abris antiaériens qui offraient aussi une certaine protection contre les tirs d'artillerie, les pillages et les abus sexuels commis par les vainqueurs de l'armée rouge."
    Tout ce que l'auteur avait sous la main, c'était un bout de crayon, et elle devait écrire à la lueur d'une bougie.....
    "Hans Magnus Enensberger" qui est responsable de la réédition de ce livre qui est resté dans l'oubli plus de quarante ans a tout naturellement respecté la volonté d'anonymat exprimée par l'auteur. Un journaliste du nom de "Marek " a réussi à le faire publier en 1954 chez un éditeur américain Ainsi " Woman in Berlin" parut-il pour la première fois dans une version anglaise, puis succéderont des traductions norvégienne, italienne, danoise, japonaise, espagnole, française et finnoise.
    Il a fallu 5 autres années pour que l'original allemand voit le jour. De toute évidence , le public allemand n'était pas préparé à accepter le récit de faits aussi dérangeants.... (selon les estimations disponibles, plus de cent milles berlinoises furent victimes de viols en cette fin de guerre) Les vainqueurs russes s'emparaient de ces femmes comme des butins de guerre.....
    L'auteur de ce livre était une journaliste chevronnée, et sa position politique fut un facteur aggravant :
    "sans s'apitoyer sur elle-même, elle observe froidement le comportement de ses compatriotes avant et après la chute du régime, et inflige un cinglant camouflet à l'auto-compassion et à l'amnésie de l'après-guerre. Il n'est donc pas étonnant que le livre n'ait rencontré que silence et hostilité".
    Pour cette réédition il a fallu attendre les consignes de "l'anonyme" qui ne souhaitait pas rééditer ce livre en Allemagne tant qu'elle était en vie, réaction bien compréhensible étant donnée le sort funeste qui avait été réservé à l'ouvrage en 1957.
    En 2001 "l'anonyme" est décédée, son livre pouvait reparaître après avoir été oublié pendant 40 ans.
    Si vous voulez d'autres informations, regardez le blog de "Sérialecteur" dans mes liens.
    Son livre est un hommage à toutes les femmes victimes des atrocités de la guerre.

    Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/article-6050417.html
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    • Livres 5.00/5
    Par DocSeb, le 05 novembre 2011

    DocSeb
    Une Femme A Berlin est le journal intime d'une femme qui a vécu l'arriver des russe dans Berlin !
    je vais pas faire long, je vais juste vous citer une phrase que mon prof d'histoire un jours ma dit " A Berlin en 48h il y eu 2 millions de viole..." plus la faim et le froid, on imagine la terreurs et la misère que devais vivre les femmes enfants et vieillard qui ont vécu cette époque.
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  • Par yann-frat, le 17 août 2009

    yann-frat
    Une femme à Berlin
    J'ai trouvé dans ce récit ce que je venais y chercher: la confirmation qu'il n'y a pas de limites dans la noirceur humaine, pas de limites non plus dans le désir de survie; le fait que les victimes d'aujourd'hui soient les vainqueurs d'hier ne change rien, les armées quelles qu'elles soient sont comme une meute d'animaux ne cherchant que l'alcool, la nourriture, le tabac et les femmes. Les victimes quelles qu'elles soient doivent alors subir ou mourir; c'est ça la guerre, aucune trace de gloire ou d'héroïsme à l'horizon (pendant ce récit Hitler lui c'est suicidé n'assumant même pas les conséquences de ses actes): Bref, à part les généraux, qui a "gagné" et qui a "perdu" cette guerre?
    Et c'est effectivement cette noirceur que je suis allé chercher ; cette noirceur de l'âme humaine qu'on dit bien sur évidemment disparue mais que je sens moi toujours là derrière le vernis de la civilisation. le plus troublant au final c'est de se dire que les bourreaux ne sont pas des « monstres », ce sont des gens au contraire terriblement banal; le danger est donc toujours là prés de nous: la haine de l'autre, le désir de sauver sa peau quitte à écraser les autres, la jouissance de la domination d'autres humains…
    Ce que je cherchais aussi c'est le rapport au nazisme: Est ce que les berlinois assumaient leur passé nazis? Mais évidemment la dessus rien n'est dit parce qu'avant même la défaite tout le monde blâme Hitler... Mais est ce parce qu'il a perdu ou parce que sa politique était ouvertement raciste et nauséeuse, évidemment ca personne n'en parle... Sur ce sujet j'en arrive même à me demander si la solution n'est pas d'une bêtise sidérante, dans le sens ou j'ai de plus en plus l'impression que seule une minorité d'allemands était vraiment pro Hitler en ont eu pleinement conscience de son discours et que la masse de la majorité n'était juste "pas contre" (et puis il y a les usines à faire tourner, les enfants à élever...), son discours vaguement populiste et la faible opposition politique aurait alors emballé le tout, ce qui encore une fois est loin d'être rassurant…
    Un très bon livre pour réfléchir…


