ISBN : 2226176667
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 4/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
À travers toute son oeuvre, Louise Erdrich a imposé son regard insolite et son univers poétique parmi les plus riches talents de la littérature américaine. On retrouve dans ce nouveau roman l'originalité narrative, la prose lumineuse et la force émotionnelle d'une oeuvr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Horsdutemps, le 06 septembre 2011

    Horsdutemps
    J'achève ce week-end dans un état d'extase incomparable... Une étreinte fougueuse? Une lecture réjouissante? Un chouette ciné?
    Ben non, j'ai aspiré. Pas de la coke. de la poussière. Des poils (les miens, ceux de mon chat... pas sûr que les siens gagnent en nombre). Des saletés.
    Je suis amoureuse de mon aspirateur. Pour expliquer un peu mon état, il faut savoir que suis dans une phase très bizarre de complusion ménagère. Vous vous dites que c'est toujours mieux que les compulsions alimentaires mais, comme pour les poils, c'est pas bien sûr.
    Ca a commencé mollo avec l'achat d'un balai à serpiller où il n'y a plus à essorer la serpillère mais juste à pousser sur le bras du balai qui se plie en deux et essore tout seul la lavette . Incroyable. J'adore. Ca m'a comblée une semaine.
    Et puis l'excitation est retombée. J'ai commencé à loucher sur les aspirateurs. Extase : un Silent Force Rowenta .SILENT FORCE, ce qui veut dire que si je le mets au minimum, je dois m'assurer qu'il est en marche et si je le mets au maximum, je peux écouter la radio en aspirant. Ca veut surtout dire que je peux le passer à des heures indues : le matin à 7 heures, le soir à 23 heures. En plus d'être Silent Force, il est tellement puissant qu'il a délatté mon parquet. Je l'aime. J'avoue qu'il m'est arrivé de renverser des trucs exprès pour pouvoir le sortir...
    Vous savez ce que c'est la drogue... Il en faut toujours plus... du coup, je me suis penchée sur le cas de ma machine à laver... 18 ans d'âge, carcasse rouillée, un côté dessoudé, plus de fond. Bonne pour la casse... J'ai acheté une "FAURE faite dans le Vercors". Je l'ai attendue une semaine... Lorsque le jour de livraison est arrivé, je ne tenais plus en place. Les livreurs ont procédé à l'échange. Ils ont poussé la vieille et mis la jeune à la place (Le monde des machines à laver est très similaire au notre). C'est quand ils ont incliné la vieille pour la faire passer sur le palier que j'ai résolu le mystère de la chaussette manquante. Sauf que dans mon cas, c'était pas des chaussettes mais des strings. Des vieux. Ceux qu'on ne prend même pas la peine de mettre dans le petit filet protecteur. Ma machine s'est mise à vomir des strings. J'en ai ramassé trois pendant que les vendeurs, qui faisaient semblant d'être gênés, regardaient ailleurs. le pire, car il y a pire, c'est que certains étaient coincés en dessous, j'ai dû me mettre à quatre pattes sur le palier (bien-sûr, c'était jour de ménage et l'employé de ménage a fait sa pause syndicale en me regardant) et tirer sur ceux qui étaient coincés en dessous.
    Je fais donc désormais partie des anecdotes qu'on raconte aux apéros entre livreurs : "Tu te souviens la nana en pyjama qu'a été obligée de récupérer ses strings sous la machine?" (je précise que ce n'était pas un pyjama mais un survêt pyjama très classe, très sobre, en pilou gris à peine déformé) (il est loin le temps où je m'habillais pour recevoir les gens de l'extérieur)(le temps où je me maquillais, c'est genre la préhistoire.)
    Bref, deux choses à retenir, primo, les vieilles machines ont une âme et vous font payer l'abandon, deuxio, les strings et chaussettes disparaissent entre le tambour et la carcasse de la machine (merci Stokholm de m'attribuer le Nobel de sciences 2011).
    Tout ça, ça a gâché l'effet recherché par l'achat. du coup, la semaine suivante, qui était la semaine dernière, je me suis souvenue de Kévin (le prénom n'a pas été modifié). Kévin m'avait appelée en novembre pour me vendre une porte. Il s'était fait jeter en beauté. Je l'ai rappelé, je lui ai dit "Kevin, laisse tomber la porte, ramène-toi avec des fenêtres". Il est arrivé ventre à terre avec tout son attirail de VRP, m'a sorti le grand jeu ("Je vais te les prendre tes fenêtres, Kévin, épargne moi toutes tes conneries de VRP".) et la grande facture.
    Donc voilà, j'en suis là... Un trousseau électroménager flambant neuf et pas un seul mari potentiel à l'horizon, presque propriétaire de fenêtres isolantes en thermique et en phonique ("70 Décibel, Madame Bouboule, 70!")(Ouais, Kévin, est-ce vraiment une bonne nouvelle ? ça va juste me couper un peu plus du monde...). Endettée pour huit ans et déjà désoeuvrée, déjà en quête.
    Et pourquoi j'en suis venue à vous parler de ça? Je refais le chemin à l'envers. C'est l'obsession de Faye Travers pour un tambour qui m'a fait penser qu'on pourrait écrire un roman sur moi, parce que moi aussi j'ai été un peu obsédée par mon tambour de machine à laver (c'est fou, le cheminement de la pensée quand on y réfléchit, mais peut-être que je réfléchis trop).
    Bon ok, l'héroïne de Louise Erdrich n'est obsédée ni par le tambour de sa machine à laver ni par un vulgaire tambour de la fête à Neuneu.
    Elle, elle donne dans le tambour porteur de l'histoire du peuple indien. Dans le tambour magique qui crée le lien entre les vivants et les morts. C'est un peu plus classe, mais à peine.
    Ce livre. Une révélation. Faye, l'obsédée du tambour, a une entreprise singulière, elle procède aux inventaires des maisons de défunts dans le cadre de successions, fait le tri, propose la vente ce qu'il y a à vendre. C'est à cette occasion qu'elle découvre un tambour qui produit sur elle un attrait tel qu'elle le rapporte chez elle. le tambour lui parle, influe sur ses rêves... Elle sait qu'elle a fait une découverte extraordinaire et décide d'en savoir plus sur l'histoire de ce tambour.
    Et nous remontons le fil des récits pour arriver à l'origine de ce tambour.
    Je ne trouverais pas les mots. le seul qui me vienne est "puissant". La prose d'Erdrich est puissante et l'intrique est puissante. le résultat est bouleversant.
    La partie concernant Faye, m'a fait pensé à "Best Love Rosie", l'art de mêler le quotidien et les réflexions plus profondes sur la filiation, le destin, l'amour, la solitude. le mélange de poésie, de modernité et d'humour. Les pépites. Les passages de pure poésie, ces passages que l'on relit plusieurs fois pour s'en imprégner. Ceux sur sa soeur, son père, l'amour...
    La partie concernant l'histoire du tambour est différente mais tout aussi puissante. La voix narrative change, l'intrigue est forte, on suit réellement une histoire. Et quelle histoire... Elle m'a vidée émotionnellement, sa lecture m'a réjouie et éprouvée ("le châle"). La question de la transmission est également présente. Et tous ces trucs indiens, c'est tellement nouveau pour moi que je suis émerveillée : les loups, la nature...
    Il y a donc dans ce livre tout ce que j'attends de la littérature. Je me suis souvent arrêtée dans ma lecture pour relire certains passages et essayer de comprendre le "comment". Louise Erdrich fait partie des auteurs dont je me demande comment ils font, comment ils font pour écrire aussi bien. Est-ce un don ? D'où ça vient? C'est du travail, beaucoup de travail mais à la base, il y a bien quelque chose. Ce paragraphe est très con, j'en ai conscience mais c'est une question que je me pose réellement. Ce souffle, d'où vient-il ? Cette imagination (même si ici, l'auteur s'est inspirée dun mythe Ojibwe), c'est quand même fabuleux quand on y pense. Je suis en admiration totale. Et heureuse parce qu'il y en a plein d'autres à lire.