    Lien : http://xannadu.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Nanne, le 19 mai 2008

    Nanne
    "Oui, c'est bien la guerre qui déferle sur Berlin. Hier encore ce n'était qu'un grondement lointain., aujourd'hui c'est un roulement continu. On respire les détonations. L'oreille est assourdie, l'ouïe ne perçoit plus que le feu des gros calibres. Plus moyen de s'orienter. Nous vivons dans un cercle de canons d'armes braquées sur nous, et il se resserre d'heure en heure".
    L'auteur, qui écrit ses première lignes le vendredi 20 avril 1945 à 16 heures, est une jeune femme de trente ans, journaliste et appartenant à la bourgeoisie prussienne. Elle a voyagé dans toute l'Europe et a vécu à Moscou, Londres et Paris. Alors que Berlin est à feu et à sang, encerclée par l'armée soviétique, que la population se terre dans des abris de fortune, que la mort, la misère - tant morale que matérielle - est le lot de chaque berlinois, cette jeune femme qui a voulu garder l'anonymat a conscience de sa qualité de témoin direct des événements.
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Citations et extraits

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  • Par Thaleia, le 25 mai 2012

    Me voilà maintenant assise à la table de la cuisine, je viens de remplir mon stylo d'encre et j'écris, j'écris, j'écris tout ce qui se bouscule dans ma tête et dans mon cœur. Que va-t-il advenir ? Qu'est-ce qui va encore nous tomber dessus? Je me sens poisseuse, je n'ai plus envie de rien toucher, même pas ma peau. Prendre un bain, ou, mieux encore, avoir du vrai savon et beaucoup d'eau. Stop, cessons de rêver.
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  • Par Aela, le 23 janvier 2011

    Personne ne répond. La fille reste étendue, comme pétrifiée. Le Russe vocifère derechef, sur un ton à la fois bourru et furibard: "Quel âge?"
    Je m'empresse de répondre en russe: "C'est une étudiante, elle a dix-huit ans." Je voudrais ajouter qu'elle est blessée à la tête; ne trouve pas les mots et m'en sors finalement en recouvrant au terme internationalement connu kaputt: "tête kaputt, les bombes"
    Suit alors un aparté entre l'homme et moi, un échange de paroles précipitées, de questions et de réponses qu'il serait inutile de transcrire, parce qu'elles n'avaient pas de sens. Cela tournait autour de l'amour, l'amour vrai, de l'amour passionnel, et qu'il m'aimait, et si moi je l'aimais, et si on allait s'aimer lui et moi.
    Le petit peuple de la cave, toujours terrorisé, ne comprend pas une once de ce qui est en train de se passer.
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  • Par cequejelis, le 22 février 2012

    A l'époque, je me faisais constamment la remarque suivante : mon sentiment, le sentiment de toutes les femmes à l'égard des hommes, était en train de changer. Il nous font pitié, nous apparaissent affaiblis, misérables. Le sexe faible. Chez les femmes, une espèce de déception collective couve en surface. Le monde nazi dominé par les hommes, glorifiant l'homme fort, vacille - et avec lui le mythe de l”Homme”. Dans les guerres d'antan, les hommes pouvaient se prévaloir du privilège de donner la mort et de la recevoir au nom de la patrie. Aujourd'hui, nous, les femmes, nous partageons ce privilège. Et cela nous transforme, nous confère plus d'aplomb. A la fin de cette guerre-ci, à côté des nombreuses défaites, il y aura la défaite des hommes en tant que sexe.

    p. 77
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  • Par MissAlfie, le 26 juillet 2010

    Nous aussi, nous nous comportons en hors-la-loi dans les maisons abandonnées, nous y commettons nos petits larcins et y chippons tout ce qui peut nous servir. Ainsi, dans l'appartement voisin (où ils ont, entre autres, transformé l'évier de la cuisine en latrines), je suis allée prendre toute une brassée de briquettes, un marteau et deux bocaux de cerises.
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  • Par MissAlfie, le 27 juillet 2010

    J'obtiens l'adresse auprès de la gouvernante de notre propriétaire qui a sombré quelque part dans l'ouest de l'Allemagne. Elle a pris la relève de la maison, exerce son autorité et encaisse, pour l'instant, les loyers de juin. Les loyers de mai tombent d'office - le mois de mais 1955 a été rayé de la vie civique.
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