    Lien : http://horsdutemps.hautetfort.com/archive/2011/04/10/nous-vivons-par..
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    • Livres 4.00/5
    Par estrella_oscura, le 26 mai 2012

    estrella_oscura
    Entendez-là chanter, cette voix qui appelle à la communion des âmes à travers les ans et les plaines. Entendez-là secrètement murmurer au rythme du tambour ancestral et laissez-là pénétrer en vous comme doit pénétrer tout chant qui porte le coeur de l'humanité. Fermez les yeux et laissez-vous transporter.
    Ce chant jadis oublié dans un sombre grenier, c'est Faye Travers qui lui redonne lumière. Tandis qu'elle procéde à l'inventaire des biens de feu John Jewett Tatro, ancien agent du Bureau des Affaires Indiennes, elle découvre un tambour peint parmi une collection d'anciens objets ojibwés. Et ce tambour de lui souffler à l'oreille son chant magnétique dès lors que le regard de Faye se pose sur lui. Allant contre son éthique professionnelle, elle entend sa supplique : Ce tambour doit être rendu à son propriétaire véritable.
    L'histoire glisse alors jusqu'à la voix de Bernard Shaawano et vers les limbes du temps jadis, dans le silence d'une veillée improbable. Où l'on nous conte l'histoire que porte le tambour et tout cet amour à la fois puissant et douloureux qu'il véhicule avec les années.
    Comme beaucoup de très belles histoires, il faut être patient. La véritable douceur n'arrive pas tout de suite et il faut, dans ce cas précis, en passer par une première partie un peu longuette et anecdotique, qui nous gratifie de détails sur la vie sentimentale de Faye Travers qui n'apportent rien et dont on se fout éperduement. Mais une fois cela fait, si tu as suffisamment de foi en le talent de Louise Erdrich pour t'accrocher sur ces 120 pages, chers lecteurs, tu prends enfin le large du temps,http://www.babelio.com/ajoutinfoslivre.php?id_biblio=2470454 entend la mélodie si délicate de l'auteur et rejoins les lointaines légendes ojibwés. Entre la modernité et les racines ancestrales, elle tisse de sa voix de conteuse, le pont des êtres, le corps des âmes et redonne aux passions toutes leur universalité poétique. Un monde toujours aussi riche et profondément touchant, un chant qui s'écoute et se boit sans mot dire, sans voir passer les heures avec l'impression émue de toucher quelque chose de juste.

    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/05/15/ce..
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    • Livres 4.00/5
    Par lacazavent, le 06 mai 2012

    lacazavent
    Dans ce roman Louise Erdrich nous emmène en territoire ojibwé à la rencontre de ses hommes et de ses femmes. La construction complexe est somme toute assez similaire à celle du précédent roman que j'ai pu lire de Louise Erdrich, Love Medicine. C'est une narration qui passe d'un personnage à l'autre, chacun ayant sa part d'histoire à raconter. le roman commence avec le récit de Faye, celle-ci s'effaçant peu à peu laissant la place à une histoire plus imaginaire, plus cruelle aussi, celle de la création du tambour.
    Moins foisonnant, plus facile à appréhender et donc à lire, j'ai eu l'impression que c'était avant tout un prétexte pour évoquer
    des légendes, le tambour servant de passeur et de symbole. Les premiers chapitres sont assez long, ils pendront cependant tout leurs sens au fil du roman. Passé le début c'est un livre vraiment prenant, de lecture très agréable.
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  • Par charlottelit, le 14 septembre 2011

    charlottelit
    je ne comprends pas la critique de Malaura :
    le style de l'extrait me semble imbuvable et illisible
    cela donne un peu le tournis mais sans la joie de la lecture,
    curieux ... où se trouve l'onglet : Ne pas lire ??
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    • Livres 4.00/5
    Par Readingintherain, le 05 juillet 2011

    Readingintherain
    Je suis complètement rentrée dans ces textes qui m'ont touchée de différentes manières et m'ont à chaque fois donné envie d'en savoir plus sur leurs héros. Que s'est il passé avant, que s'est-il passé après surtout, car les fins de chapitres sont assez abruptes. Saga familiale mais surtout, comme presque tous ses romans, saga tribale, Ce qui a dévoré nos cœurs est un texte passionnant dans lequel on plonge sans plus vouloir le lâcher.

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/07/ce-qui-a-devore-nos-coeurs-l..
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Citations et extraits

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  • Par Elianthe, le 26 septembre 2010

    Les chagrins, on les épuise avec les moyens du bord, ce qu'on a sous la main. On s'en débarrasse à force d'en parler, de vivre avec, on ne les laisse pas s'incruster au fond de soi. Vous voyez, c'était à ça que le tambour était bon. A faire sortir ces chagrins, au grand jour, où les chants pouvaient les emporter.
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  • Par Lostinmypal, le 25 janvier 2012

    Tu dois aimer. Tu dois ressentir. C'est la raison pour laquelle tu es ici sur terre. Tu es ici pour mettre ton coeur en danger
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